Comment se sortir de la dépression ?

« Oh là là Raffaello ! Quel sujet d’merde ! »… Oui… je sais, je sais. Le thème de cet article n’est pas très cool, mais cela fait partie des sujets que l’on doit aborder lorsqu’on se consacre au développement des hommes dans tous les aspects de leur existence. Parce qu’il existe des moments au cours desquels nous tombons et nous n’avons plus l’envie de nous relever. Eh bien cet article représente l’occasion (et peut-être le signe que vous attendiez ?) pour parler de la façon dont un homme peut se sortir d’une dépression.  

Première étape : comprendre. 

La première étape de la lutte contre la dépression consiste à comprendre ce qu’est la dépression. La dépression est fondamentalement un déséquilibre chimique dans votre cerveau. Votre cerveau libère des substances chimiques qui vous font vous sentir bien (dopamine, sérotonine, etc.) et des substances chimiques qui vous font vous sentir mal. La dépression survient simplement en cas de surplus de certaines substances par rapport à d’autres.

Pourquoi certaines personnes souffriraient-elles d’un déséquilibre de substances chimiques ? La science ne le sait pas avec certitude. Certaines personnes gravement déprimées pensent que le déséquilibre chimique est uniquement dû à la génétique ou à d’autres facteurs qu’elles ne peuvent pas contrôler. C’est peut-être vrai dans une certaine mesure, mais je pense qu’au moins une partie de votre dépression est causée par des choses que vous pouvez contrôler : vos pensées et vos actions. Même si la dépression est fondamentalement un déséquilibre chimique, nous pouvons agir pour modifier les substances chimiques présentes dans notre cerveau, ne serait-ce qu’avec une alimentation saine, et un apport régulier en magnésium. 

La dépression, comme toutes les émotions chez les êtres humains, a une raison évolutive. L’homme a évolué pour se sentir bien lorsqu’il fait quelque chose de « bien » par rapport à sa « survie » (par exemple, manger des aliments sains ou faire l’amour à une belle femme) et pour se sentir mal lorsqu’il effectue quelque chose qui est « mauvais » pour sa « survie ». Lorsque quelque chose de grave se produit et que nous devenons déprimés, nos émotions se tarissent et nous ruminons parce que nous sommes programmés pour tout mettre de côté et pour réfléchir à ce que nous avons « fait » de mal. Cas typique : la dépression de rejet, qui survient lorsque quelqu’un que nous aimons nous rejette (rupture amoureuse) : nous perdons l’appétit et nous ne pouvons pas dormir parce que nous pensons littéralement que nous sommes seuls dans tout l’univers. 

La dépression est destructrice chez les êtres humains parce que ces émotions liées à l’évolution de l’espèce ne correspondent pas à la réalité et ne nous aident donc pas dans le monde réel et « moderne ». Par exemple, nous pouvons avoir l’impression d’avoir « merdé » alors que ce n’est pas le cas où nous pouvons avoir l’impression de nous sentir inutiles alors que ce n’est pas le cas. Nos parents, nos amis ou nos professeurs peuvent nous faire croire que nous avons « merdé » si nous n’avons pas obtenu un emploi rémunéré à 100 000 euros brut par an. En réalité, c’est idiot : vous pouvez être parfaitement heureux sans 100 000 euros brut par an, mais si vous êtes convaincu d’avoir échoué, les émotions de la dépression se manifesteront. La raison pour laquelle la dépression est un « déséquilibre chimique » est que nous sécrétons trop de la mauvaise substance chimique, même si rien de mal ne s’est produit en réalité.

