Éric Zemmour. Féminisation, dévirilisation et immigration. (XI)

Dans cette série d’articles, je propose une analyse masculiniste de trois polémiques provoquées par Éric Zemmour autour des concepts de « féminisation », de « dévirilisation » et « d’immigration ».  

Introduction.

Première partie. La féminisation de la société française.

Chapitre préliminaire. Comment définir la féminité ?

Chapitre 1. Féminisation et féminisme.

Chapitre 2. De la féminisation à l’indifférenciation.

Chapitre 3. L’impact croissant des réseaux sociaux.

Deuxième partie. La dévirilisation de la société française.

Chapitre préliminaire. Comment définir la masculinité ?

Chapitre 1. La chute de la figure paternelle.

Chapitre 2. Divorce : le destructeur de familles.


Chapitre 3. La guerre contre la paternité.

Suite logique de l’effondrement civilisationnel français, la destruction de l’autorité paternelle conduisît à la destruction de la famille par le divorce, ce qui entrainera ensuite la destruction de la paternité. La dévirilisation est alors complète : l’homme est dévirilisé en ce qu’on lui retire sa place, son rôle et sa fonction, c’est-à-dire qu’il n’est plus une autorité, ni un mari, ni un père. Dans le chapitre intitulé « 1er novembre 1980. Mon fils, ma bataille », Éric Zemmour mentionne une chanson écrite, composée et interprétée par Daniel Balavoine pour l’album « Un autre monde » sorti en 1980. Cette chanson évoque un divorce douloureux accompagné de la lutte du père pour conserver la garde son enfant : « Après l’espoir d’un divorce sans souffrance, la guerre autour des enfants. Après le temps des illusions, celui des réalités. Après la rupture, le procès ». Éric Zemmour ajoute ensuite une référence cinématographique : « En cette même année 1980, un film américain, Kramer contre Kramer, montre de la même façon un père abandonné par sa femme qui refuse de rendre l’enfant à sa mère. (…) L’homme est devenu une mère comme les autres ». Ce film, tiré du livre « Le droit du père » d’Avery Corman, explore plusieurs thèmes centraux des relations familiales : le divorce, les droits des femmes, mais aussi les droits des pères, et la famille monoparentale. Le personnage principal de ce film, un homme dévoué à sa carrière de dessinateur publicitaire, délaisse sa femme et son fils. L’épouse, lassée, décide alors de quitter son mari, et de lui laisser la garde de leurs fils. Désarçonné dans un premier temps, le mari s’habitue à son rôle de père, allant même jusqu’à en oublier sa femme. Celle-ci reviendra finalement sur sa décision, et commence une procédure juridictionnelle afin de récupérer la garde de l’enfant. La justice donne raison à l’épouse, et ordonne au mari de lui remettre l’enfant. Mais finalement, c’est pendant le procès que l’épouse réalise tout ce que le père à fait pour son fils, elle décide alors de laisser la garde à son ex-mari. Il s’agit d’une fin heureuse (après tout, c’est un film américain) qui ne reflète guère le monde réel, dans lequel une guerre odieuse est menée contre la paternité. 

Dans le cadre de ce chapitre, il convient d’étudier l’analyse que fait Éric Zemmour de la paternité, et même de la dépasser, car la dévirilisation de l’homme par la guerre contre la paternité est un phénomène complexe et multiple. La paternité est attaquée de toute part. C’est une guerre menée sur trois fronts distincts. C’est d’abord un procédé juridique visant à soustraire l’enfant à son propre père (section 1). C’est aussi une fraude par laquelle la société encourage les femmes à concevoir contre la volonté de l’homme (section 2). C’est enfin une révolution civilisationnelle par laquelle les hommes sont privés de leur impératif biologique de certitude de paternité (section 3). 

            Section 1. La paternité spoliée : l’homme privé de ses enfants. 

Éric Zemmour avait écrit, dans son chapitre consacré au divorce dans « Le suicide français », les conséquences d’un divorce pour l’homme : « L’homme est atteint autrement par le divorce. Au portefeuille d’abord, alors qu’il croyait, le naïf, que l’émancipation salariale des femmes entraînerait un régime égalitaire. Surtout, son rôle de père est nié, détruit ». Cette citation est fondamentale, en ce qu’elle synthétise parfaitement la situation menant du divorce à la destruction du rôle de père. Comme l’a dit Éric Zemmour, les divorces sont demandés majoritairement par les femmes. Et à la suite des procédures judiciaires liées aux séparations, la résidence habituelle des enfants est fixée chez la mère dans la plupart des cas. Les femmes demandent donc le divorce est obtiennent ainsi à la fois l’argent et les enfants. Les hommes n’ont plus rien : aux désagréments financiers, qui consistent à payer le train de vie d’une femme qui ne leur appartient plus, et dont ils sont pourtant curieusement encore responsables, les hommes doivent affronter l’immense douleur consistant à être privés de leurs propres enfants. A ce titre, il convient de lire l’ouvrage de Raphaël Delpard, intitulé « le combat des pères »[1], qui explore et décrit les combats quotidiens, les discriminations et les dysfonctionnements de notre système judiciaire à l’égard des pères. Ces hommes doivent faire face à l’arrogance des experts, aux convocations arbitraires au poste de police, aux coups bas et aux mensonges, aux demandes de pensions alimentaires exorbitantes, à l’indiscrétion des enquêteurs sociaux, dans une véritable lutte pour le droit de voir leurs propres enfants. Raphaël Delpart est encore trop tendre dans le choix de son titre, car il ne s’agit pas d’un combat mais d’une véritable tragédie. Une tragédie pour la société dans son ensemble. 

