Éric Zemmour. Féminisation, dévirilisation et immigration. (XIV)

Dans cette série d’articles, je propose une analyse masculiniste de trois polémiques provoquées par Éric Zemmour autour des concepts de « féminisation », de « dévirilisation » et « d’immigration ».  

Introduction.

Première partie. La féminisation de la société française.

Chapitre préliminaire. Comment définir la féminité ?

Chapitre 1. Féminisation et féminisme.

Chapitre 2. De la féminisation à l’indifférenciation.

Chapitre 3. L’impact croissant des réseaux sociaux.

Deuxième partie. La dévirilisation de la société française.

Chapitre préliminaire. Comment définir la masculinité ?

Chapitre 1. La chute de la figure paternelle.

Chapitre 2. Divorce : le destructeur de familles.

Chapitre 3. La guerre contre la paternité.

Chapitre 4. La destruction de la sexualité masculine.

Troisième partie. La nécessaire restauration d’un ordre viril à la française.


Chapitre 1. Des revendications aux « exigences » : l’Hubris féminin.

L’hubris est une notion qui provient du grec ancien, qui désigne l’excès, la démesure, l’orgueil. Ce terme désigne l’état d’un individu qui pense et agit avec arrogance, intempérance, par confiance excessive en soi, comme ivre de pouvoir. C’est une sorte de vertige qu’engendre un succès ininterrompu. L’hubris était la faute la plus grave dans la civilisation grecque, qui ignorait le concept de péché, tel que le conçoit le christianisme. L’hubris, c’est la perte de la juste mesure, de la modération, de la sobriété. L’hubris n’est pas réservé aux Dieux ou aux héros, c’est aussi une faute commise par les hommes et les femmes. Ces dernières, aveuglées par le féminisme, ont dépassé les limites du sens commun, pour remettre en cause les opinions, les croyances et les perceptions largement partagées au sein de la société française. D’une simple idée d’égalité des hommes et des femmes devant la loi, le féminisme s’est ensuite dévoré lui-même afin de produire des idées toujours plus radicales : l’idée que la société est fondée sur la domination des hommes sur les femmes, l’existence d’un prétendu « patriarcat » dont l’existence n’a jamais été démontré, les revendications touchant au contrôle unilatéral de la reproduction humaine (contraception, avortement), l’idéologie du « genre » visant à « dénaturaliser » les rapports entre les sexes, etc… La démesure a même conduit le féminisme à s’associer avec d’autre idéologies qui ne fonctionnent pas et qui nient la nature humaine : le socialisme et le marxisme. La nature spécifique des hommes et des femmes, et leurs différences biologiques et psychologiques, sont alors carrément niées, au profit d’une vision matérialiste qui définit les sexes (rebaptisés « genres ») comme des classes sociales antagonistes ! Dans « le premier sexe », Éric Zemmour énonçait déjà que : « la différence, physique, sociale ou psychologique, est désormais assimilée à l’inégalité, nouveau péché mortel de l’époque ». Plus loin, il ajoute : « le rêve féministe s’est substitué au rêve communiste. On sait comment ces rêves finissent ». L’excès s’est alors ajouté à la démesure lors de la création du « féminisme intersectionnel » ou « féminisme inclusif », qui dénonce l’ensemble des « discriminations » que subissent les femmes, en plus du sexisme, ce qui revient à additionner plusieurs « oppressions » (imaginaires), sans aucune limite. Il existe par exemple un mouvement « afroféministe » en France qui, en dépit de la logique élémentaire, consiste à recevoir des femmes noires sur les plateaux de télévision afin que celles-ci dénoncent « l’invisibilité médiatique des femmes noires »… 

Éric Zemmour, à propos de l’histoire du féminisme, écrivait : « Histoire connue, rabâchée, transformée en lieu commun et image d’Épinal, que l’histoire de l’émancipation féminine, le cigare de George Sand, les suffragettes, Marie Curie prix Nobel, le droit de vote accordé en 1944 par le général de Gaulle, les premières machines à laver, le journal Elle, la pilule, les trois cent quarante-trois salopes, Simone Veil et l’avortement, le MLF, la première polytechnicienne, la première camionneuse, la première policière, le remboursement de l’avortement par la Sécurité sociale, les lois sur l’égalité professionnelle, la parité en politique. Histoire sans fin, toujours recommencée, avec ses acquis sans cesse menacés par le mâle revanchard ». Il existe donc un ensemble de mouvements et d’idées philosophiques qui n’ont plus pour objet de promouvoir l’égalité (politique, économique, culturelle, sociale et juridique) entre les hommes et les femmes, mais de faire des femmes le centre de toute préoccupation politico-sociale, de les considérer systématiquement comme des victimes. 

Ce nouveau mouvement idéologique, qui consiste à accorder aux femmes l’autorité sans aucune responsabilité, peut s’analyser de trois points de vue : sous l’angle philosophique (section 1), sous l’angle économique et social (section 2), et sous l’angle biologique et sexuel (section 3).

Section 1. Une idéologie inexacte. 

J’ai affirmé, en introduction de ce livre, que les prises de positions d’Éric Zemmour sur le féminisme étaient nombreuses et violentes. Éric Zemmour a été qualifié de « sexiste », de « misogyne », et ses prises de positions étaient assimilées à une « haine des femmes ». Je souhaite maintenant revenir sur les opinions d’Éric Zemmour prises dans leur ensemble. Au cours des années, les critiques formulées par le polémiste s’articulaient autour de trois grands thèmes : la féminisation, la dévirilisation, deux phénomènes distincts, et l’indifférenciation, qui en est à la fois l’origine et l’aboutissement. Il est intéressant de noter que l’analyse d’Éric Zemmour, qui ne repose que sur une évidence (la différence entre les hommes et les femmes), soit considérée comme « sexiste » et « misogyne ». 

