Petits conseils aux hommes qui voudraient se mettre en couple avec une féministe.

Les Trois Etendards accueille aujourd’hui un nouveau contributeur : André Waroch. « Petits conseils aux hommes qui voudraient se mettre en couple avec une féministe » est son premier article publié ici.


Tu es jeune, entre vingt et trente-cinq ans, tu t’es dégoté une fille sublime, en tout cas pas trop dégueulasse, et l’idée t’a déjà traversé de sauter le pas et d’emménager avec elle ? Tu es enthousiaste à l’idée de vivre une vie de plaisirs charnels et de communion spirituelle, de faire des projets d’avenir, d’avoir des enfants peut-être avec cette personne ? 

Mais voilà, tu te poses des questions, et tu voudrais des conseils, car cette fille est féministe ; on ignore encore si cela se transmet plutôt par le père, plutôt par la mère, ou plutôt par l’éducation nationale ; en tout cas, cela signifie que, pour elle, l’histoire de l’humanité se résume à trois millions d’années (minimum) d’oppression des femmes par les hommes et le patriarcat. Et qu’elle est bien décidée à prendre sa revanche sur les mecs, et à déjouer ce complot démoniaque qu’ils ont fomenté depuis toutes ces années pour la priver de viande, de fromage et de dessert. 

Mais, me direz-vous, pourquoi accepterait-elle, dans ce cas, de se mettre en couple avec l’autre sexe tant honni ?

Bonne question : car une féministe qui va jusqu’au bout de sa logique finit normalement vieille fille ou lesbienne. Nous avons donc affaire à une femme tiraillée entre le désir qu’elle a de se venger des hommes, et sa nature profonde qui la pousse vers eux. On ne peut néanmoins pas compter sur le fait qu’elle évoluera forcément à ton contact. Pars du principe que tu n’arriveras pas à la faire évoluer, surtout si toi-même tu n’as jamais beaucoup réfléchi à ces questions. Cela veut dire qu’elle a une colonne vertébrale idéologique et que tu en es dépourvu. Ca s’annonce mal. Mais je suis là. 

Donc, ta copine est définitivement féministe. Nous parlons bien sûr du féminisme triomphant, le seul qui existe encore politiquement et médiatiquement, celui qui a évincé tous les autres, celui de Caroline de Haas et de la gauche, celui qui considère les hommes dans leur ensemble comme des porcs et des violeurs. Alors, puisque que tu n’as pas changé d’avis et que tu veux toujours habiter avec cette femme, il y a une chose à faire, indispensable, si tu veux sauver ta peau : t’asseoir à la table des négociations. Et ne rien céder.

Avant, il faut se mettre en condition. Oublie la petite-chose-fragile-et-tellement-mignonne que tu as en face de toi. Toi aussi, tu dois te forger une histoire : voilà trois millions d’années (minimum) qu’elles nous font chier avec leurs conneries ; depuis l’époque où elles jouaient avec les mômes bien au chaud dans la grotte pendant que dehors on se faisait bouffer la gueule par les mammouths, jusqu’à ces deux derniers siècles, où on a crevé par millions dans trois guerres successives contre l’Allemagne, que ceux qui ne crevaient pas revenaient mutilés ou fous à lier, pendant que ces salopes étaient planquées comme d’habitude le plus loin possible du front, et qu’elles s’indignaient qu’on ne leur ait pas encore donné le droit de vote

Bon, je crois que tu es prêt pour entamer les négociations.

En premier lieu, les tâches ménagères : repassage, vaisselle, lessive, balai, aspirateur, serpillière et tutti quanti. Le féminisme est clair : elles doivent être effectuées à part égale, 50-50, comme la parité au conseil général. 

En fait, c’est déjà une première arnaque. D’accord, tu dois effectuer 50% des tâches, mais 50% de quelle durée de travail ? Ta greluche a l’intention de passer combien de temps à briquer sa maison ? Cinq heures par semaine ? Dix heures ? Trente heures ?

