La « Charlosphère », une idéologie de puceaux prépubères aliénés par le féminisme ?

« Charlot », nom masculin : individu peu sérieux, à qui on ne saurait se fier. (Dictionnaire de l’Académie Française). 

J’ai récemment découvert le site « Les Temps Modernes », sur lequel « Camarade Charles » a publié un article intitulé « le virilisme, une idéologie de faquins américanoïdes aliénés par le capitalisme ». Cet article était si approximatif, si faux, si mauvais, que mon taux de testostérone a immédiatement chuté après la lecture de celui-ci. Dieu merci, étant un homme masculiniste, et non un jeune jouvenceau de gauche, j’ai rapidement pu retrouver un taux d’hormones mâles normal. 

Cet article à la fois maladroit et erroné traite du virilisme. Dès la première phrase, il y a des erreurs. « Camarade Charles » tente de faire une distinction entre, d’une part, la virilité, qu’il définit comme « le fait de porter des caractéristiques considérées comme viriles au sein de la société dans laquelle on vit » et, d’autre part, le « virilisme », qu’il définit comme « une idéologie aux tendances réactionnaires selon laquelle les hommes ne sont plus de « vrais hommes » au sens où ils auraient perdu leurs valeurs viriles et que cela sera la racine de certains problèmes sociaux et personnels ». 

La virilité n’est pas constituée par l’ensemble des caractéristiques « considérées comme viriles », mais désigne bien le caractère de ce qui est viril. Par opposition à la féminité, la virilité est faite de l’ensemble des attributs, des caractères physiques de l’homme adulte. Autrement dit, une caractéristique ne peut pas être « considérée comme » virile : une caractéristique est virile, ou ne l’est pas. En utilisant l’expression « considérée comme », « Camarade Charles » insinue que la virilité est constituée de l’ensemble des qualités (fermeté, courage, force, vigueur, etc.) culturellement attribuées à l’homme adulte. C’est là sa première erreur : la virilité est d’abord un phénomène biologique avant d’être un phénomène culturel. 

C’est pourquoi, contrairement à ce qu’écrit « Camarade Charles », la virilité n’est pas une « notion », c’est un fait. L’expression « notion de virilité » n’a aucun sens. Cela m’a donc bien fait rire quand j’ai lu que « la notion de virilité – tout comme celle de féminité – évolue avec le temps ». Ni la virilité, ni la féminité, n’évoluent avec le temps, et bien que les représentations culturelles de l’une et de l’autre changent effectivement au cours de l’histoire, les données biologiques restent les mêmes : OUI, l’homme est musclé. OUI, l’homme est le « sexe fort ». Et OUI, corrélativement, la femme est le « sexe faible ».  L’exécrable tonalité féministe sous-jacente de l’article se révèle au fait que « Camarade Charles » arrive à écrire (sans mourir de honte) qu’« à travers les âges, le centre de la virilité n’est pas forcément la musculature ». Il est nécessaire d’arrêter immédiatement ces divagations féministes en rappelant les évidences scientifiques suivantes : 

Les hommes : Références :
Possèdent une plus grande force dans la partie supérieure du corps que les femmes.Lassek et Gaulin (2009).
Sont plus grands que les femmes.Alexander (1979).
Sont plus lourds que les femmes. Loomba-Albrecht et Styne (2009).
Ont un taux métabolique de base plus élevé que les femmes.Gam et Clark (1953).
Possèdent un temps de réaction plus rapide que les femmes.Der et Deary (2006).
Ont les os de la mâchoire plus épais que les femmes.Humphrey (1999).
Sont dotés de processus mentaux et de visualisation spatiale plus rapide que les femmes.Voyer (1995).
Sont capables de lancer un objet avec beaucoup plus de précision que les femmes.Jardine et Martin (1983).
Sont capables de bloquer un objet lancé avec plus de précision que les femmes.Watson et Kimura (1989).
Sont plus intéressés par la pratique des activités/sports de combats que les femmes.Gibbons (1997).
Ont des os plus solides, plus résistants que les femmes.Schoenau (2001).
Possèdent une plus grande densité osseuse, notamment dans les bras, par rapport aux femmes.Wells (2007).
Possèdent un meilleur système biologique de dissipation de chaleur que les femmes.Burse (1979).
Ont plus d’hémoglobine dans le sang que les femmes.Waalen et Beutler (2001).
Ont un rapport muscles/graisse plus élevé que les femmes.Loomba-Albrecht et Styne (2009).
Possèdent un cœur plus grand que les femmes. Tanner (1970).
Ont une pression artérielle systolique plus élevée que les femmes.Tanner (1970).
Ont des épaules plus larges que les femmes.Brues (1959). Tanner (1989).
Ont une plus grande capacité de transpiration que les femmes.Burse (1979).
Ont un volume sanguin circulant plus important que les femmes.Burse (1979).
Possèdent une plus grande résistance à la déshydratation que les femmes.Burse (1979).
Manifestent une plus grande tolérance face au risque et aux activités dangereuses, par rapport aux femmes.Wilson (2009).
Sont capables de ressentir des changements sensoriels plus rapidement que les femmes.Cadieux (2010).
Ont une peau plus épaisse que la peau des femmes.Shuster (1975).
Ont une capacité pulmonaire supérieure à celle des femmes.Gursoy (2010).
Ont recours plus souvent que les femmes aux agressions physiques et aux homicides.Daly et Wilson (1988). 

