Bronze Age Mindset. Traduction Française – Chapitres 19 à 21.

Dans cette série d’articles, je vous propose ma traduction en français du livre « Bronze Age Mindset », de BAP.

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Chapitre précédent : 

Chapitres 16 à 18.


19.

Certains pensent que ce point de vue vous absout de la responsabilité de vos actes. Mais en fait, vous êtes responsable de bien plus que de vos actes. Ce qui est censé vous contraindre ou vous déterminer biologiquement est en fait ce que vous êtes. Cela restreint vos actes selon ses modes inhérents de désir et d’action, mais c’est vous qui êtes cela, et cela a décidé d’être, donc en fait vous êtes responsable de beaucoup plus, vous êtes responsable de ce que vous êtes. Vous êtes responsable des bonnes et des mauvaises choses qui vous arrivent, de tout accident ou de toute maladie que vous pourriez connaître ! En fait, tout allait vous arriver comme cela s’est passé au moment de votre naissance ou de votre conception et même avant, au moment où vos parents se sont regardés dans les yeux. Il n’y a fondamentalement aucune différence entre vous et cette lueur.

20.

Les animaux se promènent dans un état d’intoxication religieuse permanente. C’est la condition naturelle de l’esprit et de l’intellect, de la perception de chaque instant, de l’homme également. J’ai entendu un fou d’informatique dire que la religion est l’expérience de la « vieille réalité virtuelle », pour justifier son industrie de l’arnaque. Non, l’état dénudé de l’esprit et de l’intellect, où vous vous promenez « démystifié » et « désenchanté » est la condition de la réalité virtuelle, et une condition terrible en cela. Pendant la plus longue période dont nous sommes actuellement conscients, pendant des centaines de milliers d’années au Paléolithique, les humains se promenaient, comme des animaux en bonne santé, dans un état que nous appellerions aujourd’hui « délire religieux », mais qui est en fait l’état par défaut de toute vie consciente et semi-consciente. Longtemps après l’avènement de la civilisation également, beaucoup ont continué dans cet état, ou l’ont fait pendant des périodes spéciales de l’année ou des fêtes où l’homme pouvait retrouver son état libre et naturel. C’est la civilisation et en particulier la civilisation agricole qui a interdit cette condition et a plongé la majorité des humains dans un cadre répressif ou dépressif semi-permanent. Il n’est pas surprenant que cette situation soit cohérente avec les travaux et le développement impressionnants de la civilisation et de la culture supérieures, et qu’elle en soit même une condition préalable : la majorité de l’humanité a terriblement souffert, y compris dans son corps, de l’arrivée de l’agriculture, des travaux pénibles, de la malnutrition qui se traduit par la réduction de la taille et de la corpulence des squelettes des agriculteurs, de la destruction de leurs dents, de l’atrophie de leur cerveau et d’autres organes. L’agriculture permettait une alimentation régulière, une augmentation des effectifs, et surtout le maintien d’une élite, libre de ces exactions, qui vivait en parasite de la multitude. Mais l’agriculture a brisé l’animal humain et l’a domestiqué. Comprenez-vous alors ce qu’est la vision du monde « désenchantée » ? Je dois rire de la « vision du monde laïque », la vision du monde désenchantée, qui est en fait la vision du monde de l’humeur du paysan brisé. La « science », soi-disant le contenu…, n’est même pas pertinente ici…

21.

Ce que je préfère, c’est me promener en ville pendant la journée, complètement bourré, dans des rues très fréquentées ou sur des promenades en bord de mer ou de rivière, avec un récipient qui ressemble peut-être à du thé glacé ou à de l’eau mais qui est plein d’alcool. La nuit, je n’apprécie pas autant, mais pendant la journée, je me promène dans un état de grand enthousiasme et d’énergie alimenté par l’alcool ou, mieux encore, une sorte de vin qui vous énergise jusqu’à une grande et sainte rage. Je ne veux pas dire vraiment « enragé », parce que je ris intérieurement, mais j’aime me promener comme ça, voir les gens, accoster des inconnus de toutes sortes de façons, rien n’est plus divertissant. Je me suis souvent demandé, dans ces moments-là, comment ce serait, et comme la vie serait bénie, si je pouvais me sentir comme ça tout le temps et pas seulement quand je bois, et aussi ne jamais en payer le prix. L’alcool ne devrait jamais, soit dit en passant, être utilisé pour soulager le stress, car après l’effondrement, et même le lendemain, il y a une augmentation du cortisol, de sorte que les sentiments désagréables s’aggravent. Mais je me suis demandé ce que cela pouvait être de se sentir comme ça tout le temps et qu’il doit y avoir, ou qu’il y a eu, des gens qui le font. Ne nous dit-on pas que le monde est plein de mutants ? Pourquoi pas un mutant qui serait perpétuellement rempli de ce genre d’euphorie… mais plus encore, pourquoi pas un seul ensemble d’émotions, ou une seule émotion. Je me suis demandé à ces moments-là comment la vie pourrait être si on n’était possédé que par un sentiment spécifique, et s’il existe un homme qui n’a ressenti que la colère la plus pure et la plus intense, continuellement et rien d’autre, ou qui n’a ressenti qu’une sorte de joie très spécifique et aucun autre sentiment… même la tristesse de certains types rend la vie belle et c’est peut-être un aiguillon pour de grandes choses. Même la panique est préférable à l’engourdissement promu à notre époque. À quoi ressemblerait une créature qui n’aurait jamais ressenti une telle chose, et pourquoi ne peut-elle pas exister ? Ce serait un monstre, ou un dieu, ou en tout cas il serait possédé par un dieu.


Chapitre suivant :

Chapitre 22.