Éric Zemmour. Féminisation, dévirilisation et immigration. (XII)

Dans cette série d’articles, je propose une analyse masculiniste de trois polémiques provoquées par Éric Zemmour autour des concepts de « féminisation », de « dévirilisation » et « d’immigration ».  

Introduction.

Première partie. La féminisation de la société française.

Chapitre préliminaire. Comment définir la féminité ?

Chapitre 1. Féminisation et féminisme.

Chapitre 2. De la féminisation à l’indifférenciation.

Chapitre 3. L’impact croissant des réseaux sociaux.

Deuxième partie. La dévirilisation de la société française.

Chapitre préliminaire. Comment définir la masculinité ?

Chapitre 1. La chute de la figure paternelle.

Chapitre 2. Divorce : le destructeur de familles.

Chapitre 3. La guerre contre la paternité.


Chapitre 4. La destruction de la sexualité masculine.

Dans ce chapitre, je souhaite explorer davantage les conséquences de la dévirilisation de l’homme français sur un plan sexuel. Car la féminisation de la société a aussi des conséquences quotidiennes, immédiates, et limitatives, sur les relations intimes entre les hommes et les femmes. A ce titre, ce chapitre va au-delà de l’analyse d’Éric Zemmour, qui ne critique le féminisme que sur un plan idéologique, sans toujours aller dans le domaine pratique. En effet, Éric Zemmour se contente de dénoncer l’indifférenciation entre les sexes, c’est le thème principal de son ouvrage « Le premier sexe », et la dénonciation de l’indifférenciation est un sujet qu’Éric Zemmour aborde régulièrement, dès qu’il est interrogé au sujet du féminisme. Je souhaite proposer ici une réflexion sur les conséquences de l’indifférenciation sexuelle. 

Quelle est la thèse défendue par Éric Zemmour ? Que la différence entre les hommes et les femmes a été niée, afin de forger un être indifférencié. Que cette indifférenciation s’est manifestée par une primauté des valeurs féminines sur les valeurs viriles. L’essentiel de l’ouvrage « Le premier sexe » s’attache ensuite à décrire ce passage des valeurs viriles aux valeurs féminines. Jusqu’ici, dans tous les chapitres précédents, j’ai tenté d’analyser en détail ce double processus de féminisation et de dévirilisation de la société, en montrant qu’il s’agissait non seulement de pertes de valeurs, comme le dit Éric Zemmour, mais en plus, que ce changement de valeurs trouve sa racine dans un certain nombre de bouleversement anthropologiques (contraception, avortement, etc…). 

Dans l’ensemble, la thèse d’Éric Zemmour est parfaitement justifiée : oui, il existe en France, et plus généralement en Occident, un phénomène d’indifférenciation qui perturbe les relations hommes-femmes. Il convient maintenant d’aller plus loin, et de tenter une analyse des conséquences de ce phénomène d’indifférenciation sur la sexualité des français. 

Tout le problème de l’indifférenciation, qui n’est que l’expression idéologique (socioconstructivisme) d’un bouleversement anthropologique (la féminisation), c’est qu’il diffuse dans la société l’idéologie féministe, qui n’est elle-même que l’expression idéologique d’une réalité biologique. En conséquence, les hommes français sont amenés à croire, d’une part, que les hommes et les femmes sont strictement identiques, y compris sexuellement (égalitarisme socioconstructiviste), et que cette égalité doit en priorité bénéficier aux femmes (puisque le féminisme diffuse l’idée fausse selon laquelle la société privilégie les hommes). Autrement dit, l’indifférenciation imposer à la société – à travers le féminisme – l’idée que les hommes et les femmes devraient partager la même stratégie sexuelle. 

Les hommes sont ainsi conditionnés à croire que la stratégie sexuelle féminine (qui repose sur les phases folliculaires et lutéales de l’hypergamie) est la stratégie sexuelle unique de l’humanité, et que tout ce qui s’en écarte est une déviation, qualifiée de misogynie, et ostracisée. C’est faux. Comme je l’ai précisé dans les chapitres consacrés à la définition de la féminité et de la masculinité, les hommes et les femmes « habitent » dans des corps différents, qui produisent chacun des hormones différentes. Ces hormones différentes régulent des systèmes reproducteurs différents. Et à chaque système reproducteur différent correspond une stratégie sexuelle qui lui est propre. A chaque sexe son système reproducteur, ses hormones et sa stratégie sexuelle. L’idée que la stratégie sexuelle féminine soit la « bonne » stratégie sexuelle, et que la stratégie sexuelle masculine soit « mauvaise » (la fameuse « masculinité toxique ») est une condamnation de la masculinité. C’est en cela qu’il y a bien, comme le dit Éric Zemmour, un abandon des « valeurs viriles ».

