Avec Maïa Mazaurette, réhabilitons le devoir conjugal !

Les féministes, véritables inventrices en série de concepts fumeux (féminicide, charge mentale, écriture inclusive, culture du viol, intersectionnalité) adorent également prendre des anciens mots et les vider entièrement de leur sens originel. C’est le cas du patriarcat. C’est le cas du devoir conjugal. 

Vu par les féminismes, c’est un viol, exercé par l’homme contre la femme, soit par la contrainte physique, soit par la contrainte psychologique. 

Pour comprendre d’où vient le devoir conjugal, adressons-nous à la papesse féministe et médiatique du sexe, Maïa Mazaurette, dans son article sobrement intitulé « Faut-il abolir le devoir conjugal ? » (je vous donne un indice : la réponse est oui).

Où on apprend que le devoir conjugal est une notion héritée du catholicisme (donc = caca, pour le lecteur moyen de Maïa). Qu’il a été conçu pour empêcher l’homme de tromper sa femme (effectivement : si on supprime le devoir conjugal, on supprime le devoir de fidélité). Que c’est une obligation tout à fait légale du mariage. Mais qu’il serait bon, pour le bien de tout le monde (enfin essentiellement celui de la femme) de le supprimer définitivement. 

Et Mazaurette de conclure superbement : « l’idée qu’il faille « se » forcer est intrinsèquement pernicieuse : la sexualité du couple a besoin de conversations, pas de sanctions ».

A ce stade, une seule question me vient aux lèvres : est-ce bien la même Mazaurette qui déclarait, en 2011, faisant la liste de ses « motivations douteuses » pour faire l’amour :

  • « Pour attraper un homme ? Certainement. Pour peu que je sois déjà un peu amoureuse de la personne, il est clair que passer à l’action « horizontale » permet nécessairement d’attirer l’attention, ambiance « salut je suis dans ton lit ».
  • Pour garder un homme ? Encore oui. Même en cas de migraine prolongée, j’estime que refuser toute relation sexuelle pendant des semaines est une bonne manière de casser un truc dans la relation – à commencer par la communication et l’enthousiasme.

L’idée qu’il faille se forcer est donc « intrinsèquement pernicieuse » en 2020, mais était pratiquée sans vergogne par l’autrice, et encore en s’en vantant, jusqu’en 2011 au moins. 

Ce que je crois décoder :

Au début de la relation, Maïa Mazaurette se sent obligée de donner à l’homme ce qu’il désire, c’est-à-dire du sexe. Et en quantité, et « même en cas de migraine prolongée » (il faudrait écrire ça sur un post-it et le coller sur le frigo de chaque féministe). Par contre, une fois que la relation est installée, qu’on est marié, qu’on a prit un credit sur vingt ans, qu’un enfant est déjà né, que les deux familles se connaissent, bref, que l’homme ne peut plus se barrer comme ça, une fois qu’il a suffisamment de fils à la patte, Madame ne se sent plus obligée de jouer la comédie de la chaudasse : ce sera un samedi par mois, voire rien du tout.

Le devoir conjugal, c’est-à-dire le fait de se forcer à avoir une relation sexuelle sans en avoir spécialement envie, est donc, pour les féministes, tout à fait acceptable quand cela permet à la femme d’obtenir quelque chose de l’homme : quand cela ne lui rapporte rien, quand c’est gratuit, quand c’est juste pour faire plaisir, alors on glisse instantanément vers « l’intrinsèquement pernicieux ». 

En gros, le devoir conjugal est acceptable quand il relève de la prostitution, et devient une abomination quand il est accompli par amour.

L’homme qui se met en couple avec une Maïa Mazaurette doit donc comprendre une chose : il aura du sexe quand il le désire tant que leur situation sera incertaine. Elle lui taillera des pipes « même en cas de migraine prolongée ». Une fois le couple installé, Bobonne considèrera comme une mission sacrée le fait de vous priver de sexe aussi longtemps qu’elle n’en aura pas envie. Et elle peut très bien n’en avoir envie que trois fois par an. 

Si ça ne vous dérange pas, tant mieux pour vous. En revanche, si vous êtes un mec à peu près normal et que jamais l’idée ne vous a traversé de vous mettre en couple pour ne plus baiser, il s’agit alors de considérer que le sexe est négociable, exactement comme les tâches ménagères ou le repas dominical avec la belle-mère. 

Maintenant que vous avez compris qu’elle n’avait pas plus envie de sexe au début de votre relation qu’aujourd’hui, qu’elle se forçait et qu’elle faisait semblant de prendre son pied, vous n’avez qu’une chose à lui demander : continuer. Il faut négocier ça dès le départ. Sinon, elle peut aller se faire foutre avec ses tâches ménagères, sa charge mentale à la con, et les dimanches passés chez sa connasse de mère. 

André Waroch.


Illustration : Daria Shevtsova.

Pour découvrir les autres articles d’André Waroch, cliquez ici.