Éric Zemmour. Féminisation, dévirilisation et immigration. (VIII)

Dans cette série d’articles, je propose une analyse masculiniste de trois polémiques provoquées par Éric Zemmour autour des concepts de « féminisation », de « dévirilisation » et « d’immigration ».  

Introduction.

Première partie. La féminisation de la société française.

Chapitre préliminaire. Comment définir la féminité ?

Chapitre 1. Féminisation et féminisme.

Chapitre 2. De la féminisation à l’indifférenciation.

Chapitre 3. L’impact croissant des réseaux sociaux.

Deuxième partie. La dévirilisation de la société française.


Chapitre préliminaire. Comment définir la masculinité ? 

La masculinité, la virilité, est un aspect de la nature humaine qui trouve sa racine dans une cause biologique. L’homme est d’abord un corps, et c’est par ce corps qu’il se distingue déjà grandement de la femme. Le squelette d’un homme est plus large et plus robuste que celui d’une femme, notamment dans sa partie supérieure. Le bassin masculin est comparativement plus étroit que le bassin féminin, puisque l’homme n’enfante pas. Dans l’ensemble, la densité osseuse est supérieure chez l’homme. Mais au-delà du squelette, fondation du corps, c’est certainement la masse musculaire qui différencie le plus les hommes des femmes, et qui caractérise déjà en soi la masculinité : la force. La masse musculaire représente 35 % de la masse totale de l’homme, pour 28 % de la masse totale de la femme. Cette différence, à elle seule, rend les hommes plus performants que les femmes, sur de multiples aspects. Les hommes possèdent une plus grande force dans la partie supérieure du corps que les femmes. Ils sont plus grands et plus lourds que les femmes, tout en bénéficiant d’un taux métabolique de base plus élevé et un temps de réaction plus rapide. Ils sont capables de lancer un objet, ou de bloquer un objet lancé, avec plus de précision que les femmes. En rapport avec les muscles, le système circulatoire s’en trouve également affecté : les hommes possèdent un plus grand cœur, ils ont plus d’hémoglobine dans le sang, ils ont une pression artérielle plus élevée, un volume sanguin plus important ; ils possèdent un meilleur système biologique de dissipation de chaleur, c’est-à-dire une plus grande capacité de transpiration, une plus grande résistance à la déshydratation, une peau plus épaisse, une capacité pulmonaire supérieure. De manière générale, les hommes manifestent une plus grande tolérance face au risque et aux activités dangereuses, par rapport aux femmes, tout en ayant recours plus souvent que les femmes à la violence, aux agressions physiques et aux homicides, et à cette fin, ils sont dotés de processus mentaux et de visualisation spatiale plus rapide que les femmes.

Cette supériorité physique de l’homme est dérivée de sa constitution hormonale, qui repose sur l’hormone mâle par excellence : la testostérone. Au-delà de l’impact significatif qu’elle a sur la masse musculaire, la testostérone améliore l’humeur des hommes (ceux ayant un faible taux de testostérone sont davantage sujet à la dépression). La testostérone améliore significativement les performances cognitives masculines, elle joue même un rôle dans la prévention de la dégradation des tissus cérébraux : un faible taux de testostérone est directement lié à un risque accru de développer la maladie d’Alzheimer. La testostérone maintien la solidité des os, rend les hommes plus compétitifs, plus agressifs, plus susceptible d’adopter un comportement dominant, et plus susceptible de prendre des risques. Enfin, la testostérone joue également un rôle face à la mort elle-même : un faible taux de testostérone est associé à un risque accru de décès, toutes causes de décès confondues.

Contrairement aux femmes, qui possèdent des ovaires, les hommes possèdent des testicules. Alors que les ovaires produisent des ovules (de manière cyclique, alternant phase folliculaire et phase lutéale), les testicules produisent des spermatozoïdes (de manière permanente). Une femme produira ainsi, environ 400 ovules au cours de sa vie jusqu’à la fin de la trentaine, alors qu’un homme produira un nombre extrêmement élevé de spermatozoïdes (entre 100 et 200 millions par jourjusqu’à la fin de sa vie. Dans la nature, l’ovule est très rare, tandis que les spermatozoïdes sont très abondants. Petits et allongés, les spermatozoïdes sont très mobiles, grands et sphériques, les ovules restent immobiles : ce qui fait de l’homme le sexe fécondant, et de la femme le sexe fécondé. Enfin et surtout, l’homme ne dispose d’aucun organe de gestation, tandis que la femme dispose d’un utérus. Seule une femme peut tomber enceinte. Un homme ne peut pastomber « enceint ». N’en déplaise aux déconstructionnistes, le monde se divise en deux : il y a celui qui féconde, et celle qui est fécondée. C’est pourquoi, après la fécondation, le corps de l’homme ne varie pas, et continue à produire une quantité importante de spermatozoïdes, tandis que le corps de la femme change intensément. Au sein de l’utérus, la fusion de l’ovule et d’un spermatozoïde engendrera le fœtus humain, qui se développera jusqu’à l’accouchement, 9 mois plus tard : c’est la grossesse, qui s’accompagnera de modification importante de l’organisme féminin, tant sur le plan physique que psychique, qui ne concerne que la femme. C’est donc celle-ci, et uniquement celle-ci, qui est intégralement impliquée dans la reproduction, l’investissement de l’homme se limite, sur le plan biologique, à la fécondation

