Le symbolisme de l’ablution.

Dans l’Iliade, se laver les mains est un geste de purification rituelle. Comme dans toutes les religions, on procède à de telles ablutions avant les sacrifices. Les ablutions rituelles sont un symbole de purification par l’eau. Étymologiquement, elles nettoient de la boue dont on est couvert. 

Dans l’Évangile, se laver les mains, pour Pilate, sera se déclarer et se rendre, pense- t-il, pur de toute souillure et de responsabilité, dans une décision juridique douteuse et dans ses conséquences redoutables. Un tel geste symbolise un refus de responsabilité, mais ne le légitime pas. 

Déjà, dans les hymnes homériques, l’idée se fait jour que l’ablution ne suffit pas à laver la conscience des fautes morales ; la pureté d’âme est bien autre chose que la propreté de la peau ; celle-ci n’est que le symbole de celle-là : quant au méchant, tout l’Océan n’effacerait pas la souillure de son âme. 

Il est fréquemment fait mention, dans les textes irlandais, d’un roi ou d’un souverain qui va se laver le matin à une fontaine ou à une source. Ces ablutions sont liées à l’exercice de la fonction souveraine et il est possible qu’elles dépendent du symbolisme général de la source. 

Par les ablutions, on s’assimile les vertus de la source : les propriétés diverses des eaux se communiquent à celui qui s’en imprègne ; elles purifient, elles stimulent, elles guérissent, elles fécondent. L’ablution est un moyen de s’approprier la « force invisible des eaux ».