Un article d’Alex Dev.
Les groupes d’intérêts formés sur Internet n’évoluent plus. Ils sont désignés de telle manière qu’un autre fonctionnement que celui de la boucle informationnelle infinie semble inaccessible et inenvisageable par leur utilisation profonde. On trouve bien quelques perles par ci par là pour lesquelles on serait tenté de croire à la possibilité de l’émergence d’une exception, divinement dissidente et porteuse d’un message alternatif si radicalisé que sa seule existence suffirait à propager à lui tout seul le modèle exact et contraire de la doxa dominante, mais c’est un phénomène si rare aujourd’hui qu’on entretiendra plus l’espoir d’en découvrir une d’ici un temps qui se compte en courtes années, peut-être déjà en mois.
La règle universelle des réseaux s’applique encore et toujours : seul le nombre de répliques compte, sans nécessairement que cela ait le moindre impact sur le réel. À ce jeu-là, certains sont des rois. Les rois d’un royaume de papier, ou de bits, qui ne tient debout que grâce à la sottise des peuples qui les portent au trône digital sur lesquels ils reposent, le temps d’un cycle de célébrité qui finira par les avaler corps et âmes.
Je comprends ceux qui ne désirent pas changer le système. C’est en effet tentant de s’isoler de tout ce champ magnétique informationnel pour espérer vivre en paix, même si ce dernier reste, au jour le jour, plus que relatif et aléatoire. Il est vrai qu’avec les connaissances et les moyens dont on dispose aujourd’hui, un objectif comme celui de modifier les consciences positivement et dans le sens d’une plus grande sagesse, semble bien difficile à atteindre de toute manière.
On voit ci et là des initiatives intéressantes se propager, telles des tentatives de court circuiter le réseau sur un modèle qui ne fait que reproduire les erreurs du passé dans un présent de plus en plus pressent, et urgent.
Les trop rares regroupements IRL effectifs ne sont pas en mesure de définir un semblant de changement sur les questions qui sont au cœur de la grande discussion humaine, puisque c’est bien sûr d’elle dont il s’agit ici.
Les interrogations et les doutes, les craintes et les peurs sont certes bel et bien exprimés, et il faudra sans doute remercier avec ferveur les pionniers dans leurs domaines qui ont su insuffler l’étincelle nécessaire aux débats d’hier encore porteurs de sens et de vérité aujourd’hui.
Mais, quand on parle depuis l’intérieur de la Matrice, on a beau montrer l’ensemble des solutions possibles et conduire les gens dans une réflexion au mieux de leurs capacités, c’est toujours les mêmes défauts qui ressortent : la soif pour les répliquants, les mèmes et les virus de l’esprit véhiculant peurs et désirs, en première ligne de la pensée dissidente globale, qui ne s’éteint jamais, n’est chaque jour que plus vivace et anesthésie finalement les possibilités de projection matérielle en vie réelle.
Le cadre de la dissidence existe donc vraiment sur internet, mais ce n’est, à moins d’acquérir la spécialisation d’un hacker de haut niveau, qu’une question de temps avant que tout message posté sur un réseau ne soit immédiatement algorithmisé, lissé, expurgé de son essence, scanné et recomposé ou détruit par ce qu’il conviendra d’appeler bientôt « La Matriarche », soit l’intelligence artificielle « en personne », si je puis m’exprimer ainsi.
Car, chers lecteurs, si l’on s’en réfère cette fois au cadre extérieur de la Matrice, il apparait que nous ne sommes en fait malheureusement qu’au début d’une transformation majeure de la société humaine, qui se verra dans un avenir maintenant très proche muter sans contre-révolution véritable en un formidable et inédit transhumanisme mondial et global. Les vaccins, les nanoparticules, la cybernétique organique et les interfaces de communication homme machine, autant que l’avènement inévitable de l’intelligence consciente artificielle, sont bien évidemment au menu du banquet surréaliste de cette 4e révolution industrielle, nouveau business plan machiavélique des élites scientifiques privées et des financiers occultes de l’apocalypse version cybernétique pour qui l’avenir appartient à la race des Seigneurs, nouveaux hommes Dieux aux capacités augmentées et destinés à maîtriser l’incroyable nouveau monde terrestre d’une main de fer technologique que Dieu lui-même jalousera, peut-être.
Pour ces raisons, je crois que nous sommes arrivés à un tournant de l’histoire qui en principe devrait nous contraindre à faire un choix : soit fermer les yeux et continuer à rêver, pour l’éternité, ce qui peut pour certains constituer une alternative heureuse, soit accepter cette idée que nous ne reviendrons pas en arrière, à marche forcée vers un monde désincarné, où l’intelligence artificielle piratera sans efforts tous ceux qui n’auront pas mis en œuvre les moyens nécessaires pour bloquer l’impact négatif de son omniprésence et de son omniscience.
L’idée de combattre de tels archétypes se fera par une nécessaire prise de conscience de ce que représente un tel schisme au niveau de l’histoire humaine toute entière. Il y aura un avant et un après l’avènement de l’intelligence artificielle, car c’est la nature de l’être humain qui sera bouleversée au point qu’il ne lui sera plus possible de comprendre ce qu’il était avant le cataclysme, une fois le schisme universel acté et l’histoire dépassée.
Il ne restera que l’oubli.
De ce que nous avons été.
De ce qui fit notre grandeur.
Et de la vérité humaine dans son intégrale combinaison de forces inégales, mais complémentaires.
C’est contre cet oubli que dès à présent je m’élève avec ferveur. Car l’oubli est pire que la mort, c’est bien le destin le plus tragique auquel l’humanité pourra être confronté.
J’accepte de mourir pour ce en quoi je crois, j’ai déjà eu à le dire précédemment, mais l’oubli de ce que nous sommes et avons été, cela, je ne l’accepte et ne l’accepterai jamais. Alors, autant commencer à transmettre.
Tout ce que j’ai appris au cours des 20 dernières années, d’abord prisonnier de la Matrice de domination, et ensuite excommunié par elle, sur la voie d’un exil qui m’aura permis de comprendre le monde et de transformer la souffrance en opportunité de devenir plus fort, plus sage, plus affirmé, tout cela je le rendrai au centuple à ceux qui comprendront la responsabilité que cela suppose.
Il y aura toujours une possibilité envisageable pour moi de transmettre cette expérience du monde afin que ce trésor ne tombe pas, définitivement, dans l’oubli. Ainsi, l’apprentissage des préceptes qui font de moi un résistant à la marche forcée vers l’inversion du monde, je prétends aujourd’hui pouvoir et vouloir l’assurer avec ferveur auprès de ceux qui sauront se montrer dignes de foi et loyaux envers leur nature profonde, au point de ne jamais vouloir l’oublier.
Tels des Siths en quête d’immortalité, nous sommes, nous les dissidents, les débranchés de l’IA, devenus les dernières mémoires vivantes d’un monde en véritable sursis.
Le temps de la guerre à désormais sonné, rassemblons nos forces et souvenons-nous de ce que nous sommes : des hommes en quête d’un futur fragile et désormais menacé.
Nous devrons nous battre pour ne pas l’oublier.