Alice Cordier reçoit un soufflet de Baptiste Marchais, et c’est toute la jeunesse d’extrême droite qui est K.O.

Knock-out pour une partie de la jeunesse d’extrême-droite française ! Silence abasourdi dans les gradins, stupéfaction des médias, des experts et des observateurs. J’apprends qu’Alice Cordier, péronnelle appartenant au mouvement « Némésis », a été giflée par Baptiste Marchais, monstre de foire exhibé sur Youtube, reconnu unanimement pour son immense contribution intellectuelle à la doctrine politique identitaire. Non j’déconne. C’est juste un grassouillet qui fume des cigares. 

Je ne vois pas ce qu’il y a d’exceptionnel à être gros, ni à fumer du cigare, mais il semblerait que « l’avant-garde » de l’extrême-droite n’a pas grand-chose d’autre en magasin, si ce n’est Papacito, l’humoriste illettré qui confond Punchline et Politique, et Julien Rochedy, l’instagrammeuse vaniteuse coincée dans un corps d’homme. Quoi qu’il en soit, Alice Cordier a récemment publiée une vidéo dans laquelle elle raconte l’humiliation qu’elle a subie. En synthèse, à l’occasion d’une soirée, un désaccord entre Baptiste Marchais et Alice Cordier s’est soldé par une gifle donnée par le premier envers la seconde. 

Ce n’est pas parce que des faits sont relatés sur les réseaux sociaux qu’ils sont forcément vrais pour autant. En principe, la présomption d’innocence s’applique, les différentes versions doivent être confrontées, et la réalité des faits allégués doit être solidement établis. Ici, en l’occurrence, la scène se serait déroulée devant de nombreux témoins, ce qui tend à faire basculer cette histoire dans un cas de flagrant délit, plutôt que dans un régime de présomption. Dans tous les cas, la prudence est nécessaire : la priorité est d’établir la réalité des faits et de confronter de plusieurs versions. Vous l’aurez compris, dans cet article, je ne m’attarderai pas sur les faits, qui n’ont finalement guère d’importances et qui relèvent davantage de la catégorie « People », que du véritable évènement. En revanche, cette histoire me donne l’occasion de revenir sur ce (très) petit milieu sur le plan des idées, ce qui est triplement avantageux. Contrairement aux faits, les idées peuvent être plus facilement vérifiable, mieux analysées, et sont plus intéressantes à décrypter. 

L’origine de la dispute n’a donc guère d’importance, pas plus que les poids respectifs des intervenants, ou encore l’intensité de la gifle. Cela aurait pu être une claque, une calotte, une baffe ou une taloche que l’histoire resterait la même. Et de quelle histoire parle-t-on exactement ? De celle de figures relativement connues d’un certain milieu, qui par leurs actions révèlent beaucoup de choses sur ce qu’ils pensent, ce qu’ils font, et donc, ce qu’ils sont. Et je ne parle pas ici de n’importe quel milieu, mais de celui – très particulier – de la jeunesse d’extrême droite française.

Tout à l’égo : l’extrême droite est-elle instagrammable ?

La jeunesse française représente 17,4 % de la population totale de l’hexagone, soit 11,7 millions de personnes âgés de 15 à 29 ans. L’ensemble de ceux qui sont dans cet âge de la vie, entre enfance et maturité, incarnent l’avenir. Les jeunes sont ceux qui vivront plus tard. Les jeunes personnifient les générations futures, en tant que continuateurs de la famille, de la patrie, de la race, ils matérialisent la postérité, c’est-à-dire la suite de ceux qui descendent d’une même origine et qui partagent un même héritage intellectuel ou moral.

Hélas ! Une bonne partie de cette jeunesse est d’ores et déjà mourante, anéantie, euthanasiée : c’est la jeunesse de gauche et d’extrême-gauche. Les « Non-binaire » qui inventent des nouvelles « identité de genre »… Les « racisé-e-s » qui affichent furieusement la violente aversion qu’ils éprouvent pour les français, et plus généralement leur haine irraisonnée, tenace, implacable, pour les blancs… Les féministes, qui collectionnent les névroses et additionnent les crises émotionnelles jusqu’à atteindre l’hubris… Voilà quelques aspects illustrant l’état lamentable de la jeunesse gauchiste, composée d’individus des deux sexes, complètement paumés, incultes, hypersensibles, irrationnels, ne supportant pas que leur vision du monde soit remise en cause, ou qu’on les offense par quelque procédé que ce soit, même de façon minime, qui vivent souvent dans une « chambre d’écho » et qui s’entourent exclusivement de personnes possédant des opinions qui sont en accords avec les leurs. 

