Eloge du masculinisme.

1. Le masculinisme : une vision unifiée de la condition masculine. 

La vie d’un homme se déroule sur deux réalités distinctes. Il y a l’aspect intérieur de l’homme : il éprouve de la joie, de la peur, de la surprise, de la tristesse, de la colère, du mépris, de l’optimise, de l’amour, etc… Il y a l’aspect extérieur de l’homme : il est jeune ou vieux, grand ou petit, pauvre ou riche, célibataire ou non, etc… l’existence masculine se développe sur deux réalités : la réalité matérielle des évènements (la succession des circonstances dans l’espace et le temps) et la réalité immatérielle des états affectifs (la succession des émotions, des humeurs et des états d’âmes). La vie d’un homme se compose ainsi horizontalement d’évènements, et verticalement d’états intérieurs. 

Un homme peut choisir de se concentrer sur les circonstances extérieures, matérielles, de son existence, tandis qu’un autre peut choisir de se concentrer sur ses états d’âmes. En réalité, la qualité de vie d’un homme ne peut se comprendre et s’améliorer que si l’on prend en compte à la fois la nature des évènements qui se produisent dans sa vie, et la qualité de ses pensées et de ses états d’âmes. C’est l’objectif du masculinisme : permettre à l’homme d’établir un lien entre ses états affectifs et les faits, entre ce qui lui arrive intérieurement et les circonstances extérieures. 

Entre la naissance d’une idée, d’une émotion, et la survenue des circonstances extérieures qui ont été déclenchées par cette idée ou cette émotion, le temps s’écoule, de telle sorte que l’homme ne peut comprendre que les circonstances de sa vie ne sont rien d’autre que la matérialisation de ses états intérieurs. De même, entre la survenue d’un fait et le déclenchement des émotions intérieures qui ont été déclenchées par ce fait, le temps s’écoule, de telle sorte que l’homme ne peut comprendre que les émotions qu’il ressent ne sont rien d’autre que l’intériorisation des faits qui lui sont arrivés. 

Le masculinisme est un lien, un équilibre, un point de pivot, entre le dedans et le dehors, entre l’intérieur et l’extérieur. A l’aide du masculinisme, aucune circonstance ne peut se matérialiser sans que l’homme n’y soit préparé psychologiquement ; et de même, aucun état affectif ne peut s’emparer de l’homme sans que celui-ci ne comprenne pourquoi un tel état affectif se manifeste.  

Le travail d’un masculiniste consiste, d’une certaine manière, à comprendre que derrière chaque évènement et derrière chaque état intérieur, il n’y a jamais que lui. Le masculinisme aide les hommes à comprendre leur propre nature, ainsi que la nature des femmes. En approfondissant ses connaissances sur lui-même et sur le sexe opposé, un homme peut modifier la qualité et la quantité de ses pensées, de sa façon de ressentir, de ses émotions et de ses réactions. Il arrivera ainsi à modifier son attitude, et donc, à modifier sa façon de réagir, ce qui finira par modifier la nature même des évènements qui se succèdent dans sa vie. Le masculinisme, c’est l’idée selon laquelle l’homme est ce qu’il comprend. Et ce que l’homme se propose de comprendre à travers le masculinisme, c’est d’abord lui-même. Un masculiniste ne cherche pas tant à comprendre les femmes qu’à se comprendre lui-même : c’est là un paradoxe du masculinisme, en ce que les relations hommes-femmes ne sont finalement qu’un sujet d’étude secondaire. 

2. Bases conceptuelles du masculinisme. 

Le fait de penser à une femme est une pensée en apparence anodine. C’est pourtant une pensée qui peut décider de la vie entière d’un homme. Cette seule pensée suffit à mettre en échec l’équilibre d’un homme. Par cette seule pensée, un homme a déjà révélé ce qu’il est intérieurement. Un homme qui s’attarde à penser à une femme est un homme qui ne peut pas réussir. Un homme qui se déconcentre à la vue d’une femme, ou qui se perd à rêver d’une femme, est un homme qui n’est pas prêt à être lui-même. Non seulement cet homme n’obtiendra-t-il pas la femme à laquelle il pense, mais il perdra aussi bien plus : son centre de gravité intérieur. 

Un homme qui rêvasse à propos d’une femme, à propos d’une relation, à propos du couple, à propos du mariage, c’est un homme qui se nourrit de l’illusion en vertu de laquelle quelqu’un d’autre que lui-même peut l’aider, qu’une femme peut le choisir. Un homme qui pense trop souvent à une femme, ou aux femmes en général, est un homme qui cherche à se cramponner à quelqu’un d’extérieur à lui-même, cherchant dans le sexe féminin la confiance dont il est dépourvu. C’est une erreur et une faute, c’est une confusion entre causes et effets : c’est la confiance d’un homme qui attire les femmes, ce ne sont pas les femmes qui donnent confiance aux hommes. Un homme qui pense à une femme, ou aux femmes, est un homme qui révèle sa vulnérabilité, c’est la raison pour laquelle on ne peut se fier à lui. 