En réalité, toute critique du féminisme est perçue comme « misogyne » parce que le féminisme est atteint d’hubris, c’est-à-dire de démesure : le féminisme cherche à englober, à absorber, à s’approprier le féminin. Il est pourtant nécessaire de distinguer « féminisme » et « féminité ». Le féminisme est une illusion, une opération de déstabilisation de la féminité elle-même, qui cherche à employer les termes « féminisme » et « féminité » comme des synonymes. Faire croire que ces deux mots renvoient aux mêmes choses permet de créer un voile de protection parfait pour l’idéologie féministe. En utilisant des synonymes, le féminisme se place lui-même au-dessus de toute critique, de sorte que lorsqu’on dénonce le féminisme, on est réduit au silence pour cause d’intolérance envers le féminin. Les féministes ont impitoyablement attaqué la société, et ont attaché leur idéologie extrémiste à la fois au concept de droits civils et au concept d’identité féminine, alors que ces concepts sont fondamentalement séparés, les femmes existent depuis des centaines de milliers d’années, alors que le féminisme existe depuis un siècle. L’état biologique féminin (le fait d’être une femme) est totalement indépendant de l’idéologie féministe (le fait d’être une féministe), c’est pourquoi il est incorrect d’associer malhonnêtement le rejet du féminisme (l’idéologie) au rejet du féminin (la misogynie). Autrement dit, un homme peut être en désaccord avec le féminisme et aimer les femmes, et bien que je ne connaisse pas Éric Zemmour personnellement, j’ai suffisamment étudié sa critique du féminisme pour affirmer qu’il n’est ni sexiste, ni misogyne. Condamner Éric Zemmour pour une prétendue « haine des femmes » revient donc à faire un mauvais procès, reposant sur de fausses accusations, elles-mêmes construites sur des raisonnements incorrects. 

La première étape d’une restauration d’un ordre viril à la française consiste ainsi à comprendre la distinction entre ce qui est féministe et ce qui est féminin. C’est finalement assez facile à comprendre. Ce qui est plus difficile, en revanche, pour un esprit français, passionné d’égalité, c’est de réaliser que l’égalité entre les hommes et les femmes n’est pas celle que les féministes prétendent revendiquer.

L’égalité entre hommes et femmes fait partie du Zeitgeist du monde moderne. Cet « esprit du temps » possède un aspect positif ; qui consiste à définir, promouvoir et atteindre l’égalité politique, économique, culturelle, sociale et juridique entre les hommes et les femmes, et un aspect négatif, qui consiste en l’abolition des inégalités dont les femmes sont nécessairement les principales victimes… C’est l’objectif ultime, la mission de l’humanité, le summum de la civilisation ! 

Le mot « égalité » est pourtant le mot qui convient le moins pour qualifier les hommes et les femmes. L’égalité est le caractère de ce qui est égal, en nombre, en quantité, en qualité, en valeur. Est égal ce qui n’est ni inférieur ni supérieur, ce qui est identique, ce qui ne varie pas, ce qui est constant et uniforme. Lorsque l’égalité est appliquée aux deux sexes, les hommes et les femmes ne se distinguent entre eux que numériquement. Ce qui est déjà une impossibilité métaphysique : il n’existe nulle part d’homme et de femme identiques, c’est-à-dire égaux entre eux sous tous les rapports. Un homme et une femme totalement identiques ne peuvent être deux personnes distinctes, car s’ils coïncident en tout point, ils deviendraient en réalité une seule et même chose, un seul et même être humain. Or, nous utilisons les termes « hommes » et « femmes », ce qui implique que nous les distinguons l’un de l’autre. Ces deux êtres ne sont donc ni identiques, ni indiscernables, ni égaux, puisqu’il existe toujours des différences qualitatives. Nous n’aurions pas inventé les termes « hommes » et « femmes » si ces termes différents ne définissaient pas déjà des réalités différentes. 

L’égalité entre hommes et femmes suppose que les êtres humains soient dépourvus de toute qualité, pour être réduits à de simples « unités » numériques. Une telle abolition de ce qui fait la condition humaine n’est pas atteignable, et tous les efforts conduits pour réaliser une telle abolition ne ferait que dépouiller les hommes et les femmes de toutes leurs qualités propres, pour faire d’eux quelque chose qui ressemblerait plus à un objet qu’à un sujet. En outre, ce présupposé égalitaire, en vertu duquel tous les individus sont équivalents entre eux, entraine cette idée absurde selon laquelle n’importe qui doit être également apte à n’importe quoi.

Rendre les individus aussi semblables que possible ne permet pas de donner à certains individus des qualités qu’ils n’ont pas, mais cela permet en revanche d’étouffer chez un sexe toutes les possibilités qui lui sont propres. C’est ainsi que le nivellement par l’égalité conduit nécessairement à soustraire ou à diviser, et ne peut pas ajouter ou multiplier.

