Tuer l’homme beta.

Un lecteur de « the rational male », Paul, m’a demandé conseil sur un sujet qui m’est fréquemment soumis : 

J’ai lu la totalité de votre blog, et mon plus grand problème est le suivant : comment tuer l’homme « beta » ? Je développe des sentiments pour chaque fille avec laquelle je couche, et même chaque fille que je fréquente. Cela m’arrive même si c’est un « coup d’un soir », et même si la fille trompe son copain avec moi. C’est comme si je n’avais aucun contrôle sur moi-même ; un peu comme une fille qui fantasme sur tous les mecs avec qui elle a couché. 

Je voudrais honnêtement avoir une réponse définitive pour Paul. Si je pouvais construire un programme « étape par étape », une sorte de modèle universel qui permettrait aux hommes de suivre une procédure afin de tuer l’homme beta qui sommeille au fond d’eux, je serai riche au-delà de mes rêves les plus fous. Comme je l’avais dit dans mon article sur le Bouddha Alpha, si je pouvais mettre en bouteille ce qui constitue l’essence de l’homme Alpha [et le vendre], je serai à l’abri du besoin [financier] jusqu’à la fin de mes jours. La vérité est la suivante : il n’y a pas de réponse simple à la question de l’homme beta, parce que chaque homme a des caractéristiques uniques qui lui sont propres. Ce qui est certain, c’est qu’il y a des racines communes à leurs problèmes, et il y a une mentalité commune à tous les hommes « betas », qui ont une stratégie sexuelle commune au sein de la matrice féminine ; mais défaire ces schémas mentaux et réformer sa propre stratégie sexuelle pour qu’elle soit plus fonctionnelle, c’est l’affaire de chaque individu. 

Je pense que c’est la principale raison pour laquelle le jeu de la séduction n’est pas pris au sérieux, autant qu’il devrait l’être – parce que cela représente beaucoup de travail personnel, de l’auto-analyse, et la création d’une stratégie qui permet de se recréer soi-même. L’une des raisons pour lesquelles les « coaches en séduction » et autre gourous semblent si éloignés du réel, c’est parce qu’ils ne prennent pas assez en compte le degré de personnalisation nécessaire à chaque homme pour que celui-ci puisse parvenir à tuer son « homme beta interne » qu’il a tant de mal à affronter. C’est un élément du « jeu de séduction » que les coaches n’abordent pas, parce qu’en réalité, votre degré de succès, et même la façon dont vous mesurez votre propre succès, ne dépendent que de vous. « Draguer des filles dont vous n’auriez jamais pu rêver » est un concept vendeur, qui permet de vendre, mais « changer le fonctionnement interne de votre personnalité » est un but autrement plus difficile. Lorsque vous vous trouvez dans une librairie et que vous vous promenez dans le rayon « psychologie et développement personnel », vous serez certainement frappé par la quantité impressionnante de livres sur ce sujet, c’est exactement pour la même raison – effectuer un changement fondamental dans sa propre vie exige un effort important, que peu de gens peuvent effectuer, ils n’ont ni la patience ni la persévérance nécessaire. 

Bon. Avec tout cela en tête, permettrez-moi de répondre à la question et de dire que, pour le moment, je n’ai pas de solutions toute-faite pour vous (quiconque vous dira le contraire essaie de vous vendre quelque chose), cependant, je vais essayer de vous orienter dans la bonne direction. Je ne peux pas vous indiquer ce qui fonctionnera, dans la mesure où vous seul êtes en mesure de déterminer ce qui est bon pour vous, mais essayer de garder à l’esprit cette idée : se changer soi-même est un processus qui prend du temps. Même pour un homme qui peut facilement changer son état d’esprit vers la pilule rouge, cela lui prendra du temps : prendre la pilule rouge est toujours un processus continue. Je me plais à penser que je suis moi-même un « Alpha moindre » (selon les termes de Roissy), mais cela ne signifie pas que je ne fasse pas d’erreurs moi-aussi. C’est ce que je veux exprimer quand j’utilise l’expression « prendre la pilule rouge est un processus » ; vous n’allez pas être à l’épreuve des balles et passer tous les tests féminins, mais soyez rassuré : vous apprendrez à chaque fois de vos erreurs et vous vous ajusterez mieux pour la prochaine fois. Il n’existe pas de moment de révélation divin pendant lequel vous vous dites « je suis un homme Alpha ! », ou, si vous n’aimez pas ce terme, il n’y a aucun point définitif à partir duquel vous maitrisez le « jeu » entièrement. Vous n’obtiendrez pas de diplôme. En revanche, vous pouvez changer votre façon de penser, c’est toujours un processus en cours. 