La rumination n’est pas non plus utile si nous ne disposons pas de toutes les informations nécessaires. Si votre petite amie vous largue, vous pouvez ruminer sans fin pour comprendre pourquoi. Mais la rumination ne sert à rien parce que vous ne saurez jamais vraiment pourquoi elle vous a largué. Peut-être qu’elle vous trompait et que vous n’avez rien fait de mal. Peut-être qu’elle ne vous a jamais aimé. Peut-être est-elle tout simplement folle. Même si vous avez découvert la raison de votre rupture (si tant est qu’une rupture puisse avoir une « raison » vraiment objective), cette rumination est inutile car vous devez de toute façon aller de l’avant. Ruminer sur quelque chose sans disposer d’informations suffisantes, c’est comme un hamster qui tourne dans une roue – vous n’allez nulle part et vous faites du sur-place.

Le véritable danger de la dépression, c’est la confusion. Lorsque nos émotions prennent le dessus sur nos processus de pensée rationnels, de sorte que nous croyons être rationnels, alors qu’en réalité nous ne faisons que justifier a posteriori les différentes émotions qui s’agitent en nous. Un alcoolique en voie de guérison trouvera un argument brillant pour justifier le fait qu’il devrait prendre UN SEUL VERRE, parce que « aujourd’hui, il y a une occasion qui le justifie, mais c’est exceptionnel, hein ». Il peut penser qu’il est rationnel et logique, mais en réalité il se laisse piéger par son envie d’alcool.

La dépression fait naître des pensées négatives. Si vous vous faites larguer, vous pouvez vous dire : « je ne retrouverai jamais quelqu’un d’autre ». Bien sûr, c’est totalement irrationnel – vous pouvez tout à fait retrouver quelqu’un d’autre. Cette pensée, ce n’est pas vraiment la vôtre, car votre cerveau « normal » – c’est-à-dire celui qui dispose d’un équilibre des différentes substances chimiques – n’aurait pas pensé cela.

La dépression s’entretient elle-même, et en cela, elle est vicieuse : supposons que vous soyez déprimé pendant 6 mois. Au cours de ces 6 mois, vous penserez beaucoup, mais bien souvent, lorsque vous aurez une pensée, votre dépression vous fera penser à quelque chose de négatif plutôt qu’à quelque chose de rationnel ou d’objectif. Après des centaines de milliers de cycles de pensée, votre cerveau sera maintenant rempli de pensées négatives sur le fait que vous avez merdé et que vous ne réussirez jamais, et ces pensées négatives et terribles seront renforcées et soutenues par des émotions négatives. Ces pensées et émotions négatives conduiront ensuite à d’autres pensées et émotions négatives et vous formerez des schémas de croyance et des idéologies basés sur ces processus de pensée négatifs, et ces schémas négatifs s’enracineront profondément dans vos réseaux neuronaux et vos habitudes. Souvent, lorsque vous rencontrez des personnes qui n’ont pas réussi, vous constaterez qu’elles ont des systèmes de croyances négatives profondément ancrés.

C’est pourquoi il est si difficile de sortir de la dépression – les gens sont littéralement enterrés sous des tonnes et des tonnes d’émotions négatives et de croyances limitatives, et ils ne peuvent pas se mouvoir intellectuellement. C’est pourquoi il faut beaucoup de temps et de travail pour sortir de la dépression et éliminer ces émotions et ces pensées qui se sont accumulés. Pour ne rien arranger, ces émotions négatives nous font nous sentir « à l’aise » et, même si elles nous nuisent, nous nous sentons encore plus mal lorsque nous essayons d’avoir confiance en nous ou d’être ambitieux. La négativité est devenue une habitude, un petit cocon dans lequel on se sent – bizarrement – en sécurité, en terrain connu, à l’abri de l’imprévu ou d’une surprise. 

Pire encore, les êtres humains sont conçus pour être des êtres capables d’une intense réflexion abstraite et prolongée. C’est la raison pour laquelle nous avons eu tant de grands artistes et scientifiques tout au long de l’histoire de l’humanité – nous avons tendance à être obsédés par quelque chose et à occulter le reste du monde. Cependant, lorsque la chose sur laquelle nous sommes concentrés est mauvaise, nous risquons de perdre de vue la situation dans son ensemble et de nous concentrer uniquement sur les mauvais aspects du réel. Les personnes déprimées sont souvent obsédées par leurs échecs et oublient toutes les bonnes choses de leur vie et les possibilités positives.

