Thaïs D’Escufon, symbole malgré elle de la dégénérescence qu’elle prétend combattre.

L’e-girl Thaïs D’Escufon fait beaucoup parler d’elle en ce moment, pour son plus grand profit et notre plus grande honte. Jadis « influenceuse d’extrême-droite », elle s’est reconvertie depuis quelques mois dans le contenu masculiniste, non sans plagier et piller sans vergogne le contenu d’autres auteurs. J’avais d’ailleurs publié un article à ce sujet. 

Elle a continué depuis à publier régulièrement de la vulgarisation masculiniste pour normies – de manière assez subtile je dois dire – à travers un contenu suffisamment « Red Pill » pour attiser la curiosité du public, mais bien évidemment pas assez approfondi, puisqu’elle évite soigneusement d’aller au bout de ses réflexions, et en particulier, en évitant de s’appliquer à elle-même ses propres conseils. En effet, Je rappelle que notre Thaïs nationale est née en août 1999, et qu’elle aura donc 25 ans cet été, mais qu’elle n’a bizarrement pas encore fondé de famille, et qu’elle n’est pas mariée. Cela fait un peu tâche, pour une Tradwife… Sauf si votre business-plan consiste justement à vous faire passer pour ce que vous n’êtes pas, afin de monétiser votre statut « d’influenceuse » auprès d’un public masculin, mais je reviendrai sur ce sujet plus tard. 

J’écris cet article parce que, dernièrement, Thaïs a publié un site, qui n’est qu’une simple landing page, invitant les visiteurs à payer pour faire partie d’une communauté, dans le but d’apprendre à « faire partie du top 1% des hommes » et à « hacker le cerveau féminin ». Je vous invite à consulter cette page et à lire l’intégralité des sections « rejoindre la communauté » et « biographie », pour mesurer le caractère absolument déplorable de cette arnaque financière et l’aspect intégralement cringe du marketing. Thaïs s’est tellement ridiculisée elle-même qu’on en a beaucoup parlé sur Twitter, de même que sur divers autres médias. A ce titre, je vous invite notamment à lire cet article, publié sur Breizh-info, qui résume parfaitement la situation dans laquelle Thaïs s’est mise. 

En synthèse, nous avons donc une jeune fille issue d’une famille noble du Sud-Ouest de la France, qui s’engage d’abord dans le militantisme politique jusqu’à devenir porte-parole de Génération Identitaire, ce qui lui permet de récolter beaucoup d’attention (la seule chose qui ait réellement de la valeur aux yeux d’une jeune femme) ; pour se reconvertir ensuite dans le domaine des relations hommes-femmes, afin, une nouvelle fois, de récolter beaucoup d’attention de la part d’un public composé essentiellement de jeunes hommes. Mais l’attention ne suffit pas, et il est aussi fort profitable de ponctionner de l’argent à de jeunes hommes en manque d’affection, c’est pourquoi Thaïs est finalement tombé dans le piège que, d’une certaine manière, elle s’était tendue à elle-même : monétiser l’attention qu’elle reçoit

Et c’est précisément en cela que Thaïs D’Escufon est l’illustration presque parfaite, idéale, de ce qu’est devenue la jeune fille occidentale moderne : une « e-prostituée ». Je suis désolé, je n’ai pas d’autres mots ou expression pour décrire le phénomène que je m’apprête à analyser, mais c’est ainsi. Avant de juger que je vais trop loin en qualifiant Thaïs de pute, comprenez que je ne l’entends pas au sens littéral et substantif, mais plutôt au sens figuratif et par métonymie. Pour bien comprendre de quoi Thaïs D’Escufon est le symbole, je vous invite à suivre mon raisonnement et mon analyse, que je développe ci-dessous. 

Considérez les éléments suivants : 

En premier lieu, le marché sexuel est profondément déséquilibré, en raison de nombreux bouleversements biotechnologiques : la pilule contraceptive, le féminisme, l’industrialisation suivi de la tertiarisation de l’économie, le grand remplacement, la disparition du Christianisme, le matérialisme, les progrès du Web 2.0 et le développement des réseaux sociaux. 