Concrètement, l’objectif de ce mensonge féministe est de transformer la société afin que les femmes deviennent éternellement les « sélectionneurs » et que les hommes deviennent les « sélectionnés ». Un homme moderne devenant ainsi celui « qui est choisi », plutôt que celui qui « choisit ». C’est ainsi, comme il a été dit en première partie de ce livre, qu’une impulsion biologique (l’hypergamie) devient un conditionnement social (l’émancipation féminine) qui est renforcé par une idéologie (le féminisme). Le féminisme devenant en réalité l’argument par lequel les femmes imposent l’hypergamie aux hommes : les femmes « ont le droit » d’être les actrices unilatérales de la sélection sexuelle (c’est, au sens strict, la féminisation de la société). En parallèle, le féminisme cherche à interdire aux hommes d’exprimer leur opinion, d’avoir un avis, de prendre une décision, de choisir un partenaire selon leurs propres critères de sélection sexuelle (c’est, au sens strict, la dévirilisation de la société : l’homme n’est plus une autorité, ni un époux, ni un père). On retrouve ce phénomène dans de nombreux concepts féministes, notamment le « mansplaining » : « il n’appartient pas aux hommes de décider », « les hommes ne doivent rien ‘expliquer’ aux femmes », « les hommes ne doivent pas couper la parole à une femme », « les hommes doivent être éduqués ». Le féminisme va même jusqu’à interdire aux hommes de regarder les femmes ! C’est le concept de « male gaze » (le « regard masculin ») qui dénonce le regard de l’homme hétérosexuel sur la femme, ce qui conduirait à l’objectivation de celle-ci.

Si l’on examine la stratégie sexuelle masculine en comparaison, on réalise justement que le féminisme a pour objet et pour effet de contrôler les hommes et de restreindre au maximum l’expression de leurs désirs, afin qu’ils ne deviennent pas les sélecteurs sexuels. Car sur le plan biologique, comme nous l’avons vu, les hommes ont également un double impératif sexuel : d’une part, le désir d’un accès illimité à une sexualité illimitée, et d’autre part, la certitude de la paternité. Les stratégies sexuelles masculines et féminines sont donc différentes, et elles ont pour objet de permettre aux deux sexes de maximiser leurs chances de se reproduire avec succès. Il y a ainsi un « moyen » (la stratégie sexuelle) au service d’une « fin » (le succès reproductif). Mais une stratégie sexuelle est d’abord une stratégie, c’est-à-dire un ensemble d’actions ou de réactions coordonnées en vue d’atteindre un but précis. Ce n’est pas parce que les hommes et les femmes possèdent une stratégie sexuelle qu’ils réussissent nécessairement à l’accomplir ! C’est pourquoi il convient de distinguer stratégie sexuelle et succès reproductif.