Deuxième étape : penser autrement. 

Je crois que pour vaincre la dépression, il faut regarder le monde d’une manière fondamentalement nouvelle. Nos croyances sur la réalité, le sens de la vie et notre avenir sont déterminants pour notre bonheur.

Supposez que toutes les informations inconnues sont positives. 

Votre cerveau contient trois types d’informations : les bonnes choses qui se passent dans votre vie, les mauvaises choses qui se passent dans votre vie et les choses dont vous êtes encore incertain parce que vous n’avez pas assez d’informations pour dire si cela est « bon » ou « mauvais ».

Si une bonne chose vous arrive, vous vous sentez bien. Si une mauvaise chose vous arrive, vous vous sentez mal. Cependant, l’évolution n’a jamais su comment gérer l’incertitude – comment se sent-on lorsque l’on ne dispose pas de suffisamment d’informations pour savoir si la situation est « bonne » ou « mauvaise » ? Une personne déprimée adopte par défaut une attitude négative. Si elle ne connaît pas quelque chose, elle en déduit que c’est mauvais.

Cette attitude est extrêmement néfaste, car 99,99 % des informations dont vous disposez, à tout moment de votre existence, sont incertaines. Vous ne savez pas ce que vous réserve l’avenir. Vous ne savez pas ce que les gens pensent vraiment de vous, à quel point vos compétences sont supérieures à celles des autres, quelle chance vous aurez de faire ceci ou cela, etc… La vie est pleine d’incertitudes ! Quand vous déprimez, vous considérez toute information incertaine comme une information négative. Vous venez de passer un entretien ? Vous n’êtes probablement pas assez bon pour l’obtenir. Vous voulez aborder une fille ? Elle n’est probablement trop bien pour vous. 

Pour lutter contre la dépression, vous devez partir du principe que tous les faits incertains sont positifs. Vous devez absolument croire que tout sera génial, que l’univers vous aime, que vous pouvez réussir tout ce que vous essayez, que n’importe quelle fille vous baisera et que vous serez heureux au-delà de vos rêves les plus fous. Certains de ces faits incertains peuvent s’avérer négatifs pour vous. Mais vous ne devez pas vous en préoccuper avant d’y arriver et de SAVOIR qu’ils sont négatifs. Tant que vous ne savez pas, vous DEVEZ supposer que les faits incertains sont positifs pour vous. Cette fille à qui vous n’avez jamais parlé ? Elle vous aime probablement beaucoup. L’entretien que vous venez de passer ? Vous allez probablement l’obtenir. Allez jusqu’à l’extrême : vous devez penser que tout est possible, que vous pouvez devenir milliardaire demain, que les règles du monde ne s’appliquent pas à vous et que Dieu vous aimera et vous donnera tout ce que vous voulez. Bien sûr, ne prenez pas de décisions basées sur une positivité irrationnelle, mais utilisez cette positivité irrationnelle pour vous motiver.

Vous pouvez me répondre : « Bah Raffaello ! Je ne peux pas me soigner juste avec un délire « d’affirmation positive » et de « vibrations de l’univers » ! C’est pour les gonzesses ces conneries là ! ».

Tout d’abord, si, vous pouvez. Votre cerveau rationnel peut savoir que vous vous mentez à vous-même, mais pas vos émotions. De la même manière que la dépression peut tromper irrationnellement vos émotions pour vous faire sentir mal, vous pouvez tromper irrationnellement vos émotions pour vous faire sentir bien. Deuxièmement, vous ne « délirez » pas vraiment : vous émettez simplement des HYPOTHÈSES positives sur des faits incertains, ce qui est différent. Techniquement, c’est la base de la plupart des religions. Aucun être humain ne sait si Dieu existe réellement ou non, s’il nous aime vraiment ou autre chose, mais les gens qui croient en Dieu… se sentent mieux ! Alors même qu’elles ne savent pas plus que vous si Dieu existe ou non. 