Il est possible de penser, aux premiers abords, qu’une fraction de la jeunesse française n’est pas comme ça. Et pour cause : contrairement à leurs homologues de gauche et d’extrême gauche, la jeunesse (blanche) de droite et d’extrême droite dispose de très bonnes connaissances historiques, d’une culture générale (et politique) étendue, de références intellectuelles et littéraires solides (Céline, Rebatet, Drieu la Rochelle, De Montherlant, Bernanos, Barrès, Daudet, Blanchot, Barbey d’Aurevilly, Chateaubriand, Brasillach, Mauriac, Bloy, Nimier, Morand, Raspail, Bardèche, Bonnard, Péguy, Déon, etc…), de références métaphysiques (Guénon, Evola, Puyou de Pouvourville) et philosophiques exceptionnelles, mais aussi et surtout, d’un sens de l’humour et de l’autodérision, d’esprit critique, de curiosité, d’une identité sexuelle naturelle (à droite, un homme est… un homme, et une femme est… une femme) et, pour certains d’entre eux, d’une « colonne vertébrale » spirituelle (chrétienne ou païenne). Ainsi, s’il y a bien un groupe de personne qui ne pouvaient pas devenir « comme ça », c’est bien la jeunesse d’extrême droite… N’est-ce pas ?…

Et pourtant, malgré les éminentes qualités potentielles de la jeunesse d’extrême-droite française, ces derniers sont « représentés » sur les réseaux sociaux par des figures plus ou moins « connus » dont la qualité intellectuelle et le comportement sont proprement pathétique

Comprenons-nous bien. La « jeunesse d’extrême droite » peut se définir comme l’ensemble des idées, des opinions, des convictions, des actions et des revendications formulées par l’ensemble des jeunes individus des deux sexes qui manifestent une Weltanschauung collective. Cette définition est importante dans la mesure où ce qui compte, ce sont d’abord les idées, les opinions, les convictions, les revendications, et enfin, les actions concrètes ; et ce qui est secondaire, ce sont les personnes elles-mêmes. Ce qui est important, ce sont les concepts, les théories, et en dernier, les opinions. Les personnes, les individualités, voir même les « personnalités » devraient être secondaires.

Pourtant, on observe çà et là que cet ordre relatif d’importance se renverse, au point que la jeunesse nationaliste se caractérise davantage comme un « ensemble des personnes qui détiennent une autorité dans une organisation », plutôt que comme « l’organisation qui se forme pour conduire une action, elle-même dictée par un idéal ». On constate que le mouvement s’organise davantage autour de personnalités disposant d’un grand nombre d’abonnés et/ou de sites disposant d’une grande audience, au détriment d’une myriade de « petits » comptes et de « petits » sites qui, eux, pourtant, peuvent être tout aussi intéressants. Voilà le problème quand les personnes prennent plus d’importance que les idées : les idées intéressantes véhiculées par les petits comptes sont moins consultées que les comptes des « personnalités » qui se répètent et parlent plus souvent d’eux-mêmes que de leurs idées. 

Certes, un mouvement ne peut se constituer sans « visages » : il faut bien représenter sous une forme matérielle, sensible, une notion abstraite. De la même manière qu’un enfant incarne la joie de vivre, les aspirations de la jeunesse nationaliste blanche peuvent et doivent s’incarner dans tel ou tel homme, ou dans telle ou telle femme. Encore faut-il que ces hommes et ces femmes en question puissent incarner l’idéal qu’ils prétendent défendre. Et c’est là que cette gifle donnée par Baptiste Marchais à Alice Cordier révèle l’état lamentable de la droite identitaire, qui mérite un peu mieux. 

Phénoménologie d’une pseudo-subversion.

Nous avons d’un côté Alice Cordier. La question n’est pas de la juger en tant que personne, mais de se demander ce qu’elle incarne. Eh bien, en réalité, pas grand-chose. Alice Cordier n’est idéologiquement qu’un « copier-coller » de Solveig Minéo, gonzesse jadis très connue dans le « milieu », qui incarne l’escroquerie connue sous le nom de « féminisme de droite ». Une vague prétention de demi-mondaine combinant une ligne identitaire (partant du postulat que la sécurité des femmes blanches est menacée par le grand remplacement, et par extension, l’Islam) avec une ligne féministe, c’est-à-dire une haine de l’homme, en particulier de l’homme blanc, le célèbre dominateur hétérosexuel patriarcal. Bref, Némésis, c’est la ligne qui désigne, sur un plan politique, la lutte contre les effets du grand-remplacement sur la sécurité des femmes blanches, et sur un plan idéologique, la lutte contre la masculinité traditionnelle occidentale de l’homme blanc. Dans les deux cas, cette ligne pousse les jeunes femmes à détester à la fois les hommes noirs et arabes, en les « essentialisant » par leur race ou leur religion, et à détester les hommes blancs, en les « essentialisant » en représentant du système occidental. Bref, Némésis apprend aux femmes à détester la totalité des hommes, mais s’offre le luxe idéologique de les détester pour des raisons différentes. Je ne vois pas en quoi cela aide l’Occident, mais bon.

En réalité, au-delà du grand remplacement, la société moderne détruit les relations hommes-femmes parce qu’elle est construite sur un certain nombre de processus biotechnologiques qui altèrent les stratégies sexuelles et reproductives des deux sexes. L’explication simpliste consiste à rejeter la faute sur les hommes blancs et non-blancs, ce qui permet d’éviter d’aborder les vrais problèmes relatifs à la destruction de l’Occident par le déchainement de l’hypergamie féminine. Mais cela, Alice Cordier évitera soigneusement d’en parler, et nous aurons largement le temps d’attendre la fin du Kali-Yuga avant qu’une « féministe de droite » aborde le sujet.