Pour promouvoir et atteindre l’égalité politique, économique, culturelle, sociale et juridique entre les hommes et les femmes, encore faut-il montrer que les hommes et les femmes sont égaux, c’est-à-dire qu’ils sont identiques, qu’ils ne sont ni inférieurs ni supérieurs, qu’ils ne varient pas

Et pourtant, ils varient ! Le fait qu’il existe des hommes et qu’il existe des femmes s’impose pourtant à l’esprit et est immédiatement perceptible. Nous devons donc affirmer ici une considération de principe : le sexe est un fait fondamental de la nature humaine. L’être humain est un corps muni d’un sexe. On n’existe qu’en tant qu’homme ou qu’en tant que femme. Cette idée, ce constat, cette évidence, doit être réaffirmée face à tous ceux qui, de nos jours, considèrent que le fait d’être un homme ou une femme est quelque chose d’accidentel, de secondaire, ou « d’assigné » par la « société ». Le sexe est. Le sexe existe. Et le sexe est une différence qui concerne notamment la partie physique et biologique de la nature humaine. Ce qui est « masculin » et ce qui est « féminin » n’est pas une caractéristique sociale assignée aux individus par la société, car la société existe parce qu’il y a des hommes et des femmes, et non l’inverse

La société à la fois féminisée et féministe dans laquelle nous vivons accorde trop d’importance à une certaine conception de l’égalité, purement socio-économique et juridique, c’est-à-dire une conception des rapports entre les hommes et les femmes qui est sans relation avec l’aspect le plus fondamental de la nature humaine. La femme moderne se déclare l’égale de l’homme, pensant que les « droits », les « obligations », le statut professionnel et la richesse financière sont toutce qui sépare un sexe de l’autre, oubliant totalement les différences physiques, biologiques ou psychologiques. En réalité, ce qui sépare la femme de l’homme ne relève pas tant du matériel ou du juridique, ce sont aussi les dons, les qualités et les comportements. Sur l’éternelle dichotomie entre nature et culture, la civilisation moderne a précisément surestimé l’intelligence logique et pratique, susceptible de se développer aussi bien chez l’homme que chez la femme, au détriment de l’être profond et essentiel qui ressent, qui aime, et qui agit différemment en fonction du sexe. 

L’hubris de la philosophie féministe, c’est de confondre « l’égalité » avec la « valeur ». Pour une féministe moderne, la question de l’égalité est toujours comprise au sens « d’égalité de valeur », avec le même raisonnement malhonnête qui confond le féminisme avec le féminin. Affirmer l’inégalité des hommes et des femmes est souvent compris par les féministes et les progressistes comme l’affirmation de l’infériorité de la femme et/ou de la supériorité de l’homme. Cette idée est dépourvue de tout fondement logique. Penser que si les sexes ne sont pas égaux, alors l’un est nécessairement inférieur ou supérieur à l’autre, est un raisonnement inexact, car cela suppose que les hommes et les femmes sont comparables. Il existe en réalité une diversité entre les hommes et les femmes qui exclut toute commune mesure. Comme je l’ai montré tout au long de se livre, les facultés, les dons, et même ce qui est acquis de l’extérieur, présentent une fonction, une empreinte ou une modalité différente selon qu’ils sont présents chez l’homme ou chez la femme (la séduction, la sexualité, la reproduction, la maternité et la paternité). Il est impossible de se demander si la femme est supérieure ou inférieure à l’homme, de même qu’il est impossible de se demander si l’homme est supérieur ou inférieur à la femme. Autrement dit, pour chacun des sexes, le critère de comparaison ne peut pas être fourni par le sexe opposé. La « mesure » de la femme ne peut pas être l’homme, et inversement. Cette erreur de raisonnement révèle par accident l’un des défauts fondamentaux du féminisme : en partant de l’idée fausse selon laquelle la femme, en tant que telle, en tant qu’elle est « seulement une femme », est inférieure à l’homme et subit des « inégalités de genre », le féminisme dénaturela femme en voulant faire d’elle l’égale de l’homme. Le véritable féminisme, s’il pouvait exister, serait en réalité une revendication en vertu de laquelle les « droits de la femme » consistent non pas en l’égalité avec l’homme, mais en la réalisation de leurs véritables natures de femmes. Une femme masculine serait ainsi, et de très loin, inférieure à un homme masculin ; et une femme totalement féminine serait éminemment supérieure à un homme insuffisamment masculin. Ainsi, le seul et unique aspect de l’existence dans lequel les hommes et les femmes sont égaux, c’est en dignité.

En dehors de la dignité, les hommes et les femmes sont fondamentalement différents : parce que l’hypergamie influence la vie des femmes et la façon dont celles-ci prennent des décisions, et parce que cela affecte donc aussi les hommes qui s’engagent avec les femmes au cours de leur existence. Ainsi, en postulant « l’égalité des sexes », le progressisme ne tient pas compte de la double impulsion hypergamique des femmes, qui les conduit à chercher le « meilleur gène » puis le meilleur investissement émotionnel, une double équation hormonale que les hommes ne vivent pas, n’éprouvent pas, ne connaissent pas. Alors que les hommes connaissent une existence « linéaire » (sous l’impulsion d’une hormone unique : la testostérone), les femmes connaissent une existence « cyclique » (sous l’impulsion de la phase folliculaire, puis lutéale, de leur cycle menstruel). Nier les différences entre les hommes et les femmes revient donc à nier la spécificité féminine. Considérer que les hommes et les femmes sont égaux, c’est être misogyne. Le féminisme est le véritable sexisme. En poussant les femmes au carriérisme, en considérant que les femmes sont « des hommes comme les autres », le féminisme nie la spécificité hormonale de la femme, le féminisme empêche les femmes de s’accomplir en tant que femmes. C’est en cela que les revendications féministes constituent un « faux progrès », une sorte d’illusion, en particulier concernant les droits économiques et sociaux.