Le masculinisme vise à faire comprendre à l’homme qu’il ne doit pas envier les autres hommes, ni demander l’aide des femmes. Ce n’est pas l’homme qui dépend de la femme, mais les femmes qui demandent aux hommes de les éclairer et de les orienter. Cette volonté de rester libre intérieurement est la première étape de cette quête vers la perfection que représente le masculinisme. De la même manière que celui qui attends quelque chose des autres à déjà perdu intérieurement, l’homme qui attends quelque chose de la femme a déjà manqué une occasion de se réaliser. 

Le fait de penser à une femme est une pensée qui est loin d’être anodine. Un homme ne doit penser à une femme que lorsqu’il est certain que cette pensée n’est pas entachée par de la dépendance. Car avant de penser aux femmes, de s’intéresser aux femmes ou d’aimer une femme, il faut d’abord penser à soi, s’intéresser à notre état intérieur, et s’aimer soi-même. Avant d’aimer il faut s’aimer, et pour s’aimer, il faut une volonté. Il n’y a qu’un homme intègre qui puisse aimer une femme. Un homme complet peut avoir une femme, un fils, une fille, un métier, une vie sociale et virtuelle, des connaissances et des amis, à la condition qu’il n’oublie pas que tout ce qui existe en dehors de lui n’est qu’une manifestation et une représentation de ce qui existe déjà en lui. 

La première base conceptuelle du masculinisme ressemble ainsi à une tautologie, puisque le masculinisme est d’abord… masculin ! Le masculinisme, c’est le masculin qui s’observe lui-même, en lui-même, pour lui-même. Le masculinisme est avant tout l’idée selon laquelle l’homme est à lui-même son centre, son principe, son essence. L’idée la plus nocive au masculiniste, c’est l’idée qu’il existe une femme extérieure à lui, une femme dont il peut dépendre, une femme qui puisse l’enrichir ou l’appauvrir, une femme qui puisse le choisir, le juger ou le condamner. Un homme doit savoir qu’aucun secours n’arrivera du monde extérieur, aucune femme ne vous sauvera de vous-même. Il n’y a pas, pour un homme, de mal plus grand que la dépendance à une femme, que la subordination au jugement d’une femme. 

La deuxième base conceptuelle du masculinisme consiste à réaliser que la femme n’est pas l’égale de l’homme, mais son complément. La femme est le reflet de l’homme, le miroir de l’homme, l’auxiliaire de l’homme. Ainsi, le masculiniste n’a rien à reprocher à une femme, car il sait que c’est lui-même qui est un obstacle à son évolution, et non la femme. 

Pour justifier ses erreurs, un homme peut avoir tendance à s’auto-convaincre que des circonstances extérieures ou des femmes lui font obstacles et sont la cause de tous ses maux. C’est la faute des femmes, la faute des féministes, la faute de ma mère, la faute de mon ex, de ma patronne, de ma collègue, etc… Voilà que l’homme se plaint et blâme une femme – ou des femmes – sans jamais réaliser qu’une femme n’est que son reflet, et qu’une femme ne changera que s’il se change lui-même. Et il ne peut se changer lui-même que s’il s’aime intérieurement. 

Un homme qui ne s’intéresse qu’à son propre perfectionnement, qui se dirige vers un idéal, qui n’est dépendant d’aucune femme, peut trouver des solutions à chaque problème qui se présente à lui, et transformer l’impossible en possible. Un homme ne peut pas se cacher derrière une femme. Une femme le sait, et elle le voit ! Elle le dénonce ! Les femmes sont plus subtiles que les hommes, elles ont un sens de la communication plus aiguë : une femme peut estimer le degré de responsabilité ou le niveau de responsabilité d’un homme rien qu’à partir d’une de ses paroles, d’un de ses regards, d’une de ses grimaces du visage. 

Le milieu masculiniste est trop souvent perçu comme un milieu misogyne, alors que rien n’est plus faux. Un masculiniste ne déteste pas plus une femme qui ne l’adore, il la voit pour ce qu’elle est, rien de plus, rien de moins. Le masculiniste comprend la femme, et il la comprend peut-être même mieux qu’elle ne se comprend elle-même. 

Telles sont les deux bases conceptuelles fondamentales du masculinisme. D’une part, l’homme doit être à lui-même son centre de gravité intérieur, et en conséquence, il ne doit pas voir la femme comme une aide extérieure qui viendra le sauver de lui-même. D’autre part, si l’homme est lui-même son propre architecte, et s’il ne doit pas attendre le salut de quelqu’un d’extérieur à lui, il ne lui appartient pas de chercher la cause de ses échecs dans une ou plusieurs femmes. La femme n’est ni ange ni démon. Elle ne sauvera pas l’homme de lui-même, pas plus qu’elle ne causera sa perte. L’homme est indépendant de la femme, dans le sens positif comme dans le sens négatif. 


Illustration : Photo de Rubal N Simran Rainu