Le Serpent Enroulé (8).

Dans cette série d’articles, je vous propose ma traduction en français du livre « The Coiled Serpent: A Philosophy of Conservation and Transmutation of Reproductive Energy », de C. J. Van Vliet.

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Chapitre précédent : 

6. L’idéal.


DEUXIÈME PARTIE

LA JUSTIFICATION DE L’IDÉAL

« Cet idéal… est étayé par le témoignage de tant de sources indépendantes qu’il ne peut être pris à la légère ». 

Lippmann.

« Les hommes tels que vous êtes aujourd’hui, mi-hommes, mi-bêtes… Êtes-vous si satisfaits de votre humanité bâtarde et imparfaite, de votre animalité à peine tenue en laisse ? ». 

Papini, La vie du Christ.

 


VII

CONSIDÉRATIONS

« Il existe certainement un certain nombre d’arguments très rationnels contre… la passion ». 

Foerster.

N’étant pas un manuel, cet ouvrage n’a pas la prétention d’être complet ou systématique. Il s’agit plutôt d’un livre-témoin, dans lequel l’authenticité de l’idéal proposé concernant l’importance de la conservation de l’énergie reproductive est testée à travers des sujets très divers. La science et la métaphysique, la sociologie et l’éthique, les systèmes philosophiques et religieux de tous les temps sont légèrement effleurés, en un seul point, dans le but d’étayer l’idéal et de prouver sa valeur intrinsèque. Dans presque toutes les directions, on peut trouver des preuves qui corroborent l’idéal de pureté. 

Une lecture attentive des chapitres suivants révélera à quel point l’opinion selon laquelle le développement évolutif du corps, de l’intellect, de tout accomplissement culturel, de la spiritualité et des pouvoirs cachés dépend largement de la conservation et de la transformation de l’énergie sexuelle.

Chaque chapitre traite d’un seul sujet, chacun ne présente qu’un seul argument ou ne suggère qu’une seule considération. Par conséquent, un chapitre à lui seul peut ou non s’avérer étonnamment convaincant. Mais chacun d’entre eux sert d’une certaine manière à renforcer tous les autres ; chaque chapitre contient une contribution au thème central du livre. 

Toutes les déclarations faites ou citées ne peuvent avoir la même force, et on ne s’attend pas à ce qu’elles soient toujours généralement acceptées. Il est plus que probable que même les remarques les plus concluantes seraient rejetées de toute façon par la multitude qui s’accroche à son addiction aux satisfactions sensuelles. De toute évidence, « je ne peux espérer l’approbation de ceux qui sont… sous l’emprise de la passion ». « Car celui qui vit aux dictats de la passion n’entendra ni ne comprendra le raisonnement de celui qui tente de le dissuader ». « La passion semble ne pas se prêter à la raison ». Il est encore vrai que « ce principe inférieur de l’homme n’écouterait pas la raison et… ne se soucierait naturellement d’aucun argument ».

Après tout, « chaque homme ne peut attacher de prix qu’à ce qui, dans une certaine mesure, lui est analogue, et pour lequel il a au moins une légère inclination ». C’est pourquoi les pensées exprimées dans ces pages s’adressent principalement à ceux qui sont déjà devenus quelque peu réceptifs aux principes spirituels. Même pour ceux-là, les arguments présentés en faveur de l’idéal ne seront peut-être pas tous convaincants. Mais si, par logique ou par réaction intuitive, ils trouvent que les preuves cumulées, ne serait-ce que dans une demi-douzaine de chapitres, semblent convaincantes, cela devrait suffire à planter la graine de l’idéal dans leur conscience. 

Presque tous ceux qui sont prêts à faire face à l’évidence de manière franche et directe devront reconnaître que l’idéal est basé sur une strate profonde et solide de vérité universelle. Et une fois que cette reconnaissance est enracinée, un peu d’attention régulière la fera croître, fleurir et porter les fruits rafraîchissants et rajeunissants qui apportent le goût de la réalisation spirituelle.