Bref, le muscle, c’est l’homme. L’homme, c’est le muscle. N’en déplaise à « Camarade Charles », il y a bien un « ordre naturel des choses », et cet ordre naturel implique qu’un homme, c’est fondamentalement un être musclé, et que si vous n’êtes pas musclé, vous n’êtes donc littéralement pas un homme. Il est donc impossible de « remettre les corps musclés au cœur de la virilité », tout simplement parce que les corps musclés ont toujours constitué le cœur de la virilité elle-même ! 

Les valeurs viriles. 

« Camarade Charles » définit le « virilisme » comme « une idéologie aux tendances réactionnaires selon laquelle les hommes ne sont plus de « vrais hommes » au sens où ils auraient perdu leurs valeurs viriles et que cela sera la racine de certains problèmes sociaux et personnels ». Je souhaite revenir sur cette définition, notamment parce que « Camarade Charles » parle de « valeurs viriles »… sans jamais les définir ! 

Selon Jack Donovan, auteur de « la voie virile », les valeurs viriles éternelles sont : Force, Courage, Maitrise et Honneur. Dans la mesure où l’article publié sur « Les Temps Modernes » traite de muscles, il convient ici de revenir sur la valeur de la Force. En effet, la force est, au sens strict, la capacité musculaire d’exercer une pression. 

La force n’est pas une valeur arbitraire assignée aux hommes par les cultures humaines. Notamment parce que, comme je l’ai montré, une plus grande force est l’une des différences physiques les plus saillantes, déterminantes historiquement et mesurable entre les hommes et les femmes. Il est à la mode, chez les gauchistes et les féministes, de ne pas dire que les femmes sont « le sexe faible », mais peu importe, seule la vérité compte : les hommes sont encore, pour une large part, physiquement plus forts que les femmes. Quand on est sérieux, on est capable d’admettre une vérité aussi élémentaire. Mais la Charlosphère est-elle composée de mecs sérieux ou de Charlots ? 

Les femmes peuvent faire preuve de force, mais c’est une qualité qui définit la masculinité. Une plus grande force différencie les hommes des femmes. Les hommes faibles sont considérés comme moins virils, mais personne ne se soucie réellement du fait qu’une femme ne soit pas forte. Une femme n’est pas considérée comme moins féminine si elle est physiquement faible, tandis qu’un homme est considéré comme moins masculin s’il est faible. Chez les hommes, la testostérone est en relation avec la force et les muscles. Les hommes plus musclés maintiennent des hauts niveaux de testostérone, et ils sont généralement plus grands et plus forts. Les hommes qui augmentent leur niveau de testostérone (peu importe la méthode) ont l’air davantage masculins. Autrement dit, les hommes qui ont du muscle ressemblent moins à la plupart des femmes. Cela n’a rien à voir avec la culture ou avec les « représentations culturelles » que l’on se fait de la virilité. Il n’existe aucune culture dans laquelle les hommes faibles sont considérés comme plus virils, tandis que les femmes musclées sont perçues comme plus féminines. L’importance accordée aux muscles peut varier d’une société l’autre, notamment en fonction de la technologie disponible, mais aujourd’hui comme hier, la force, c’est la virilité

A l’exception des « muscles automatiques » (le cœur, les muscles qui permettent aux poumons de respirer, et certains mouvements réflexes), il faut de la volonté pour faire agir un muscle. Il faut de la volonté pour exercer une force. La force est ainsi une valeur virile en ce qu’elle est ce par quoi la volonté s’exerce. La force est la capacité d’exercer sa volonté sur quelqu’un ou sur quelque chose. La force physique définit la virilité, car la force est une caractéristique qui définit les hommes. Une plus grande force différencie la majorité des hommes de la majorité des femmes, et cette différence, même si elle est moins importante dans les sociétés modernes, n’en a pas moins déterminé le rôle des hommes au cours de l’histoire de notre espèce. 