Des bidonvilles sauvages du Brésil, en passant par les guerres de gangs de Los Angeles, jusqu’au « quartiers défavorisés » et aux « banlieues » françaises, l’histoire est, finalement, toujours la même : une communauté qui permet à un grand nombre de jeunes hommes de grandir dans des foyers brisés, dominés par des mères célibataires, sans jamais entretenir de relation stable avec l’autorité masculine, et sans jamais acquérir de discipline virile, est une communauté qui ne connaîtra que le chaos et la pauvreté endémique. C’est l’un des effets les plus dévastateur du féminisme, parce que l’effondrement de la famille est profondément lié à la dévalorisation de la paternité. Le féminisme favorise et encourage « l’indépendance » des femmes par rapport aux hommes. Dans le discours officiel, être une mère célibataire est un signe de fierté et de respectabilité, c’est un signe social qui encourage les femmes à croire qu’elles n’ont pas besoin de l’aide d’un homme. Pour que ce discours soit socialement tenable, le concept de paternité doit être impitoyablement dévalorisé afin que les femmes puissent faire croire que leurs « familles sans hommes » répondent aux besoins de leurs enfants. Certains médias et certaines personnalités du monde universitaire américain contribuent pourtant à cette dévalorisation.  Des auteurs comme Peggy Drexler[2] et Lenore Weitzman[3] cherchent même à convaincre les femmes que les hommes ne sont tout simplement pas nécessaires au bon fonctionnement d’une famille ! Il faut ajouter à cela un très grand nombre « d’études féministes » gribouillés par des « universitaires » qui ont grandement contribué à démanteler la paternité. Une société ne peut être viable si elle est composée de mères célibataires qui n’existent que pour dépenser l’argent des ex-maris privés de leurs propres enfants. Il existe pourtant une corrélation claire et directe[4] entre l’absence de père et la violence, la paresse et la dépression chez les jeunes hommes. Incapables de s’estimer à leur juste valeur ou de trouver des bases solides dans la vie, les jeunes garçons dérivent sans but dans une société qui déclare que la masculinité est « toxique ». Ils tombent alors dans une consommation excessive de pornographie, de jeux vidéo, de drogue, de rap ou de violence.

Le rempart contre cette mélancolie apathique d’adolescent feignant, c’est la paternité. Les pères combinent à la fois la rigueur et la maturité expérimentée et la douceur de l’amour, qui permet aux garçons de devenir des hommes forts et sûrs d’eux-mêmes. Les pères imposent des exigences à leurs fils à partir du lien d’amour paternel, afin que les enfants aient une vision claire et équilibrée de la vie, de la société, et de leur place dans celle-ci. Le vœu le plus cher d’un père, c’est de voir son propre fils réaliser ses rêves les plus fous, mais pour cela, il doit lui inculquer la discipline et savoir dire « non » ou « merde » selon les cas, ce qu’une mère n’est pas nécessairement capable de faire. Mais la paternité n’est pas seulement une nécessité pour élever des jeunes garçons en bonne santé, c’est une nécessité pour empêcher l’effondrement d’une société. A titre d’exemple, le mouvement « Black Lives Matter » (« La vie des Noirs compte ») est devenu un cri de ralliement pour dénoncer le racisme systémique envers les Noirs, et la difficulté de leur situation aux États-Unis, mais il n’est pas nécessaire de mener une enquête sociologique approfondie pour comprendre que les problèmes structurels qui concernent la communauté afro-américaine sont dus principalement à l’effondrement des hommes noirs en tant que pères. Incapables de transmettre des valeurs masculines à leurs fils, les garçons grandissent dominés par leurs mères et leur vie d’adulte en est le reflet. Incapables de gérer leur propre agressivité, des jeunes hommes noirs obsédés par les chaussures et la mode se sont mis à piller des magasins dans le cadre des émeutes consécutives à la mort de George Floyd, sans que l’on comprenne bien le lien entre les violences policières et une paire de basket Nike.

Mais un homme peut aussi avoir des filles, et dans ce cas, son rôle de père est tout aussi important – si ce n’est même plus essentiel encore. Pour un homme, l’idée que la croissance doit venir de la douleur et de la souffrance est une évidence. Bien que les rites de passage traditionnels des jeunes hommes soient en déclin constant, la plupart des adolescents sont encore confrontés à suffisamment de facteurs de stress externes et internes pour s’adapter et devenir des hommes équilibrés. Nous autres, membres du sexe fort, nous ne grandissons que lorsque nous sommes mis au défi. Les muscles ne se renforcent pas sans résistance. Les facultés mentales ne s’aiguisent pas sans pensée critique. L’esprit ne s’élève pas sans une vision philosophique, métaphysique ou religieuse. Mais dans une société féminisée, qui forme des jeunes femmes à considérer la moindre contrariété ou la plus petite contradiction comme de « l’oppression patriarcale », l’absence d’autorité paternelle peut avoir des effets dévastateurs. Une génération entière de jeunes femmes a été élevée avec des films Disney, c’est-à-dire avec une mentalité de « princesse », une vision politique féministe, et avec les réseaux sociaux. Il n’est guère étonnant qu’à l’âge adulte, la plupart des femmes voient le fameux « Patriarcat » partout, alors qu’il ne s’agit en réalité que des dures réalités du monde. L’absence de père ne fait qu’aveugler une jeune femme sur les dynamiques sociales et sexuelles naturelles. La tendance se poursuit, se perpétue à chaque nouvelle génération de « féministes », parfois jusqu’à l’excès, comme lors des « SlutWalk », des manifestations publiques dans lesquelles des jeunes filles lancent des appels sur les réseaux sociaux dans le but de s’habiller de manière « indécente » (nombril découvert, jupes, maquillage) afin de « riposter contre les propos sexistes ». Le militantisme féministe devient ainsi prétexte à l’exhibition sexuelle, entre les « Femen » qui montrent leurs seins pour telle ou telle cause, et les « artistes » qui « dévoilent leur nudité » pour faire « prendre conscience » de tel fait de société. Récemment, en France, à l’occasion d’une « marche pour le climat » à Paris, on pouvait observer des (très) jeunes femmes aborder des panneaux sur lesquels étaient inscrits des expressions telles que « Bouffe mon clito, pas le climat », « ma planète, ma chatte, sauvons les zones humides », « Facho, macho, lâchez-nous le clito », et mon préféré : « Enculez-moi, plutôt que le climat ». Je me demande si les pères de ces jeunes filles sont « fiers » ? A leur place, je serai mortifié de honte, et déprimé face à l’échec cuisant de mon éducation. 

