Le « contrat social » est un mème si connu sur l’internet français qu’il est quasiment devenu un élément de « culture générale », au sens où il doit faire partie intégrante des connaissances en tout genre qu’un individu doit maîtriser afin de comprendre la société dans laquelle il existe.
En synthèse, le « contrat social » désigne les rapports de forces hiérarchico-économiques actuels de la société française, dans laquelle Nicolas, 30 ans, image symbolique du français de souche actif, incarne la bête de somme que l’on exploite afin de satisfaire les besoins des deux grands types de parasites socio-économiques de la société française : l’arabe et le boomer. (Ces deux derniers représentants eux aussi des archétypes servant à désigner des populations plus générales : l’immigré, le clandestin, l’immigrant, le non-blanc, le retraité, le gauchiste, le fonctionnaire, etc…).
Il est de bon ton, depuis quelques années maintenant, de publier ce mème du « contrat social » pour illustrer la déchéance socialiste de la France : les coûts phénoménaux de l’immigration, les retraites géantes des boomers, les impôts confiscatoires en tout genre, le « droit au logement » des clandestins, les « primes et congés payés pour règles douloureuses » des femmes fonctionnaires de la ville de Paris, et les millions de petites combines par lesquels une armée de parasites et de sous-groupes semi-publics ou parapublics captent des morceaux gigantesque de la valeur ajoutée produite en France chaque année par le secteur privé (c’est-à-dire par Nicolas, 30 ans, qui lui, ne gagne que 1800 euros par mois de salaire net avant impôts, tout en devant payer un loyer pharaonique à Bernard et Chantal, multipropriétaires et à la retraite depuis qu’ils ont 55 ans).
Face à cette situation injuste (car oui, la situation est injuste : là n’est pas la question), de nombreux membres de diverses sphères de « droite » proposent une solution, qui tient en un seul mot : AFUERA !
« l’Afuerisme » désignant ici tout ceux qui n’ont qu’une obsession : imposer à la France une bonne dose de libertarianisme façon Javier Milei : rétrécissement drastique du rôle et du poids de l’État dans l’économie, défense de la liberté d’entreprendre, réduction des impôts et des ministères, « comités », et autres machins gouvernementaux qui ne font que produire toujours plus de fonctionnaires, qui produisent des normes, qui ont besoin de fonctionnaires pour être appliquées, qui ont donc besoin de « moyens », etc… En un mot, les libertariens ne veulent qu’une chose : le Marché (avec un « M » majuscule). Le Sacro-Saint MARCHÉ. La Divine Loi de l’Offre et de la Demande. Le « laisser-faire » total et l’interventionnisme étatique minimal.
En face, il y a les gauchistes, socialistes, NUPES, écolo-féministes et autres variétés exotiques de marxistes qui ne parlent que de « moyens à donner aux services publics », de « Justice Sociale », de « Solidarités ». Ceux-là ne jurent que par deux grands outils : l’interdiction et l’impôt. Toute chose doit être soit interdite, soit taxée. Occasionnellement, une chose peut être « règlementée » (mais cela revient souvent à l’interdire dans les faits, ou à la taxer de manière confiscatoire, ce qui revient donc finalement au même résultat). Ennemis de la liberté, les marxistes ne rêvent que d’avoir le contrôle total et absolu de la vie de Nicolas 30 ans, qu’ils détestent viscéralement, parce que Nicolas est fondamentalement un homme blanc, c’est-à-dire littéralement le nazisme. (Je caricature à peine : la haine de l’homme blanc est au marxisme ce que la haine des hommes est au féminisme ou ce que la haine de la France est aux algériens).
Face à une telle dichotomie, le petit Nicolas, arrivé à ses 30 ans et avec ses 1800 euros nets par mois, se sent légitimement attiré par le discours « afuériste », ce qui semble parfaitement légitime, eu égard au choix qui lui est donné. Bien qu’aucun succès ne soit garanti, il semble préférable de tenter sa chance et d’entreprendre dans un marché libre, plutôt que de vivre une existence entière courbé sous le poids du parasitisme algéro-boomeriste. Toutefois, ce choix apparent n’est qu’une illusion. Nicolas, 30 ans, est autant menacé et condamné, dans son existence et sa liberté, par les marxistes que par les libertariens, et c’est ce que je souhaite montrer dans cet article.
