L’écart d’attractivité dans un couple permet de prédire le temps qu’ils mettront avant d’avoir des relations sexuelles.

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Hunt, Eastwick et Finkel ont mené en 2015 une étude dont l’objectif était d’examiner les effets de la propinquité sur l’attraction sexuelle humaine.

Les participants ont été invités à remplir un questionnaire en ligne, conçu pour évaluer la durée de la relation et le temps que les couples ont mis avant de se mettre ensemble.

Les participants ont ensuite été emmenés dans un laboratoire où ils se sont assis à une table et ont discuté de leur relation tout en étant filmés. Les chercheurs ont veillé à ce que le visage et le torse des couples soient clairement visibles dans les vidéos.

Sept évaluateurs ont regardé toutes les vidéos et ont évalué conjointement l’attrait physique des participants. Ensuite, afin de contrôler les éventuels effets de halo influençant les résultats, l’attractivité physique des participants a été évaluée séparément par une nouvelle équipe d’évaluateurs. 

On a découvert que plus les participants attendaient avant de sortir ensemble, plus leurs niveaux d’attractivité physique étaient dissemblables. Malheureusement, et de façon plutôt suspecte, les auteurs n’ont pas fourni de ventilation par sexe.

Discussion :

Le résultat pourrait indiquer que les femmes font attendre plus longtemps les hommes moins attirants dans la « Friendzone », avant d’entamer une relation avec eux, si tant est qu’elles le fassent. 

Cependant, il est possible que ce résultat soit également dû en partie au fait que les hommes attendent plus longtemps avec des femmes moins attirantes. Il est prouvé que les femmes sont le plus souvent les « gardiennes de la sexualité », c’est-à-dire que ce sont elles qui décident quand avoir des relations sexuelles. Par exemple, McCabe (1987) a constaté que parmi les nouveaux couples de 25 ans, 28% des hommes mais seulement 2% des femmes étaient des « vierges réticents » (« reluctant virgins ») qui voulaient avoir des rapports sexuels, mais qui étaient retenus par l’attente de leur partenaire. 

Cohen et Shotland (1996) ont montré des corrélations entre le moment où les gens pensaient que les rapports sexuels devaient commencer et le moment où ils ont effectivement commencé à avoir des rapports. Pour les hommes, la corrélation n’était pas significative (r = 0,19), ce qui implique qu’ils n’avaient pas leur mot à dire, alors que pour les femmes, la corrélation était très élevée (r = 0,88). En outre, les femmes prennent rarement l’initiative et ont donc le choix. Il est donc probable que les femmes soient un peu plus à l’origine de cette tendance que les hommes.

L’attente et la réticence des femmes à s’accoupler sont appelées « timidité ». Il a été proposé que les femmes utilisent ce comportement pour évaluer l’aptitude de l’homme en tant que pourvoyeur (McNamara 2008, Wachtmeister 1999), mais aussi pour attendre de meilleures opportunités d’accouplement qui pourraient se présenter entre-temps, exploitant sournoisement le « principe du moindre intérêt » et, en même temps, leur rôle de sélecteur sexuel.

Citations :

« Les couples qui ont formé leur relation peu de temps après s’être rencontrés étaient plus susceptibles de se mettre ensemble sur la base de l’attractivité physique que ceux qui ont formé leur relation bien après s’être rencontrés ».

Sources :

Hunt LL, Eastwick PW, Finkel EJ. 2015. Leveling the Playing Field: Longer Acquaintance Predicts Reduced Assortative Mating on Attractiveness. Psychological Science. 26(7): 1046-1053. (Source)

Fisher R. 1930. The Genetical Theory of Natural Selection. The Clarendon Press. (Source)

McNamara JM, Fromhage L, Barta Z, Houston AI. 2008. The optimal coyness game. (Source)

Wachtmeister CA, Enquist M. 1999. The evolution of female coyness–trading time for information. (Source)

McCabe MP. 1987. Desired and experienced levels of premarital affection and sexual intercourse during dating. Journal of Sex Research. 23(1):23-33. (Source)

Cohen LL, Shotland RL. 1996. Timing of first sexual intercourse in a relationship: Expectations, experiences, and perceptions of others. Journal of Sex Research. 33(4):291-9. (Source)