Comprendre la peur de décevoir.

Parlons aujourd’hui de la peur de décevoir. C’est un phénomène que je rencontre assez fréquemment chez les jeunes hommes : des mecs excessivement préoccupés par l’idée de décevoir autrui. Il s’agit généralement de personnes qui, de leur propre aveu, cherchent à plaire à tout prix — des personnalités dites « agréables » par opposition aux tempéraments plus affirmés.

Dans ces cas précis, la peur de décevoir autrui peut s’avérer si paralysante qu’elle peut engendrer des syndromes de l’anxiété chronique. Naturellement, cette crainte est intrinsèquement liée à l’angoisse de l’abandon.

Qu’est-ce qu’une déception justifiée ?

Sachez qu’il existe une distinction entre la déception justifiée et la déception injustifiée.

La déception justifiée survient lorsqu’un engagement mutuellement convenu est rompu unilatéralement par l’une des parties concernées. Par exemple, si vous prévoyez de retrouver un ami dans un bar demain soir à 20h00, et qu’à 19h45 ce dernier vous appelle pour vous dire : « Salut, je ne pourrai pas venir ce soir », la déception est alors justifiée. Que cet ami ait une raison valable ou non, le fait demeure qu’un engagement mutuel a été pris, puis rompu unilatéralement. Dans ce contexte, votre déception est légitime. Vous étiez en droit de vous attendre à ce qu’un événement précis se produise à une heure donnée, et cette attente a été trahie.

Qu’est-ce qu’une déception injustifiée ?

En revanche, en l’absence d’un engagement mutuellement convenu — s’il ne s’agit que d’une préférence personnelle, d’une norme ou d’une attente non verbalisée qui n’existe que dans votre esprit ou celui d’autrui — alors toute violation de cette attente engendre une déception injustifiée. Ne pas répondre à l’attente inexprimée d’autrui n’est pas votre problème ; c’est le leur. Leur déception relève de leur propre responsabilité, car ils ont choisi d’attendre l’exécution d’un engagement qui n’a jamais été formulé. La déception, dans ce cas, s’apparente à la tentative d’appliquer un contrat non consensuel dont l’une des parties ignorait les termes. Une telle prétention ne tiendrait absolument pas devant un tribunal. (Désolé pour le vocabulaire assez juridique… déformation professionnelle…).

Conclusion

Ne vous inquiétez JAMAIS de décevoir autrui. Ce n’est pas une situation à craindre. Concentrez-vous plutôt sur le respect de vos propres engagements, car c’est la seule manière par laquelle vous pourriez légitimement décevoir quelqu’un. De plus, le respect de ces engagements relève généralement de votre domaine de contrôle exclusif.