Cette différence entre fécondation et reproduction synthétise à elle seule la différence fondamentale entre les hommes et les femmes, et la nature de ce qu’est, au sens strict, la virilité. L’homme ne connaît pas de grossesse, c’est pourquoi il peut avoir des rapports sexuels à une fréquence élevée, ce qui lui permet de chercher de nombreux partenaires. C’est la nature de l’homme : la capacité de produire de nombreux spermatozoïdes afin de pouvoir féconder potentiellement de nombreuses femmes. A chaque rapport sexuel, la femme peut tomber enceinte, ce qui la rend indisponible pour plusieurs années (aux neufs mois de gestation, il faut ajouter les premières années de soins consacrés au nourrisson, qui ne peut survivre sans sa mère), ce qui l’oblige à chercher un partenaire disposant d’un taux élevé de testostérone (le besoin biologique de virilité de la femme, qui correspond à la phase folliculaire de son cycle menstruel) et capable de fournir un investissement parental, un approvisionnement financier et un soutien émotionnel pour l’enfant (le besoin biologique de sécurité de la femme, qui correspond à la phase lutéale de son cycle menstruel). 

La différence d’investissement permet donc à l’homme, qui s’investit le moins dans la conception, de chercher un plus grand nombre de partenaires sexuelles : l’homme est quantitatif. L’investissement parental plus élevé de la femme l’amène à avoir des critères de sélection sexuelle plus élevée : la femme est qualitative. En effet, dans la mesure où les hommes s’investissement moins que les femmes dans l’acte sexuel (donc reproductif), ils recherchent davantage les relations sexuelles courtes, occasionnelles, sans engagements, avec de multiples partenaires. C’est exactement ce que décrit Éric Zemmour au début du « Premier sexe » : « (…) un garçon, ça va, ça vient ; un garçon, ça entreprend, ça assaille et ça conquiert, ça couche sans aimer, pour le plaisir et pas pour la vie, (…), ça prend et ça jette, un garçon, ça goûte sans s’engager, c’est dans le multiple et non dans l’unique (…) ». Cette « stratégie d’accouplement » permet aux hommes d’avoir un succès plus élevé – mais aussi plus variable – que les femmes. Les hommes sont ainsi susceptibles d’engendrer en principe plus d’enfants, mais seuls quelques hommes peuvent effectivement avoir un très grand nombre d’enfants. Tout ceci implique que les hommes ont un plus grand désir de variété sexuelle (en nombre de partenaires), qu’ils ont besoin de moins de temps pour consentir à des rapports sexuels (puisque contrairement aux femmes, ils s’investissent moins dans la conception) et qu’ils recherchent davantage des partenaires à court terme. Évidemment, les femmes aussi peuvent chercher des relations sexuelles à court terme, mais pas pour les mêmes raisons que les hommes. Les femmes peuvent tirer profit d’une relation sexuelle à court terme soit parce qu’elles sont dans leur phase folliculaire, afin d’avoir accès aux hommes disposant des meilleurs gènes (le besoin hypergamique de virilité des femmes), soit parce qu’elles sont dans leur phase lutéale, afin d’avoir accès aux ressources financières d’un homme (le besoin hypergamique de sécurité). Les femmes peuvent donc « coucher comme des hommes » parce que cela satisfait leur impératif hypergamique, et non parce qu’elles ont une inclination naturelle à désirer une plus grande variété de partenaires. Autrement dit, les hommes adoptent une stratégie d’accouplement à court terme parce qu’ils sont biologiquement inclinés à le faire, en raison de leur faible investissement parental. Tandis que les femmes adoptent une stratégie d’accouplement à long terme parce qu’elles sont biologiquement inclinées à le faire, en raison de leur investissement parental important : c’est pourquoi elles désirent habituellement des relations prolongées, assorties d’un investissement affectif et émotionnel élevé, avec un nombre limité de partenaires sexuels. Voilà pourquoi l’on dit qu’un homme qui couche avec de nombreuses femmes est un dragueur, alors qu’une femme qui couche avec de nombreux hommes est une salope : parce que l’homme qui couche avec de nombreuses femmes agit conformément à sa stratégie sexuelle, alors qu’une femme qui couche avec de nombreux hommes agit contre sa propre stratégie sexuelle.

