Avant la « monogamie forcée », la population de femmes était jusqu’à 17 fois supérieure à celle des hommes.

Attention ! Cet article fait partie du projet « The Black Pill ». Vous consultez la section 13.15.

Des chercheurs ont analysé en 2015 la diversité génétique des parties exclusivement masculines et féminines de l’ADN afin d’estimer la taille effective des populations des deux sexes tout au long de l’histoire humaine. Voici ce qu’a révélé l’analyse : 

La diversité génétique dans l’ADN féminin est beaucoup plus élevée, ce qui reproduit les résultats antérieurs de Wilder (2004) et de Favre & Sornette (2012). Cela implique que les hommes ont connu une plus grande variance dans leur succès reproductif. Certains hommes ont eu des centaines d’enfants, mais d’autres n’ont eu aucun enfant. À l’inverse, il est rare que les femmes n’aient pas d’enfants, car les hommes sont moins sélectifs dans le choix de leur partenaire, mais les femmes ne peuvent pas produire des centaines d’enfants au cours d’une vie. Cette constatation concorde généralement avec les preuves de polygynie modérée dans les cultures humaines.

Il y a environ 8 000 ans, la taille effective de la population des femmes a considérablement augmenté par rapport à celle des hommes, atteignant un pic d’environ 17 fois la taille des hommes (voir graphique ci-dessous).

Ce pic coïncide avec les premières révolutions agricoles, d’où une explication plausible : des pratiques d’accouplement de plus en plus polygynes rendues possibles par la concentration du pouvoir et l’accumulation de richesses des agriculteurs. L’inégalité économique et les systèmes héréditaires peuvent également avoir augmenté de manière disproportionnée le succès reproductif de quelques hommes riches et de leurs descendants, par exemple par le biais de la succession politique et religieuse, par exemple les seigneuries, les prêtrises héréditaires et les premières monarchies.

Données : 

Sources : 

Karmin M, Saag L, Vicente M, Sayres MAW, Järve M, Talas UG, et al. 2015. A recent bottleneck of Y chromosome diversity coincides with a global change in culture. Genome Research. 25: 459-466. (Source)

Diep F. 2017. 8,000 Years Ago, 17 Women Reproduced for Every One Man. Pacific Standard. (Source)

Wilder JA, Mobasher Z, Hammer MF. 2004. Genetic Evidence for Unequal Effective Population Sizes of Human Females and Males. Molecular Biology and Evolution, 21(11): 2047–2057. (Source)

Baumeister R. 2007. Is There Anything Good About Men? Invited Address to the American Psychological Association. (Source)

Baumeister R. 2010. Is There Anything Good About Men? How Cultures Flourish by Exploiting Men. Oxford University Press. (Source)

Tierney J. 2007. The missing men in your family tree. (Source)

Cochran G. 2015. Y-chromosome crash. (Source)

Favre M, Sornette D. 2012. Strong gender differences in reproductive success variance, and the times to the most recent common ancestors. Journal of theoretical biology. 310:43-54. (Source)