Les hommes doivent-ils VRAIMENT intervenir en cas de harcèlement de rue ?

Le harcèlement de rue , c’est mal ; et les gens doivent intervenir quand ils en sont les témoins : « Réagissez si vous êtes témoin de harcèlement de rue » (Fondation des femmes) « Les victimes de harcèlement de rue font souvent le même constat, on leur vient rarement en aide, même lorsqu’il y a des témoins » (Les Inrockuptibles) « Si vous êtes témoin d’une scène de harcèlement de rue, n’hésitez pas à réagir » (Marie-Claire) « nous pouvons tous et toutes agir face au harcèlement de rue. » (femme actuelle)

En aout dernier, pourtant, Augustin, un adolescent de dix-sept, ans, est intervenu dans une rue de Lyon afin de venir en aide à quatre filles harcelées par cinq garçons. A la suite de cette intervention, il a fini à l’hôpital avec des dents cassées, et a dû subir une opération de la mâchoire. Histoire bien triste, mais aussi tristement banale. Mais ce qui n’est pas banal est ce qui est survenu ensuite, c’est-à-dire le lynchage médiatique d’Augustin par la presse progressiste et féministe. 

Le journal des femmes, d’abord, qui relate l’incident, en opposant deux versions : celles des filles victimes de harcèlement de rue, qui affirment qu’Augustin est venu les soutenir, jusqu’à se faire frapper et finir à l’hôpital, et celle de la famille d’Augustin, qui affirme qu’il s’est porté au secours de deux filles victimes de harcèlement de rue, jusqu’à se faire frapper et finir à l’hôpital. La conclusion du magazine, après avoir exposé ces deux versions rigoureusement identiques, c’est qu’elles se contredisent. Je n’invente rien.

Libération ensuite, qui précise que, selon unes des filles secourues, Augustin n’aurait pas été « lynché » mais aurait reçu « un coup de poing » et que donc, finalement, ces racailles harceleuses ne seraient pas aussi méchantes que ça.  Et que de plus, la droite et l’extrême-droite en profitent pour récupérer l’affaire et dénoncer l’insécurité, ce qui est mal.

Continuons avec France info, qui refait à peu près le même numéro que Libération, mais en ajoutant que, d’après le parquet « ces jeunes, bien qu’insistants, ne faisaient pas montre d’agressivité à leur égard ». Il y aussi, encore une fois, le témoignage des jeunes filles : « On était quatre copines en tout, on sortait du Monoprix, on était en train de rentrer chez nous. Là, sept garçons sont arrivés, ils nous suivaient ; ils nous demandaient nos snaps. Il étaient lourds et ils insistaient ». Donc, ne pas confondre « faire montre d’agressivité » et une bande de racailles qui suivent des filles dans la rue, leur demandent leur numéro, ne veulent pas lâcher l’affaire face au refus et continuent de les suivre en insistant lourdement. Non, parce qu’on pourrait se faire avoir. 

Mais la palme de l’ignominie revient, sans conteste, au huffington post 

« Cette histoire échauffe les esprits depuis ce week-end. Cette histoire c’est celle d’un jeune homme de 17 ans, Augustin, blessé à Lyon par plusieurs individus alors qu’il tentait de prendre la défense de filles dans la rue. Une histoire qui n’est pas sans rappeler celle de Marin Sauvajon. Toutefois, les deux filles impliquées témoignent aujourd’hui d’une autre version des faits: elles n’auraient pas été agressées.

C’est le grand frère d’Augustin qui a rendu cette agression publique sur les réseaux sociaux vendredi 21 août. Utilisant un vocabulaire conforme au lexique de l’extrême droite, l’aîné décrit comment le jeune homme a été roué de coups par “un groupe de cinq racailles colorées” après avoir porté secours à des filles subissant une agression.

« Voyant cela, mon petit frère Augustin de 17 ans, a pris leur défense en retenant ces individus le temps qu’elles rentrent à l’abri dans le Monoprix. A cinq contre lui avec tout l’honneur d’un homme, ils l’ont fracassé gratuitement sans que personne n’intervienne, ni pour les filles, ni pour lui. Bilan de l’intervention de sauvetage contre ces cinq citoyens modèles détestant notre pays : Augustin a plusieurs dents cassées, une fracture de la mâchoire et doit se faire opérer des cervicales ». »

Je ne reproduirais pas la suite de l’article, vous pouvez toujours le consulter sur le site d’origine. Mais tout le reste est à l’avenant : un numéro de magie concocté par les professionnels de la désinformation du huffington, et je vais vous en livrer les « trucs » devant vos yeux éberlués. 

Le huffington affirme que les deux filles « témoignent aujourd’hui d’une autre version des faits : elles n’auraient pas été agressés ». Il y aurait donc une première version des faits, qui prétendait que les filles étaient en train de se faire agresser. Mais qui relaye cette version, et pourquoi ne pas le citer ? 

C’est le frère qui dit cela, dans le message originel qu’il a posté sur les réseaux, message qui est cité par le huffington mais en oubliant – tout à fait sciemment- le début. Ce que dit le frère c’est qu’Augustin a pris la défense de filles « qui commençaient à être agressées par plusieurs individus ».

A partir de là, attention, tour de passe-passe : tout le jeu du huffington consiste à se servir de ce début – tout en omettant de le citer pour ne pas qu’on s’aperçoive de la supercherie- en jouant sur l’ambiguité entre agression verbale susceptible de dégénérer, celle contre laquelle Augustin s’est élevé, et agression physique effective. 

Conclusion : les filles n’étant pas en train de se faire agresser, Augustin n’avait donc pas à intervenir. 

