Quand les néo-bigotes d’« Osez le féminisme » partent en croisade contre la pornographie.

C’est tombé le 4 septembre dernier, comme une terrifiante révélation, comme si les nuages s’étaient écartés et que l’antéchrist était descendu du ciel : sur les réseaux sociaux, Osez le féminisme, la plus importante association féministe de France, nous annonce, avec toute la solennité nécessaire, la terrible nouvelle : « 88% des scènes pornographiques regardées et téléchargées contiennent des violences masculines envers les femmes ». « Les femmes victimes du système pornocriminel subissent des violences extrêmes », nous assène-t-on. « Le système pornocriminel se base sur la torture ». Ce n’est que « violences sexuelles et raciste des hommes contre les femmes » prend-on la peine de rajouter. 

Ce qu’il y a de bien avec les féministes, c’est que, quelque soit le sujet à propos duquel elles cherchent à vous convaincre, elles ne savent le faire qu’au moyen du mensonge, de de la triche, de la dissimulation, de la manipulation. Et dès que des chiffres précis apparaissent, des pourcentages et des statistiques, là, vous pouvez être sûr que tout est bidonné de A à Z. 

Question : Comment peut-on établir que 88% des scènes pornographiques téléchargées partout dans le monde sur le net contiennent des scènes de violence masculine envers les femmes ? Qui peut avoir visionné l’intégralité de ces scènes ?

Avant de répondre « personne », renseignons-nous sur l’origine de ce chiffre. Il a été cité en France pour la première fois dans le 53ème numéro du journal d’Osez le féminisme. Et l’on apprend en lisant ce numéro que ce chiffre vient en réalité d’une enquête  réalisée par un site américain appelé « Culture reframed ». Allons voir ça de plus près. 

L’enquête d’où sort ce chiffre de 88% s’intitule « fact : most kids are just a click away from free, hardcore porn ». L’extrait mentionnant le fameux pourcentage nous dit : « dans une analyse de contenu des films pornos les plus vendus et les plus loués, les chercheurs ont découvert que 88% des scènes analysée contenaient de l’agression physique »

Premier bidonnage : le site américain parle d’agression physique, sans préciser si ces agressions sont commises par des hommes contre des femmes, par des femmes contre des hommes, par des hommes contre des hommes, ou par des femmes contre des femmes. Par contre, quand les militantes d’Osez le féminisme reprennent l’information , elles parlent bien de « violences masculines envers les femmes ». 

Deuxième bidonnage : il ne s’agit plus de 88% des scènes pornographiques téléchargées sur internet, mais « des films pornos les plus vendus et les plus loués ». 

Autre remarque : qui sont les « chercheurs » ayant découvert ce chiffre magique ? Aucun nom, ni de personne, ni d’un quelconque institut de sondage, n’est cité. Ce chiffre pourrait aussi bien sortir d’un chapeau magique.

Mais le plus beau, c’est quand le site américain nous livre, sans avoir l’air d’y toucher, la réponse à la question la plus importante : qu’est-ce qu’une « agression physique » ?

Et, pour une fois, la précision est (relativement) rigoureuse : « In a content analysis of best-selling and most rented porn films, reserchaers found that 88% of analysed scenes contained physical agression : gagging, strangulation, spanking, and slapping ».

Oui, vous avez bien lu : une agression physique, ça commence quand un homme, dans le feu de l’action, donne une tape sur les fesses de sa partenaire pendant qu’il la prend en levrette. Ajoutons que l’auteur de cette « agression » peut très bien être une femme, et que la « victime » peut très bien être un homme. 

Et voilà comment Osez le féminisme aboutit à la conclusion que les femmes « victimes du système pornocriminel » subissent -forcément par les hommes- « des violences extrêmes » dans l’immense majorité (88%) des scènes téléchargées, et qu’il s’agit d’un « système criminel reposant sur la torture et le racisme ». 

Pour résumer : nous avons un chiffre -88%- entièrement sorti de l’imagination des féministes. Nous avons des « violences extrêmes envers les femmes » qui se réduisent en réalité à du tapotage de cul. Et surtout, surtout, nous avons l’arnaque des « méchants-hommes-qui-imposent-aux-pauvres-femmes-innocentes-leur-sexualité-brutale-de-gros-porc-vicieux. »

Les féministes osent tout, et c’est à ça qu’on les reconnait. Il fallait oser, effectivement, condamner la violence dans le sexe en incriminant les seuls hommes, alors que huit ans viennent de s’écouler, qui ont vu le triomphe absolu, auprès d’un lectorat presque exclusivement féminin, du livre « 50 nuances de Grey », de ses suites et de ses adaptations télévisées, tous mettant en scène une femme qui trouve son épanouissement sexuel en rencontrant un homme qui, avant de la baiser par derrière en lui tirant les cheveux à pleines poignées, l’attache avec sa cravate ou des menottes, et qui lui met des fessées, mais des vraies cette fois, pour la punir quand elle n’a pas été sage, et des coups de ceinturon en cas de récidive.

Mais les féministes ont décidé que toute sexualité non « respectueuse », non pacifique, non égalitaire, non « social-démocrate » ne pouvait être qu’imposée par le désir immonde des hommes-porcs. Elles l’ont décidé, bien sûr, à la place des autres femmes, à qui elles imposent, sans aucun scrupule, leur idéologie de néo-bigotes. 

En 2017, à l’occasion de la sortie cinéma de « 50 nuances plus sombres », l’adaptation du deuxième tome, les cruches ont pondu sur facebook leur habituel petit communiqué réprobateur : « effroi devant cette apologie des violences sexuelles, de la mise sous emprise d’une jeune femme que l’agresseur tente de déshumaniser, et vis-vis de la quelle il cherche à inverser la honte et la culpabilité. Le parfait manuel du coupable de viol ou d’agression sexuelle ». Tout est dit : pour les néo-bigotes, une femme appréciant la violence pendant l’acte sexuel est forcément la victime d’un homme-porc. Même si elle consentante, voire demandeuse, ça ne peut être que parce qu’elle est tombée sous l’emprise d’un homme, qu’elle ne s’appartient plus. Une femme ne peut être que douceur, passivité et plante verte. Et féministe. Mais à la manière d’Osez le féminisme, bien entendu. 

La réprobation des femmes s’exprimant dans les messages répondant à ce communiqué, fut telle, d’ailleurs, que l’association ne s’aventura plus jamais sur ce terrain. On a des convictions, mais on a aussi une clientèle, n’est-ce pas ?

André Waroch.


Pour découvrir les autres articles d’André Waroch, cliquez ici.