Section 2. L’illusion des droits économiques et sociaux. 

J’ai précisé, en introduction et dans mes chapitres préliminaires consacrés à la définition de la féminité et de la masculinité, que je me refusais à « compter » les hommes et les femmes. La féminisation ne correspond pas à une augmentation du nombre de femmes dans la société, de même que la dévirilisation n’est pas une diminution du nombre d’hommes. Comme je l’ai dit dans la première section de ce chapitre, les hommes et les femmes ne sont pas égaux : ce ne sont pas de simples « unités » numériques et interchangeables. Les hommes et les femmes ne sont pas des « choses ». Les sexes ne sont pas des abstractions mathématiques. Compter les hommes et les femmes, cela suppose de les considérer comme uniformes entre eux, cela suppose donc de les voir comme des personnes dépourvues de toute qualité propre. Cela réduit les hommes et les femmes à n’être que de simples « unités humaines », et c’est précisément ce que revendique le féminisme, lorsqu’il revendique des « conquêtes », des « nouveaux droits », ou des « émancipations ». C’est le deuxième aspect de l’hubris féministe : accorder une importance démesurée à l’économique et au social.

Il me suffit de prendre pour exemple la documentation produite par le « ministère chargé de l’égalité entre les femmes (sic) et les hommes, de la diversité et de l’égalité des chances ». Tout n’y est que chiffres, pourcentages, ratios, le ministère ne conçoit pas d’autre « égalité » que celle calculée à partir des choses qui se mesurent où se comptent. La formidable complémentarité entre les hommes et les femmes est réduite à son élément le plus quantitatif possible. Cette prétention de réduire la qualité à la quantité se retrouve partout. Le temps consacré aux tâches domestiques, exprimé en heures. La représentation de femmes à l’antenne dans les médias audiovisuels, exprimé en pourcentage. L’orientation des filles dans l’enseignement supérieur, exprimé en pourcentage de filles inscrites par filières. Le taux d’activité des femmes diplômées de l’enseignement supérieur, exprimé en pourcentage. Le nombre de métiers à prédominance féminisme, exprimé en chiffres. L’écart salarial, exprimé en pourcentages. La rémunération, exprimée en euros. Le chiffre d’affaires des sociétés dirigés par une femme, exprimé en euros. Le nombre d’interruptions volontaires de grossesse, exprimé en chiffres. Il y a même le nombre de nouveaux cas de cancers du col de l’utérus détectés par an, en chiffres, ce qui est, comme chacun le sait, la statistique qui permet de mesurer le degré d’avancement d’une civilisation. Mais ce n’est pas tout. Il y a aussi le nombre de femmes qui dirigent des villes de plus de 100 000 habitants, exprimé en chiffres, comme si cela permettait de mesurer en quoi que ce soit la qualité de vie d’une agglomération. Et bien évidemment, le nombre de femmes à l’Assemblée National et au Sénat, exprimé en pourcentage, comme si c’était une garantie de rédaction, de clarté et d’intelligibilité de la loi. Avec une immense tristesse, le ministère indique également le faible nombre de femmes à la tête des fédérations sportives, comme si le nombre de médailles d’or remportés aux jeux olympiques dépendaient directement et absolument du nombre de femmes directrices d’une fédération, plutôt que par la performance de nos athlètes. Imaginez le nombre de médailles d’or que la France aurait pu remporter depuis la création des jeux olympiques, si nous avions su plus tôt que la victoire ne dépendait pas de la force ou de la vitesse, mais du nombre de présidentes de fédérations sportives. Finalement, peut-être que la conquête spatiale ne dépend pas du voyage à la vitesse de la lumière, où de la cryogénisation des voyageurs, mais du nombre de femmes qui travaillent dans les agences spatiales. La colonisation de la galaxie par l’espèce humaine deviendra alors un nouvel « espace de lutte contre le patriarcat », dans la mesure où il faudra compter le nombre de systèmes solaires colonisés par des femmes (en pourcentage, évidemment).

Mais l’aspect le plus terrible et le plus drôle réside dans certains types de statistiques, qui décrivent « l’évolution des temps moyen d’une journée moyenne », exprimé en heures, qui comparent les temps de trajet, les temps de travail, les temps domestiques, les temps de sommeil, les temps consacrés aux enfants, et bien sûr, les temps libres, entre les hommes et les femmes. Je suis tout d’abord assez surpris par l’expression utilisée : qu’est-ce qu’une journée moyenne ? De toute ma vie, je n’ai pas le souvenir d’avoir vécu une « journée moyenne », et je ne sais ce qui la distingue d’une autre journée. Quelle est le contraire d’une journée moyenne ? Une journée exceptionnelle ? Excessive ? Inédite ? Une excellentejournée ? Le terme approprié est bien évidemment une « journée ordinaire », par opposition aux journées « extraordinaires », qui constituent une exception au cours habituel des choses. La volonté du ministère de confondre « l’ordinaire » avec le « moyen » révèle assez bien cette « mentalité mathématique » qui cherche à tout calculer en faisant une moyenne, c’est-à-dire en divisant la somme de plusieurs quantités par leur nombre. Cette volonté de « moyenniser » le temps lui-même est voué à l’échec. Car la qualité prime sur la quantité, en particulier dans les aspects les plus personnels, intimes, c’est-à-dire les plus humains, de notre existence. Une femme peut disposer de moins de « temps libre » que l’homme. Mais si elle utilise ce temps libre pour écrire un roman, jouer d’un instrument de musique, ou apprendre une langue, elle mettra à profit son temps libre davantage qu’un homme qui passera son temps à consulter des médias féministes. Le temps n’a pas de valeur objective et quantifiable, dans la mesure où il est ce que vous en faites. Le temps est relatif, comme Albert Einstein l’expliquait avec légèreté : « Placez votre main sur un poêle une minute et ça vous semble durer une heure. Asseyez-vous auprès d’une jolie fille une heure et ça vous semble durer une minute. C’est ça la relativité ». 