En deuxième lieu, dans cette nouvelle « économie de l’attention », les rapports hommes-femmes sont profondément affectés – pour ne pas dire modelés – par les réseaux sociaux, en particulier chez les plus jeunes générations : la seconde moitié des milléniaux & la totalité des Zoomeurs. A titre d’exemple, l’influence et l’incidence de TikTok et d’Instagram a énormément modifié le comportement amoureux, sentimental et sexuel des adolescents. Seuls les plus vieux de la génération Y, comme moi, peuvent se souvenir d’une adolescence dans laquelle les rapports avec l’autre sexe étaient immédiats, directs, sans écrans, et surtout, sans l’influence indirecte d’une « communauté d’anonymes » qui « likent » ou « dislikent » nos comportements. Nous n’étions pas obligés de publier le moindre aspect de nos vies sur internet. Et même si nous nous prenions de sacrés râteaux, on peut se dire, au moins, que personne n’était témoins de nos premiers échecs, de nos premiers essais, de nos premières erreurs et de nos premières fois. (Et j’exprime ici toute ma reconnaissance envers Dieu de m’avoir fait naître avant les réseaux sociaux). 

En troisième lieu, la nature humaine étant ce qu’elle est, les femmes reçoivent beaucoup d’attention à travers les réseaux sociaux, et c’est bien naturel : elles sont jeunes, elles sont belles, elles sont fertiles. C’est la sainte trinité de l’attraction féminine, et il est donc normal que les hommes consultent les « meilleurs » profils sur TikTok, Instagram, etc… Cela se voit dans le ratio de « Swipe » sur Tinder, ou dans le nombre d’abonnés relatifs des individus de chaque sexe, peu importe le réseau social – y compris et même surtout sur Onlyfans. 

En quatrième lieu, cette conjonction de facteurs liés au déséquilibre du marché sexuel et au développement des réseaux sociaux a conduit de nombreuses femmes à monétiser, d’une manière ou d’une autre, l’attention (quasi illimitée) qu’elles recevaient. Cette monétisation peut s’effectuer selon plusieurs modalités, allant de la plus « innocente » (influenceuses « fitness », « Yoga », « beauté », « maquillage », « mode & vêtement ») à la plus perverse (Instagram, puis Onlyfans, quand ce n’est pas directement par et pour l’industrie pornographique). Plusieurs modalités connexes peuvent apparaître, chaque modalité correspondant à un « marché de niche » : les crypto, l’économie, la politique, les jeux-vidéos, etc… Chaque femme cherchant ainsi à maximiser à la fois l’attention qu’elle reçoit et la quantité d’argent qu’elle reçoit en fonction de cette attention. Reste alors la question que toute jeune femme se pose : dans quel secteur puis-je recevoir le maximum d’attention monétisable ? 

Eh bien, pour revenir au cas de notre chère Thaïs, il semble que les choix suivants ont été faits : passer d’influenceuse politique (marché de niche : extrême-droite) à influenceuse séduction (marché de niche : Red Pill), puis monétiser l’attention acquise à travers son nouveau site. Et c’est bien en cela que Thaïs ne se distingue pas du tout de l’ensemble des jeunes femmes du même âge. Quand on y pense, Thaïs d’Escufon n’est qu’une jeune femme en milieu de vingtaine qui n’est pas assez charismatique pour la politique, pas assez jolie pour Instagram, ni assez sexy pour Onlyfans (elle est, dans le meilleur de cas, et avec un bon cadrage et une bonne lumière, une 5,5/10, ce qui est honnête mais quelconque).

Je reconnais toutefois qu’elle a su maximiser ses chances avec ténacité et intelligence : devenir porte-parole d’un mouvement d’extrême-droite permet à la fois de se faire connaître auprès d’un public presque exclusivement masculin, et se reconvertir dans le masculinisme permet de maintenir l’attention d’un public constitué d’homme. Par ailleurs, les hommes sont plus susceptibles de dépenser de l’argent pour des « formations » et des « ebooks » – en particulier les hommes seuls en quête de développement personnel. C’est donc, dans l’ensemble, une bonne stratégie, pour une femme de 25 ans qui dispose donc encore d’environ 5 ans pour recevoir de l’attention avant d’être violemment rattrapée par le mur, ce qui ne manquera pas d’arriver avec un degré de probabilité de très exactement 100,00 % (j’ai refait le calcul trois fois, pour être sûr). 