La stratégie sexuelle est un « art », en tant qu’elle est une pratique (comment obtenir un rapport sexuel ?) mais aussi une science, en tant qu’elle est un savoir qui peut faire l’objet d’une analyse intellectuelle (pourquoi obtenir un rapport sexuel ?). Ces questions sont plus que jamais d’actualité, parce que l’indifférenciation a entrainé une dissociation et une confusion chez les hommes, en particulier les plus jeunes et les plus déclassés économiquement. Aujourd’hui, il est nécessaire de former des jeunes hommes qui soient à la fois « hommes de puissance » et « hommes de connaissance ». Un jeune homme a donc tout intérêt à se défaire de cette indifférenciation, et à connaître ce qui constitue le succès reproductif. Les premières connaissances ont déjà été amplement développées : les hommes et les femmes sont différents. Ces différences physiques (système reproducteur) et physiologiques (hormones) correspondent à des stratégies sexuelles différentes. Maintenant, il convient de comprendre que ces stratégies sexuelles différentes impliquent un succès reproductif différent. Le succès reproductif d’un individu correspond à sa capacité à attirer sexuellement le sexe opposé afin de produire une progéniture saine. Plus un individu attire les membres du sexe opposé, plus il est susceptible de se reproduire avec succès. Si un individu attire les membres du sexe opposé, c’est qu’il dispose des qualités recherchées par le sexe opposé. La « valeur » d’un individu correspond ainsi aux caractéristiques qui sont appréciées par les membres du sexe opposé. La valeur d’un individu est déterminée par ce que le sexe opposé désire chez cet individu. Ce sont donc les femmes qui décident ce qui plait chez un homme, et ce sont les hommes qui décident ce qui est attirant chez les femmes. La « valeur » de chaque sexe est déterminée par l’autre sexe : c’est la « valeur sexuelle ». Certains individus sont perçuscomme plus attirants que d’autres, et disposent donc de plus de valeur, ce qui leur permet d’être plus sélectifs – et donc de se reproduire plus souvent – que ceux disposant d’une valeur moindre. Je précise bien que certaines personnes sont perçues comme plus attirants et que cela les rend plus sélectifs : il est important ici de distinguer la valeur sexuelle réellede la valeur sexuelle perçue. En effet (et j’y reviendrais) le féminisme a eu pour effet de créer une augmentation artificielle de la « valeur » de la femme moyenne (féminisation) et une diminution artificielle de la « valeur » de l’homme moyen (dévirilisation). De telle sorte que de nombreuses femmes moyennes surestiment leur valeur auprès des hommes, et que de nombreux hommes moyens sous-estiment leur valeur auprès des femmes. Et c’était l’objectif du féminisme, qui – je le rappelle – n’est que la façade idéologique d’un ordre social à prédominance féminine (l’impératif féminin), qui n’est lui-même que l’expression collective d’une réalité biologique (l’hypergamie) : en augmentant artificiellement la valeur des femmes, celles-ci deviennent « celles qui sélectionnent », et en diminuant artificiellement la valeur des hommes, ceux-ci deviennent « ceux qui sont sélectionnés ». 

Le féminisme a ainsi enlevé aux hommes leur liberté de choix. Il convient donc de comprendre ce que les hommes recherchent chez les femmes… Et les critères sont très simples : les hommes accordent généralement de l’importance à la jeunesse et à l’apparence physique des femmes. En effet, la jeunesse est associée à la valeur reproductive des femmes, car leur capacité à avoir une progéniture diminue considérablement avec les années : plus les femmes vieillissent, plus leur fertilité diminue (la fertilité est maximale à 20 ans, diminue rapidement entre 20 et 30 ans, pour chuter à 35 ans). L’apparence physique est également associée à la valeur reproductive des femmes, car la beauté est un signe de bonne santé. Les hommes considèrent comme « belles » les femmes dont le corps dispose d’un rapport taille/hanche de 0,7. Or, ce même ratio de 0,7 correspond biologiquement à une concentration optimale d’hormones qui aide une femme à enfanter. Par ailleurs, les hommes considèrent comme « belles » les femmes dont le visage est symétrique. Or, la symétrie du visage révèle souvent une bonne génétique chez les femmes (c’est-à-dire une bonne santé). Les hommes préfèrent ainsi les femmes jeunes et belles, c’est-à-dire en bonne santé et fertiles, ce qui n’est finalement qu’une seule et même réalité. La beauté n’est donc pas une « construction sociale »… et ce n’est pas la société qui pousse les hommes à préférer les jeunes femmes minces plutôt que les grosses trentenaires féministes. De même, ce n’est pas le « patriarcat » qui impose aux femmes « la minceur comme critère de beauté », ce sont les hommes qui, instinctivement, préfèrent instantanément les femmes disposant d’un ratio taille/hanche de 0,7. C’est ainsi que les féministes, en insinuant que les hommes qui ne désirent pas de grosses femmes font preuve de « masculinité toxique », cherchent à convaincre les hommes d’agir en contradiction avec leurs instincts sexuels, afin qu’ils ne deviennent pas les « sélectionneurs » et restent des « sélectionnés ». A l’inverse, dans la mesure où la fertilité des hommes ne diminue pas aussi fortement que celle des femmes à mesure que les années passent, les femmes ne manifestent pas de préférence nette pour les hommes plus jeunes.