Pour le ministère de l’égalité, comme pour les féministes en général, c’est donc le facteur économique et social qui prédomine et qui définit la vie individuelle et collective. Lorsqu’on ne considère plus les hommes et les femmes qu’au travers de leurs pouvoir d’achat, de leur emploi, de leur contribution fiscale, de leur rémunération ou du chiffre d’affaires de leurs entreprises, on nie tout simplement l’idée qu’ils puissent incarner quelque chose de plus élevé. La matérialisation et la « déshumanisation » des rapports hommes/femmes, dans tous leurs aspects, enlève toute signification supérieure à l’ensemble des problèmes et des conflits qui peuvent surgir entre les sexes. Certes, le bonheur, la satisfaction, le respect mutuel ou l’amour ne sont pas quantifiable comme le sont la rémunération, le temps libre ou la répartition des tâches ménagères. Mais il faut accepter cette limite plutôt que de chercher à la contourner : certains aspects des rapports entre les sexes ne peuvent être reportés sur un graphique ou faire l’objet d’une comparaison chiffrée, voilà tout. Une égalité hommes/femmes qui a pour centre de gravité le technique, la science, l’économie, la production et le rendement est une égalité fondée sur l’accessoire au détriment du principal. Tant que le féminisme ne parlera que de classes économiques, de profits ou d’écart salarial, tant que l’on enseignera aux femmes que la véritable émancipation dépend d’un système particulier de répartition des richesses, et qu’on leur apprendra que la satisfaction d’un couple dépend des tâches ménagères, on n’aura même pas effleuré l’essentiel : la vie elle-même.

En réalité, les intérêts économiques et les questions sociales, la satisfaction des besoins matériels et le temps consacré aux tâches domestiques ont toujours eu, ont, et auront toujours une fonction mineure dans les relations entre les hommes et les femmes. Attention, je n’affirme pas que le facteur économico-social n’a aucune importance dans les rapports entre les hommes et les femmes, je cherche simplement à redonner à ce facteur son véritable sens : celui d’un élément externe, d’une toile de fond, d’un arrière-plan. Au-dessus du plan physique, il y a tout ce qui importe réellement : le couple, la famille, et l’enfant. De ce point de vue, l’hubris féministe consiste – encore une fois – à un réductionnisme simpliste. De même que le féminin est réduit au féminisme, l’inégalité sociale est réduite à l’inégalité économique. Pour les féministes, le statut professionnel et la richesse sont devenus les seuls critères du rang social. Le féministe fait naître une mentalité « prolétarienne » chez les femmes, invitant celles-ci à se considérer comme une « classe sociale » distincte des hommes, en suscitant ressentiment et insatisfaction là où il n’y a rien d’autre que des individus. De tout temps et en tout lieu, aucune civilisation n’a considéré les hommes et les femmes comme deux entités distinctes. Il y eu à Rome les patriciens et les plébéiens, en Grèce, les citoyens et les esclaves, au Moyen-âge, le clergé, la noblesse et le tiers-état. Hommes et femmes confondus. Mais jamais, il n’y eu de distinction séparant les hommes des femmes sur les seuls critères économico-sociaux. Les hommes et les femmes, toute « castes » confondus, avaient des droits et des devoirs différents, mais cette différence était fondée sur le dimorphisme sexuel, et non sur des différences de condition, de dignité ou de fonctions. Autrement dit, chaque civilisation a constaté que les hommes et les femmes étaient différents, que les hommes étaient plus forts, que seules les femmes tombaient enceintes, et en tirait les conclusions qui s’imposaient. De telle sorte que la guerre était une affaire d’hommes, et le foyer, une affaire de femme. Mais jamais, en aucune circonstance, les femmes n’ont été traité différemment pour des raisons autres que sexuelles.

Je l’affirme donc : la dignité humaine n’est pas en relation directe et obligatoire avec la prospérité ou l’absence de prospérité économico-sociale. Affirmer le contraire est d’ailleurs, au-delà du féminisme, l’immense mensonge sur lequel la gauche est elle-même fondée. C’est cette idée vicieuse selon laquelle la pauvreté est mère de tous les vices et de tous les malheurs, et que le « progrès social » entraine un effet inverse. C’est une contradiction absolue, dans la mesure où la même gauche considère que les « bons », les « gentils » appartiennent au « peuple » des « opprimés », des « exclus » qui subissent la « discrimination », et que les « riches » sont « mauvais », incarnant les « méchants » corrompus, dominateurs et prévaricateurs. Les « gentils » pauvres deviennent-ils les méchants lorsqu’ils deviennent riches ? Où les riches-sont-ils consubstantiellement mauvais, indépendamment de tout progrès social ? En réalité, les vraies valeurs et la véritable dignité n’ont pas de rapports nécessaires avec les conditions économiques ou sociales. Vous pouvez être un homme profondément juste et honnête, et pauvre, et vous pouvez également vous comporter comme une ordure, indépendamment de l’épaisseur de votre portefeuille. De même, le fait d’être une femme jouissant d’un statut socio-économique élevé n’implique pas nécessairement que vous soyez un modèle de justice et de vertu. Prenez par exemple, Caroline De Haas, militante féministe dirigeant une société de conseil « pour lutter contre les violences sexistes et sexuelles », qui utilise des méthodes de fausses accusations et qui n’applique pas la présomption d’innocence – un principe du droit pourtant solidement établi – dans sa vie professionnelle. Il ne suffit pas de « gagner plus », encore faut-il se comporter dignement. 