Le virilisme, bâtard dégénéré du masculinisme ? 

En dépit des imprécisions et des approximations de l’article, que j’attribue à l’inculture de « Camarade Charles », il y a certains aspects avec lesquels je suis en accord. Au passage, je précise ici que je n’ai rien contre lui, ni contre la Charlosphère, que je connais d’ailleurs assez mal. Après lecture de l’article « la Charlosphère expliquée aux non-Charles », j’ai compris que j’étais en face d’une communauté d’adolescents qui s’amusaient à « troller » les « communautés les plus fermées et qui recherchent une certaine pureté idéologique. C’est-à-dire (…) celles qui risquent le plus de partir dans des délires idéologiques sectaires ». J’apprécie l’idée que des jeunes types s’amusent à rappeler à tout l’Internet qu’il ne faut pas trop se prendre trop au sérieux, et qu’il faut savoir rire de soi-même ! 

Il y a donc un point de vue que je partage avec « Camarade Charles » : « Le virilisme étant assez peu intelligent et fin comme discours, on en fait vite le tour ». Effectivement, un virilisme à la Papacito ne consiste qu’en une seule idée : il faut se muscler. Comme nous l’avons vu, la musculature, et donc la force, font partie intégrante de l’identité d’un homme. Mais le virilisme s’arrête ici et ne va guère plus loin. 

(Note : « Camarade Charles » indique dans son article : « Je ne sais même pas si on peut ranger Rochedy dans les virilistes fétichisant les muscles ». Je ne sais pas non plus si l’on peut ranger Rochedy parmi les virilistes, et je ne sais même pas si l’on peut le ranger parmi les masculinistes. Il est un peu inclassable, notamment parce que, en définitive, Julien Rochedy n’aime que Julien Rochedy, et s’il copie par-ci par-là quelques concepts, il aime surtout s’écouter parler). 

C’est ici qu’il convient de dire que le virilisme, qui désigne donc le caractère de ce qui est viril, ne constitue que la « forme » de la masculinité (ensemble des qualités de l’homme adulte), là où le masculinisme constitue le « fond » de la masculinité. En effet, on peut reprocher aux virilistes de ne s’attacher qu’aux apparences, sans aller plus loin. Cette superficialité du virilisme est étonnamment bien décrite par « Camarade Charles », lorsque celui-ci indique que nous sommes en face de « types qui se prennent pour des surhommes d’une époque qu’ils fantasment ». 

Le malaise des hommes.

« Camarade Charles » s’engage toutefois dans la mauvaise direction en pensant que « ce discours viriliste s’adresse à des hommes qui se sentent mal dans leur peau et lésés par la société actuelle, des gens qui sont pauvres, déclassés, subissent de plus en plus le célibat de longue durée pour des raisons sociologiques, etc. Et plutôt que de leur parler de politique concrète sur ces sujets-là, on instrumentalise leurs frustrations pour leur faire payer des formations sportives ou même des arnaques et on leur explique que leurs problèmes sont dus à leur manque de motivation ou que c’est rien que la faute des vilains gauchistes ». Les hommes ne se sentent pas mal dans leur peau parce qu’ils sont pauvres, parce qu’ils sont déclassés ; et ce n’est certainement pas pour des raisons sociologiques qu’ils sont célibataires. Il faut pousser l’analyse plus loin, et ce n’est qu’avec le masculinisme que l’on peut comprendre les raisons réelles de ce malaise des hommes dans la société moderne. « Camarade Charles » cherche (peut-être involontairement) à caricaturer le point de vue des virilistes (ou des masculinistes ?) afin d’éviter de parler des choses telles qu’elles sont vraiment. Une manière, sans doute, d’esquiver le débat avec les hommes, les vrais, qu’ils soient MGTOW ou non.