Mais les femmes ont bien d’autres critères. Comme ce sont elles qui assument les coûts de la reproduction (seules les femmes tombent enceintes), elles doivent obtenir des ressources pour elles-mêmes et pour l’enfant à naître. Ainsi, la valeur d’un homme est basée partiellement sur sa capacité à acquérir des ressources matérielles et financières (phase lutéale du cycle menstruel), ce qui signale sa capacité à s’engager et à protéger la femme et son enfant. Le fait que l’homme puisse investir ses ressources dans l’enfant augmente les probabilités qu’a celui-ci de survivre et de grandir (et donc, in fine, de se reproduire à son tour). Pour cette raison, les femmes sont généralement attirées par les hommes plus âgés, car ces derniers sont susceptibles d’avoir accumulé plus de ressources. Là où les hommes sont attirés par la jeunesse et la fertilité, les femmes sont attirées par le caractère, l’ambition et le statut social des hommes, car ces caractéristiques sont associées à la capacité à acquérir des ressources matérielles et financières. La valeur sexuelle de l’homme est également déterminée par sa taille et sa musculature, qui révèlent une bonne génétique (phase folliculaire du cycle menstruel). 

La doctrine féministe de l’égalité entre les hommes et les femmes a engendré un certain nombre d’incompréhensions entre les deux sexes. D’une part, les femmes ont été amenées à penser que les hommes partagent les mêmes critères de sélections qu’elles. C’est-à-dire que les femmes modernes pensent que les hommes désirent des femmes ambitieuses, capables d’acquérir des ressources financières, c’est le mythe de la « femme carriériste » : le fait d’obtenir un emploi prestigieux, ou de gagner beaucoup d’argent, permettrait aux femmes d’attirer de nombreux hommes. En réalité, les hommes ne jugent pas les femmes selon les mêmes critères : ils préfèrent une femme jeune et belle, plutôt qu’une femme riche ou diplômée[1]. D’autre part, les hommes ont été amenés à penser que les femmes partagent les mêmes critères de sélections qu’eux. C’est-à-dire que les hommes modernes pensent que les femmes désirent des hommes jeunes et attirants, ce qui n’est pas faux si l’on considère la phase folliculaire du cycle menstruel, mais les femmes accordent également beaucoup d’importance au statut social et aux ressources financières pendant leurs phases lutéales. L’erreur féministe a donc conduit chaque sexe à juger l’autre selon ses propres critères. Or, justement, la valeur sexuelle des femmes est décidée par les hommes, et inversement. De plus, la valeur sexuelle de chaque sexe comporte un élément variable : elle change au cours du temps. 

En effet, les hommes sont attirés par les femmes jeunes et belles (donc fertiles et en bonne santé). Or, à mesure que le temps s’écoule, les femmes vieillissent et deviennent infertiles. La valeur sexuelle féminine est donc maximale entre 20 et 25 ans. A aucun autre moment de leurs vies, les jeunes femmes ne profiteront d’autant d’attention masculine, de soutien, de regards, de sourires, de séduction. A partir de 25 ans, la valeur sexuelle féminine commence à décliner. Cette déclinaison s’opère sous deux aspects : d’une part, une femme réalise qu’elle n’est plus en mesure de faire face à la concurrence des femmes plus jeunes, mais elle réalise également qu’elle n’est plus en mesure de générer autant de prétendants masculins, indépendamment de la concurrence. Autrement dit, une femme de 28 ans est moins désirable qu’une autre femme de 22 ans, mais il faut considérer aussi que cette même femme est moins attirante à 28 ans par rapport à ce qu’elle était à 22 ans. C’est à partir de cet âge que les femmes commencent à réaliser qu’elles doivent changer de stratégie sexuelle, en passant de la stratégie à court terme (privilégiant la phase folliculaire) à la stratégie à long terme (en privilégiant la phase lutéale). Les femmes demandent d’ailleurs principalement le divorce lors de ce changement de stratégie.

La valeur sexuelle d’un homme n’est pas comparable à celle d’une femme, dans la mesure où ces dernières accordent d’avantage d’importance aux ressources et au statut social. Or, à mesure que le temps s’écoule, les hommes vieillissent et gagnent en confiance, en assurance, en maturité, en statut social, en compétences, et – espérons-le – en richesse ! Alors qu’une femme de 23 ans atteint le sommet de sa valeur sexuelle, un jeune homme de 23 ans ne fait que commencer à se développer en tant qu’homme. Il serait absurde de croire qu’à 23 ans, un homme ait atteint son plein potentiel physique, intellectuel et professionnel. Il lui faut de nombreuses années pour croître, et un homme accompli, musclé, indépendant, de 35 ou 40 ans, et certainement plus attirant qu’un adolescent de 25 ans. 