La stratégie sexuelle masculine est ainsi différente de la stratégie sexuelle féminine, et elles ont pour objet de permettre à chaque sexe de maximiser leurs chances de se reproduire avec succès. Il y a ainsi un « moyen » (la stratégie sexuelle) au service d’une « fin » (le succès reproductif). Le succès reproductif d’un individu correspond à sa capacité à attirer sexuellement le sexe opposé afin de produire une progéniture saine. Dans la mesure où les différences physiques (système reproducteur) et physiologiques (hormones) entre les hommes et les femmes correspondent à des stratégies sexuelles différentes, il convient de comprendre que ces stratégies sexuelles différentes impliquent un succès reproductif différent. Le succès reproductif de la femme est assez évident : une femme peut être enceinte. Pour l’homme, c’est plus compliqué

Un homme n’est jamais vraiment certain d’être le père biologique de l’enfant. Il existe aujourd’hui, certes, un certain nombre de tests ADN permettant de s’en assurer, mais au cours de l’histoire de l’espèce, de tels tests n’existaient pas. C’est pourquoi les hommes ont évolués et se sont adaptés en fonction de cette donnée fondamentale : l’incertitude de paternité. Il s’agit d’une angoisse fondamentale, d’une crainte absolue, d’une peur que rien ne dissout. Ce qui peut briser le cœur d’un homme, c’est d’imaginer sa partenaire en train d’avoir une relation sexuelle avec un autre homme. Certains hommes n’en dorment pas la nuit, terrorisé par l’idée que leur copine puisse s’offrir sexuellement à un autre homme. Il existe même des hommes qui souffrent à l’idée d’imaginer une ex-partenaire en train de faire l’amour à un autre homme, alors même qu’il s’agit d’une « ex ». Cette peur est fréquemment ressentie par les hommes qui traversent un divorce ou une rupture sentimentale. Cette peur peut d’ailleurs être ressentie par certains hommes plusieurs mois, et même plusieurs années, après le divorce ou la rupture. Ce phénomène, aussi surprenant soit-il aux yeux des femmes, est parfaitement sain, parfaitement naturel, parfaitement normal. Car l’instinct masculin, la masculinité elle-même, c’est le besoin qu’ont les hommes de s’assurer de leur paternité. L’homme veut s’assurer que son enfant est bien le sien. L’homme doit être certain qu’il s’investit dans l’éducation d’un être qui est du même sang que lui. L’héritage, c’est aussi et surtout l’héritage génétique. L’instinct masculin, c’est une question existentielle : « est-ce que l’enfant de ma femme est bien mon enfant ? ». En ce sens, le premier « droit de l’homme », c’est le droit à la certitude de la paternité. Lorsqu’un homme s’engage auprès d’une femme, afin de s’investir en tant qu’amant, en tant qu’époux, et en tant que père, il prend un risque important. Le temps, l’attention et l’énergie qu’il consacre à sa partenaire et à son enfant et du temps, de l’attention et de l’énergie qu’il ne consacre pas à la recherche d’autres partenaires potentielles. Ainsi, une relation monogame est une relation désavantageuse pour l’homme, sauf si ce dernier est assuré qu’il est bien le père de l’enfant qu’il élève. Un homme doit abandonner son besoin naturel de chercher de multiples partenaires en échange de la certitude de s’investir pour un enfant qui porte bien son nom, et surtout son sang. C’est la raison pour laquelle la jalousie masculine n’est pas la même que la jalousie féminine. La raison pour laquelle nous « surveillons » nos copines et nos femmes, la raison pour laquelle nous sommes jaloux, la raison pour laquelle nous ne pouvons pas supporter l’idée qu’un autre homme s’accouple avec notre femme, est enracinée dans la peur de nous investir dans l’éducation d’un enfant qui n’est pas le nôtre. 