Connaître, c’est déjà faire la moitié du chemin. 

S’il existe vraiment une sorte de première étape dans l’internalisation de l’attitude « Alpha » et la destruction du comportement « beta », cela vient de l’éducation. En réalité, c’est l’une des tâches les plus difficiles. Si vous êtes un lecteur de mon blog, ou si vous êtes au moins légèrement conscient de ce qu’est le « jeu » et la « pilule rouge », cela vous semble évident, mais rappelez-vous qu’il existe encore un monde entier d’hommes qui sont encore branchés sur la matrice féminine. Seule une fraction de ces hommes sera amenée à rencontrer des concepts tels que la pilule rouge ou la masculinité positive, et une partie encore plus infirme y trouvera de la valeur. De notre point de vue, ce n’est qu’une question de cours : nous lisons des livres, nous nous familiarisons avec des concepts, nous choisissons ce qui pourrait fonctionner le mieux pour nous-même, nous expérimentons quelques idées, nous en évaluons la validité, avant de les adopter ou de les rejeter. Cependant, ce qui est évident pour l’homme « pilule rouge » est un blasphème pour l’homme « pilule bleue ». 

Votre « éducation » ne s’arrête pas lorsque vous vous débranchez de la matrice. En fait, je dirais même que c’est encore plus vital d’internaliser un nouvel état d’esprit puisque vous allez maintenant mettre les choses en pratique. Il y a une chose que je rappelle aux hommes qui cherchent à rejeter la pilule rouge : une fois que vous l’avez prise, il n’y a pas de retour en arrière [vous ne pouvez pas « désapprendre » quelque chose]. Il y a de nombreux hommes frustrés qui découvrent le « jeu », mais qui n’arrivent pas à l’appliquer parce qu’ils manquent des compétences sociales nécessaires, ou ils s’imaginent que le « jeu » est une formule magique qui leur permettra de baiser la fille de leurs rêves, ils ont alors tendance à régresser dans leur ignorance des relations entre les sexes. Seulement, ils découvrent qu’il n’y a pas de retour. Ils voient la réalité partout où ils regardent, là où ils étaient auparavant aveugles. Les interactions sociales, la féminisation, le contrat inique qu’ils ont été conditionnés à accepter, par habitude – tout cela leur rappelle subtilement les connaissances « pilule rouge » qu’ils évitent et qu’ils détestent. Ils deviennent hostiles. 

J’ajoute cela, parce que c’est un véritable danger pour les hommes qui « transitionnent » vers la masculinité positive. Dans le même esprit, vous êtes maintenant devenu (ou vous devriez devenir) plus sensible aux réalités du « jeu » et la réalité « pilule rouge » dans laquelle vous vous retrouvez maintenant. Il y a un point de départ à partir duquel vous commencez à voir les signes autour de vous, de ce que vous pensiez être normal jusqu’alors. Une illustration facile qui peut servir d’exemple, c’est d’observer toutes les questions relatives au traitement des genres dans les médias « mainstream ». Vous écoutez une chanson, vous regardez une série, vous entendez, autour de vous, une conversation pendant votre déjeuner, et vous commencerez à réaliser à quel point vous êtes entouré par des présomptions imposés par l’impératif féminin. Comprendre votre propre position par rapport à tout cela est crucial si vous voulez internaliser une nouvel état d’esprit et prendre du recul par rapport à votre ancien cadre de pensée. 

Pratiquer le changement.

Il devrait être évident que l’application de ces nouvelles vérités pour vous-même est devenu vital. Vous devez quitter internet et tester sur le terrain les théories que vous apprenez ici et ailleurs. Cela peut signifier que vous pouvez aller draguer dans les boites de nuit, ou adopter une nouvelle attitude avec votre femme ou votre petite-amie, ou même avec les femmes que vous fréquentez au travail, cela ne tient qu’à vous. La partie la plus difficile lors de la pratique de ce changement consiste à affronter les commentaires des personnes qui vous connaissaient « avant » et qui sont sous le choc de votre nouveau « vous », ils questionnent alors la validité de votre nouveau vous. Le mieux est encore de déménager dans une autre ville, de changer complètement votre cercle social et de jouer le rôle du connard Alpha, ce serait une sage décision. Attendez-vous à ce que les personnes qui vous connaissent depuis des années vous traitent de « poseur » et disent que vous essayez d’être quelqu’un que vous n’êtes pas. 