Parce qu’il faut le dire : l’homme le plus important dans la vie d’une jeune fille, c’est son père. Ce sont les pères, plus que les mères, qui déterminent le cours de la vie de leurs filles. Il est impératif de contrer directement les attaques féministes contre la masculinité traditionnelle : le facteur le plus important pour que les jeunes filles deviennent des femmes confiantes et équilibrées, c’est un père fort aux valeurs conservatrices. Avoir un père, un père présent, un père strict, ferme et rigoureux, c’est la meilleure protection contre les troubles de l’alimentation, l’échec scolaire, les MST, les grossesses non désirées et l’abus de drogues ou d’alcool – et c’est corrélativement le meilleur prédicteur de réussite scolaire, de mariage réussi et de vie affective satisfaisante[5]. Les filles prennent exemple sur leur père pour tout ce qui concerne la consommation de drogues, d’alcool, de tabac, en ce qui concerne aussi les relations sexuelles, l’estime de soi, l’humeur générale et la recherche d’attention des garçons, autant de domaines fondamentaux pour lesquels la discipline est un cadeau, et non une contrainte. Les filles ont tout autant besoin de restrictions que les garçons, même si elles s’en plaignent, et il n’y a rien « d’oppressant » ni de « patriarcal » à cela. C’est même tout l’inverse d’une oppression : aimer, c’est guider, mais c’est aussi punir, et la limite fixée par le père est toute aussi importante – voir plus – que l’autorisation, parce que tout enfant a besoin d’un « cadre », les filles comme les garçons. 

Ainsi, le père aide à construire la personnalité de l’enfant (garçon ou fille) par un comportement différent et complémentaire de celui de la mère. L’absence du père, ou sa marginalisation, entraînera souvent un déséquilibre chez l’enfant. Les efforts de la mère pour assumer les deux rôles (paternel et maternel) seront souvent perturbants pour l’enfant, et engendrent plus de problèmes qu’ils n’apportent de solutions. Permettre au père d’accomplir son rôle paternel, c’est donc lui rendre l’honneur qui lui revient de droit : celui de présider au destin de ses enfants, et de les accompagner. De la même manière qu’il appartient aux enfants d’enterrer leurs parents, dans l’ordre naturel des évènements, et qu’il est désastreux pour un parent d’assister à l’enterrement d’un de ses enfants, il est désastreux de priver l’homme de son enfant, et l’enfant de son père. Personne ne souhaiterait à un parent d’enterrer ses propres enfants, il est dans « l’ordre des choses » de voir le fils (ou la fille) enterrer son père et sa mère. Pourtant, certaines personnes cherchent à convaincre les femmes que les hommes ne sont tout simplement pas nécessaires au bon fonctionnement d’une famille. C’est incompréhensible. 

            Section 2. La paternité imposée : l’homme privé de son choix. 

Une autre façon de livrer une guerre contre la paternité, c’est en imposant celle-ci contre le choix de l’homme. C’est la paternité imposée, dont Éric Zemmour évoquait déjà dans « Le premier sexe » : « Quand elles veulent un enfant, l’homme se défile. Furieuses de ce marché de dupes, hantées par la marche inexorable de leur horloge biologique, elles lui déclarent la guerre, par la loi – paternité obligatoire – et par la fourberie : elles font aux hommes des enfants dans le dos. Elles « oublient » de prendre la pilule. Les hommes sont coincés, même s’ils n’épousent pas. Dans un monde sans règles définies, tous les coups sont permis ». Il s’agit ici d’un autre paradoxe du féminisme, et d’un paradoxe particulièrement intense. En effet, les féministes ont milité pendant des années pour revendiquer le « droit à l’IVG », que j’ai abordé dans la première partie de ce livre. C’est, dans l’absolu, une revendication tout à fait légitime. « Mon corps, mon choix » : si une femme ne désire pas d’enfant, elle est livre de ne pas en avoir. Sur le plan philosophique, juridique, et moral, cette position est justifiée : on ne peut forcer une femme à avoir un enfant, ce serait tout simplement un viol, c’est-à-dire un crime abject. Par souci d’égalité (le féminisme, parait-il, revendique l’égalité entre les hommes et les femmes), il est donc logique d’offrir cette même possibilité philosophique, juridique et morale aux hommes : si un homme ne désire pas d’enfant, il est libre de ne pas en voir. Après tout : c’est le corps de l’homme, donc c’est le choix de l’homme. 

Alors, en réalité, non : il est hors de question de donner le même droit aux hommes. Ceux-ci doivent être privé de leurs choix. Leur volonté ne compte pour rien. Leur avis n’intéresse personne. Circulez, il n’y a rien à voir. La paternité imposée est un fait que les hommes n’ont pas le droit de contester : c’est le processus par lequel une femme donne naissance à un enfant contre la volonté de son père biologique, et parfois à son insu. Dans le langage courant, on décrit une femme « a fait un enfant dans le dos » de son partenaire. On désigne les hommes victimes par l’expression de « pères-malgré-eux ». Existe-t-il de « mères-malgré-elles » en France ? Non, parce que personne n’oserait imposer une maternité à une femme. Mais quand il s’agit des hommes, l’égalité n’existe plus. « Le féminisme, c’est l’égalité », mais pas pour tout le monde, vous comprenez.  