Gardez également à l’esprit que la dépression vous pousse à penser négativement de manière irrationnelle, et que vous devez donc contrebalancer cela d’une manière ou d’une autre. Certaines personnes pensent trop positivement et sont naïves. C’est également une mauvaise chose, mais là, on parle de dépression, qui est le problème inverse. Si votre vision de la réalité est déformée et devient négative, vous devez la contrebalancer et « déformer » votre réalité de manière positive, afin de restaurer l’équilibre dans la Force, en quelque sorte. 

Pour penser de manière positive, vous avez besoin d’une routine quotidienne. Il peut s’agir de plusieurs choses : lire des ouvrages inspirants, écouter de la musique, prier, chanter, méditer, faire des affirmations, se parler à soi-même. Peu importe. Vous devez également pratiquer la « métacognition » (c’est-à-dire penser à ce que vous pensez). Supposons que vous ayez une croyance négative : la prochaine fois qu’elle vous vient à l’esprit, analysez-la logiquement. Est-elle étayée par des faits ou votre dépression vous a-t-elle simplement convaincu qu’elle était vraie ? 

Chaque fois qu’un malheur survient, essayez de comprendre pourquoi il est arrivé et comment vous pouvez l’éviter à l’avenir. S’il s’agit de quelque chose que vous ne pouvez pas contrôler, vous devez trouver le moyen de l’accepter. Si vous avez commis une erreur, déterminez ce que vous avez fait de mal et ne recommencez pas. Essayez d’apprendre quelque chose de chaque échec. Ensuite, passez à autre chose et ne vous sentez plus mal à l’aise. Ne laissez pas cette seule chose négative contaminer le reste de votre pensée et vous faire croire que votre monde s’écroule autour de vous.

Ah oui, et pour aborder le sujet qui fâche, vous devez apprendre à renoncer à la vie que vous vouliez ou pensiez mériter. Vous pouvez généralement caractériser la dépression ou le bonheur selon l’idée suivante : le bonheur, c’est la différence entre là où vous êtes en pratique et là où vous pensez que vous devriez être en théorie. Si votre situation est meilleure que celle que vous pensez mériter, vous serez heureux, et inversement. C’est pourquoi le fait d’exprimer de la gratitude est si important pour le bonheur – les gens ont littéralement l’impression d’avoir eu de la chance dans la vie, et ils se sentent donc bien. En revanche, si votre situation est moins bonne que celle que vous pensez mériter, vous vous sentirez déprimé. En d’autres termes, vous avez une fausse image de ce que vous auriez dû accomplir et vous avez l’impression d’avoir « merdé » parce que vous n’y êtes pas encore. 

Si tant de personnes sont déprimées dans notre société, c’est en partie parce que la culture pop et les médias ne cessent de nous donner des images de ce que nous devrions « avoir » et « être ». Tout le monde pense qu’il devrait avoir une énorme maison, une carrière exceptionnelle, une belle famille, une belle voiture, des vacances sous les tropiques, etc. Et lorsqu’ils n’ont pas ces choses, ils se sentent déprimés.