Aux alentours de la trentaine, un bouleversement s’opère : les hommes commencent tout juste à prendre conscience de l’augmentation de leur capacité d’attraction, tandis que simultanément, les femmes commencent à réaliser le déclin de leur capacité d’excitation. En diffusant l’idée fausse selon laquelle les hommes et les femmes sont égaux, le féminisme conduit ici les hommes à douter de leur propre valeur sexuelle, en insinuant que ce sont les femmes qui doivent être les arbitres de la beauté, de l’attirance et de la sexualité : rappelons-nous, les féministes veulent que les femmes deviennent « celles qui sélectionnent », et que les hommes deviennent « ceux qui sont sélectionnés ». Si, avant 30 ans, ce sont effectivement les femmes, en raison de leur plus haute valeur, qui sélectionnent, elles deviennent naturellement les « sélectionnées » en vieillissant. L’objectif du féminisme est là : tout faire pour que les hommes ne deviennent pas les « sélectionneurs » et restent des « sélectionnés ». Un homme est-il un produit immobile, comme placé sur une étagère, attendant passivement d’être choisi et « consommé » par une femme ? L’homme est-il un bien de consommation ? 

En comprenant ceci, les hommes peuvent comprendre comment lutter contre le féminisme : en prenant conscience de leurs valeurs. A chaque sexe correspond une stratégie et une valeur sexuelle. La valeur sexuelle change au cours du temps, ce qui doit conduire l’individu à adapter sa stratégie. Le féminisme est un processus d’ingénierie sociale par lequel les femmes cherchent à maintenir artificiellement leur valeur sexuelle afin d’optimiser leur double stratégie sexuelle (phases folliculaires et lutéales : l’hypergamie). L’exemple le plus frappant est certainement le processus de guérilla psychologique consistant à diffuser l’idée que toute interaction sociale initiée par l’homme constitue un « harcèlement » ou une « agression » sexuelle. Croyez-vous réellement qu’un jeune homme qui adresse la parole à une jeune femme soit un « violeur » ? Pensez-vous vraiment que la majorité des hommes soient des « agresseur »[2] ? En réalité, la condamnation du « harcèlement de rue » ou le développement du phénomène « #MeToo » ont pour objet d’amener les hommes à penser qu’ils doivent devenir dociles, passifs, apathiques, moutonnier, et surtout obéissants. En outre, en utilisant fréquemment l’expression « Men are trash » (« les hommes sont des ordures » ou « les hommes sont des déchets »), le féminisme conduit les hommes à se dévaloriser, à s’abaisser, à se dégrader, à se discréditer, en un mot : à dévaluer la sexualité masculine, c’est-à-dire la masculinité elle-même. 

C’est en cela que la dévirilisation se manifeste aussi dans une véritable destruction de la sexualité masculine. L’indifférenciation dont nous parle Éric Zemmour, c’est une idéologie vicieuse qui détourne le processus naturel de sélection sexuel des hommes afin de satisfaire l’impératif biologique féminin. L’objectif du féminisme n’a jamais été de favoriser l’égalité entre les hommes et les femmes, mais de faire en sorte que les jeunes hommes n’aient plus le contrôle de leur sélection sexuelle. 

Dans la France moderne, le contrôle que les hommes peuvent exercer sur leur propre sélectivité sexuelle est un sujet dont les femmes ne veulent même pas entendre parler. L’hypergamie naturelle des femmes implique nécessairement ce phénomène : il s’agit d’imposer une dynamique sociale par laquelle le processus de sélection sexuel des hommes doit être aussi restreint que possible. Pourtant, la sélection sexuelle des hommes est un processus fluide, et les critères masculins ne sont pas toujours très restrictifs, mais c’est hors du contrôle des femmes, et ça, c’est intolérable. La méthode de contrôle choisie par les femmes, c’est l’ingénierie sociétale : chute de la figure paternel, effets dévastateurs du divorce, guerre contre la paternité, et destruction de la sexualité masculine, comme nous l’avons vu tout au long des chapitres de cette deuxième partie.