Il convient ici de nommer correctement un phénomène : la paternité imposée est un crime odieux contre les hommes, qui est même pire qu’un viol. Un viol ne concerne « que » deux personnes, tandis qu’une paternité imposée bouleverse la vie de trois personnes, dont un enfant innocent qui se sentira trahi par sa mère, et abandonné par son père. Le fait de savoir que l’on est un enfant non-désiré a une incidence sur le développement psychologique. La paternité imposée est donc un crime dont les modalités d’exécution peuvent varier : la femme peut faire croire qu’elle est stérile, ou qu’elle utilise une contraception alors que ce n’est pas le cas, ou encore, elle peut endommager préalablement un préservatif. Pire, elle peut obtenir une relation non-protégée avec un homme à l’occasion d’une fête, d’une soirée, avec un homme qu’elle aura préalablement alcoolisé ou drogué : le viol vient s’ajouter à la paternité imposée. La femme peut ensuite disparaître de la vie de sa victime, sans l’informer de la fécondation (mais elle peut aussi réapparaître plus tard pour exiger une aide financière, et voler les ressources de l’homme, avec le soutien des magistrats – qui sont elles-mêmes majoritairement des femmes). La femme peut aussi informer l’homme qu’il est devenu père, mais elle peut refuser, malgré ses demandes, de pratiquer une interruption volontaire de grossesse. La femme peut aussi élever seule son enfant, ou avec l’aide du père biologique, si celui-ci choisit de se soumettre à la « stratégie du fait accompli » : c’est un cas particulièrement obscène, dans lequel l’homme s’oblige à rester en couple avec une femme qui vient de le trahir, pour élever un enfant qu’il n’a pas souhaité. Autre cas de figure, la femme peut élever l’enfant avec un conjoint auquel elle fait croire que l’enfant est de lui. 

La paternité imposée est un crime qui fait plusieurs victimes. La femme, égoïste, cherche à satisfaire ses intérêts, sans avoir conscience ou sans se préoccuper de l’homme ou du futur enfant. Cet égoïsme féminin a plusieurs causes. La femme peut désirer soudainement un enfant, alors que le couple n’avait pas pour projet d’en faire un : elle peut alors chercher à imposer une paternité à son partenaire. La femme peut aussi espérer, par cette trahison, « attraper » un homme qui hésite à s’engager. L’égoïsme peut aussi être « absolu » : certaines femmes veulent faire un enfant toutes seules, l’élever seules, pour posséder un bébé à elles toutes seules. Des étrangères peuvent utiliser cette « technique » afin d’éviter une expulsion. Et bien sûr, même si c’est un peu « cliché », certaines femmes imposent une paternité à un homme riche afin d’obtenir un « retour sur investissement », et recevoir des pensions alimentaires ou des parts successorales, ce qui est d’ailleurs un excellent moyen d’optimiser à la fois la phase lutéale et à la phase folliculaire de l’hypergamie.

La paternité imposée détruit la vie des hommes à de multiples égards. C’est d’abord une trahison intime, affective et relationnelle. La trahison a toujours été considéré par les hommes comme « le crime des crimes », le crime le plus abominable qui puisse exister. Dans la Divine Comédie, Dante décrit l’enfer, composé en plusieurs cercles. Au plus profond des abysses, le neuvième et dernier cercle renferme les traîtres. Lucifer lui-même y réside. Ce cercle, glacial, qu’aucune lumière divine n’éclairera jamais, contient la « Caïnie » (de Caïn qui tua son frère Abel), dans lequel les traîtres à la parenté sont punis. Les femmes qui imposent une paternité à un homme y ont certainement une place réservée, dans les eaux gelées du Cocyte. La trahison est d’autant plus grave qu’elle est née d’une relation sexuelle, c’est-à-dire d’un acte d’Amour. La paternité imposée n’est pas seulement une trahison, mais aussi un viol, accompagné du traumatisme lié au fait de donner la vie malgré soi. La relation du père avec son futur enfant est aussi entachée, dès le départ, d’un sentiment de culpabilité. Si le père refuse le contact avec son enfant, il sera torturé par le sentiment de l’abandonner, mais s’il l’accepte, il sera irrité par la contrariété que suscite son existence. A l’inverse des autres crimes, le temps augmente les blessures au lieu de les diminuer : plus la révélation de la paternité est tardive, plus elle perturbe à la fois l’homme et l’enfant. 

L’enfant, d’ailleurs, est lui aussi une victime à part entière, peut-être même encore plus que son père. L’enfant peut être laissé dans l’ignorance, ce qui le prive de son propre « mythe des origines », il croit être le fruit d’un amour, et il ne connaît pas la terrible vérité : il est le fruit d’une trahison. L’enfant peut aussi croire se tromper sur l’identité de son vrai père, et donc, se tromper sur sa propre identité. Enfin, l’enfant peut être amené à haïr son père, sans connaître les vraies raisons de son « abandon ». En réalité, il n’a jamais été abandonné par son père, mais trahi par sa propre mère. 

Il est intéressant de noter qu’en France, pays qui dispose d’un « ministère de l’égalité entre les femmes et les hommes », ce crime n’est pas puni. Il n’existe dans la loi aucune possibilité de refuser une paternité imposée, ni avant, ni après la naissance. Ni aucune possibilité de faire condamner une femme pour ce motif. Les femmes qui organisent une paternité imposée le font, quoi qu’il arrive, en toute impunité. Le 21 mars 2006, la Cour d’appel d’Orléans a débouté un homme dans cette situation, au titre que « le simple fait de devenir père, même sans l’avoir recherché, ne saurait être considéré comme un fait dommageable », et que « Tout homme qui accepte des rapports non protégés encourt […] la possibilité d’une procréation ». Mais il y a bien pire : la loi ne permet même pas aux pères présumés de vérifier par eux-mêmes qu’ils le sont effectivement, puisque l’effectuation d’un test de paternité est soumise à l’autorisation d’un juge et que cette effectuation en dehors du cadre judiciaire est un délit puni d’un an d’emprisonnement ou de 15 000 euros d’amende. Voilà un exemple frappant (et terrifiant) de ce qu’impose une société féminisée aux hommes : l’impératif biologique féminin est protégé mais l’impératif biologique masculin est nié, voir condamné. L’expression féministe « mon corps, mon choix » est donc un mensonge, car il existe en la matière une inégalité manifeste entre les deux sexes. L’expression correcte est plutôt : « un corps de femme, un choix de femme, un corps d’homme, un choix de femme ». En effet, femmes qui souhaitent renoncer à une maternité disposent de plusieurs moyens légaux : la pilule du lendemain, l’IVG, l’accouchement sous X. De plus, les femmes qui souhaitent imposer à un père biologique de reconnaître ou d’aider financièrement un enfant qu’il n’a pas voulu, disposent d’un arsenal de moyens légaux : elles peuvent lancer, au nom de l’enfant, une action en recherche de paternité pendant dix années à compter de la naissance. La Justice ordonne le test de paternité et reconnaît celle-ci s’il est positif, mais aussi, si le père présumé refuse le test, en fonction de simples témoignages ou indices divers. Elles obtiennent dès lors une pension alimentaire, éventuellement à effet rétroactif, et l’enfant le droit successoral. Elles peuvent lancer, au nom de l’enfant et pendant toute sa minorité, une action en demande de subsides au père présumé, sans reconnaissance de paternité. Ceux-ci prennent la forme d’une pension alimentaire, due depuis l’assignation jusqu’à ce que l’enfant soit financièrement autonome.

