L’homme trop mûr (VIII). Hiérarchiser les hommes.

Considérons la hiérarchie d’une tribu composée d’un grand nombre d’individus des deux sexes, en tenant compte de son hétérogénéité sexuelle. La première chose qui distingue fondamentalement la tribu de la famille, c’est que la tribu a une « partie tampon » assez puissante : il y a beaucoup d’hommes dans la tribu. Autrement dit, la perte d’un homme individuel n’est pas si dangereuse pour la survie de la tribu dans son ensemble, et elle n’affectera en aucune façon la reproduction, il y a toujours un inséminateur masculin. La deuxième chose qui distingue la tribu de la famille, c’est que la tribu est hétérogène. Il y a des gens forts et des gens faibles, il y en a qui sont stupides et d’autres qui sont intelligents, etc… Mais ce qui est beaucoup plus important pour la suite de notre histoire, c’est qu’il y a des membres de la tribu qui ont un rang élevé et d’autres qui sont d’un rang inférieur, il y a des membres qui ont une primauté sur d’autres, et d’autres qui n’ont aucune primauté sur qui que ce soit. 

Hiérarchie naturelle d’une tribu avec structures sexuelles.

La structure hiérarchique de la partie masculine est semblable à celle du troupeau – pyramidal. La position dans la pyramide hiérarchique (rang) est déterminée par la viabilité globale de l’individu. Dans une tribu, cette viabilité / vitalité est définie, comme dans un « troupeau humain », par le potentiel physique et l’agressivité de l’individu, ces qualités lui donneront sont rang. La pyramide est soutenue (se maintient) non seulement par la rigidité de la domination qui est exercée, mais pas aussi par la motivation de chacun, et par l’altruisme des couches inférieures. 

Au sommet de la pyramide du pouvoir se trouve le chef – le guerrier le plus agressif et le plus puissant. Il est plus agile que n’importe qui d’autre avec sa hache de pierre, on a donc beaucoup de mal à contester son autorité. Les psychologues appellent un tel homme « alpha ». Les éthologues qualifient cet homme « d’homme de haut rang ». En dessous du leader se trouvent les guerriers les plus puissants et les plus agressifs, avec un rang inférieur aux « gammas » de rang intermédiaire, mais ils ont une réelle chance de prendre la place du leader si quelque chose se passe. Encore plus bas – tout le reste, des « omégas » de bas rang, qui ne rêvent peut-être même pas de la place d’un leader, mais ils rêvent et s’efforcent de devenir des hommes de rangs moyens.

Les hommes de hauts rangs sont des meilleurs « proies ». Les femmes les adorent. Dès lors que nous considérerons ici les fondements biologiques de notre espèce ainsi que nos programmes comportementaux instinctifs, il sera plus logique et plus pratique d’utiliser maintenant la terminologie des éthologues (ceux qui étudient l’instinct animal).

Les signes qui indiquent un rang élevé dans la hiérarchie, selon Protopopov.

Haute estime de soi, tendance à avoir peu d’estime pour les autres

Foi dans sa propre infaillibilité, absence de doute.

Une grande préoccupation pour son propre confort, sa propre santé et sa propre sécurité.

Optimisme, confiance dans l’avenir.

Vantardise, complaisance (envers soi-même). 

Tendance à prendre des décisions rapidement, sans trop y réfléchir.

Capacité à agir indépendamment des opinions et des préoccupations des autres, asocialité

Inflexible.

Seuil de culpabilité élevé (il n’est pas facile pour un tel homme de se sentir coupable). 

A du mal à accepter la critique d’autrui, et a des difficultés avec l’autocritique.

Esprit de décision, entreprise, initiative, persévérance. 

Grandes ambitions professionnelles, sociales et « immobilières ».

Capacités d’organisation

Ouverture, impudeur, extraversion. 

Entêtement, obsession, à l’initiative de conflit, égoïsme.

Résilience aux conflits.

Succès sexuel.

Les signes qui indiquent un rang inférieur dans la hiérarchie, selon Protopopov.

Faible estime de soi, propension à former un complexe d’infériorité.