La clé du bonheur consiste à se détacher de toutes ces choses extérieures et à se contenter sur ce que l’on a. Vous êtes un morceau de poussière qui se déplace dans l’univers et la seule chose que vous pouvez faire est la bonne chose à chaque instant. Vous ne pouvez pas vous concentrer sur la situation dans son ensemble en permanence – faites simplement ce que vous savez devoir faire dans l’immédiat. Concentrez-vous sur le fait de mettre un pied devant l’autre. Non seulement c’est la bonne chose à faire, mais c’est la seule chose que vous puissiez faire de toute façon. Le fait d’être obsédé par toutes les choses que vous voulez avoir ou que vous êtes censé avoir ne vous apportera que du malheur. Ce sera très difficile pour la plupart des gens, car nous sommes imprégnés de certaines valeurs et de certains objectifs dès notre plus jeune âge, et il faudra un énorme changement de mentalité pour abandonner ces choses. Mais vous devez vous rappeler que les humains sont des êtres fragiles et que personne n’a trouvé ce qu’est une vie « heureuse ». Tout le monde naît dans une situation différente et il faut une combinaison étrange de travail acharné, de chance, d’avance et d’un certain type de personnalité pour en arriver là ou on est. Et tout ce que vous accomplissez peut disparaître en une seconde, car la réalité est une salope cruelle et indifférente. Nous suivons tous un parcours différent et, pour certains d’entre nous, ce parcours ne mènera pas au style de vie des gens « riches » et des « célèbres ». Ce n’est pas grave – la vie ne consiste pas à impressionner qui que ce soit ou à atteindre un objectif préétabli qu’un connard que vous n’avez jamais rencontré a inventé pour vous. 

Abandonnez l’idée que vous devriez être « ici » ou « là » et profitez simplement de votre vie quotidienne. Arrêtez de penser à devenir une rock star ou un milliardaire et concentrez-vous sur le fait d’être une bonne personne, de faire du bon travail aujourd’hui et d’apprécier le petit-déjeuner. Les petites choses de la vie doivent vous rendre heureux. Les grandes choses sont formidables, mais vous ne devez pas vous y attacher émotionnellement et vous ne devez surtout pas vous sentir mal parce que vous n’y êtes pas encore arrivé. La vie est faite de petits pas : vous devez mettre un pied devant l’autre et vous finirez par y arriver.

Nous vivons dans une société obsédée par les objectifs, mais je pense qu’il est stupide et malsain de s’attacher de manière irrationnelle à un objectif que vous ne pourrez peut-être pas atteindre ou qui n’est peut-être pas fait pour vous. Ne vous méprenez pas : je pense que les gens devraient avoir des objectifs et travailler dur : je ne dis pas qu’il faut abandonner la vie ou être paresseux. La dernière chose à faire est de boire de la bière et de regarder la télévision toute la journée. Mais vos objectifs doivent rester dans votre tête (plus précisément, dans votre « mental ») et ne doivent pas vous dominer émotionnellement ou vous submerger. À tout moment, vous devez penser à ce que vous faites en ce moment plutôt qu’à vos objectifs lointains.

Réalisez que la dépression est une émotion irrationnelle et qu’elle ne représente pas la réalité. Maintenant que vous savez que la dépression est essentiellement un mélange de substances chimiques, vous pouvez lentement commencer à réinitialiser vos pensées et sentiments négatifs. La prochaine fois qu’une voix dans votre tête vous dira quelque chose de négatif, réalisez que cette voix n’est pas « vous », mais plutôt le fruit d’une mauvaise connexion entre deux neurones. Disons que vous vous êtes toujours considéré comme mauvais avec les filles. La prochaine fois que cette pensée ou ce sentiment vous viendra à l’esprit, analysez-le rationnellement : êtes-vous vraiment mauvais avec les filles ? Ou pensez-vous simplement que vous l’êtes, et cette pensée vous fait-elle perdre la tête ? Peut-être que votre échec avec les filles est dû à une petite chose que vous pouvez facilement corriger ? Ou peut-être pensez-vous simplement que vous êtes nul avec les filles et que cette pensée vous sert d’excuse pour ne pas vous améliorer. La métacognition est extrêmement importante et c’est l’une des raisons pour lesquelles vous devez faire appel à des personnes extérieures qui peuvent vous observer objectivement pour vous aider à vous améliorer.