La dévirilisation de l’homme, c’est de considérer celui-ci comme un simple pourvoyeur de semence, une banque de sperme vivante. De l’autorité paternelle jusqu’au rang d’animal d’élevage, considéré pour ses capacités reproductives et jugé selon ses moyens financiers, la chute de l’homme est brutale, et elle ne s’arrête pas ici.

            Section 3. La fraude à la paternité : l’homme privé de stratégie sexuelle. 

Une dernière façon de livrer une guerre contre la paternité, c’est en imposant celle-ci contre le choix de l’homme, mais cette fois, non pas aux moyens d’une paternité imposée, mais en ayant recours à la fraude à la paternité. Il s’agit d’une fraude dans laquelle une mère attribue sciemment la paternité de son enfant à un homme qui n’est pas le père biologique de l’enfant, créant ainsi un lien de filiation juridique entre le père, la mère et l’enfant. De même que pour la paternité imposée, la fraude à la paternité n’engendre aucune sanction judiciaire en France. C’est pourtant un crime d’une nature aussi abominable que la paternité imposée, voir même plus grave à bien des aspects. Car la fraude à la paternité est peut-être le phénomène qui illustre le mieux le double phénomène de féminisation et de dévirilisation dont parle Éric Zemmour dans plusieurs de ces livres. Pour comprendre l’importance de ce phénomène, il convient – encore une fois – d’utiliser la biologie, mais aussi l’ethnologie, l’anthropologie, la psychologie, et plus particulièrement la psychologie évolutionniste. 

Pour comprendre la façon dont les hommes et les femmes considèrent respectivement la paternité et la maternité, il convient de comprendre leurs motivations. Et les hommes et les femmes agissent dans ce domaine autant par raison que par instinct, et lorsqu’il s’agit d’instinct, il s’agit d’histoire, car les instincts sont des dispositions innées qui déterminent chaque individu d’une même espèce animale à accomplir certains actes adaptés aux besoins de son espèce. Autrement dit, les hommes et les femmes agissent de la même manière que leurs ancêtres, parce que c’est justement ce même comportement qui a permis à ces ancêtres de survivre. Les relations entre les hommes et les femmes ne font pas exception à cette règle comportementale. Une grande part des relations entre les sexes s’opère selon des réalités biologiques, sociales et environnementales qui existent depuis l’aube de l’humanité. Les hommes et les femmes possèdent les mêmes cerveaux, et donc les mêmes instincts, que leurs ancêtres. Toutefois, la nature « instinctive » de l’homme diffère de la nature « instinctive » de la femme, et chaque sexe éprouve certaines difficultés à comprendre les réflexes de l’autre sexe, notamment en ce qui concerne la conception et la procréation. 

La vocation de l’instinct – y compris l’instinct sexuel – c’est d’assurer la survie, de telle sorte que ce qui nous fait peur, ce que nous cherchons à fuir ou à éviter, c’est un lieu, une personne ou une situation potentiellement mortelle ou perçue comme telle. La peur de certains animaux est instinctive. Les enfants n’apprennent pas à avoir peur des araignées : c’est un instinct fondamental lié à la dangerosité de certaines espèces mortelles pour l’homme. De même, le vertige, la peur du vide, c’est l’instinct qui pousse à ne pas risquer de chute mortelle, et la peur des foules, c’est un instinct qui pousse à éviter les mouvements hostiles d’individus inconnus. Tout ce qui nous révulse, comme les excréments ou les cadavres en putréfaction, relève de l’instinct, car il s’agit d’éviter la contamination, les maladies, la mort elle-même. Chaque être humain possède cet ensemble d’instincts naturels, donc cet ensemble de peurs, de réaction de fuite et de dégoût. Mais il existe également des instincts plus subtils, plus complexes, plus nuancés, mais tout aussi réels. Il existe chez les femmes un instinct particulier qui n’existe pas chez les hommes, et qui est une sorte « d’instinct hypergamique », lié à la phase folliculaire et à la phase lutéale du cycle menstruel. Cet instinct pousse les femmes à éviter à tout prix les hommes qu’elles jugent trop faibles, et à les repousser, comme elles repousseraient un serpent ou une araignée. 