Capacité de tolérer les inconvénients, l’inconfort et des conditions de vie dangereuses

Une tendance au pessimisme et à la dépression ; incertitude face à l’avenir. 

Indécision, longue réflexion avant de prendre des décisions.

Dépendance à l’égard des opinions des autres, peur d’offenser quelqu’un, réflexivité

Timidité et faible seuil de culpabilité (le sentiment de culpabilité surgit à la moindre occasion). 

Prêt à se contenter de la situation actuelle, conformisme.

Manque de grandes ambitions professionnelles et « immobilières ».

Faible capacité organisationnelle.

Altruisme, abnégation, autocritique.

La tendance à s’incliner devant les autorités, à les croire ; religiosité.

Tendance à se fermer aux autres, introversion. 

Timidité, acquiescement à tout, modestie, respectueux des lois.

Sensibilité et scrupules. 

Échec sexuel.

Cette structure hiérarchique pyramidale est encore utilisée, par exemple, dans l’armée russe. Le rang d’un homme dans la hiérarchie est déterminé par certains signes visibles sur l’uniforme (l’épaule), et d’autres sont humilié artificiellement, torturés et privé de possibilité de sexe, afin de réduire les ambitions et de forcer à obéir. 

Les femmes sont, pour ainsi dire, un peu à l’écart, n’entrant pas clairement dans la hiérarchie masculine et ne formant pas clairement leur structure hiérarchique claire. Et en même temps, leur hiérarchie tourne autour de celle des hommes. Mais quand il faut créer un scandale auprès des hommes, elles s’unissent rapidement. La communauté féminine forme le noyau reproducteur de la tribu, elle est donc exceptionnellement unie. Et pas seulement psychologiquement, mais même physiologiquement. Dans les groupes de femmes, même l’ovulation est synchronisée. Et elles n’ont d’yeux que pour le chef et les guerriers les plus forts. Et aucune d’entre elle n’aime les hommes faibles. Il y a un sens biologique profond à cela. La progéniture doit être viable, donc le père doit être un homme fort et viable. Un homme faible et non viable ne doit pas se reproduire, même si on est dans un cas de figure dans lequel il existe un excès de femme. Par conséquent, dans de nombreuses cultures, y compris certaines cultures modernes, la polygamie est pratiquée. Un homme viable (et donc riche) a beaucoup de femmes et d’enfants. De nombreuses communautés animales sont organisées de la même façon. Les mâles forts ont des harems et les mâles faibles n’ont aucune chance de s’accoupler avec une femelle.

Tout est logique et rationnel d’un point de vue biologique. Tant que la tribu restait petite, tous les instincts des gens correspondaient exactement à leur objectif biologique et à leur mode de vie réel. Par conséquent, la majorité de la tribu était néanmoins des hommes forts et assez agressifs avec un potentiel élevé et un comportement contrôlé par ces instincts. En termes simples, ils ne pensaient pas vraiment au sens de la vie et à d’autres questions importantes, mais vivaient de manière simple. Ils faisaient ce qu’ils voulaient. Et ils voulaient ce que l’instinct dictait. Puisque les désirs et les émotions d’une personne ne sont que la manifestation des instincts qui contrôlent cette personne.

Les gens qui vivent selon leurs instincts, c’est-à-dire qui vivent selon leurs désirs et leurs émotions, sont appelés « hautement primitifs ». Ceux qui vivent selon leur esprit et leur mental sont « moins primitifs ».

Nous nous intéresserons maintenant particulièrement aux membres de haut rang de notre tribu. Les psychologues qualifient de tels hommes de « Beta ». Ce sont des hommes qui pensent plus avec leur tête qu’ils font confiance aux émotions. C’est soit un chaman, soit un chasseur habile qui préfère l’excitation de la chasse plutôt que de se battre pour la place du leader.

