Masculinisme et élections présidentielles françaises.

C’est dans la dernière ligne droite avant les élections, quelques jours avant le premier tour, que je me décide enfin à écrire un article sur les élections présidentielles françaises du point de vue masculiniste

Je dois avouer que je suis moi-même indécis, en ce qui concerne mon choix définitif. S’abstenir ? Aller voter ? Pour quel(le) candidat(e) ? La première chose que je voulais faire, c’était de faire un comparatif des programmes de chaque candidat, afin de voir lequel ou laquelle disposait du programme le plus conforme aux attentes d’un masculiniste…

Et puis, j’ai réalisé que c’était la question qui était elle-même hors-sujet ! Après tout, on est en train de parler de masculinisme, lequel est une praxéologie, et non une idéologie. En effet, le masculinisme, c’est l’étude des rapports hommes/femmes, en tant que système biologique naturel et évolutif, qui exploite et organise les stratégies sexuelles des deux sexes, pour alimenter sa propre croissance en un système social complexe. De telle sorte que la politique d’un pays importe peu, car de toute façon, les hommes et les femmes vivent selon des cycles hormonaux qui régulent leurs cycles de vie sexuelle et reproductive, et ils agiront les uns en fonction des autres en fonction de cet impératif sexuel, pour former des groupes sociaux complexes, tels que la famille, les nations, et des civilisations entières, lesquelles coordonnent leur organisation par le biais de normes culturelles. Ainsi, ce n’est pas la Politique (avec un grand « P ») qui détermine les conditions d’existences et d’interaction des hommes et des femmes, mais ce sont les hommes et les femmes qui, en fonction de leurs natures sexuelles, déterminent les conditions d’évolutions d’une société. 

J’en suis venu ainsi à considérer qu’il n’est donc pas possible de déterminer une « politique masculiniste » qui permettrait aux hommes de vivre mieux. C’est aux hommes qu’il appartient de déterminer leurs propres conditions d’existence, en tenant compte de la « Politique » comme un facteur externe soit négatif, soit positif… mais le plus souvent négatif, dans la mesure où l’État Français – qui a développé récemment une tendance liberticide – impose davantage de contraintes aux hommes. 

C’est ici ma première réflexion : a priori, un masculiniste qui se respecte est « ingouvernable » dans le sens où celui-ci cherche à définir librement ses propres conditions d’existences, quelles que soient les circonstances politiques, économiques, sociales ou sociétales. Ainsi, un masculiniste vivra sa propre vie et en déterminera les modalités que le président soit Macron, Le Pen, Zemmour, Mélenchon ou Hidalgo. (Bon, honnêtement, les probabilités de vivre sous la présidence d’Hidalgo sont particulièrement minces…). Dans tous les cas, en raison de la volonté d’indépendance qui caractérise, au plus profond d’eux-mêmes, tous les hommes, je me dis qu’un masculiniste doit tendre « naturellement » vers l’abstention. Et que s’il ne tend pas vers l’abstention, il peut choisir le candidat qu’il veut, dans la mesure où les connaissances masculinistes ne tendent pas par elles-mêmes à pousser vers telle ou telle doctrine politique. 

Ce qui m’amène à ma seconde réflexion : la politique du point de vue masculiniste. En réalité, il n’y en a pas vraiment. Je le répète inlassablement sur mon blog : le masculinisme est davantage une « méthode » qu’une « opinion ». C’est pour cela que nous distinguons, dans la « matrice », ceux qui ont pris la « pilule rouge » de ceux qui ont pris la « pilule bleue ». 

Premier aspect du masculinisme : considérer les faits.

Les masculinistes pensent qu’il n’existe qu’une seule réalité, et que la vérité est ce qui décrit précisément cette réalité. Plus une idée décrit correctement la réalité, plus elle est vraie. Les masculinistes sont des absolutistes factuels. A l’inverse, les adversaires du masculinisme pensent que la réalité est subjective et que ce qui est « vrai » dépend simplement de la personne à qui vous le demandez. Ce que l’on appelle « vérité » n’est qu’une codification du point de vue de quelqu’un, et il est donc inutile d’argumenter sur ce qui est « vrai ». Les anti-masculinistes sont des relativistes factuels.

Deuxième aspect du masculinisme : écarter les considérations morales.

Les masculinistes pensent que la question de savoir si quelque chose est « bon » ou « mauvais » est une question d’opinion, et que tous les systèmes de moralité sont des systèmes que les sociétés ont inventés pour obtenir un résultat, et qu’il est donc inutile de discuter de la question de savoir si quelque chose est « mauvais » ou non, plutôt que de l’effet qu’elle a. Les masculinistes sont des relativistes moraux. A l’inverse, les anti-masculinistes pensent qu’il existe exactement un ensemble de lois morales, que les êtres humains ont progressivement découvert dans une ascension historique vers la perfection éthique. Certaines personnes sont éthiquement meilleures ou pires en fonction non seulement de ce qu’elles font, mais aussi de ce qu’elles croient. Ils pensent qu’il existe différents systèmes éthiques, mais qu’ils peuvent être classés du pire au meilleur sur la base d’une sorte de « méta-éthique » qui permet de tester leur degré de conformité avec le seul ensemble absolu d’éthiques qui sous-tend la réalité. Les anti-masculinistes sont des absolutistes moraux.

Troisième aspect du masculinisme : l’ouverture au débat.

Les masculinistes pensent que le but d’un débat est d’établir quels sont les faits, et comment cette connaissance peut être utilisée pour contrôler les résultats. Les masculinistes argumentent sur ce qui est VRAI. A l’inverse, les anti-masculinistes pensent que le but du débat est d’établir ce qui est moralement meilleur, et ce que chacun devrait faire. Les anti-masculinistes discutent de ce qui est JUSTE.