Les êtres humains ont besoin de prévisibilité – cela leur donne un sentiment de contrôle sur les autres. Lorsque vous vous modifiez votre caractère, ou que votre personnalité est altérée par une force extérieure, c’est une menace à cette prévisibilité, de sorte que la réaction logique des autres consiste à essayer de vous remettre dans leur dominance. L’humiliation est une tactique naturelle pour les femmes, mais cette humiliation a toujours pour but de vous ramener dans leur cadre. Car c’est essentiellement comme cela que les autres interprètent votre changement : comme une menace sur leur cadre. Changez d’un seul coup, et les gens vous accuseront d’être malhonnête ou d’avoir souffert à cause quelqu’un, ou même d’avoir un ego fragile. Mais changez subtilement et de façon persistante dans le temps, et ainsi, les personnes autour de vous seront plus disposés à accepter votre changement comme un changement authentique. Insistez toujours sur votre changement, tenez le coup, mais ne le faites pas trop vite. 

Ceci est une chose très importante à dire, parce que vos amis seront votre plus grande source de doute dans votre transformation. Peut-être qu’ils sont sincères, mais il faut bien comprendre que cette intention vient d’un désir de rester dans la normalité, mais ils n’ont pas en tête le développement de vos intérêts personnels. La première fois qu’une vieille copine pour qui vous avez ressenti quelque chose vous traite de « connard », c’est un peu un choc. Il y a toujours ce réflexe de l’homme beta de ne pas vouloir faire de vague et de se comporter proprement, mais vous devez résister à cette impulsion. C’est vraiment dur de dire fièrement « oui, effectivement, je suis un connard » alors que votre apprentissage, toute votre vie, vous a conduit à ne jamais offenser les autres, et surtout pas les filles avec qui vous voulez coucher. C’est, en quelque sorte, contre-intuitif pour l’homme beta qui sommeille en nous. Aussi sadique que cela puisse paraître, vous serez davantage récompensé pour votre capacité à offenser indirectement les femmes avec qui vous voulez coucher, et le conflit interne que cela crée entre l’homme beta en vous, et l’alpha bourgeonnant en vous, est la partie la plus difficile à concilier. C’est là que la plupart des hommes échouent dans la « transition », et cela est principalement dû à une incapacité de garder leurs émotions d’hommes beta derrière eux. 

L’esthétisme contre les robots sociaux. 

Comme je l’ai déjà dit, les hommes sont les vrais romantiques, les femmes sont simplement les sujets de ce romantisme rarement apprécié. L’une des plus grandes foutaises de la société post-sexuelle féministe actuelle a été de dire que les hommes n’étaient plus en contact avec leur côté féminin. Nous étions « hors de contact avec nos sentiments ». Dieu maudit le cadavre pourri de Carl Jung en enfer pour avoir imposé dans notre culture populaire l’idée que chaque sexe avait des mesures égales, mais non exprimées, d’énergies féminines et masculines. La culture occidentale a été tellement saturée par la théorie jungienne que nous ne la reconnaissons même plus en tant que telle. Il est devenu normal de croire que l’objectif de la société et de l’état est de devenir androgyne.

Jusqu’au 50 dernières années, c’était en réalité les hommes qui ont le sexe qui avait le plus d’autocontrôle en ce qui concerne les émotions. C’était cette forme de réserve des hommes qui plaisait aux femmes. Que cela soit la figure du poète énigmatique ou du stoïcien qui mesure chacune de ses émotions, c’était cette réserve classique des hommes, et leur inaccessibilité émotionnelle qui faisait fondre les femmes. Dans la société contemporaine, les hommes sont encouragés à s’exprimer, on avance même que cela leur permettra d’accéder à l’intimité d’une femme – essentiellement en tuant tout sentiment de mystère pour se dévoiler avec la divulgation complète de chacun de nos états d’âmes. Les différences sexuelles se mesurent aussi par l’activité du cerveau, et je pense que les hommes sont socialement évolués pour exprimer une réserve quant à leurs émotions, non en raison d’une insécurité juvénile, mais plutôt parce que cela suscite plus naturellement l’intérêt des femmes. 