Je souhaite illustrer cette absence de lien entre les conditions économico-sociales et la réalité de l’égalité entre les hommes et les femmes. Je partirai d’une donnée mesurable, quantifiable et objective, pour me diriger ensuite vers une réalité humaine qu’il est très difficile d’appréhender, afin de montrer que la conquête de « nouveaux droits » et de « nouvelles possibilités » n’est rien d’autre qu’une illusion. 

Au 1er janvier 2021, la France comptait 67 407 241 individus, et est un pays davantage féminin que masculin, dans la mesure où la France compte à peu près 34 847 000 femmes et 32 560 000 hommes. Les femmes représentent ainsi 51,7 % de la population, et les hommes 48,3 %[1], la proportion d’hommes et de femmes est donc globalement équivalente. Dans l’ensemble, la pyramide des âges française est plutôt équilibrée. C’est dans le détail que les différences deviennent particulièrement visibles. En effet, aux âges avancés, les femmes sont beaucoup plus nombreuses que les hommes. L’espérance de vie à la naissance s’établit à 85,6 ans pour les femmes et à 79,7 ans pour les hommes. C’est là un aspect du « patriarcat » qui m’a toujours laissé perplexe : la France est une société qui oppresse tant les femmes que celles-ci bénéficient d’une vie plus longue que les hommes, qui connaissent, eux, une mortalité plus précoce. Dès l’enfance, les filles peuvent profiter de cet avantage : le nombre de décès des garçons est plus important que le nombre de décès de filles. Au-delà de 15 ans, le « privilège de vie » des femmes ne fait que s’accroître : les hommes – et plus particulièrement les jeunes hommes – ont des comportements à risques (accidents de transports, notamment). La mortalité des hommes âgés de 15 à 29 ans est plus importante que celle des jeunes femmes. La mortalité des jeunes hommes est un problème de société, et pas seulement un problème de « comportement à risque » : la mort emporte les hommes parce que ces derniers se suicident davantage que les femmes. Si la société est si « oppressive » pour les femmes, pourquoi les jeunes hommes préfèrent-ils aller au-devant de la mort ? De toute son histoire, le féminisme français ne s’est jamais penché sur cette délicate question. En attendant que les féministes daignent s’intéresser à la vie des jeunes adolescents français, nous pouvons continuer à interroger la démographie française, en observant que les femmes possèdent un avantage naturel en termes de longévité (cet avantage naturel féminin n’est donc pas une « construction sociale », sinon tout le monde « choisirait » de vivre aussi longtemps que possible). Ainsi, le déséquilibre du ratio hommes/femmes s’amplifie avec l’âge. Au-delà de l’âge honorable de 95 ans, il n’y a, en France, que 27 hommes pour 100 femmes. Les femmes jouissent donc également de l’immense privilège d’une vie plus longue, avec tout ce que cela implique en termes de plénitude personnelle, familiale et professionnelle.  

Il convient de s’arrêter sur cette réalité pendant un instant : de toutes les richesses dont on peut disposer, la première d’entre elle est certainement le temps. La possibilité de vivre, et de vivre longtemps et en bonne santé, constitue de toute évidence un avantage certain dans l’existence. Certes, le temps passe, la vie est brève et fragile, la mort est certaine. Elle est absolue, définitive, inévitable. Vous serez séparé à jamais de ceux que vous aimez, et vous irez – que vous le vouliez ou non – dans l’inconnu. La mort n’est pas une réalité, mais la réalité. C’est la dernière limite de vos jours et de vos efforts, de vos rêves et de vos projets. La mort, c’est votre absence d’avenir. A l’instant de votre mort, vous serez seul. Vous affronterez cet instant solitaire, dans lequel il n’y aura que vous. Et vous laisserez derrière vous tout ce qui vous est familier, tout ce que vous connaissez et que vous aimez. Vous n’en êtes pas conscient, mais vous consacrez une grande partie de votre activité mentale à refouler cela. Je vous rassure : vous n’y penserez plus dès le prochain paragraphe. Mais la peur de la mort ne se chasse pas de l’esprit, elle retournera vers vous sous la forme de vos petites angoisses, de vos petites manies et de vos petites habitudes. Ce que vous possédez réellement, c’est votre quotidien. Et le quotidien, la « vie de tous les jours » (à l’exception du dernier jour) c’est un nombre limité de jours à vivre. Cette « tranche », ce « morceau » de temps est unique pour chaque homme et pour chaque femme. C’est la seule et unique véritable possession dont nous disposons. Et de ce point de vue, les femmes françaises sont immensément plus « riches » que les hommes français. Arrêtez-vous un instant sur cela : l’univers est si vaste que votre esprit ne peut en appréhender les dimensions, des éons de temps se sont écoulés avant votre naissance, et bien d’autres éons se dérouleront sans vous après votre mort. Votre existence est une fraction de temps si infinitésimale que l’on peut dire que vous n’existez déjà plus. A l’instant inévitable de votre mort, avant la dernière seconde, pensez-vous à l’être aimé et à vos enfants, ou à la répartition de vos tâches ménagères ?