A ce titre, les réseaux sociaux sont à la fois des programmes d’ingénierie sociale et des facilitateurs de l’hypergamie naturelle des femmes. Les idées telles que « se sentir bien dans son corps » et « je m’accepte telle que je suis », qui visent à faire accepter l’idée que les femmes « rondes » soient aussi belles que les femmes minces, représentent aussi un effort de conditionnement social. Il est possible de multiplier les exemples, mais l’objectif latent demeure le même : convaincre les hommes qu’ils doivent réprimer leurs désirs naturels et, en même temps, accepter le processus de sélection sexuelle des femmes comme une chose naturelle et « par défaut » (féminisation). Dans l’ordre social féminin et féministe actuel, les femmes ne veulent rien de moins que l’abandon complet, par les hommes, de leurs libertés de choix sexuel – et elles utiliseront tous les moyens, sociaux, politiques, idéologiques, pour y parvenir. 

Les hommes doivent être élevés et conditionnés dès le plus jeune âge dans l’idée que la stratégie de sélection des femmes est le seul processus acceptable pour une société. Un homme qui choisit une compagne doit effectuer son choix selon les normes que les femmes ont-elles-mêmes définis. Comment choisir sa future femme ? Sur quels critères ? Sur quels aspects ? Il n’est pas difficile de décrire les attributs que doit posséder une femme pour être attirante et pour être un « bon parti ». Ce qui est offensant, c’est qu’un homme puisse exiger d’une femme toutes ces qualités. Il est offensant, pour les sensibilités féministes, d’entendre un homme dire qu’il a des critères. Pourtant, je pense que pour se réapproprier à nouveau leur virilité, les hommes doivent devenir plus exigeants envers les femmes, et avoir le courage de dénoncer publiquement l’idéologie féministe pour ce qu’elle est : une idéologie de haine.

Les femmes pensent et agissent comme si leur sexualité était une justification pour toute revendication. Nous avons répondu aux besoins de sécurité des femmes depuis si longtemps, à travers les changements biotechnologiques que sont la contraception et l’avortement) qu’elles pensent que c’est un « droit acquis ». Nous avons développé un ordre social dont la première directive est de nous assurer que les femmes ne ressentent plus d’insatisfaction hypergamique, qu’elles n’aient plus jamais à se soucier des conséquences d’une mauvaise décision. Les féministes ne considérant ainsi les hommes que comme des animaux reproducteurs (paternité imposée ou fraude à la paternité) ou des esclaves (l’ex-mari condamné à verser des pensions alimentaires). A l’avenir, on peut craindre que toute expression de la sexualité masculine deviendra illégale, c’est déjà le cas en ce qui concerne toute velléité de reconnaissance (ou de désaveux) de paternité, et cela commence à être le cas, si l’on considère l’ensemble des mesures prises qui interdisent, par exemple, le harcèlement de rue.

La féminisation de la société, ajoutée à la dévirilisation de la société, a donc conduit à un bouleversement civilisationnel : dans la culture occidentale moderne, ce sont les femmes définissent le processus de reproduction. Le problème, c’est que l’ensemble des femmes de la planète n’ont pas de « plan » pour notre espèce. Ce n’est qu’une multitude de choix individuels. Il n’y a pas direction globale vers laquelle nous nous dirigeons. Tout cela est conduit par l’impulsion naturelle de chaque femme. Nous avons libéré l’hypergamie de toutes les entraves. Nous avons permis aux femmes de faire quelque chose sans précédent dans l’histoire humaine : nous leur avons donné le contrôle total de la reproduction humaine, et donc, de notre espèce. Je laisse les derniers mots de cette partie à Éric Zemmour : « Depuis trente ans, on s’extasie sur la maîtrise parfaite, entre contraception et avortement, de la fécondité par les femmes. On ne dit jamais que la fin de cette histoire est funeste, qu’elle se conjugue justement avec la fin de l’histoire, avec la disparition programmée des peuples européens. Comme si un spectre hantait cette féminisation des sociétés occidentales, qui commença sous de si riants auspices, comme si cet appel à la vie, à l’amour, make love not war, devait finir tragiquement par la disparition collective. Comme si le mâle était maudit, et retrouvait in fine cette mort qu’il ne voulait plus donner ».


Troisième partie. La nécessaire restauration d’un ordre viril à la française.

Chapitre 1. Des revendications aux « exigences » : l’Hubris féminin.

Chapitre 2. Les rapports hommes / femmes dans une société multiculturelle.

Conclusion.


[1] Pour autant, ces critères ne sont pas mutuellement exclusifs.

[2] Caroline De Haas : « Un ou deux hommes sur trois sont des agresseurs ».


Illustration : Photo de Atypeek Dgn