Dans la mesure où, chez la femme, toute relation sexuelle engendre potentiellement une grossesse, et donc un état de faiblesse et de dépendance, elle est dotée d’un instinct lui permettant de fuir toute relation sexuelle avec un homme qui ne serait pas en mesure de l’aider ou la soutenir pendant la durée de la grossesse. Cet instinct pousse les femmes à douter de l’homme avec qui elles ont des relations. Cet homme est-il le bon ? Est-ce le meilleur homme que je puisse attirer ? Cet homme restera-t-il avec moi ? Est-il fiable ? Est-il prêt et sûr en tant que père ? M’aidera-t-il à élever mes enfants ? Ou me quittera-t-il si je tombe enceinte ? Va-t-il rester avec moi une fois qu’il aura obtenu une relation sexuelle ? Qu’arrivera-t-il si je tombe enceinte de son enfant ? Ces questions, ces interrogations, ces doutes, n’arrivent pas clairement à l’esprit d’une femme. Cela se passe en-deçà du conscient, à un niveau hormonal. C’est un instinct sexuel purement féminin. C’est un instinct puissant, que les femmes ressentent toute leur vie, et qui ne s’arrête qu’avec la mort. Un instinct si primal que les femmes prendront des décisions vitales en un court laps de temps, tel un réflexe. Les femmes veulent éviter à tout prix de s’accoupler avec un homme faible ou inapte. Le danger, c’est l’homme faible qui se fait passer pour fort, et qui obtient par là même une relation sexuelle. Une telle relation engendrerait une progéniture elle-même faible, un enfant obtenu par fraude, en quelque sorte.

Pourquoi les femmes militent-elles contre le prétendu « harcèlement de rue » ? Parce qu’un homme qui aborde une femme en pleine rue est un homme qui peut potentiellement se faire passer pour un homme qu’il n’est pas. Il n’est pas de plus grand crime aux yeux d’une femme : avoir une relation sexuelle, et donc avoir potentiellement un enfant, avec un homme qui ne possède pas les qualités dont elle le croyait pourtant pourvu. Si l’instinct féminin ne fonctionne pas, ou si cet instinct est dupé, cela signifie que les femmes peuvent potentiellement mourir (durant l’accouchement) ou élever un enfant sous-optimal, parce que le père est lui-même faible. L’échec de l’instinct féminin, c’est un potentiel reproductif compromis. Pendant la plus grande partie de l’histoire de notre espèce, la grossesse et l’investissement parental était pour les femmes, littéralement, une question de vie ou de mort, c’est la raison pour laquelle cet instinct féminin s’est développé et s’est transmis dans les générations successive de femmes. Une femme qui s’accouple avec un homme trop petit, trop faible, trop lent ou trop fragile, c’est une femme qui risque d’enfanter un enfant petit, faible, lent ou fragile. Et inversement, une femme qui s’accouple avec un homme grand, fort, intelligent et vif, c’est une femme qui peut donner vie à un enfant doté des mêmes excellentes dispositions génétiques que son père. L’instinct sexuel féminin est un instinct orienté vers la sélection qualitative des hommes. Toute relation sexuelle pouvant engendre une grossesse de plusieurs mois, il est dans l’intérêt de la femme de sélectionner un partenaire de qualité. Cet instinct est par ailleurs une contre-stratégie face à l’impératif biologique des hommes (l’accès illimité à une sexualité illimitée).

L’utilisation des méthodes modernes de contraceptions féminines a bouleversé les conditions d’application de cet instinct féminin. Le fait, pour les femmes, de pouvoir contrôler leur sexualité, et plus généralement, de pouvoir réguler unilatéralement les naissances, via l’avortement, leur a permis d’exercer cet instinct mieux que jamais. Un avortement libère une femme des conséquences d’une grossesse non-désirée : si l’homme avec qui elle a eu une relation sexuelle ne lui convient pas, une femme peut désormais mettre fin à la lignée génétique de cet homme, dès qu’elle le souhaite. Dans le monde moderne, les femmes sont réellement libres : parce que, pour une femme, il n’y a pas plus grande liberté que la liberté d’avorter. Les femmes ont lutté pour obtenir le pouvoir social et le pouvoir politique dans ce seul et unique but : exercer sans restriction leur instinct le plus puissant. C’est en cela, comme je l’ai défini dans la première partie de ce livre, que la féminisation est changement anthropologique par lequel l’impulsion biologique féminine (l’hypergamie) devient l’impératif social par défaut (l’impératif féminin), qui s’est manifesté dans la société française sous la forme d’un conditionnement social (l’émancipation féminine) renforcé par une idéologie de gauche (le féminisme). Pourquoi l’avortement est-il célébré en tant que « droit fondamental » dans la société moderne ? Parce que l’avortement soulage du risque de porter et d’élever un enfant qui serait le fruit du mauvais choix de partenaire sexuel. Pourquoi le divorce est-il célébré comme une « liberté fondamentale » dans la société moderne ? Parce que le divorce permet à une femme d’abandonner un homme qu’elle juge trop faible (phase folliculaire), tout en continuant à lui prélever des ressources financière (phase lutéale). Le féminisme est l’expression idéologique de l’instinct féminin : supprimer toutes les contraintes naturelles pesant sur la sexualité féminine (féminisation de la société), et ajouter toutes les contraintes artificielles et sociétales possible sur la sexualité masculine (dévirilisation de la société).

L’instinct sexuel féminin, ce n’est pas un instinct d’amour, c’est un instinct de colère, de haine, de révulsion : les femmes haïssent les hommes faibles, elles détestent les hommes trop petits, elles conspuent les hommes trop timides. Elles haïssent tellement les hommes faibles, et ont si peur d’être coincées dans une telle relation, qu’elles préfèrent se consacrer à leurs carrières, quitte à passer des années dans un emploi aliénant, plutôt que de se consacrer à une famille dont l’homme ne serait pas à la hauteur de leurs attentes : c’est même la plus grande fierté du féminisme, la fameuse « femme forte et indépendante » qui « n’a pas besoin d’un homme ».