Le problème ne consiste pas à placer dos-à-dos le marxisme et le libertarianisme, afin d’écrire un article savant sur l’économie. En effet, Nicolas, 30 ans, pris dans les tourments et les obligations de la vie quotidienne (la « simple vie », sur laquelle je reviendrais) n’a ni le temps ni l’esprit nécessaire pour penser à l’existence qu’il mène. Il est donc important ici de sortir de l’économie elle-même.
Le fait est que le libertarianisme est tout autant subversif que le marxisme. La vision toute utilitariste et matérialiste de la vie sur laquelle reposent les deux doctrines économiques est identique : la production, la monnaie, les biens et les services, la productivité, la rentabilité, la croissance, les richesses, l’épargne et la consommation. Et tant que l’on ne parle que de « classes », de « profit », de « salaires » net ou brut, de production et de redistribution, tant que l’on pense que le « progrès » est déterminé par un système particulier de distribution des richesses, et que, d’une manière générale, l’existence se mesure au degré de richesse ou de pauvreté, de collectivisation ou de privatisation, alors on sera loin de l’essentiel : l’être.
Le piège tendu par les marxistes et les libertariens est strictement le même : il s’agit de l’idée selon laquelle tout se résume à l’économie. Dans une civilisation normale – et cela fait bien longtemps que l’Occident n’est plus une civilisation « normale », ni même une « civilisation » tout court – l’économie ne joue qu’un rôle accessoire, subalterne, relatif. La satisfaction des besoins matériels – que cette satisfaction s’obtienne par « le marché » ou « par l’État » – n’a aucune espèce d’importance, en comparaison des véritables besoins humains : un ordre de valeurs politiques, spirituelles et héroïques plus élevées, un ordre qui est indifférents aux classes purement économiques et qui ne connaît pas la division entre « capitalistes » et « prolétaires ».
Quel est le « combat » mené par les afuéristes et par les marxistes de nos jours ? Un combat d’arrière-arrière-arrière garde : le « poids de l’État dans l’économie », la « charge fiscale », la question des « retraites géantes des boomers » n’a aucune signification supérieure, métapolitique ou métahistorique ou métaphysique. La seule question qui intéresse les marxistes et les libertariens, ce sont des questions purement et strictement matérielles : « quels doivent être les conditions de l’existence physique ? ». A cette question, ils apportent des réponses certes opposées, mais reposant sur les mêmes fondements, les mêmes prémisses et les mêmes objectifs : la satisfaction de la « simple vie », c’est-à-dire les besoins primaires du corps. Le confort, la nourriture, la « consommation », soit autant de choses qui n’apportent rien à l’existence, quand bien même ces besoins seraient pleinement satisfaits. La notion de « justice », et d’ailleurs, la totalité du « droit » lui-même, se réduit à tel ou tel système de distribution des biens économiques. La notion de « civilisation » devient synonyme de la notion de « production ». L’attention des gens tend à se focaliser sur le travail, la productivité, les classes économiques, les salaires, la propriété privée ou publique. Nicolas, 30 ans, est fait prisonnier : le voilà aliéné, condamné, enfermé dans une vision de l’existence radicalement « infernale » (au sens de « ce qui est en bas » : la matière sous sa forme la plus inorganique et minérale).
Selon les gauchistes, tout ce qui existe est considéré comme une « superstructure », une « exploitation », un « système d’oppression ». Selon les libertariens, tout est question de « marché » et « d’échanges ». Dans les deux cas, tout est question de matérialité : la vie de Nicolas, 30 ans, doit s’articuler autour des objets et des droits de propriété (public ou privé), mais JAMAIS, il n’est question d’articuler les objets autour de la vie de Nicolas, 30 ans. Or, justement, c’est au monde matériel (aux « choses » publics ou privés) de s’articuler autour de principes supérieurs (l’existence humaine), et non pas l’être humain qui doit s’adapter au monde matériel, aux « choses ». Que l’on se dispute sur le caractère des choses, que ce soit la « res privata » (« chose privée ») ou la « res publica » (« chose publique ») ne change rien au fond du problème : « l’être » (ce qui est « qualitatif ») est supérieur à « l’avoir » (ce qui est « quantitatif »).
Comme je l’ai dit, l’objet de cet article ne consiste ni à opposer bêtement marxisme et libertarianisme (ou autre sous-variété de l’une ou l’autre de ces doctrines économiques), ni à proposer une « troisième voie », qui consisterait à imaginer une alternative ou un mélange des deux précédentes, mais à sortir entièrement du cadre économique. Ou, pour le dire autrement, à remettre l’économie à sa juste place : une simple modalité d’organisation de l’existence matérielle.
