Le Serpent Enroulé (1).

Dans cette série d’articles, je vous propose ma traduction en français du livre « The Coiled Serpent: A Philosophy of Conservation and Transmutation of Reproductive Energy », de C. J. Van Vliet.

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Le Serpent Enroulé.

Une philosophie de la conservation et de la transmutation de l’énergie reproductive.

C. J. Van Vliet.

« Le lien entre le serpent et les questions sexuelles … se retrouve dans le monde entier ». 

– Crawley, La Rose Mystique, I, viii, 232. 

DÉDIÉ À L’AVANT-GARDE DE LA RACE HUMAINE. 

« Il semble qu’on ait besoin d’un homme audacieux qui dise franchement ce qui est le mieux… en s’opposant aux plus puissantes convoitises et en ne suivant que la raison ». 

-Platon, Lois, VIII, 835. 

AVANT-PROPOS.

« Les sages, dans tous les âges, ont toujours dit les mêmes choses ; et les sots, qui de tout temps forment l’immense majorité, ont continué à faire le contraire ».

-Schopenhauer, Aphorismen zur Lebensweisheit, Einleitung. 

La prérogative que possède la génération actuelle de parler et d’écrire librement et franchement sur le sexe a été appliquée dans une mesure presque illimitée – et aussi bien qu’exclusivement – à la diffusion de théories erronées qui flattent les passions de l’animal humain en sanctionnant, encourageant et glorifiant l’expression sexuelle pour elle-même. 

Pour contrecarrer ces erreurs, il sera nécessaire de profiter de la même prérogative pour utiliser un langage simple et direct afin de souligner l’énorme valeur de la conservation de la force générative, conservation qui est pratiquement synonyme de chasteté, mais plus positive encore que ce que l’on entend communément par chasteté. 

Malheureusement, de nombreuses tentatives pour prouver cette valeur ont été si sommaires et maladroites, si peu logiques, ou si partiales et sectaires, que l’idée même de conservation a presque perdu tout pouvoir d’attraction. 

Pourtant, de nombreuses raisons solides et profondes peuvent être avancées à l’appui d’une philosophie dont le thème central est un idéal de purification radicale – une philosophie qui affirme qu’une solution efficace et permanente du problème du sexe, qui est inextricablement lié, ne peut être trouvée que dans la limitation de la vie sexuelle à l’activité reproductive. Et bien que cet idéal puisse sembler extrême et ne pas être immédiatement applicable à la pratique générale, il est de la plus haute importance que ses principes fondamentaux soient largement connus. Car la reconnaissance de sa valeur intrinsèque et le fait de tourner le regard dans sa direction peuvent changer le courant de l’évolution humaine, même si ce n’est d’abord que dans des cas individuels. 

Personnellement, l’envie de formuler une telle philosophie idéaliste du problème le plus important et le plus mystificateur de l’humanité est devenue irrésistible lorsque s’est développée la conviction qu’un manque de chasteté en acte et en pensée constitue la cause sous-jacente de presque toute la misère, du mécontentement de la vie, de la discorde conjugale, de la condescendance, de l’insouciance et de l’indifférence, de l’insatisfaction, de la dysharmonie conjugale, de la faible vitalité congénitale, de l’inertie intellectuelle, de nombreux accidents évitables, des épaves humaines dans le corps et dans l’esprit, et d’innombrables morts prématurées. En synthèse, le mauvais usage général de la force générative s’est révélé être la cause fondamentale non seulement des malheurs de l’humanité, mais aussi de son incapacité à progresser dans l’évolution.

Si les idées formulées dans ce livre ne représentaient que l’opinion de l’auteur, elles n’auraient qu’un faible pouvoir de persuasion. Mais c’est un fait vérifiable qu’à travers les siècles les sages ont presque unanimement proclamé la valeur de la retenue sexuelle comme une condition inéluctable pour la réalisation de véritables progrès humains. Ceux qui possédaient une sagesse supérieure ont apparemment toujours su qu’une évolution supérieure est impossible sans la conservation de la force sexuelle. Et les recherches des scientifiques modernes, ainsi que les observations équitables d’écrivains éminents, confirment les déclarations des sages. 

Cependant, la plupart des déclarations pertinentes des penseurs du passé sont cachées dans des volumes abscons qui ne sont pratiquement jamais accessibles à l’homme moyen. Et les rapports des découvertes modernes sont généralement dilués et décolorés avant d’arriver, sous une forme quasi vulgarisée, sous les yeux du lecteur profane. 

Il a donc semblé utile de rassembler de brèves citations provenant d’une grande variété de sources, et de les incorporer dans le texte. Chaque fois qu’elles pouvaient être soit directement corroborées, soit indirectement utiles pour mener à la question principale, les paroles d’autres personnes ont été introduites. Leur profusion peut servir à démontrer l’étendue de la recherche préparatoire, ainsi que la nature impersonnelle et éclectique de l’ouvrage. 

Afin d’éviter l’effet de lourdeur que produit souvent l’introduction de nombreuses citations, un effort particulier a été fait pour les intégrer au texte de telle sorte que la continuité de la composition ne soit pas rompue. 

Il faudra peut-être demander l’indulgence du lecteur pour le grand nombre de notes de référence. Elles sont nécessaires pour que la source de chaque phrase citée soit dûment reconnue. Elles seront utiles à l’étudiant qui voudra les vérifier. Mais la référence aux notes n’est en aucun cas indispensable à la compréhension du texte. 

Le présent volume est destiné principalement à inculquer une appréciation mentale claire de l’idéal. 

Un autre manuscrit est en préparation, sous le titre : La Conquête du Serpent (« The Conquest of the Serpent »), et traitera des méthodes pratiques par lesquelles l’idéal peut être approché et réalisé. 

Enfin, un volume ultérieur présentera des considérations métaphysiques plus profondes à l’appui de l’affirmation selon laquelle la seule chance pour la race de progresser davantage dans l’évolution dépend de sa maîtrise et de sa transmutation de la force sexuelle. 


Chapitre suivant :

1. Le serpent.