Si c’est une maniaque, si elle veut que son domicile soit resplendissant 24/24, et si toi au contraire tu es prêt à accepter de vivre dans un certain désordre pour ne pas passer ta vie à faire le ménage, c’est là que les négociations commencent. Tu es prêt, par exemple, à faire six heures de tâches ménagères par semaine, pas d’avantage, ce qui fait qu’elle devra en faire six de son côté et que le total fera douze. Si la maison n’est pas encore assez bien mise à son goût, libre à elle d’en faire d’avantage, mais ce ne sera pas comptabilisé.   

Deuxième arnaque potentielle qu’il faut tout de suite tuer dans l’œuf. Si tu dois effectuer 50% des tâches domestiques, elle doit apporter 50% de l’argent du ménage. Ce n’est pas négociable (sauf à renégocier le 50% des tâches ménagères, mais rappelle-toi que c’est une féministe, donc elle ne se reniera pas). 

Oh, mon dieu ! Elle est de gauche ? Elle a choisi un métier mal payé, dans l’humanitaire ou l’enseignement « parce-qu’elle-veut-aider-les-gens » ? Elle est donc dans l’incapacité de contribuer à plus de 30% du budget ? Rien à foutre. Elle se démerde, elle bouge son gros cul et elle va bosser au Macdo le week-end. Sinon, remise en cause direct du 50-50 des tâches ménagères.

Troisième arnaque, énorme, gigantesque : le devoir conjugal. La femme se doit de le refuser, car accepter une relation sexuelle alors qu’on n’en a pas envie, c’est un viol. C’est la définition officielle du viol par les féministes, qui ont inventé le concept révolutionnaire de victime volontaire. Attention : une call-girl qui couche avec un client pour de l’argent, ce n’est évidemment pas un viol. Une employée qui couche avec son patron pour obtenir une promotion qu’elle aurait été incapable d’obtenir juste avec ses compétences, ce n’est évidemment pas un viol non plus. Pourtant, dans les deux cas, elles n’en ont aucune envie. Mais, mystérieusement, cette logique ne s’applique qu’à celles qui acceptent de faire du sexe pour faire plaisir à leur mec, gratuitement, par amour, pourrait-on même dire. C’est cela, pour les féministes, qui est une abomination.

Pourtant, pour toi, aussi incroyable que cela paraisse, c’est encore plus important que les tâches ménagères. Et elle voudrait t’en priver sous prétexte qu’elle n’a « pas envie » ? Et toi, tu as envie de sortir les poubelles le samedi matin ? Tu as envie d’aller voir sa connasse de mère deux fois par mois ?

Alors inutile de se lancer dans un grand débat. Là encore, le 50-50 : il y aura obligation de rapports sexuels un jour sur deux. Avec dérogation en cas de ragnagnas. Dans ce cas-là c’est juste une petite pipe et elle pourra aller prendre son tour de vaisselle. Et on ne veut pas savoir si elle est trop bouleversée pour le faire ce jour-là parce que sa grand-mère est malade, ou qu’elle a vu un reportage qui l’a émue sur les chtites nenfants africains qui ont faim : elle suce et elle ferme sa gueule. En échange, tu t’engages à passer le balai quand ce sera ton tour, quoiqu’il arrive, même les soirs de champion’s league. 

Surtout, n’oublie pas une chose : le féminisme, c’est la guerre. Un couple dans lequel la femme professe cette idéologie, c’est la paix armée. Tout devra être compté, soupesé, vérifié. Tu seras en permanence surveillé, rappelé à l’ordre, culpabilisé. La paix armée pourra sous n’importe quel prétexte se transformer en conflit ouvert. Peut-être changera-t-elle, ou peut-être est-ce toi qui t’aplatira. Dans ce dernier cas de figure, tu auras perdu la guerre et elle l’aura gagnée. Tu ne seras plus un homme mais une femme dotée d’un pénis. Pour elle, c’est de toute façon la seule différence entre les deux sexes, le reste étant une construction artificielle et nauséabonde du patriarcat. Son rôle en tant que femme est donc de te rééduquer et de te soumettre pour te faire payer les trois millions d’années d’oppression cités précédemment. Si vous avez des enfants, il faudra inciter le garçon à jouer à la poupée et la fille au camion de pompiers, en espérant en faire de futurs transsexuels qui pourront peut-être un jour, qui sait ? Représenter fièrement les couleurs de la France à l’Eurovision. 

André Waroch.


Illustration : Paweł L.