Section 3. L’importance des droits sexuels et reproductifs.

Le dernier aspect qui caractérise la démesure féministe concerne l’importance accordée par les divers mouvements « progressistes » à la question des droits sexuels et reproductifs. A ce titre, la question a déjà été explorée tout au long de cet ouvrage, notamment dans la partie consacrée à la féminisation et à la dévirilisation de la société, considérée comme le mouvement par lequel l’impératif biologique féminin devient l’impératif « par défaut » de la société, tandis que toute expression de l’impératif biologique masculin est nié, voir même condamné. C’est pourquoi je n’ajouterai dans cette section seulement quelques considérations supplémentaires, sans revenir sur la totalité du processus par lequel la sexualité humaine a été bouleversé par la société moderne. 

En ce qui concerne les droits sexuels et reproductifs, l’hubris féministe est davantage un égoïsme qu’une démesure. C’est-à-dire que pour le féminisme, seuls les droits des femmes comptent, il faut comprendre l’expression comme concernant uniquement les droits sexuels et reproductifs féminins. Il n’y a qu’à observer la nature, l’objet et l’étendue des lois et décrets qui ont été promulguées en France depuis plusieurs décennies. En 1967, la loi « Neuwirth » autorise la contraception féminine. Puis, en 1975, c’est l’IVG qui est autorisé, et les « entraves à l’IVG » qui deviennent condamnables. En 1982, l’État prend en charge les dépenses engagées par l’assurance-maladie au titre des IVG, ce qui implique que les impôts versés par toute la population servent à financer des choix personnels. En 1993, le « délit d’entrave à l’IVG » est renforcé une première fois. En 2001, le délai légal de l’IVG est augmenté. En 2013, l’IVG est remboursée à 100 %, et les contraceptifs médicaux pour les mineures âgées de plus de 15 ans deviennent gratuit. Encore une fois, lorsqu’une chose est « remboursée à 100 % » ou « gratuite », cela signifie que l’État prend en charge les dépenses, et que les impôts collectifs en viennent à financier des choix individuels, gardez cela en tête pour plus tard. En 2014, la notion de « détresse » en relation avec l’IVG est supprimée. L’année suivante, un programme national d’action pour améliorer l’accès à l’IVG en France se donne pour objectif d’améliorer l’information des femmes sur leurs droits, de simplifier et d’améliorer le parcours des femmes qui souhaitent avorter et de garantir une offre diversifiée sur l’ensemble du territoire. L’État ne juge pas utile d’informer les hommes sur leurs droits, ni de simplifier et d’améliorer le parcours des hommes qui souhaitent contester, vérifier ou confirmer leur paternité. En 2016, une loi de modernisation du système de santé supprime le délai minimal de réflexion d’une semaine pour l’IVG. En 2017, une loi étend le délit d’entrave à l’IVG aux « nouvelles pratiques virtuelles ». Enfin, en 2020, un décret étend la gratuité de la contraception aux filles de moins de 15 ans. 

On peut observer que cette inflation législative concernant les droits sexuels et reproductifs ne concerne que les femmes. C’est même une sénatrice qui le rappelle, énonçant que « la contraception et la maîtrise de la reproduction par le couple reposent quasi-exclusivement sur les femmes »[2]. Le ministère des solidarités et de la santé le confirme : « la stérilisation contraceptive est très faible et quasi absente chez l’homme. Entre 2010 et 2016 il n’y a eu aucune évolution significative dans ce domaine alors même que la stérilisation à visée contraceptive est autorisée par la loi n° 2001-588 du 4 juillet 2001 »[3]. La haute Autorité de Santé déclare que trois méthodes sont utilisables pour les hommes : le préservatif masculin, la vasectomie et le retrait, avec son joli nom latin de « coitus interruptus ». Il va de soi que le préservatif masculin n’est pas et ne sera jamais « remboursé », « gratuit » ou « prix en charge par l’État », ce qui implique que les choix personnels des hommes doivent s’effectuer à leurs propres frais, tandis que les femmes bénéficient des impôts de tous les citoyens, donc des femmes et des hommes. La vasectomie est soumise à un ensemble de contraintes qui n’ont pas d’équivalent pour l’IVG. Par exemple, l’IVG peut se décider extrêmement rapidement : deux consultations médicales sont obligatoires avant la réalisation d’une IVG. Un délai de réflexion de 48 heures est prévu entre l’entretien et la deuxième consultation. En l’absence d’entretien, il n’y a plus de délai minimal avant la deuxième consultation. En revanche, un délai de réflexion de 4 mois doit être respecté entre les deux consultations préopératoires avant la réalisation d’une vasectomie. Une femme est ainsi libre de décider en quelques jours, alors qu’un homme doit attendre plusieurs mois, comme si celui-ci était moins capable qu’une femme pour prendre des décisions. Par ailleurs, toute femme enceinte, y compris mineure, qui ne souhaite pas poursuivre une grossesse peut en demander l’interruption. Il n’y a pas de conditions d’âge à respecter. A l’inverse, l’article L. 2123-1 du code de la santé publique interdit aux hommes mineurs de réaliser une vasectomie, qui n’est possible qu’après 18 ans. L’État permet accorde ainsi aux jeunes femmes des droits sexuels et reproductifs qui sont interdits aux jeunes hommes, violant ainsi le principe d’égalité des citoyens devant la loi. Enfin, la haute Autorité de Santé se moque ouvertement des hommes en leur suggérant de recourir au « coitus interruptus », qui consiste à retirer le pénis du vagin avant l’éjaculation. Cette méthode, qui tient plus de la débrouillardise maladroite que de la science, a un taux d’échec qui peut aller jusqu’à 27 %, selon l’OMS. 