L’instinct masculin est tout aussi violent, puissant, viscéral, mais il s’exerce selon des modalités différentes, et ne repose pas sur les mêmes craintes. Les hommes éprouvent également une angoisse fondamentale, une crainte absolue, une peur que rien ne peut dissoudre, et qui ne disparaît qu’avec la mort. Ce qui peut briser le cœur d’un homme, c’est d’imaginer sa partenaire en train d’avoir une relation sexuelle avec un autre homme. Certains hommes ne dorment pas la nuit, terrorisé par l’idée que leur copine puisse s’offrir sexuellement à un autre homme. Il existe même des hommes qui souffrent à l’idée d’imaginer une ex-partenaire en train de faire l’amour à un autre homme, alors même qu’il s’agit d’une « ex ». Cette peur est fréquemment ressentie par les hommes qui traversent un divorce ou une rupture sentimentale. Cette peur peut d’ailleurs être ressentie par certains hommes plusieurs mois, et même plusieurs années, après le divorce ou la rupture. Cette angoisse peut atteindre un degré supplémentaire, lorsque certains hommes se mettent à diminuer intensément l’étendue de leur vie sociale, afin de ne pas croiser une ex-femme, ou de ne pas croiser une ex-petite amie. 

Ce phénomène, aussi surprenant soit-il aux yeux des femmes, est parfaitement sain, parfaitement naturel, parfaitement normal. Car l’instinct masculin, c’est le besoin qu’ont les hommes de s’assurer de leur paternité. C’est l’impératif biologique de certitude de paternité, que j’ai décrit dans le chapitre dédié à la définition de la masculinité. L’homme veut s’assurer que son enfant est bien le sien. L’homme doit être certain qu’il s’investit dans l’éducation d’un être qui est du même sang que lui. L’héritage, c’est aussi et surtout l’héritage génétique. L’instinct masculin, c’est une question existentielle : « est-ce que l’enfant de ma femme est bien mon enfant ? ». Le premier « droit de l’homme », comme je l’ai dit dans la deuxième partie de ce livre, c’est le droit à la paternité.

Lorsqu’un homme s’engage auprès d’une femme, afin de s’investir en tant qu’amant, en tant qu’époux, et en tant que père, il prend un risque important. Le temps, l’attention et l’énergie qu’il consacre à sa partenaire et à son enfant et du temps, de l’attention et de l’énergie qu’il ne consacre pas à la recherche d’autres partenaires potentielles. Ainsi, une relation monogame est une relation désavantageuse pour l’homme, sauf si ce dernier est assuré qu’il est bien le père de l’enfant qu’il élève. Un homme doit abandonner son besoin naturel de chercher de multiples partenaires en échange de la certitude de s’investir pour un enfant qui porte bien son nom, et surtout son sang.  C’est dans ce cadre que la fraude à la paternité et que la paternité imposée sont des crimes abject contre l’homme, car c’est une véritable trahison.

L’instinct féminin et l’instinct masculin sont ainsi différents : une femme craint par-dessus tout l’idée de tomber enceinte et d’élever un enfant qui serait le produit d’un homme sous-optimal, tandis qu’un homme craint par-dessus tout l’idée d’élever un enfant qui ne serait pas le sien. Jusqu’à l’évènement récent des tests ADN, seule une femme pouvait être certaine que l’enfant était le sien. Mais dans une société féminisée, les hommes ne peuvent pas réaliser de tests ADN, sous peine d’encourir un an d’emprisonnement ou 15 000 euros d’amende.

Au-delà de la guerre contre la paternité, c’est une guerre contre l’humanité elle-même qui se livre ici. Parce que la paternité n’est pas qu’un phénomène purement sexuel ou individuel, c’est un phénomène primal, hormonal, presque spirituel. La certitude de la paternité, pour un homme, est une préoccupation si obsessionnelle, que le cerveau masculin a évolué en fonction de cette préoccupation. Le risque d’élever un enfant qui n’est pas le sien est un problème si important, que les hommes qui possèdent cette angoisse ont été sélectionnés par la nature au fil des siècles. La raison pour laquelle les hommes surveillent leurs copines et leurs femmes, la raison pour laquelle les hommes ont une tendance à la jalousie ou à la possessivité, la raison pour laquelle nous ne pouvons pas supporter l’idée qu’un autre homme s’accouple avec notre femme, est enracinée dans la peur de nous investir dans l’éducation d’un enfant qui n’est pas le nôtre. 

Nous pouvons ajouter que les femmes éprouvent la même révulsion contre les hommes laids, petits, peu attrayants, faibles, etc. De la même manière, les hommes éprouvent une révulsion instinctive contre les femmes qui ont eu trop de partenaires. Ces deux types de révulsions différentes ne sont que des protections, fruit de l’évolution biologique, contre nos instincts sexuels d’hommes et de femmes. Chaque dégoût que nous éprouvons quand il s’agit d’une personne de l’autre sexe au comportement qui nous déplait n’est que le rappel de ce que nos ancêtres ont dû éviter pour survivre. Vous ne seriez pas là, à me lire, si vos ancêtres femmes s’étaient accouplés avec des hommes faibles, mais vous ne seriez pas là non plus si vos ancêtres hommes avaient élevé les enfants d’un autre homme, ou en tout cas, vous ne seriez pas vous

Il existe toutefois des arguments féministes qui viennent en défense de la fraude à la paternité. N’est-il pas noble d’adopter et d’élever un enfant qui n’est pas le nôtre ? En réalité, oui : il est juste d’élever un enfant qui n’est pas le sien, de se donner, en tant que figure paternelle, à un enfant qui n’a plus de père où dont le père est absent, à tort ou à raison… Mais seulement dans la mesure où c’est un choix voulu, conscient, déterminé, fruit de la volonté et de la rationalité. Et même, l’on peut dire que justement, le fait que l’adoption soit peinte comme un acte noble, c’est justement parce que cela oblige un homme à réprimer son inquiétude naturelle vis-à-vis de sa paternité. C’est pour cela que le féminisme encourage les hommes à ne pas se soucier de leur propre paternité. C’est d’ailleurs le sens de l’histoire : avec l’augmentation du nombre de foyer composé de mères célibataires, l’adoption ou la paternité de substitution occupera une place de plus en plus importante. Il est nécessaire, toutefois, de relever que ce qui pousse les hommes à adopter, et donc à renoncer à une éventuelle paternité biologique, c’est surtout l’influence du féminisme. Un tel changement de comportement ne s’opère qu’à l’aide de l’ingénierie sociale (jadis, en France, la « maternité solo » était tabou, quelque chose ou quelqu’un a donc changé la narration officielle).  L’impératif social par défaut (l’impératif féminin) accompagné de l’idéologie dominante (le féminisme) a remanié l’instinct des hommes à être certain de leur paternité, jusqu’aux dernières limites : la fin des hommes eux-mêmes.  