La cascade de pensées négatives qui accompagne la dépression peut parfois vous convaincre que la réalité a une « conscience » et une « volonté » et qu’elle favorise d’autres personnes au lieu de vous. Il s’agit d’une de ces croyances que vous devez analyser logiquement. La réalité, pour autant que l’on puisse en juger, n’est qu’une suite d’évènements qui se moquent éperdument de qui que ce soit. Le président peut mourir d’une crise cardiaque demain et un sans-abri peut gagner à la loterie et devenir riche. Vous pouvez soit craindre la réalité et être intimidé par elle, soit la considérer comme un outil que vous pouvez utiliser pour atteindre le bonheur. Si vous voulez absolument croire que la réalité a une conscience, allez-y, mais pourquoi ne pas supposer qu’elle vous aime et qu’elle veut que vous soyez le roi du monde ?

Par ailleurs, quand vous êtes déprimés, méfiez-vous de toutes vos émotions, pas seulement des émotions négatives. Cette folle cascade de pensées et d’émotions négatives peut affecter n’importe laquelle de vos autres émotions, alors méfiez-vous. Disons que vous avez « quelque chose » pour une fille en particulier. Faites un peu de métacognition : aimez-vous vraiment cette fille ou est-ce votre dépression qui vous convainc que vous avez BESOIN d’elle ? Supposons que vous détestiez quelqu’un et que vous vouliez vous venger de lui. Réfléchissez logiquement : cela vaut-il la peine de consacrer du temps et de l’énergie mentale à la poursuite d’une rancune vindicative contre cette personne ou votre dépression est-elle à l’origine de cette situation ? Disons qu’il y a quelqu’un d’abusif dans votre vie – avez-vous réellement besoin de cette personne dans votre vie ou est-ce votre dépression qui vous donne l’impression d’avoir BESOIN d’elle ?

Troisième étape : Vivre au quotidien.

Les pensées positives sont excellentes, mais en fin de compte, vous devez inverser le flux de substances chimiques nocives dans votre cerveau et la seule façon d’y parvenir est d’agir. Vous avez besoin de « victoires », c’est-à-dire de choses que vous réussissez (en psychologie évolutionniste, une « victoire » est un évènement qui engendre la libération de certaines substances chimiques). Ces « victoires » stimuleront votre dopamine de manière saine. 

Commencez par aborder vos problèmes de front. Vous devez vous confronter à la réalité et obtenir des « victoires ». Certes, il n’y a rien de mal à pratiquer le stoïcisme ou le bouddhisme pour se sentir mieux, mais en fin de compte, vous devez toujours trouver un moyen de résoudre vos problèmes concrètement. Ce n’est qu’une fois que vous commencerez à obtenir régulièrement des victoires que vous serez heureux.

Si besoin, faites-vous aider. Trouvez-vous des amis positifs qui vous aideront à aller mieux. Laissez tomber les personnes qui ont une influence négative, en particulier celles qui ne comprennent pas la dépression ou qui vous disent simplement de « vous en sortir » (Oh my God ! Pourquoi n’y ai-je pas pensé avant ! Merci !). Trouvez-vous un modèle auquel vous voulez ressembler afin de vous inspirer de quelqu’un d’autre. Trouvez-vous un mentor qui vous donnera des conseils pour atteindre vos objectifs. Trouvez sur Internet des sites positifs qui vous aideront à vous améliorer. Vous avez besoin de voix objectives qui ne sont pas ensevelies sous la même avalanche de pensées et d’émotions négatives que vous, et vous devez les écouter. Vos pensées négatives essaieront de les ignorer, mais vous devez faire preuve d’ouverture d’esprit et les écouter, même si elles vous paraissent insensées. Et bien sûr, tenez-vous à l’écart des autres personnes déprimées, négatives ou mal intentionnées. 

