Les femmes au temps du Coronavirus.

La pandémie de coronavirus et la quarantaine imposée par le gouvernement qui en résulte s’avèrent être une sorte d’expérience sociologique involontaire.

La situation nouvelle et inattendue a exalté de nombreux aspects de la nature féminine et a rendu encore plus évidentes de nombreuses dynamiques dont j’ai parlé dans le passé sur ce blog.

J’aurais préféré un moment moins dramatique pour dire à mes lecteurs les plus sceptiques « Je vous l’ai dit », mais puisque cette crise sanitaire a maintenant monopolisé l’attention de tout le monde et que nous en aurons encore pour un certain temps, nous pourrions aussi bien dire quelques mots sur la façon dont cet évènement a changé les comportements et les façons de penser des femmes et des gens en général.

La liberté.

L’aspect le plus évident, je dirais, c’est sûrement la redécouverte du sens de la responsabilité collective.

La mentalité féminine pré-coronavirus était basée sur une forte défense de la liberté personnelle, si enracinée qu’elle a abouti à de la toute-puissance.

Même dans les premiers jours, alors qu’il y avait déjà le premier hospitalisé grave mais que seuls les plus clairvoyants avaient compris la gravité de la situation, ce sont surtout les femmes – en accord avec leur mentalité progressiste typique – qui soutenaient que la liberté personnelle ne devait pas être restreinte et que le droit à des apéritifs et le droit de manger dans les restaurants chinois ne devait pas être limité.

Souvent, j’ai soutenu que dans notre société, il y a trop de liberté, en particulier dans le domaine sexuel, et que cela provoque de graves inégalités. À l’idée de remettre en question partiellement ce système, j’ai été pris pour l’imbécile et même de nombreux utilisateurs ont affirmé que maintenant certaines libertés sont devenues si solidifiées dans la tête des gens que rien ne pourrait jamais changer le système de valeurs.

Le coronavirus a rendu pensable l’impensable : non seulement les gens ont accepté de rester barricadés à la maison et de stopper leurs business, mais en plus le processus de désertification des rues n’a pris que très peu de temps.

Une fois qu’une menace sérieuse (en l’espèce pour la santé) a été présentée au public et qu’un ordre a été donné par une autorité, personne n’a eu le courage de resquiller.

Ironiquement, ce sont précisément les femmes qui ont le plus pris un esprit liberticide, allant même jusqu’à changer et à agir contre ceux qui continuent de se déplacer à l’extérieur seuls, même pour des activités qui, bien que limitées, restent autorisées par le décret.

C’est incroyable de voir comment, en moins d’un mois, les femmes sont passées du fait de ne pas tolérer une demi-contrainte sur leur liberté, à devenir elles-mêmes à l’avant-garde de l’interdiction de la liberté des autres, en se mettant même au-dessus de la loi et en essayant de dominer les autres.

C’est comme une démonstration sur fait que les femmes sont fondamentalement conformistes par nature : le fait d’être physiquement plus faible les as rendus, par l’évolution, plus apte à chercher l’approbation communautaire, et voilà qu’est inculqué dans leur ADN leur tendance à s’homologuer aux masses. Dans les temps libertins, elles sont libertines et pro-liberté, et en période d’austérité, elles sont les plus austères.

Ce virus, cependant, semble avoir momentanément validé le concept que, lorsque vous vivez dans une société, le comportement des individus peut avoir un impact sur la qualité de vie de chacun, et que, dans certains cas, une limitation de la liberté, qui tends vers les intérêts de tous n’est pas un acte despotique, mais fait partie de toute communauté civile qui se respecte.

Le sexe.

Pour la plupart des femmes, ces jours de quarantaine seront la plus longue période d’abstinence sexuelle de toute leur vie.

Chaque fois que je demande à une fille : « quelle a été la plus longue période que tu as passé sans avoir de relations sexuelles ? », elle me donne généralement une réponse qui est dans l’ordre de trois semaines et alors qu’elle me répond, il y a sur son visage l’expression de quelqu’un qui se souvient avec son esprit de ses 20 ans en isolement cellulaire dans une prison mexicaine.

Le sexe est presque universellement considéré comme l’expérience la plus agréable de toute [Grimm et al. 2015] [Wylie K. 2009], en plus d’être une nécessité physiologique.

Pourtant, lorsque les hommes se plaignent de ne pas avoir accès au sexe, les femmes essaient immédiatement de nier leur douleur ou de rabaisser les hommes. Des expressions comme « le sexe n’est pas un droit », « vous pouvez toujours penser à autre chose » sont maintenant devenus proverbiales sur la façon dont les femmes traitent la question, mais les femmes sont aussi très à l’aise pour dire cela à propos de l’abstinence sexuelle dans la mesure où c’est un problème qui ne les toucheront jamais, parce qu’en tant que femme, vous avez une liste de prétendants constamment à disposition.

Mais maintenant, cette quarantaine fait enfin sentir aux femmes ce que signifie la solitude.

Cela leur donne un avant-goût de ce qu’un grand pourcentage d’hommes ressent (si ce n’est tous les hommes), au cours de leur vie.