Ce que Nicolas, 30 ans, doit remettre en question, ce n’est pas la valeur de tel ou tel doctrine économique, mais l’économie elle-même. La vraie dichotomie, la véritable distinction, ne se trouve pas dans une opposition entre les marxistes et les libertariens, mais entre une société où l’économie règne en maître (quelle que soit sa forme publique ou privée) et un système où l’économie est subordonnée à des facteurs extra-économiques, de manière à donner un sens profond à la vie humaine et à favoriser le développement de ses possibilités les plus élevées.
L’homme purement et exclusivement économique, c’est-à-dire l’homme qui considère l’économie comme une « fin en soi » au lieu de la considérer comme un « moyen » pour atteindre d’autres objectifs, est un « sous-homme » au sens strict et « traditionnel » du terme : un homme d’extraction sociale inférieure, c’est-à-dire un homme qui ne possède pas de dimension spirituelle, politique, sociale et familiale. Un homme qui n’a ni « racines » ni « ancêtres », un homme qui n’a pas de « nom » (dans le sens où il « ne connaît pas le nom de ses pères », car il est issu du « commun », de la « masse », l’homme qui ne possède que son seul prénom). Pour en revenir au « contrat social », il ne s’agit pas de dire à Nicolas, 30 ans, qu’il doit payer plus ou moins d’impôts, mais de lui rappeler avant tout que ces questions économico-fiscales relèvent d’un aspect très secondaire de l’existence, et qu’il convient d’abord qu’il s’interroge sur son le sens de son existence avant de s’interroger sur ses conditions matérielles d’existence.
Chez les marxistes, les socialistes, les gauchistes, les libéraux, les capitalistes et les libertariens, on retrouve la même vision lamentable de l’existence humaine ; une vision matérialiste qui éloigne les hommes de tout ce qui est « supérieur » ou « élevé ». La seule finalité de ces esclaves de l’économie, c’est de croire seul ce qui est « matière » a de la « valeur ». En cela, marxisme et libertarianisme détruit toute sensibilité spirituelle et de toute attitude « héroïque » en l’homme. Or, ce qui fait l’homme, c’est justement ce qu’il y a « au-delà » de la « simple vie » (c’est-à-dire ce qui existe au-delà de la simple satisfaction des besoins primaires du corps). De telle sorte qu’un homme exclusivement économique… n’est plus un homme, mais un insecte qui en est réduit aux deux états les plus basiques de la « vie » : la nourriture et la reproduction.
Au niveau individuel, les qualités qui comptent le plus chez un homme, et qui font de lui ce qu’il est, naissent indépendamment de ses conditions d’existences purement matérielles – et même parfois, contre ses conditions d’existences matérielles initiales. Alors, quand tout ce qu’on propose à Nicolas, 30 ans, c’est de lui accorder le maximum de « confort », c’est qu’on cherche le plus souvent à amoindrir ses capacités supra-humaines et à le maintenir dans ses modalités infra-humaines.
Les plus dangereux, en ce moment, sont de toute évidence les libertariens. En effet, il est maintenant évident avec l’échec retentissant du marxisme devant l’Histoire, que la gauche n’arrive plus qu’à attirer les hommes les plus stupides et les plus parasitiques. En revanche, dans la mesure où la France n’a pas encore connu de phase libertarienne, Nicolas, 30 ans, pourrait être tenté de se dire qu’il trouvera dans cette doctrine la solution aux problèmes qu’il rencontre actuellement. C’est faux, mais Nicolas ne s’en rend pas encore compte. Les valeurs spirituelles et les degrés supérieurs de perfection humaine n’ont rien à voir avec la présence ou l’absence de prospérité socio-économique. En réalité, les vraies valeurs ne sont pas nécessairement liées à des conditions socio-économiques meilleures ou pires. Et c’est pourquoi la société Française – une société si intensément brisée qu’elle en est déjà presque totalement morte, mais sans le savoir encore – n’ira pas soudainement mieux si Nicolas arrête de se saigner aux quatre veines pour verser une retraite géante à Bernard le Boomer. L’illusion en trompe-l’œil actuel du libertarianisme consiste à faire croire aux français que l’économie est trop « soviétisée ». Si le constat est parfaitement juste, la solution ne l’est pas. La France est dans un tel état de décomposition (en tant que « pays », pas seulement en tant « qu’économie ») qu’une « simple » réduction des dépenses publiques (si tant est qu’elle ait lieu un jour) ne suffira pas à redresser le pays. Envahi racialement, effacé culturellement, égaré historiquement, le peuple français – la totalité des Nicolas de ce pays – ne pourra pas « ressusciter » et renaître simplement lorsque le salaire brut se rapprochera du salaire net. Pour le dire autrement, la France est enfoncée bien trop profondément dans une dégénérescence mortelle pour s’en sortir seulement avec des « réformes économiques ». J’ai même envie d’ajouter que « l’économie » devrait être en dernière place sur la liste des choses qui devraient préoccuper les jeunes actifs comme Nicolas, 30 ans. A titre de comparaison, je rappelle que les blancs sont littéralement menacés de génocide par substitution du fait du Grand Remplacement, ce qui est autrement plus urgent et plus important que la ligne numéro 12 de leur putain de bulletin de salaire.

