L’utopie sexuelle au pouvoir : la révolte féministe contre la civilisation (VII).

L’utopie sexuelle au pouvoir : la révolte féministe contre la civilisation. (Première partie : avant-propos).

L’utopie sexuelle au pouvoir : la révolte féministe contre la civilisation. (Deuxième partie : les faits de la vie).

L’utopie sexuelle au pouvoir : la révolte féministe contre la civilisation. (Troisième partie : deux utopies).

L’utopie sexuelle au pouvoir : la révolte féministe contre la civilisation. (Quatrième partie : une révolution).

L’utopie sexuelle au pouvoir : la révolte féministe contre la civilisation. (Cinquième partie : les retombées de la révolution, le « viol par une connaissance »).

L’utopie sexuelle au pouvoir : la révolte féministe contre la civilisation. (Sixième partie : de l’anarchie sexuelle à la terreur sexuelle).


Le retour du primitif.

Le débat public sur la révolution sexuelle a eu tendance à se concentrer sur les viols commis par des inconnus et par ceux commis lors des « rencontres », c’est-à-dire sur ce qui se passe, plutôt que sur l’absence de formation de familles stables. Cela donne l’impression qu’il y a vraiment « davantage de sexe » pour les hommes aujourd’hui qu’auparavant, avant que certaines filles malavisées ne se conduisent mal il y a quarante ans. Les gens parlent comme si l’utopie sexuelle masculine « d’un harem pour chaque homme » s’était réellement réalisée.

C’est un jeu d’enfant de montrer que cela ne peut pas être vrai. Il y a à peu près le même nombre d’enfants de sexe masculin que de sexe féminin (pas tout à fait : il y a environ 5% d’hommes e plus que de femmes. Il n’y a pas une fille pour chaque garçon). Ce qui se passe lorsque le désir sexuel féminin est libéré n’est pas une augmentation de la quantité totale de sexe disponible pour les hommes, mais une redistribution de l’offre existante. La société devient polygame. Une situation émerge dans laquelle la plupart des hommes cherchent désespérément des épouses, mais où la plupart des femmes se jettent tout aussi désespérément sur quelques hommes exceptionnellement séduisants. Ces hommes, qui ont toujours eu de la facilité à trouver une compagne, ont maintenant plusieurs compagnes.

Un trait caractéristique des sociétés décadentes est la recrudescence de formes culturelles primitives, pré-civilisées. C’est ce qui nous arrive. La libération sexuelle signifie en réalité que le modèle d’accouplement darwinien de la meute de babouins réapparaît chez les humains.

Une fois la monogamie abolie, aucune restriction n’est imposée aux choix de la femme. Par conséquent, toutes les femmes choisissent les mêmes hommes. Si Casanova a eu 132 amantes, c’est parce que 132 femmes différentes l’ont choisi. Ces hommes acquièrent des harems, non pas parce qu’ils sont des prédateurs, mais parce qu’ils sont séduisants. Le problème n’est pas tant l’immoralité masculine que la simple arithmétique ; il est évidemment impossible que chaque femme ait la possession exclusive de l’homme le plus séduisant. Si les femmes veulent s’accoupler simplement comme leurs pulsions naturelles les y poussent, elles doivent, rationnellement parlant, être prêtes à partager leur partenaire avec d’autres.

Mais, bien sûr, l’attitude des femmes face à cette situation n’est pas particulièrement rationnelle. Elles attendent de leur homme alpha qu’il « s’engage ». Si les femmes se plaignent de l’incapacité des hommes à s’engager, on peut supposer que cela signifie simplement qu’elles sont incapables d’obtenir qu’un homme très attirant s’engage avec elles ; un peu comme si un homme ordinaire demandait Hélène de Troie en mariage et se plaignait de son refus en disant « les femmes ne veulent pas se marier ».

En outre, de nombreuses femmes sont sexuellement attirées par des hommes aux mœurs légères en raison de, et non malgré, leur promiscuité. Ceci peut être expliqué en se référant au fonctionnement d’une meute des primates. Le « mâle alpha » peut être identifié par son accouplement avec de nombreuses femelles. C’est probablement de là que vient l’argument du double standard « salopes et étalons » – non pas d’une approbation sociale de la promiscuité masculine, mais de la fascination des femmes pour celle-ci. L' »immoralité » masculine (dans le langage traditionnel) peut être attrayante pour les femmes. Ainsi, une fois que l’accouplement polygame commence, il a tendance à s’auto-renforcer.

Les étudiants en comportement animal ont appris que la présence d’une ou deux femelles leurres près d’un mâle rend les vraies femelles plus susceptibles de s’accoupler avec ce mâle particulier. Chez les femmes humaines aussi, rien ne réussit mieux comme le succès. J’entends des anecdotes sur des femmes qui refusent de sortir avec des célibataires trentenaires parce que « s’il n’a jamais été marié, il doit avoir un problème ». À l’université, j’ai observé des hommes décents laissés à eux-mêmes alors que des hommes adultères notoires n’avaient aucune difficulté à passer d’une petite amie à l’autre.

Les commentateurs des mœurs contemporaines se montrent rarement conscients de cette irrationalité dans le choix féminin du partenaire. Je me souviens d’un article paru il y a quelques années, dans lequel on vantait les mérites d’un nouveau collège pour les jeunes femmes qui cherchaient des « maris chrétiens », en partant du principe naïf qu’elles devaient le faire. Il n’était pas question d’aider les jeunes hommes à trouver des épouses fidèles, bien sûr.


L’utopie sexuelle au pouvoir : la révolte féministe contre la civilisation. (Huitième partie : la chevalerie moderne).

L’utopie sexuelle au pouvoir : la révolte féministe contre la civilisation. (Neuvième partie : la révolution sexuelle détruit le sexe).

L’utopie sexuelle au pouvoir : la révolte féministe contre la civilisation. (Dixième partie : les hommes oubliés).


Source : « Sexual utopia in power. The feminist revolt against civilization ». Francis Roger Devlin.

Illustration : Margerretta.