Les hommes sont attirés par les femmes « gentilles », mais les femmes ne sont pas attirées par les hommes « gentils ».

Attention ! Cet article fait partie de la page BP/CSS. Vous consultez la section 1.16.

Des chercheurs ont cherché (oui, cette formule est vide de sens) à évaluer la « gentillesse » en la définissant comme suit : « une caractéristique qui peut signaler aux partenaires potentiels que l’on comprend, valorise et soutient des aspects importants de son image de soi et que l’on est prêt à investir des ressources dans la relation ». 

En d’autres termes, la gentillesse est le degré avec lequel une personne comprend, valorise et soutient l’identité et les valeurs de son partenaire et est prête à s’engager et à faire des efforts dans la relation. Cet aspect est également connu en psychologie sous le nom de « réactivité ».

Les chercheurs ont constaté que les hommes qui percevaient leurs partenaires féminines potentielles comme « gentilles » les trouvaient « plus féminines et plus attirantes ». Ils ont également constaté que lorsque les hommes trouvaient les femmes « gentilles », ils étaient plus excités sexuellement et désiraient davantage une relation.

Il n’y avait pas de relation significative entre la « gentillesse » des hommes et l’attirance des femmes pour les hommes gentils ou sympa.

Dans le même ordre d’idées, une étude de Tracy et Beall (2011) a révélé que les femmes étaient moins attirées par les hommes souriants et heureux que par les hommes affichant de la fierté ou de la honte. (Je ne m’explique pas ce résultat).

Discussion :

Internet est rempli de femmes qui prétendent que la raison pour laquelle elles « ne donnent pas de chance aux gars sympas » est que ces « gars sympas », ou « mecs gentils » ne sont pas vraiment « sympas ». L’explication plus scientifiquement valable de ce comportement, basée sur ces résultats, est que la gentillesse d’un homme ne semble pas du tout être valorisée sexuellement par les femmes, au contraire, la gentillesse est même négativement valorisé par les femmes.

Un ajout intéressant est que les hommes gentils ont une réussite économique sensiblement plus faible. Dans l’étude de Judge (2012), les hommes gentils (jugés comme ayant un écart-type supérieur en matière d’agréabilité) avaient un revenu inférieur de 18,3 %. Pour les femmes, la baisse est de 5,47 %, mais elles sont plus agréables et ont tendance à occuper des postes de statut inférieur au départ. Il est payant d’être désagréable, dans la vie en général, et doublement pour les femmes, car elles préfèrent aussi les hommes à hauts revenus.

Dire aux hommes d’être gentils nuit à leur vie sentimentale et à leurs perspectives financières.

L’attirance des hommes pour les femmes agréables peut s’expliquer par le désir des hommes d’assurer leur paternité, ce qui leur fait préférer les femmes bien élevées et contrôlables, (s’ils en trouvent…).

Citations :

« La gentillesse peut indiquer à un partenaire potentiel que l’on se préoccupe de son bien-être, et peut donc accroître l’intérêt sexuel pour cette personne ».

« La recherche montre toutefois que cette proposition est valable pour les hommes, mais pas pour les femmes ».

« Les hommes, mais pas les femmes, ont perçu un étranger réceptif comme plus attirant ».

« La gentillesse augmente la perception de la féminité de la partenaire chez les hommes ».

Sources :

Birnbaum GE, Ein-Dor T, Reis HT, Segal N. 2014. Why Do Men Prefer Nice Women? Gender Typicality Mediates the Effect of Responsiveness on Perceived Attractiveness in Initial Acquaintanceships. Personality and Social Psychology Bulletin. 40(10): 1341-1353. (Source)

Mejia P. 2014. Study Finds That Men Like Nice Women, But Not the Other Way Around. Newsweek. (Source)

Judge TA, Livingston BA, and Hurst C. 2012. Do nice guys—and gals—really finish last? The joint effects of sex and agreeableness on income. (Source)

Tracy JL, Beall AT. 2011. Happy guys finish last: The impact of emotion expressions on sexual attraction. Emotion, 11(6), 1379. (Source)