La vulgarisation des « relations libres », du « PACS », du « mariage pour tous », et de l’idéologie LGBT, voir même du socioconstructivisme, est l’une de ces méthodes d’ingénierie sociale qui chercher à nier ou à domestiquer le besoin de certitude paternelle des hommes. L’ordre social féministe veille à ce que la stratégie sexuelle des femmes soit considéré comme l’impératif social « correct », c’est-à-dire le mode de pensée « par défaut » des femmes ET des hommes. Les hommes doivent agir et se comporter comme des femmes s’ils veulent être acceptés dans un ordre social dont les tenants (sexualité) et les aboutissants (reproduction) sont contrôlés par les femmes. La stratégie sexuelle masculine n’est perçue comme acceptable que lorsqu’elle sert le but d’une femme (paternité imposée), de sorte que l’impératif biologique des hommes d’assurer leur paternité va toujours être en conflit avec la stratégie (hypergamique) des femmes. Un homme qui cherche à être certain de sa propre paternité et de la perpétuation de son nom est en conflit direct avec une femme qui souhaite s’assurer le contrôle total de la reproduction, quel qu’en soit le prix (paternité imposée ou fraude à la paternité, divorce, etc…).

Dans ces circonstances, il n’est pas surprenant de constater que les conventions sociales de notre époque encouragent les hommes à abandonner leurs besoins de paternité. Nous faisons l’éloge des hommes qui se mettent en couple avec des mères célibataires, et qui assument donc l’investissement (affectif et financier) à la place de l’homme qui est le véritable père biologique. Ou inversement, nous ne condamnons par les femmes qui imposent une paternité à des hommes qui ne souhaitent pas avoir d’enfants (rappelez-vous que la paternité imposée n’est pas condamnée en France). Une société féminisée transforme un acte de noblesse et d’amour (« cet homme a pris la place du père absent qui n’osait pas assumer ses responsabilités ») – tout en ignorant sciemment le fait le plus important : cet « homme progressiste et féministe » ne fait que se soumettre à l’impératif hypergamique des femmes. Le féminisme est arrivé à son stade final : il n’a jamais été question d’égalité, mais de suprématie féminine : les femmes exigent des hommes que ces derniers abandonnent totalement leurs stratégies sexuelles au profit de la stratégie sexuelle féminine, qui est considérée comme la seule stratégie existante en France.

Dans la guerre totale contre la paternité, l’ordre social féministe dans lequel nous vivons fera tout ce qui est en son pouvoir pour s’assurer que la stratégie sexuelle féminine devienne la « stratégie par défaut » de la totalité des français. Notre droit de la famille, notre droit du divorce, nos lois sociales n’ont qu’un seul but : veiller à ce que les besoins des femmes supplantent en toute circonstances le besoin de certitude de paternité que peuvent ressentir les hommes. Même quand un enfant n’est pas biologiquement le fils d’un homme, ce « faux père » n’a pas le droit de connaître la vérité (de faire un test ADN), mais il doit quand même être financièrement responsable, au nom de « l’intérêt supérieur de l’enfant» (qui est lui-même définit par… les femmes). 

Les hommes français moderne vivent dans une société féminisée, dans laquelle, de surcroît, tout est fait pour les déviriliser. Les français sont des « cocus » à la fois de manière proactive et rétroactive. Ils ne sont pas encore père, mais risquent de le devenir à leur insu (paternité imposée), et s’ils sont pères, ils ne sont probablement pas les pères biologiques (fraude à la paternité). En outre, la chute de la figure paternelle est pleinement entrée dans les mœurs, et de toute façon, le divorce en fera des hommes brisés. Dans tous les cas, un homme qui accepte de subir une telle dévirilisation est un homme qui a acquiescé au destin qu’une femme a choisi pour lui. Le tableau que je viens de peindre peut paraître exagérément sombre, mais c’est la réalité du féminisme : une violence inouïe contre les hommes. Les féministes haïssent les hommes, elles les haïssent tellement qu’elles préfèrent encourager les femmes à travailler dans un emploi aliénant pour subvenir à leurs propres besoins, plutôt que de former une famille. Et lorsqu’une famille est formée, c’est toujours avec une issue « au cas où » (le divorce), et avec l’option consistant à imposer ou trahir une paternité. Eu égard à l’absence de contre-discours au féministe, je commence à croire que les hommes sont vraiment prêts à accepter que leur honneur, leur besoin de paternité, leur autorité paternelle, leurs droits, ne comptent pour rien. Et encore, nous ne sommes pas encore arrivés au cœur de la dévirilisation. Il reste encore à plonger encore plus profondément dans les ténèbres du féminisme et à explorer la question de la destruction de la sexualité masculine. 


Chapitre 4. La destruction de la sexualité masculine.

Troisième partie. La nécessaire restauration d’un ordre viril à la française.

Chapitre 1. Des revendications aux « exigences » : l’Hubris féminin.

Chapitre 2. Les rapports hommes / femmes dans une société multiculturelle.

Conclusion.


[1] Raphaël Delpard, « Le combat des pères », éditions du rocher, 2019.

[2] Peggy Drexler, « Raising Boys without Men: How Maverick Moms Are Creating the Next Generation of Exceptional Men ». 

[3] Lenore Weitzman, « The Divorce Revolution: The Unexpected Social and Economic Consequences for Women and Children in America ».

[4] Bill Muehlenberg, « fatherlessness and violence », publié le 14 août 2011 sur “CultureWatch”. 

[5] Meg Meeker, « Strong Fathers, Strong Daughters ».


Illustration : Photo de Atypeek Dgn