Et il s’est avéré qu’il suffit de quelques semaines d’abstinence pour amener les femmes à réagir d’une manière beaucoup moins digne que leurs homologues masculins, et les montrer dans toute leur hypocrisie.

Avant, elles vivaient une fête perpétuelle, entre la vie sociale trépidante, les cocktails et les dîners, les plans faciles sur Tinder, les rencontres sexuelles avec des hommes plus beaux qu’elles.

Maintenant, tout est momentanément terminé et elles ressentent la douleur de la solitude forcée aussi, elles comprennent ce que c’est que de passer votre vie sans la possibilité de contact humain, sans avoir de validation.

Elles comprennent (les plus intelligentes) la dure vérité, que ce qu’elles tenaient pour acquis n’est pas si acquis que ça, et dans cette situation, elles se trouvent manifestement désorientées et frustrées. Contrairement à l’homme moyen qui métabolise mieux le sacrifice auquel il est confronté, probablement grâce à l’aide de ces passe-temps pour lesquels les femmes n’ont pas beaucoup de temps, prises comme elles sont par l’intensité de leur vie.

Et en guise de réaction, elles pleurnichent et se plaignent tout le temps. En trois ans de page Facebook, je n’ai jamais pris autant d’insultes et de menaces que celles que m’ont jeté les différentes filles frustrées quand j’ai souligné leur contradiction entre dénigrer le manque de sexe chez les hommes et exagérer au-delà du possible quand cela les concerne, elles.

Elles disaient que le sexe n’était pas fondamental, mais maintenant que les rencontres avec les mecs sexy via Tinder sont reportées à des dates ultérieures, elles devraient se faire une raison et essayer d’être cohérentes pour une fois. 

Conte est le nouveau sex-symbol.

Un autre phénomène intéressant à noter est le nouvel engouement pour le président du Conseil Giuseppe Conte, qui est maintenant devenu une sorte de rock star avec des groupies.

Dans un article précédent, j’ai expliqué pourquoi Salvini plait aux femmes, même s’il n’est pas aussi beau que Conte.

Le charme de Conte était déjà reconnu à l’époque, mais dans la période post-coronavirus, il a connu une poussée remarquable (pour dire, la page Instagram « le bimbe di Giuseppe Conte » est passé de moins de 10 000 adeptes à plus de 300 000), à tel point que plusieurs utilisateurs ont jugé nécessaire que je leur donne une explication.

Le mot magique dans ce cas est « le statut ». Le rôle politique de Conte est toujours le même, mais cette crise sanitaire l’a placé au centre de l’attention.

La vie de 60 millions d’Italiens, comme jamais auparavant, dépend de ses décisions. Tout le monde attend de lui des informations, des assurances et des lignes de conduite à tenir.

Dans un climat d’incertitude et de peur, Conte représente la figure forte à laquelle la femme, de par sa nature même, a tendance à suivre.

Ajoutez à cela le fait que la fille moyenne, avant ce boom médiatique, ne savait même pas ce qu’était un premier ministre, et vous comprendrez mieux cette hystérie de masse.

Le féminisme indisponible.

Tout le monde se demande ce qui est arrivé aux féministes et aux divers progressistes. Leurs dernières nouvelles remontent à quand ils ont dit que le féminicide tue plus que le virus, quand ils ont nié l’existence du problème en invitant les Italiens à continuer à sortir et ne pas être infectés par le virus le plus dangereux, celui du racisme. 

Dès qu’il était clair pour tout le monde que le problème était grave et que ce n’était pas le moment de faire de la propagande bon marché, ils ont tous immédiatement disparu.

Avant, la télévision martelait sans cesse sur les féminicides, sur la discrimination et sur le racisme. Maintenant, tout à coup, allez savoir pourquoi, on n’en parle plus.

Serait-ce parce que, comme je l’ai toujours dit, certaines idéologies livrent des batailles insupportables qui ne peuvent trouver de l’écho que dans une société opulente et sans problèmes graves ?

Cela me semble être l’explication la plus plausible.

Le gouvernement féministe finlandais est aujourd’hui moqué, même dans le journal national le plus important, pour son incapacité à faire face au problème du coronavirus en raison du manque de leadership réel.

Une société féministe et progressiste n’est possible qu’en temps de paix et de prospérité. Dès qu’un problème grave arrive, le féminisme montre toutes ses limites. Il n’y a pas de féministes sur un bateau qui coule.

Plus personne ne veut écouter les conneries féministes ou gauchiste. Les femmes sont retournées nettoyer la maison et faire cuire des gâteaux comme dans les rêves les plus fous des nostalgiques du patriarcat.

En conclusion.

Le coronavirus a changé l’état d’esprit et le comportement des gens plus rapidement et de façon plus incisive qu’une révolution. Ce malheur nous montre que des changements radicaux peuvent avoir lieu dans n’importe quelle société et que le bien-être individuel ne peut être dissocié du bien-être collectif. J’espère que lorsque cela sera passé, nous serons tous un peu plus raisonnables.


Source : « Le Donne ai Tempi del Coronavirus » publié par Il Redpillatore le 25 mars 2020. 

Illustration : Anna Shvets.