Tels sont les aspects biologiques de la masculinité et de la virilité : une stratégie sexuelle quantitative et un besoin de certitude au regard du succès reproductif. Les hommes produisent une quantité importante de sperme (et ils ont la sexualité – et les hormones – qui qui correspondent à une telle production !) et, d’un point de vue biologique, ils ne peuvent jamais vraiment savoir s’ils sont bien le père de l’enfant à naître. C’est le double impératif biologique masculin : un besoin de « sexualité illimitée » et la peur de l’« incertitude de paternité ».

Encore une fois, cette conception biologisante de la masculinité peut désarçonner le lecteur habitué aux discours socioconstructivistes selon lesquels tout n’est que « construction sociale ». La masculinité, comme la féminité, est une réalité biologique avant d’être une réalité sociale. Ce qui ne nie pas pour autant les réalités sociales construites autour des rôles masculins et féminins, à condition de reconnaître que la dimension sociale et sociétale est construite à partir de la réalité biologique. En ce sens, la première étape de la « dévirilisation » consiste justement à nier la réalité biologique de l’homme, à lui interdire d’avoir un corps qui lui est propre, des hormones qui lui sont propres, une sexualité qui lui est propre, et donc, une stratégie sexuelle et un succès reproductif qui lui sont propres et qui diffèrent de la femme. Pour déviriliser un homme, il faut nier ce qui fait de lui un homme, et remplacer la réalité biologique par une réalité sociale, c’est-à-dire construite à partir de rien. 

C’est la question qui se pose aujourd’hui dans notre société : comment être un « vrai » homme ? Comme s’il existait des hommes contrefaits. La masculinité serait fausse, inauthentique, c’est un « acte », une « posture ». Dans ce cas, qui décide de ce qu’est réellement la masculinité ? Est-ce aux féministes de déterminer ce qu’est la virilité ? Ainsi, les hommes devraient davantage être comme les femmes, de penser comme les femmes, de communiquer comme les femmes, de ressentir comme les femmes. Cela ferait d’eux des hommes meilleurs. La masculinité ne serait, nous dit-on, qu’un « masque ». Si seulement les hommes pouvaient enlever leurs masques virils, ils pourraient enfin être eux-mêmes, c’est-à-dire une femme comme les autres. Parce que c’est ce que les féministes s’imaginent à propos des hommes : qu’en deçà du « masque », les hommes sont exactement les mêmes que les femmes : ils pensent, communiquent et ressentent de la même manière. Parce que dans une société féminisée, c’est la seule chose qui existe : toute personne qui n’est pas une femme doit agir et se comporter comme s’il était une femme, car il n’existe rien d’autre que la stratégie sexuelle féminine. Or, nous avons vu que c’est faux : il existe bien une stratégie sexuelle masculine. Au-delà de cette propagande qui voudrait faire croire que les hommes sont, au fond, des femmes, et que la masculinité n’est qu’une posture, il y a l’idée plus terrible encore que la masculinité est toxique. Et l’on ne parle même plus de « masculinité toxique » (ce qui implique qu’il existe une masculinité qui ne l’est pas), mais nous en venons même à dire que « la masculinité est toxique ». Nous ne sommes même plus dans la description de certains aspects de la masculinité qui peuvent présenter un inconvénient, nous sommes dans une diabolisation de la masculinité elle-même. 

Ainsi, pour retrouver le véritable sens de la masculinité, il convient de partir d’une définition biologique et sexuelle qui, si elle est peut-être un peu restrictive, a néanmoins le mérite d’être objective. Car déviriliser l’homme, c’est d’abord nier sa sexualité. Nous verrons ainsi dans cette partie en quoi la « dévirilisation » d’une société correspond en réalité à une attaque ciblée contre les deux impératifs biologiques de l’homme : sa sexualité et son désir de paternité. De ce point de vue, Éric Zemmour a consacré plusieurs chapitres de son ouvrage « Le suicide français » à décrire la dévirilisation de la société française à travers plusieurs attaques contre l’homme en tant que père


Chapitre 1. La chute de la figure paternelle.

Chapitre 2. Divorce : le destructeur de familles.

Chapitre 3. La guerre contre la paternité.

Chapitre 4. La destruction de la sexualité masculine.

Troisième partie. La nécessaire restauration d’un ordre viril à la française.

Chapitre 1. Des revendications aux « exigences » : l’Hubris féminin.

Chapitre 2. Les rapports hommes / femmes dans une société multiculturelle.

Conclusion.


Illustration : Photo de Atypeek Dgn