Remontons le temps, jusqu’en 2016, et citons le titre de quatre articles du huffington post : 

– « Oui, le harcèlement de rue est aussi l’affaire des hommes » 

– « Quand le harcèlement nous conditionne » (ou quarante lignes de pleurnicheries d’une beurette qui n’en revient pas : « qu’est-il arrivé à tous ces gens, qui pour éviter de se prendre un coup qui leur ferait mal une semaine, n’hésitent pas à ignorer une femme qui sera traumatisée toute sa vie? »)

– «Trois sociologues ont étudié le harcèlement de rue à Bordeaux, leurs conclusions sont inquiétantes ». (Un « point saillant de cette enquête » réside dans « le fait que 89% des témoins de harcèlement de rue ne réagissent pas. »)

– « La réaction d’un homme face à du harcèlement dans le métro mérite d’être lue et partagée » (où un homme est témoin d’un harcèlement dans le train, décide courageusement d’intervenir et met fin au harcèlement.)

Dans ce dernier cas, on pourrait s’attendre à ce que le huffington sorte de ses gonds, qu’il fonde sur l’odieux personnage qui a osé se mêler de quelque chose qui n’avait même encore dégénéré en agression. On serait en droit d’exiger qu’il aille interroger la jeune femme pour se faire confirmer que, non, il n’y a pas eu d’agression, et qu’il était donc inutile d’intervenir. Surprise ! Rien de tout cela ! Le huffington se perd en minauderies et cite avec complaisance le héros du jour : « C’est un acte citoyen banal que tout le monde devrait faire, au lieu de détourner le regard comme si cela ne les concernait pas ». Le huffington est d’accord, tout le monde devrait le faire. Enfin, tout le monde, mais pas Augustin. 

Petit indice : le héros du jour s’appelle Vincent Lahouze, il est « humaniste » (ça veut dire de gauche), écrits des textes « engagés » (ça veut dire de gauche), est animateur périscolaire dans le « quartier » du mirail à Toulouse (ça veut dire de gauche), il est féministe (ça veut dire de gauche). Et ça, c’est beaucoup plus important que le fait de savoir s’il faut, oui ou non, laisser les femmes se faire traiter de pute dans la rue. 

Quant à Augustin, il a tout faux ; blond, bien coiffé, rasé de près, militant à l’Action française, possédant un grand frère qui ose parler, à l’endroit de ses agresseurs, de « racailles colorées » : le huffington n’en demandait pas tant pour choisir, cette fois, de voler au secours de ses chères racailles. 

Sachez qu’en tant qu’homme, pas spécialement de gauche, pas spécialement coloré, mais malgré tout encore susceptible d’intervenir en cas de harcèlement de rue comme un chevalier blanc protecteur de ces dames, vous êtes d’ores et déjà considéré comme un prédateur, comme un violeur potentiel, comme un suppôt du patriarcat par les féministes, qui vous considèrent exactement au même niveau, voire pire,  que la racaille afro-maghrébine, c’est-à-dire à peu près les seuls hommes qui harcèlent les femmes. Votre action potentielle est donc par avance délégitimée.

Sachez qu’une femme victime de harcèlement de rue risque au pire de se faire insulter ou de prendre une main aux fesses. Vous, vous risquez de finir aux urgences, avec des dents en moins, ou un couteau planté dans le dos. Et vous pouvez aussi très bien finir à la morgue. Tout ça pour éviter qu’une pétasse féministe, qui a de toute façon déclaré la guerre aux hommes et qui trouve que la diversité c’est vraiment génial, ne se fasse traiter de pute par Mahmadou et Mohammed.  

Votre acte héroïque ne sera salué par personne. Sachez que ni l’Etat, ni les associations féministes, ni les journaux, ni aucune autorité d’aucune sorte ne feront mention de votre courage. Vous ramasserez vos dents et vous rentrerez chez vous

Vous êtes susceptible de vous retrouver avec un casier judiciaire si votre réponse est « disproportionnée » comme pour ce qui est arrivé à Matthieu Gonnet. Acceptable pour sauver une amie comme dans ce cas précis, beaucoup plus discutable pour venir en aide à une féministe qui vous considère de toute façon comme un tas de merde.

Sachez enfin que, dans les grandes villes françaises (à part Marseille) là ou vous avez de loin le plus de chances d’assister à du harcèlement de rue, c’est-à-un véritable raz-de-marée macroniste auquel on a assisté au second tour des dernières élections présidentielles : 89% à Paris, 85% à Lyon, 86% à Nantes, 86% à Bordeaux, 83% à Toulouse, 88% à Rennes. Les habitants de ces zones ont donc plébiscité le candidat de l’immigration, du « padamalmgam », du laxisme judiciaire, et du féminisme anti-blanc. Ils ont choisi leur destin, et signifié qu’ils étaient parfaitement satisfaits d’évoluer dans ce type d’environnement. Il n’y a donc aucune raison de leur « venir en aide ». Ils subissent les conséquences d’une politique qu’ils ont décidé en toute connaissance de cause. 

En m’adressant aux hommes blancs non progressistes, je préconise donc, au moins pour les centres urbains cités plus haut, que plus personne n’intervienne. Je préfère qu’une féministe de gauche se fasse insulter plutôt qu’un jeune patriote finisse à l’hôpital, paraplégique, ou six pieds sous terre. Le jeu n’en vaut tout simplement pas la chandelle. 

André Waroch.


Pour découvrir les autres articles d’André Waroch, cliquez ici.

Illustration : Anete Lusina.