La Charlosphère doit comprendre cette réalité : les hommes et les femmes sont différents. Les hommes et les femmes sont génétiquement différents, à la fois physiquement et psychiquement. Les « rôles sexuels » s’appliquent à tous les mammifères, et les humains ne sont pas une exception. Les hommes ont un impératif biologique, et pour accomplir celui-ci, ils ont une stratégie sexuelle bien à eux, et les femmes ont un autre impératif biologique, et pour accomplir celui-ci, elles ont une stratégie sexuelle bien à elles. En outre, les stratégies sexuelles des hommes et des femmes sont opposées. Pour que la stratégie sexuelle de l’homme puisse réussir, la femme doit compromettre ou abandonner la sienne, et inversement, pour que la stratégie sexuelle de la femme puisse réussir, l’homme doit compromettre ou abandonner la sienne. C’est l’essence de la « pilule rouge ».

Les féministes, notamment les féministes radicales, ne comprenant pas cette réalité, cherchent à tous prix à placer les hommes et les femmes sur le même plan, à les comparer dans tous les domaines, à vouloir une égalité partout et en tout point, jusqu’à l’absurde. Cette idéologie ne peut conduire qu’à la catastrophe : la valeur d’une femme dépend de sa fertilité et de sa beauté, tandis que la valeur de l’homme dépend de ses ressources, de son intellect et de son caractère. Il est donc inutile de créer une société dans laquelle les femmes seraient jugées d’abord sur leurs accomplissements intellectuels ou leurs réalisations professionnelles, parce que les hommes s’en moquent complètement. De même, il est inutile de pousser les hommes à devenir plus « sensibles », « à l’écoute », ou « délicats », les femmes s’en moquent complètement. Il est également inutile de « combattre les préjugés » ou de « déconstruire les stéréotypes » : contrairement à ce que pensent les féministes, ce n’est pas aux femmes de dire ce qui est beau ou non. Ce sont les femmes qui décident ce qui plait chez un homme, et ce sont les hommes qui décident ce qui est attirant chez les femmes. La valeur de chaque sexe est déterminée par l’autre sexe. Et encore une fois, je me répète : OUI, la valeur de l’homme dépend (notamment) de ses muscles.

De même, ce serait accorder bien trop d’importance aux « vilains gauchistes » que de leur attribuer la responsabilité de ce qui arrive actuellement aux hommes. Les gauchistes n’ont ni le pouvoir, ni l’autorité morale, ni les capacités intellectuelles, ni les références intellectuelles, ni les sources scientifiques, ni la colonne vertébrale idéologique, pour influencer les relations hommes-femmes. Et ne parlons pas des féministes ! Celles-ci ont cessé depuis bien longtemps d’être sérieuses et de mériter une quelconque considération. 

Dans les relations sentimentales, dans les affaires, dans la politique, partout où il y a des intérêts concurrents, il y a un champ de bataille, et partout où il y a un champ de bataille, il y a une guerre. Or, comme je l’ai dit, les stratégies sexuelles des hommes et des femmes sont opposées. Pour que la stratégie sexuelle de l’homme puisse réussir, la femme doit compromettre ou abandonner la sienne, et inversement, pour que la stratégie sexuelle de la femme puisse réussir, l’homme doit compromettre ou abandonner la sienne. La « guerre des sexes » existe. Dont acte.

Soyons honnêtes : de même que le « masculinisme » est la façade praxéologique ayant pour objet la promotion, la défense et la préservation de la stratégie sexuelle des hommes, le féminisme est la façade idéologique de promotion, de défense et de préservation de la stratégie sexuelle des femmes. Le féminisme a pour objet et pour effet de créer une augmentation artificielle de la valeur de la femme moyenne et une diminution artificielle de la valeur de l’homme moyen. Il est donc dans l’intérêt d’une femme de promouvoir le féminisme, qui engendre mécaniquement une augmentation de la valeur des femmes. De même, il est dans l’intérêt de l’homme de promouvoir le masculinisme, qui cherche à corriger cette diminution artificielle de la valeur de l’homme moyen. L’idéologie n’est qu’une vision du monde dans laquelle un « gentil » s’oppose à un « méchant », mais en réalité, dans le domaine des relations entre les hommes et les femmes, il n’y a pas d’idéologie, il n’y a qu’un rapport de force, aussi surprenant que cela puisse paraître, les relations sentimentales constituent un domaine amoral. Il n’y a pas de « bien » ou de « mal », seulement un vainqueur et un vaincu. 

En critiquant le virilisme, et donc par extension, la masculinité, la Charlosphère incite-t-elle les hommes à rester des vaincus ? 


Illustration : Sebastian Voortman.