Thaïs, l’e-girl du moment, n’est donc finalement qu’une femme comme une autre qui monétise l’attention qu’elle reçoit, comme le fond toutes les autres femmes de la même génération. Ce qui a fait illusion pendant un temps auprès des normies et des pilules bleues, c’est que son contenu consistait précisément à dénoncer les « femmes modernes » qui « sont sur Onlyfans », ainsi que les « féministes » qu’il faut juger d’après leur « bodycount ». Certes, je suis OK avec ça. Mais honnêtement, en quoi l’intervention d’une énième gonzesse, qui fait exactement la même chose que les autres, mais sur un marché de niche différend, pouvait-elle donner un autre résultat que le résultat habituel ? Thaïs dénonce des travers dont elle représente un cas d’école. Elle critique des comportements qu’elle aime dénoncer chez les autres alors qu’elle agit de la même manière. Elle recommande des critères de sélection sans préciser si elle satisfait elle-même à ces critères (quel est ton bodycount, Thaïs ? Les Français ont le droit de savoir ! Surtout venant d’une « experte » qui sait ce que veulent les « femmes de grande valeur »). Si seulement il existait un mot pour ça… Un mot comme « hypocrisie » par exemple… ça sonne bien ce mot…

Bref, qu’est-ce qui distingue fondamentalement une jeune fille de 25 ans qui vend du contenu porno sur Onlyfans et une jeune fille de 25 ans qui vend du contenu « séduction » ? En réalité, en dehors du degré de nudité/d’intimité dévoilé, le « process » est le même : un public (masculin), un contenu (nudité, « séduction », « coaching », etc…), un canal de vente (Onlyfans, Youtube, Insta, etc…) et un terminal de paiement (crypto, carte bancaire, contenu « premium » ou « abonné », etc…). 

J’affirme que Thaïs D’Escufon est un symbole malgré elle de la dégénérescence qu’elle prétend combattre parce que rien ne la distingue des milliers autres jeunes femmes qui inondent internet avec leurs contenus respectifs. Je dirais même que j’ai, d’une certaine manière, davantage de « respect », ou plutôt de « considération », pour une femme qui vend directement du contenu sexuel à des jeunes hommes fragiles et isolés. En effet, dans une vidéo pornographique, il existe au moins un lien direct entre le produit et le prix : vous achetez du contenu pornographique, et vous recevez du contenu pornographique. Simple. Direct. Précis. En revanche, dans le contenu proposé par Thaïs d’Escufon, il existe un attribut qui relève davantage de l’escroquerie que de la vente : ce qui est vendu, dans un « coaching en séduction », ce n’est ni un bien, ni un service, mais une promesse unilatérale sur une situation future, ce qui n’est pas du tout la même chose ! 

C’est pour cette raison juridique et économique que, personnellement, je ne fais pas de coaching en séduction/drague : contrairement à Thaïs, je ne suis pas capable de garantir à 100% que je peux transformer un homme Beta en homme Alpha, je ne peux pas vous assurer que je vais résoudre les rapports homme/femmes à l’échelle de la France entière à l’aide d’un abonnement à 19,90 euros par mois, je ne peux pas vous assurer que vous allez fonder une famille avec une « femme de haute valeur ». En résumé, je ne vous promets rien pour la simple raison que je ne vous prends pas pour des cons. Un masculiniste (un « vrai », pas un Julien Rochedy ou une Thaïs d’Escufon) raisonne en termes probabilistes. C’est-à-dire qu’un masculiniste peut vous transmettre des idées, qui deviendront des connaissances, qui deviendront à leur tour des compétences, que VOUS SEUL pouvez utiliser selon vos paramètres de vie. Un masculiniste, un vrai, ne vous promet pas de « vaincre l’hypergamie » ou de « hacker le cerveau des femmes », car ces mots n’ont pas de sens. Il vous promet, par exemple, de COMPRENDRE ce qu’est l’hypergamie, ce qui est déjà suffisant pour vous permettre d’effectuer vous-même les changements que VOUS jugez nécessaires dans votre propre vie. Vous savez, il m’arrive souvent de vouloir, moi aussi, prétendre que je peux infliger une défaite au féminisme ou que je peux résoudre les problèmes actuels dans les relations hommes-femmes, mais je m’abstiens de le dire, parce que je suis un homme et non une femme, et que donc, 1 – je comprends le monde tel qu’il est ; 2 – je n’ai pas d’Hubris féminin ; 3 – je ne suis ni hypergame, ni en recherche d’attention ; et 4 – je ne suis pas victime du solipsisme féminin. C’est pour ces raisons que seuls des hommes peuvent devenir de bon masculinistes, parce que le masculinisme est une praxéologie. Gardez cette idée en tête quand vous choisissez les contenus masculinistes que vous consommez.