Le Serpent Enroulé (3).

Dans cette série d’articles, je vous propose ma traduction en français du livre « The Coiled Serpent: A Philosophy of Conservation and Transmutation of Reproductive Energy », de C. J. Van Vliet.

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Chapitre précédent :

1. Le serpent.


II

IGNORANCE

« Le serpent… toujours en congrès avec sa contrepartie infernale, l’ignorance ».

– Mead, Oracles chaldéens. 

L’humanité est comme un enfant qui se cache de ses aînés, lesquels l’interpellent parce qu’ils savent qu’elle devrait faire un effort pour développer ses facultés. L’humanité est comme un enfant qui veut continuer à jouer avec des images déformées des choses réelles au lieu de se familiariser avec les réalités éternelles. L’humanité est comme un enfant qui persiste à rester ignorant des vérités les plus profondes de la science de la vie. 

L’humanité joue avec la vie. Elle joue avec le sexe. Elle veut perpétuer ce jeu plutôt que de comprendre les lois éternelles de la nature, plutôt que de déployer ses pouvoirs spirituels latents. Elle continuera à jouer jusqu’à ce que ces mêmes pouvoirs soient rabougris pour toujours – jusqu’à ce que, autrement mûrie, elle devienne une imbécile en matière d’esprit. 

Si l’attachement aux jouets persiste, et si l’ignorance est invoquée comme une excuse là où il n’y a qu’une ignorance flagrante et délibérée, il y a un danger imminent d’idiotie incurable sur le plan spirituel. L’humanité est déjà anormale pour son âge parce qu’elle s’adonne à des distractions matérielles précaires, parce qu’elle est absorbée par des jeux émotionnels frivoles, parce qu’elle réfléchit beaucoup trop peu et reste obstinément ignorante des faits et des lois concernant sa propre nature. 

« Les hommes se trompent dans le choix de leurs plaisirs… par défaut de connaissance » ; ils « se contentent des petits biens qu’ils possèdent et s’y attachent désespérément dans l’ignorance des plus grands bienfaits auxquels ils pourraient accéder s’ils ouvraient leurs yeux spirituels ».

Le développement mental fait que l’enfant met progressivement de côté ses jouets infantiles. Au bout d’un certain temps, il n’en veut plus et ne voudrait à aucun prix échanger les plaisirs mentaux qu’il a péniblement acquis contre un retour aux jeux stupides qui l’amusaient lorsqu’il était ignorant. 

C’est ainsi que le développement spirituel amènera l’homme à abandonner progressivement ses jeux, en particulier ceux qui n’ont jamais été conçus pour le jeu. Il le fera s’élever au-dessus des jeux sexuels habituels. Au bout d’un certain temps, il n’en voudra plus, il ne voudra pas renoncer aux joies glorieuses bien plus grandes, acquises au cours de sa croissance spirituelle pour revenir aux jouets mal choisis de sa période d’amusements sensuels. 

Mais, par pure volonté et par ignorance, l’humanité semble préférer continuer à jouer, même avec les trésors les plus sacrés de la nature. Enfantine, elle gémit si elle se brûle les doigts en saisissant le sacro-saint récipient dans lequel brûle la flamme sacrée. Elle gémit lorsque la maladie suit la consommation du vin sacré. Elle gémit quand on la retire de son jeu impie et périlleux. Elle se met en rage lorsqu’elle est menacée par l’action vengeresse des lois exigeantes de la nature. Et elle ne voit pas que toute sa misère et sa souffrance résultent de son obstination à rester ignorante des principes spirituels. 

Une telle ignorance est inévitable dans l’enfance et dans la première jeunesse d’une race. Mais la grande partie de l’humanité qui est racialement arrivée au stade de l’adolescence avancée devrait maintenant surmonter cette ignorance. Elle devrait connaître ses propres pouvoirs spirituels dormants, les réveiller et les rendre dominants. Elle devrait abandonner les jeux non autorisés et cesser de jouer inutilement avec la force vitale, qui est la force la plus sacrée de la nature.


Chapitre suivant :

3. Civilisation.