Adoptez de petits objectifs. Vous n’arrivez peut-être pas à vous décider à faire quelque chose de concret. Commencez par vous donner des objectifs incroyablement petits que vous savez certainement pouvoir atteindre – puis, lorsque vous les atteignez, vous obtenez une petite « victoire ». Un exemple : votre premier objectif consiste à vous brosser les dents tous les jours. 

Une fois que c’est devenu une routine, vous pouvez vous fixer des objectifs un peu plus ambitieux. Vous pouvez dès à présent renforcer votre estime de soi en vous concentrant sur une petite chose dans votre vie. Vous pouvez vous promettre de vous laver les cheveux tous les jours ou un truc du même genre. Même ces petites choses vous aideront à vous sentir mieux.

Il y aussi les évidences. Vous les avez vues un million de fois ailleurs, mais je vais les énumérer à nouveau : faites de la gym, mangez mieux, dormez suffisamment, faites des choses qui vous aident à vous détendre, faites quelque chose de spirituel, stimulez-vous intellectuellement, bla bla bla…

Méfiez-vous du bonheur « bon marché » : c’est tout ce qui vous fait vous sentir bien mais qui, en fin de compte, n’est pas bénéfique pour vous, ou qui peut même être mauvais. Cela inclut les drogues, les femmes, le porno, les excès de vitesse, la perte de temps sur Internet, la télévision, les jeux vidéo, etc. Bien qu’il n’y ait normalement rien de mal à s’offrir un peu de bonheur « bon marché », les personnes déprimées sont enclines à devenir dépendantes parce qu’elles sont malheureuses et que ces choses bas-de-gamme leur procurent un sentiment de bien-être, même si c’est pour un moment fugace. De nombreuses personnes déprimées tentent de « fuir » leurs problèmes en s’offrant un bonheur « bon marché », pour ensuite se rendre compte que le problème n’a fait qu’empirer depuis qu’elles ont « quitté la réalité ».

Adoptez une routine et un emploi du temps strict. C’est probablement la chose la plus importante de cette liste. Vous avez besoin d’une routine et d’un emploi du temps strict. Si vous lisez les biographies de personnes célèbres, vous remarquerez qu’elles avaient toutes un emploi du temps strict. Si vous ne vous imposez pas des limites très strictes, vous pouvez facilement vous retrouver dans un trou noir de « temps perdu » ou, pire, dans une crise de drogue ou de pornographie, avec une consommation excessive. La seule façon de repousser ces monstres est de vous réserver une période de temps pendant laquelle vous vous engagez absolument à faire votre travail ou à vous adonner à votre pratique. Même si vous êtes trop déprimé pour faire quoi que ce soit, vous devez tenir bon – le simple fait de respecter votre emploi du temps vous permettra de gagner. Si vous n’avez pas la volonté de le faire vous-même, trouvez quelqu’un qui vous forcera à faire votre travail.

Pour empêcher le bonheur « bon marché » de vous gâcher la vie, prévoyez dans votre emploi du temps de l’argent et du temps libre pour vos types de bonheur « bon marché » préférés, mais arrêtez absolument de vous en occuper lorsque votre budget est épuisé. Par exemple, je me limite à deux verres d’alcool par semaine et je ne sors jamais avec une fille après 2 heures du matin, à moins qu’on ait déjà baisé. Si vous n’arrivez pas à respecter votre budget, vous devez y mettre un terme pour de bon. Vous ne pouvez pas contrôler votre consommation d’alcool ? Arrêtez de boire – trouvez un autre type de bonheur « bon marché ». Mon conseil perso : je consacre 2 heures maximum par semaine à mes jeux vidéo préférés. Je vous recommande d’acheter et de jouer à Minecraft. C’est cool, vous pouvez tout construire, avec de l’imagination, et vous créer votre monde virtuel. Ça fait du bien, ça détend, et c’est un bonheur « bon marché » qui ne vous détruit pas de l’intérieur comme peu le faire le porno ou la télévision.