« Anon, il n’y a quasiment plus de femmes blanches comme moi en Europe, les européens ont presque tous disparus, mais le PIB a augmenté de 1,1 % cette année ».
« Est-ce que ça en valait la peine ? ».
Qu’il soit de « droite » ou de « gauche », « l’économisme » est une conception de la vie en vertu de laquelle l’augmentation et la multiplication artificielles des besoins humains et des moyens nécessaires pour les satisfaire est le but ultime de la vie terrestre. Et tout cela au mépris de tout ce qui fait justement le plaisir de vivre : la beauté au lieu de l’utile, le bien au lieu du rentable, le vrai au lieu du productif. Le libertarianisme, sous couvert « d’efficacité » et « d’efficience » du « Marché », condamne Nicolas, 30 ans, à une course sans fin et à une croissance illimitée de l’activité et de la production. Cette course est imposée de l’extérieur, car s’arrêter, dans le système économique, c’est régresser, voire être éliminé et balayé. Dans cette course, qui n’est que de la pure agitation insensée, l’économie enchaîne des milliers de travailleurs, l’entrepreneur ambitieux, le producteur de biens et le propriétaire des moyens de production, provoquant des actions et des réactions concordantes qui engendrent à leur tour une destruction spirituelle de plus en plus grande.
Une autre illusion qu’il convient de dissiper ici, que ce soit du côté des marxistes comme des libertariens, concerne la fixation pathologique sur le « travail ». Le « travail » est une vache sacrée que l’homme moderne adore comme on adore une divinité. D’origine anglo-saxonne et protestante, cette manie d’exalter le « travail » est l’un des aspects les plus déplaisants des hommes modernes, qu’ils soient de droite ou de gauche. Tout doit être un « travail », considéré comme une « valeur » morale et un devoir essentiel, toute forme d’activité doit être entreprise comme une sorte de travail. Le terme « travail » a toujours désigné les formes les plus basses de l’activité humaine, celles qui sont justement conditionnées par le facteur économique. Le « travail » désigne l’activité, les efforts soutenus, du corps ou de l’esprit, nécessaires à l’accomplissement d’une tâche. Le « travail », c’est la suite ou l’ensemble d’actions, d’opérations plus ou moins techniques, qui sont de même nature ou sont accomplies dans un même but. Le « travail », c’est l’activité professionnelle, la fonction qu’exerce une personne pour gagner sa vie, dans une entreprise, une institution, ou de façon indépendante ; c’est l’ensemble des activités économiques organisées qui sont productrices de richesses, de biens, de services. Le « travail » est une activité de plébéien, le patricien ne « travaille » pas. Il n’y a absolument aucune noblesse dans le travail, par définition. C’est là un aspect du monde moderne particulièrement affligeant : la confusion du travail et de l’action. C’est « l’action », et non le travail, qui caractérise l’explorateur, l’ascète, le guerrier, l’artiste, c’est-à-dire celui qui est motivé par une passion élémentaire ou guidée par un principe. Alors que tout homme devrait avoir pour objectif de transformer son « travail » en « action » (c’est-à-dire d’attribuer à ce qu’il fait un caractère qui va au-delà de la « simple vie »), le marxiste et (surtout) le libertarien, n’ont pour objectif que de transformer toute « action » en « travail » (c’est-à-dire d’attribuer un sens « prolétarien » et « plébéien » à tout ce qu’ils font).
Nicolas, 30 ans, est prisonnier. C’est un esclave. Le seul choix qu’on lui propose, c’est de choisir entre une prison gérée par le secteur public, ou une prison gérée par le secteur privé. Nicolas doit pouvoir comprendre qu’aucune amélioration économique, aucun changement de ses conditions matérielles d’existence, ne vaut la peine, si elle a pour contrepartie une limitation essentielle de sa liberté de réaliser le dépassement de la « simple vie ».