Quatrième aspect du masculinisme : l’intolérance envers les idées et la tolérance envers les personnes.

Les masculinistes pensent que les débats sont un processus coopératif entre deux ou plusieurs personnes qui ont pour objectif commun de parvenir à une image plus précise de la réalité absolue, et que, si les gens peuvent rester farouchement sur leurs positions, ils peuvent aussi les renverser en un clin d’œil si de nouvelles informations sont mises en lumière, car le seul véritable attachement est celui envers la vérité. Les masculinistes pensent que les débats ont lieu entre des théories, et non entre des personnes. Ainsi, la remise en question de la personnalité d’une personne est INTERDITE, car elle n’est pas pertinente. A l’inverse, les anti-masculinistes pensent que les débats sont un processus compétitif entre deux personnes, qui ont chacune pour objectif d’établir leur point de vue sur le bien et le mal en atteignant un état d’ascendant moral sur l’autre personne. Ils pensent que toute personne qui change d’avis révèle une faille dans son caractère moral (parce que son avis précédent n’était pas moralement correct), et qu’elle doit par conséquent renoncer à son ascendant moral et soumettre ses actions au jugement moral des autres (généralement la personne qui a gagné le débat). Les anti-masculinistes pensent que les débats ont lieu entre des personnes, et non entre des idées, dans le but précis de déterminer qui devrait être autorisé à fixer des normes pour le comportement des autres (parce qu’ils sont moralement supérieurs). Ainsi, remettre en question le caractère de quelqu’un n’est pas seulement pertinent, c’est même tout l’intérêt.

Ainsi, dans l’idéal, le masculinisme n’offre pas de « vision du monde » toute faite, et ne vous invite pas à voter pour tel ou tel candidat. Le masculinisme n’a ni programme politique, ni promesse électorale, ni « dogme » intangible. Tout ce que l’on propose, c’est une méthode de réflexion, une façon de penser hautement rationnelle pour l’homme hétérosexuel. Le masculinisme n’est qu’un outil, à vous d’en faire ce que bon vous semble. 

Ce qui m’amène quand même à ma troisième réflexion : le masculinisme ET la politique. Nous sommes une communauté d’hommes hétérosexuels rationnels. Même si nous n’existons (principalement) qu’en ligne, il n’en demeure pas moins que nous développons notre propre « sphère » : l’androsphère. Celle-ci constitue, que l’on veuille ou non, une « identité collective ». L’identité collective est ainsi une identité qui, non seulement peut relier les individus à une communauté et à une cause plus grande qu’eux, mais qui peut fournir également une justification explicite de l’engagement politique. 

Ainsi, si j’affirme que le masculinisme ne peut trouver sa place dans le débat présidentiel dans la mesure où ce n’est pas une idéologie, cela ne veut pas dire que le masculinisme est entièrement en-dehors du champ politique, de la même manière que la politique n’est pas entièrement en dehors du champ masculiniste. Si le masculinisme était une opinion politique, quelle en serait la doctrine ?

Eh bien, c’est assez simple ! Ulcérés par l’influence croissante du féminisme dans la culture moderne, les masculinistes cherchent à récupérer leur pouvoir dans un monde où les hommes ne sont plus les maîtres du jeu. Notre premier adversaire, c’est évidemment le féminisme. Le féminisme est une stratégie sexuelle qui place les femmes dans la meilleure position possible pour choisir leurs compagnons, déterminer quand elles veulent changer de compagnon, trouver le meilleur ADN possible et obtenir le plus de ressources qu’elles peuvent obtenir individuellement. Le masculinisme, en réaction, c’est la stratégie sexuelle des hommes. La réalité est un phénomène qui peut s’analyser, et donc, le masculinisme est l’étude de la réalité des interactions hommes/femmes afin d’ajuster notre stratégie sexuelle masculine en conséquence.

Mais justement, c’est dans ce postulat que réside notre propre incapacité à nous organiser politiquement. En effet, comme l’accent initial a été mis sur l’établissement d’une stratégie sexuelle pour les hommes, nous insistons sur le comportement personnel qu’il convient d’avoir vis-à-vis des femmes plutôt que sur la politique… Encore aujourd’hui, de nombreux masculinistes recommandent que notre méthode ne soit pas partagée avec d’autres personnes en dehors des réseaux sociaux. Comme le dit un de nos dictons populaire : « La première règle du masculinisme est de ne jamais parler de la Pilule rouge dans la vie réelle, et de ne jamais débattre de nos idées ailleurs qu’en ligne« . De nombreux membres sont d’accord pour dire que nous sommes meilleurs lorsque nous restons une minorité relative. Nous ne souhaitons pas devenir mainstream car nous préconisons avant tout des solutions individuelles. Surtout qu’il convient d’ajouter que nous sommes meilleurs, et plus séduisants que les autres hommes, justement parce que nos concurrents ne disposent pas des connaissances dont nous disposons, et qu’ils ne sont pas aussi bien informés que nous sur les dynamiques hommes/femmes.

C’est ainsi que nous revenons, en quelque sorte, à la case départ : si le masculinisme était une opinion politique, notre doctrine politique serait une forme de « non-agir » taoïste : le non-agir ne consiste pas « à ne rien faire ». C’est un « laisser faire », mais qui n’est pas « rien faire du tout ». Le non-agir consiste plutôt à aller dans le sens des événements. Comme le dit un dicton chinois : « Il est inutile de pousser la rivière ». Autrement dit, le « masculinisme politique », si une telle chose existait, consisterait à laisser le monde tel qu’il est, sans le changer, et en y vivant de manière à améliorer votre situation personnelle et votre satisfaction sexuelle. En résumé : prenez soin de vous, et laissez les autres prendre soin d’eux-mêmes.