Les hommes aux comportements antisociaux, criminels et violents ont un meilleur succès reproductif et sexuel.

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Des recherches ont montré que les hommes ayant des tendances antisociales et criminelles ont un succès reproductif et sexuel considérablement plus élevé que les hommes qui n’ont pas ces prédispositions. Dans une étude, les hommes antisociaux ne représentaient que 10 % de la cohorte masculine, mais ils étaient pourtant les pères de 27 % des bébés de ce groupe (Jaffee et al. 2003).

Une autre étude portant sur les liens entre le comportement criminel et le succès reproductif a révélé que les hommes criminels étaient plus susceptibles d’avoir plus d’enfants avec un engagement moindre, car ils étaient plus susceptibles d’avoir plusieurs enfants avec plusieurs femmes. Il a été conclu que dans un pays industrialisé contemporain, les comportements criminels et antisociaux peuvent être considérés comme des stratégies reproductives réussies pour les hommes, conduisant à un plus grand nombre de partenaires sexuelles féminines et à une plus grande chance de devenir père (Yao et al. 2014).

Une étude de Barbaro et Shackelford (2016) a trouvé des preuves que la violence perpétrée par les hommes peut être associée à un plus grand accès sexuel à une femme, et que cela peut en partie être dû au fait que les femmes répondent favorablement à l’agression masculine.

Discussion :

Ces recherches fournissent des preuves solides sur la relation hypothétique entre l’élément violent et sauvage de la sexualité humaine et l’adaptation évolutive selon laquelle la formation d’un couple ne peut avoir lieu que si le mâle est capable de dominer physiquement la femelle, ce qui peut être retracé jusqu’au comportement sexuel d’espèces très anciennes comme les lézards. De telles adaptations peuvent avoir pour fonction de « tester le mâle » (Voir également les « shit tests »).

Citations :

« Malgré le fait que les pères qui ont un comportement antisocial élevé ne représentent qu’une faible proportion de l’ensemble des pères, ils sont responsables d’un nombre disproportionné de naissances. Par exemple, Moffitt et ses collègues (2002) ont constaté que même si les hommes ayant un comportement antisocial élevé ne constituaient que 10 % d’une cohorte de naissance, ils étaient responsables de 27 % des bébés nés avant l’âge de 26 ans ». (Jaffee et al. 2003)

« D’un point de vue évolutionniste, le comportement criminel peut persister malgré les conséquences négatives en fournissant aux délinquants des avantages en termes de sélection dans le cadre d’une stratégie d’accouplement alternative réussie. Plus précisément, le comportement criminel peut avoir évolué en tant que stratégie de reproduction basée sur un faible investissement parental reflété par un faible engagement dans les relations reproductives ».

« Les délinquants condamnés ont eu plus d’enfants que les individus qui n’ont jamais été condamnés pour une infraction pénale. Les délinquants criminels avaient également plus de partenaires reproductifs, étaient moins souvent mariés, plus susceptibles de se remarier si jamais ils étaient mariés, et avaient plus souvent contracté une maladie sexuellement transmissible que les non-délinquants ».

« Il est important de noter que le succès reproductif accru des criminels s’explique par une augmentation de la fertilité due au fait d’avoir des enfants avec plusieurs partenaires différents. Nous concluons que la criminalité semble être adaptative dans un pays industrialisé contemporain, et que cette association peut être expliquée par un comportement antisocial faisant partie d’une stratégie de reproduction alternative adaptative ». (Yao et al. 2014)

« D’une culture à l’autre, les femmes préfèrent les hommes dominants comme partenaires (Conroy-Beam, Buss, Pham, & Shackelford, 2015), et il se peut donc que les hommes dominants ou les hommes qui expriment des traits de personnalité plus masculins soient aussi plus agressifs, aient des copulations (non coercitives) plus fréquentes, ou les deux ». (Barbaro & Shackelford, 2016)

« Les preuves suggèrent donc qu’au cours de l’histoire de l’évolution, les hommes qui ont employé la violence de manière judicieuse, ont eu en moyenne des avantages reproductifs par rapport aux hommes qui n’ont pas employé la violence de manière judicieuse, en partie, pour contrôler la sexualité des femmes ». (Barbaro, 2017)

Sources : 

Jaffee SR, Moffitt TE, Caspi A, Taylor A. 2003. Life with (or without) father: the benefits of living with two biological parents depend on the father’s antisocial behavior. Child Dev. 74(1): 109-26. (Source)

Yao S, Långström N, Temrin H, Walum H. 2014. Criminal offending as part of an alternative reproductive strategy: investigating evolutionary hypotheses using Swedish total population data. Evolution and Human Behavior. 35(6): 481-488. (Source)

Barbaro N, Shackelford TK. 2016. Female-directed violence as a form of sexual coercion in humans (Homo sapiens). Journal of Comparative Psychology, 130(4), 321–327. (Source)

Barbaro N. 2017. Violence to Control Women’s Sexuality. In: Encyclopedia of Evolutionary Psychological Science, pp.1-6. (Source)