Les limites, surtout celles que vous vous imposez à vous-même, forment un cadre éthique qui vous permet d’évaluer les problèmes auxquels vous faites face, et vous permet de prendre des décisions au fur et à mesure que vous avancez dans la vie. Permettez-moi d’expliquer pourquoi cela vaut la peine de s’imposer à soi-même des limitations, pour le meilleur ou pour le pire.
Sans cadre éthique, les gens se contentent plus ou moins de s’inventer des règles de vie et des « principes » au fur et à mesure qu’ils vieillissent et qu’ils rencontrent des problèmes, ce qui signifie que chaque décision est fonctionnellement basée sur l’émotion et l’intérêt personnel. C’est ainsi que les enfants naviguent dans la réalité, mais de nombreuses personnes n’ont pas dépassé ce stade parce que cela demande des efforts et de la discipline. En réalité, les conséquences de l’absence de cadre éthique sont considérables. Il suffit de regarder autour de soi pour constater que la vie moderne est un chaos total, avec l’ensemble des normies qui ont un comportement incohérent, parce qu’intérieurement, ils manquent de principes pour les guider dans leurs actions.
Un cadre éthique est comme une étoile polaire, c’est quelque chose qui nous permet de naviguer dans les ambiguïtés de la vie quotidienne, et si nous ne nous soumettons pas à un cadre externe (c’est-à-dire une religion), alors nous avons le devoir de créer ce cadre pour nous-mêmes.
Ce n’est pas grave si ce cadre est une chimère, vous pouvez prendre quelques idées des stoïciens, quelques idées des bouddhistes, quelques idées des chrétiens, et ainsi de suite. L’essentiel, c’est d’avoir des principes, des limites, des règles, mêmes si elles viennent seulement de vous-même et de vos choix personnels.
Les limites sont nécessaires, elles sont comme un squelette qui non seulement protège mais facilite la locomotion en nous permettant de nous déplacer dans le monde avec un certain degré de confiance et d’équilibre.
Les gens n’aiment pas toujours les limites, mais elles ont quand même un apport positif. Avoir des limites vous aidera à ne pas vous autodétruire une fois que vous aurez réussi. Quand vous échouez dans quelque chose, vous n’avez pas besoin de limites puisque la réalité des faits vous en impose déjà. Mais lorsque vous réussissez, vous devez prendre garde à ne pas perdre la tête et à aller trop loin en vous croyant invincible : c’est précisément à ce moment que vous avez besoin de limites, et surtout, de limites qui viennent de vous-même et que vous vous imposez à vous-même.
Par exemple, il peut être facile de se prononcer « contre l’infidélité » quand personne ne vous désire et ne veut de vous, mais lorsque des dizaines de belles femmes vous courent après, c’est là que votre « principe » qui consiste à condamner l’infidélité est vraiment mis à l’épreuve. Voilà pourquoi il est important de décider, par exemple, si vous vous permettez à vous-même d’être infidèle, et ensuite, de tester votre principe sur le terrain, en quelque sorte, afin de voir si vous êtes capable de résister à la tentation. Ainsi, si vous êtes en couple et que vous avez également du succès auprès des autres femmes, vos propres limitations vous permettons de choisir clairement de ne pas tromper votre partenaire (ou de la tromper, cela n’a pas d’importance : ce qui est important, c’est de décider de ce que sont vos principes et vos limites AVANT d’avoir à les appliquer concrètement).
Si nous supposons qu’un jour nous aurons suffisamment de succès et d’options pour faire ce que nous voulons, et si nous ne commençons pas à mettre des limites à nos actions AVANT d’en avoir besoin, il est très peu probable que nous soyons capables de contrôler notre comportement en l’absence de restrictions externes (ou interne) auxquelles nous avons délégué notre pouvoir d’action et de décision. C’est un problème parce que nos vies vont probablement dérailler à ce moment-là et nous ne pourrons pas profiter des fruits de tous nos efforts.
Je vous encourage donc à penser à cela, à prendre un moment pour réfléchir à vos limitations, celles que vous vous mettez à vous-même. Je ne parle pas des limites ou limitations dans le sens d’une punition, mais comme des outils qui vous obligent à adopter un certain détachement vis-à-vis de vos envies et de vos pulsions immédiates.