Mais plus aujourd’hui. Dans tous les niveaux de la société, les garçons et les hommes sont conditionnés à penser que l’expression des émotions est un moyen de résoudre les problèmes. « Les garçons ne pleurent pas », est une phrase qui a été institué avec un but. L’émotion trop facilement exprimée est un trait féminin. Ce n’est pas que les hommes devraient devenir des robots sociaux, qui semblent comme « morts » ou inexpressifs, qui ne réagissent à rien sauf aux émotions les plus intenses ; c’est juste devenu normalisé de surutiliser les émotions. Un homme ne devrait que très rarement exprimer ses émotions à une femme, même si celle-ci manque généralement de reconnaissance pour cela. 

Désapprendre ce que vous avez appris.

Il est très difficile pour un homme beta, conditionné pendant si longtemps à être émotionnellement disponible, d’éteindre ces émotions. La bonne nouvelle, c’est que je ne vous suggère pas d’éteindre vos émotions, je vous suggère de désapprendre les raisons qui vous ont poussé à développer des sentiments émotionnels si facilement et de les exprimer si souvent et si intensément. Il est facile de devenir émotionnellement très froid après avoir été brulé, mais il est beaucoup plus difficile de contrôler vos émotions lorsque vous vous sentez bien. Nos émotions nous rendent humain et révèlent notre humanité. Il est important d’embrasser cela, mais tout aussi important de voir comment nos émotions sont facilement utilisé contre nous-mêmes. Vous devez désapprendre les raisons et les habitudes qui vous ont rendus si facilement émotionnel. Peut-être que cela vient de problèmes d’abandon, ou peut-être est-ce un conditionnement délibéré dans votre éducation. Rappelez-vous quand vous avez appris à conduire, et qu’on vous a dit d’aller avec le dérapage plutôt que de le contrer. Quand nous conduisons, notre impulsion naturelle est de contrer le dérapage ou de freiner. Notre instinct de préservation nous dit de le faire, mais cela ne fait qu’aggraver la situation. Cependant, quand on nous enseigne à ne pas tourner dans un dérapage et à l’utiliser plutôt que de le contrer, cela devient notre réaction par défaut et nous maitrisons plus la voiture. 

De la même manière, vous devez désapprendre les vieux comportements et implémenter de nouvelles conditions afin de bien vous conduire. Cela prend du temps et nécessite de la pratique – y compris et surtout quand il s’agit d’avoir un comportement contre-intuitif. Il n’y a pas de substitut à la persévérance.

Changer d’avis sur vous-même est la première étape. C’est en fait l’étape la plus difficile pour les hommes parce que la plupart d’entre eux ne veulent pas croire qu’ils ont besoin d’internaliser une nouvelle façon de penser sur eux-mêmes. La léthargie, pour la plupart des hommes, est peut-être la principale raison pour laquelle la plupart ne veulent pas changer. Il est beaucoup plus facile de créer des justifications pour soi-même quant à la raison pour laquelle nous sommes heureux dans notre état actuel plutôt que de se confronter soi-même de façon critique et d’initier un véritable changement.

Malheureusement, je ne peux pas vous donner un programme standardisé pour vous aider par magie à vous transformer en l’homme que vous espérez être. Vous seul pouvez déterminer ce cours, mais je dirai ceci : l’homme que vous souhaitez devenir exige que vous prenez des mesures pratique. Votre objectif, votre propre satisfaction ira toujours en s’éloignant de vous, un comme l’horizon qui s’éloigne à mesure que l’on marche, mais c’est une bonne chose. C’est ce qui nous inspire à grandir et à mûrir et à développer une capacité à surmonter les défis. Cependant, tout cela nécessite une action de votre part.

Vous pouvez absorber tous les conseils, tamiser la sagesse de ce blog et de toute la communauté dans son ensemble, mais tout cela ne servira à rien si vous n’agissez pas. Je ne peux pas commencer à me rappeler toutes les fois que j’ai conseillé des jeunes hommes, en leur donnant toutes sortes de conseils et de les encourager à le mettre en pratique, seulement pour les avoir constamment déplorer qu’ils ne peuvent pas trouver la motivation. Le plus souvent, il faut une certaine expérience traumatisante dans laquelle ils doivent être réduits à n’avoir plus rien à perdre, et ce n’est qu’au moment où ils auront vraiment le feu au cul pour devenir le meilleur d’eux-mêmes.

Je ne me considère pas comme un « conférencier sur la motivation », mais à un moment donné, vous devez traverser l’abîme et changer d’avis sur vous-même.


Source : « Kill the beta » publié par Rollo Tomassi le 21 novembre 2011.