Mais le domaine dans lequel les droits sexuels et reproductifs masculins sont les plus attaqués concerne bien évidemment la paternité. C’est d’abord le cas de la paternité imposée, que j’ai traité dans la deuxième partie de ce livre. Il n’existe dans la loi aucune possibilité de refuser une paternité imposée, ni avant, ni après la naissance. Ni aucune possibilité de faire condamner une femme pour ce motif. Les femmes qui organisent une paternité imposée le font, quoi qu’il arrive, en toute impunité. En France, le droit reproductif féminin l’emporte sur le droit reproductif masculin : une femme peut imposer un enfant à un homme, sans que celui-ci puisse s’y opposer. Imaginez un instant qu’un homme s’oppose à ce qu’une femme puisse pratiquer une IVG, les féministes hurleraient à mort – et avec raison – parce qu’une personne ne peut imposer à une autre une parentalité qu’elle ne désire pas. Mais actuellement, une femme peut imposer sa volonté à un homme, alors que l’inverse est impossible. Les femmes peuvent lancer une action en recherche de paternité pendant dix années à compter de la naissance. La justice ordonne le test de paternité et reconnaît celle-ci s’il est positif, mais aussi, si le père présumé refuse le test, en fonction de simples témoignages ou indices divers. Les femmes obtiennent dès lors une pension alimentaire, éventuellement à effet rétroactif, et l’enfant le droit successoral. Elles peuvent lancer, au nom de l’enfant et pendant toute sa minorité, une action en demande de subsides au père présumé, sans reconnaissance de paternité. Ceux-ci prennent la forme d’une pension alimentaire, due depuis l’assignation jusqu’à ce que l’enfant soit financièrement autonome. La solution consiste bien évidemment à laisser la femme libre d’enfanter ou non, mais dans ce cas, il devrait être interdit d’imposer à un père biologique de reconnaître ou d’aider financièrement un enfant qu’il n’a pas voulu. La liberté de choix fonctionne dans les deux sens, parce que c’est justement ça, l’égalité

Mais le droit reproductif masculin est aussi menacé par la fraude à la paternité. L’article 312 du code civil, qui établit la présomption de paternité, dispose que « L’enfant conçu ou né pendant le mariage a pour père le mari ». L’homme marié est ainsi automatiquement considéré comme le père de l’enfant mis au monde par son épouse. Mais en réalité, en considérant l’immense taux d’infidélité des françaises (37 %), de nombreux pères élèvent un enfant dont ils ne sont pas le père biologique. Et l’État interdit aux hommes de vérifier leur paternité. Le fait d’accomplir un test de paternité est soumis à l’autorisation d’un juge et que l’exécution d’un test en dehors du cadre judiciaire est un délit puni d’un an d’emprisonnement ou de 15 000 euros d’amende. 

Ainsi, pour rééquilibrer les droits sexuels et reproductifs entre les hommes et les femmes, il conviendrait de modifier en profondeur notre législation, afin de faire cesser cette domination de l’impératif biologique féminin sur l’impératif biologique masculin. Pour les féministes, absorbées dans leur hubris, les hommes doivent sacrifier leur impératif sexuel afin que les femmes puissent réaliser le leur, ce qui est un drôle de conception de l’égalité. Cette création féministe de la primauté du genre féminin, qui se fait passer pour du « progrès », est en contradiction apparente avec la véritable égalité. Chaque sexe devrait disposer des mêmes « contre-mesures » contre les impératifs biologiques de l’autre sexe. Les jeunes hommes et les jeunes femmes devraient avoir accès aux mêmes possibilités de contraceptions, qu’ils soient mineurs ou non, selon les mêmes modalités, avec le même financement, et dans les mêmes délais. Les hommes devraient être protégés contre la paternité imposée, et faire condamner les femmes responsables de ce crime, de la même manière que les femmes doivent être protégées contre le viol, et faire condamner les hommes responsables de ce crime. Les femmes ne devraient pas avoir le privilège d’imposer à un père biologique de reconnaître ou d’aider financièrement un enfant qu’il n’a pas voulu, de la même manière qu’un homme n’a pas le droit d’empêcher une femme de pratiquer une IVG. Il est temps que l’expression « mon corps, mon choix » deviennent enfin une réalité en France. Et en dernier lieu, il est temps de renverser la domination matriarcale imposée par le code civil français : seul un test de paternité effectué par comparaison de l’ADN entre le père et l’enfant doit déterminer la parenté. L’infidélité féminine doit cesser d’être couverte et protégée par la République Française, afin que les femmes puissent enfin être réellement émancipée, c’est-à-dire en acceptant l’entière responsabilité de leurs actes.


Chapitre 2. Les rapports hommes / femmes dans une société multiculturelle.

Conclusion.


[1] Au sens strict, il est donc impossible d’affirmer que « les femmes constituent une minorité ».

[2] Question écrite n° 00811 de Madame Michelle Meunier (Loire-Atlantique – Socialiste et républicain), publiée dans le Journal Officiel du Sénat du 3 août 2017, page 2503. 

[3] Réponse du Ministère des solidarités et de la santé publiée au Journal Officiel du Sénat du 22 février 2018, page 850.


Illustration : Photo de Atypeek Dgn