C’est un principe qu’il convient de garder à l’esprit dès lors que vous vous trouvez en position de leadership : on ne peut se plaindre qu’auprès de ses supérieurs.
À bord d’un navire, les matelots se plaignent aux officiers de pont, les officiers de pont se plaignent au second, et le second se plaint au capitaine. C’est là que la chaîne s’arrête. Le capitaine ne peut pas se plaindre. C’est l’un des devoirs qui accompagnent le privilège d’occuper une position de pouvoir.
Imaginez en effet ce qu’il adviendrait si cette obligation était violée. Supposons que le second entre un soir dans la cabine du capitaine et lui demande : « Eh bien, capitaine, comment allez-vous ? » Et le capitaine de répondre : « Oh, je ne sais pas trop… je ne vais pas très bien. Je suis très anxieux. Je vois que nous sommes sur le point d’entrer dans une zone dangereuse. Et puis aussi, je sens de l’hostilité de la part des marins ; je ne suis pas sûr qu’ils suivront mes ordres le moment venu. Certains se plaignent même de moi dans mon dos ». Le second repartirait en pensant : « C’est la catastrophe, nous sommes perdus. Nous devons soit fomenter une mutinerie, soit trouver un moyen de quitter ce navire pendant que nous sommes encore en vie. »
La raison pour laquelle le capitaine ne peut pas se plaindre est que d’autres personnes dépendent de lui au sein d’une hiérarchie de pouvoir donnée. Lorsque vous perturbez ceux qui dépendent de vous, vous ébranlez les fondements mêmes de leur position subalterne. La dépendance crée naturellement une conscience de la vulnérabilité, et cette vulnérabilité doit être respectée par ceux qui occupent des postes de pouvoir.
À un certain niveau, nous avons besoin que nos dirigeants fassent preuve de confiance en leurs capacités et de fermeté dans leur direction afin de les suivre de plein gré à travers les écueils dangereux de l’existence.
Cela signifie-t-il pour autant que les capitaines ne peuvent jamais être troublés ? Qu’ils ne peuvent jamais avoir peur ou être incertains ? Bien sûr que non. Il suffit d’en parler à d’autres « capitaines ». Trouvez-vous un groupe de soutien entre pairs ou, si vous êtes de retour à terre, allez vous plaindre auprès de votre amiral. Mais sans exception, si vous occupez une position de pouvoir, vous ne pouvez pas vous plaindre devant ceux qui occupent une position inférieure à la vôtre.
Cela s’applique au travail, dans vos relations amoureuses et dans votre famille. Quiconque détient le pouvoir a également la responsabilité de protéger ceux qui en ont moins contre toute anxiété inutile.