Et d’un autre côté, nous avons Baptiste Marchais. Et là, il convient tout de suite de se demander : mais pourquoi ce dernier est-il connu ? Quelle est sa contribution à la société ? qu’a-t-il fait ou dit qui lui vaut une telle renommée ? réfléchissez bien avant de répondre. Demandez-vous pourquoi vous le connaissez. 

Exact. Aucune idée ne vous vient à l’esprit. Baptiste n’est certainement pas connu pour une « œuvre » politique, littéraire, artistique ou intellectuelle. En réalité, Baptiste est là parce qu’il est musclé. Qu’il fait du développé-couché. Qu’il vend des T-shirt et qu’il parade avec des flingues. Bref. L’univers mental de ce type, c’est celui du texan pas très futé qui adore les calendriers « hots chicks, big guns & big boobs ». 

Papacito et Rochedy, à quelques nuances près, s’insèrent dans la même dynamique (enfin je veux dire, dans le même « marchandising »). Très en surface, très photogénique. L’important, c’est que cela fasse « solide » sur Instagram. On fait de l’humour, quelques punchlines (bien trouvées, pour certaines, je dois bien l’admettre), on gonfle le torse, sans oublier de placer les mots « France » et « patriotisme » pour montrer qu’on reste dans le thème. 

Le problème, c’est que derrière ce « brand management », il n’y a rien. Alors qu’il y a tout à faire en politique. Pour ceux d’entre vous qui viennent tout juste de sortir d’un coma de plusieurs mois, vous aurez certainement constaté avec un léger étonnement que l’État a fait preuve d’une violence extrême à l’égard des citoyens, en imposant des masques, des confinements, des restrictions, des interdictions, des amendes, des limites de déplacement, des vaccinations avec un produit expérimental, et des « pass sanitaires ». Un immense mouvement de destruction programmée des libertés fondamentales, je dirais même des libertés anthropologiques, comme celle de se déplacer. Cela devrait le sujet numéro un de ces prétendus patriotes. Même si vous êtes seulement la moitié de l’ombre du quart d’un homme, vous devez vous battre contre ce bouleversement historique, par lequel nous passons d’un régime de liberté à celui d’un contrôle social made in China. Mais non. Visiblement, Baptiste et ses potes n’en ont rien à foutre. Au lieu de cela, il faut vendre des putains de T-shirts à la cons avec Thaïs, plutôt que de se préoccuper du sort des enfants, qui sont masqués, contrôlés, testés, réprimés, effrayés, injectés, par les laboratoires Pfizer. 

Idem chez les deux autres guignols de la « Dissidence » (j’essaie de ne pas exploser de rire quand j’écris le mots « Dissidence »). Je n’en crois pas mes yeux, mais cette scène est réellement arrivée dans le vrai monde : Papacito qui joue avec une saucisse plutôt que de nous causer du monde merdique dans lequel on vit, dans lequel il y a des infirmiers français qui se sont fait viré de leurs jobs parce qu’ils refusaient de se faire vacciner. Mais visiblement, il y a plus important à faire. Idem pour Rochedy, qui dans l’absolu, s’en sort très légèrement mieux, même si je ne comprends toujours pas l’intérêt qu’il peut y avoir dans une conférence sur la « chevalerie », alors que, par exemple, y a des militaires français de tout grade qui se sont fait viré de l’Institution parce qu’ils refusaient qu’on leur impose un pass, et qui sont désormais au chômage come des gros losers et qui ne peuvent plus exercer le très noble métier des armes.

Je ne sais pas si le lecteur réalise le niveau de la jeunesse d’extrême droite, ou du moins, de leurs prétendus « représentants » les plus connus. Comprenons-nous bien : vous cherchez à me vendre la grandeur de la France et de l’Occident ? La défense de la femme française et le droit du peuple français à disposer de lui-même, selon ses propres lois et sa propre souveraineté ? Bah putain, je signe tout de suite. Mais là, il y a une différence de nature, nous ne sommes mêmes plus dans une différence de degré. A l’heure même où la France est en train de sombrer dans la dictature sanitaire, et que nous devrions tout faire pour retrouver la liberté, je vois des clowns qui cherchent à me vendre des T-shirts pour avoir l’air « viril ». Honnêtement, qu’est-ce que j’en ai à foutre ?

Bordel. Nous autres français, nous sommes un peuple immense, dont la gloire résonnera dans l’Univers des siècles après notre disparition. Nous sommes les héritiers de grands héros, de monarques puissants, de savants exceptionnels, d’écrivains admirables. Et tout ça pour qu’Alice raconte ses humeurs hystériques en soirées, que Baptiste nous refile un T-shirt, et que Papacito fasse des bouffonneries. Pendant ce temps, vos droits fondamentaux vont subir de nouvelles restrictions. Mais ne vous inquiétez pas ! Allez consultez la prochaine photo sur Instagram, ça vous sauvera peut-être de la prochaine privation de liberté, qui sait ?