Éric Zemmour. Féminisation, dévirilisation et immigration. (XIII)

Dans cette série d’articles, je propose une analyse masculiniste de trois polémiques provoquées par Éric Zemmour autour des concepts de « féminisation », de « dévirilisation » et « d’immigration ».  

Introduction.

Première partie. La féminisation de la société française.

Chapitre préliminaire. Comment définir la féminité ?

Chapitre 1. Féminisation et féminisme.

Chapitre 2. De la féminisation à l’indifférenciation.

Chapitre 3. L’impact croissant des réseaux sociaux.

Deuxième partie. La dévirilisation de la société française.

Chapitre préliminaire. Comment définir la masculinité ?

Chapitre 1. La chute de la figure paternelle.

Chapitre 2. Divorce : le destructeur de familles.

Chapitre 3. La guerre contre la paternité.

Chapitre 4. La destruction de la sexualité masculine.


Troisième partie. La nécessaire restauration d’un ordre viril à la française.

Il convient maintenant d’explorer, dans cette troisième et dernière partie de ce livre, certaines conséquences économiques, politiques, sociétales et civilisationnelle de ce double phénomène de féminisation et de dévirilisation de la société française. Comme nous l’avons vu, la féminisation et la dévirilisation ne sont pas que de simples « changements de valeurs » adoptés par la société. Ce sont des processus complexes qui touchent le cœur même des relations hommes/femmes : les relations affectives, sentimentales, sexuelles et familiales. A ce titre, je pense que l’analyse d’Éric Zemmour est parfois un peu limitée sur la question du féminisme : ce n’est pas simplement une idéologie politique concernant le droit des femmes et l’égalité, c’est surtout une question de survie de l’espèce. Les bouleversements biotechnologiques liés à la contraception et à l’avortement, ajouté aux altérations du modèle familial (divorce) et à la destruction de la paternité, sont bien plus importants que le nombre de femmes députés, l’écart salarial, ou la répartition des tâches ménagères dans un couple. L’analyse purement sociologique ou économique ne suffit plus : les relations entre les sexes doivent s’analyser au travers de la psychologie, notamment de la psychologie évolutionniste, de l’ethnologie, de l’anthropologie, de la biologie, comme je l’ai fait dans les deux premières parties de ce livre. Cela permet de mieux comprendre ce qu’est réellement la féminisation et la dévirilisation. 

Attention, toutefois, je suis d’accord dans l’ensemble avec les analyses d’Éric Zemmour sur les changements sociétaux qui touchent les hommes et les femmes. La pensée d’Éric Zemmour est correcte : les hommes doivent être (et rester) masculins et les femmes doivent être (et rester) féminines. Éric Zemmour milite pour un retour de l’homme masculin dans une France où la masculinité est de plus en plus critiquée, moquée, avilie. Et il dénonce, avec raison, la création d’une sorte de société androgyne, féministe et politiquement correcte (c’est « l’indifférenciation » qu’il évoque souvent) qui permet aux femmes d’affirmer leur supériorité et leur contrôle sur les hommes. Notamment, comme nous l’avons vu, sur un plan sexuel et reproductif, et pas seulement sur un plan économique, politique et social. Mais, à mon sens, cela ne suffit plus. Il faut briser définitivement le politiquement correct féministe et affirmer des idées plus radicales encore, si nous voulons restaurer l’autorité masculine (et le bon sens, qualité masculine par excellence). Il faut réaffirmer que les hommes et les femmes sont génétiquement différents, tant physiquement que mentalement. Il faut préciser que les hommes renonceront à la monogamie s’ils ne sont pas incités à s’engager, s’ils risquent de tout perdre dans un divorce, et si leur paternité est attaquée. Il faut répéter que les traditions du passé, notamment l’unité familiale, apportent un avantage à l’humanité. Il faut souligner que la testostérone est la cause biologique de la masculinité et que le cycle menstruel (l’hypergamie) est la cause biologique de la féminité. Il faut reconnaître que la valeur d’une femme dépend essentiellement de sa fertilité et de sa beauté, et que la valeur d’un homme dépend essentiellement de ses ressources, de son intelligence et de son caractère, parce que c’est aux hommes de déterminer ce qui est attirant chez les femmes, et inversement. Il faut combattre la destruction des rôles sexuels traditionnels, qui bloquent la formation de familles saines. En synthèse, il convient de dire les choses comme elles sont : le socialisme, le féminisme, le marxisme culturel et le « combat pour la justice sociale » détruisent la sexualité humaine, l’amour, l’unité familiale, le taux de fécondité, et par là, le peuple français.

Car le peuple français est absolument unique en son genre, et à ce titre, doit être préservé. Pays à la géographie idéale, aux territoires magnifiques, à la cuisine savoureuse, à l’histoire glorieuse, à la civilisation raffinée et à la littérature sublime, la France a aussi su mêler le masculin et le féminin, pour la plus grande gloire des deux sexes. C’est Éric Zemmour qui l’affirme, lorsqu’il évoque la tradition française « qui a l’originalité de concilier une domination patriarcale dans un monde ouvert aux femmes. François Ier fut le premier roi d’Occident qui accepta les femmes à sa cour. L’amour courtois fut inventé dans le sud-ouest de la France. Les salons du XVIIe siècle, tenus par des femmes, furent une exclusivité françaiseCet équilibre subtil entre hommes et femmes, entre virilité dominante et féminité influente, a été brisé par l’abdication des hommes blancs du XXe siècle qui ont mis à terre leur sceptre patriarcal. La nature ayant horreur du vide, le féminisme, qu’il soit d’inspiration française ou américaine, a tenté de combler cette carence du pouvoir. En vain. Cette restauration d’un ordre viril à la française n’aura probablement pas lieu ». 

La restauration d’un « ordre viril à la française » n’aura probablement pas lieu, selon Éric Zemmour. Je ne suis pas du même avis. Le savoir, c’est le pouvoir. En comprenant ce qui leur arrive, ce à quoi ils sont confrontés, ce qu’il leur reste à accomplir, les hommes français peuvent encore se redresser et restaurer « cet équilibre subtil (…) entre virilité dominante et féminité influente » qui a fait la grandeur de la France. Pour cela, il convient d’explorer les deux aspects de la France moderne qui empêchent les hommes et les femmes de retrouver leur équilibre complémentaire, naturel, mais fragile : l’Hubris féminin et le multiculturalisme.


Chapitre 1. Des revendications aux « exigences » : l’Hubris féminin.

Chapitre 2. Les rapports hommes / femmes dans une société multiculturelle.

Conclusion.


Illustration : Photo de Atypeek Dgn