Il y avait peu de « moindre primitifs » de haut rang dans l’ancienne tribu, car l’instinct correspondait au mode de vie, et il était néanmoins plus rentable pour la personne ancienne d’être hautement primitive. En outre, le leader de haut rang modérément primitif n’aimait pas le leader de haut rang hautement primitif, parce que son instinct hiérarchique masculin le considérait comme un concurrent. Après tout, le chaman et le bon chasseur lucratif jouissaient d’une grande autorité parmi leurs camarades de tribu, avaient leurs propres opinions et intérêts, ce qui minait inévitablement l’autorité du chef et conduisait à des conflits avec lui. Mais tout comme le chaman et le chasseur sont très nécessaires au chef et qu’ils ne revendiquaient pas particulièrement sa place, le chef les tolérait, disons, « en petite quantité ». Et l’instinct féminin ne pouvait pas comprendre pourquoi ce type d’homme n’était pas comme tout le monde, alors elles ont considéré que la faible primauté de ces hommes signifiait que ces hommes étaient des hommes d’un rang inférieur. C’est-à-dire que toutes les femmes n’ont pas pu les aimer. Il y en avait peu dans la tribu primitive, très peu… Cependant, par la suite, avec l’élargissement de la société, le rôle des hommes « modérément primitifs » a fortement augmenté, ils se sont multipliés et ont formé la base de la civilisation. 

Tout cela est très important pour notre narration, le lecteur doit donc se souvenir de tous ces termes et de leur signification, au moins de manière simplifiée, car ces termes seront très souvent utilisés dans ce texte. En outre, il est impensable de comprendre davantage ce texte sans connaître ces termes :

Types masculins :

Dans le haut de la hiérarchie : confiant en lui-même, qui a du succès, autoritaire, et « cool ». 

Dans le bas de la hiérarchie : une mauviette, un « looser ». 

Homme hautement primitif ou très primitif : un homme ne vivant que selon ses émotions et ses désirs (instincts). 

Homme faiblement primitif, modérément primitif ou peu primitif : capable d’un comportement raisonnable, un homme capable de comparer ses émotions et ses désirs avec sa raison et son intellect. 

Le « potentiel de classement » : la capacité à devenir un homme de haut rang. 

Le milieu de gamme combine les qualités de « haut rang » et de « bas rang » dans différentes proportions. Forme transitoire. Lorsque ces hommes « du milieu » interagissent avec ceux de bas rang, ils se comportent comme ceux de haut rang. Et inversement. 

Maintenant, lisez les significations des termes au moins 5 fois pour mieux mieux vous en souvenir. C’est important. Et faites un signet sur cette page au cas où vous oubliez. J’ai promis de ne pas abuser de la terminologie scientifique. Mais sans ces concepts clés, il n’est pas possible de continuer (ma narration). C’est la base de la compréhension de la structure des sociétés humaines, de l’évolution, de l’histoire et des relations entre les sexes

Faisons tout de suite une réserve : peu importe le caractère primitif ou non d’une personne, elle ne sera jamais capable de supprimer complètement ses instincts à l’aide de sa raison. Seulement dans une certaine mesure. Les hommes très primitifs n’en sont pas capables du tout. En outre, les instincts peuvent désactiver la raison. On peut dire ensuite qu’une personne qui agit spontanément, dans un état d’affectivité extrême, qui est influencé par ses passions et ses émotions, est une personne stupide. Si l’instinct bloque les canaux de compréhension d’une personne, on dit de cette personne qu’elle est une personne stupide. Par exemple, un enfant très primitif peut ne pas percevoir les informations que souhaite lui transmettre l’enseignant, car l’instinct hiérarchique de l’enfant ne considère pas l’enseignant comme « assez autoritaire », comme étant de haut rang. Mais cela vaut la peine d’augmenter l’autorité de l’enseignant ou d’introduire des éléments du jeu dans l’apprentissage, car le verrou est retiré, et l’enfant commence à percevoir les informations normalement. Autrement dit, si vous prenez en compte le jeu des instincts, ils peuvent être contrôlés. Par exemple, le mental d’un homme dit à cet homme qu’il doit perdre du poids. Sauf que supprimer l’instinct alimentaire est quelque chose de très difficile. « Je veux manger ! ». Dans ce cas, vous devez implanter en vous un programme mental en vertu duquel vous devez perde du poids – pourquoi ? – afin de plaire aux belles jeunes femmes. Dans ce cas, un fort instinct sexuel va à l’encontre de l’instinct alimentaire. C’est pourquoi il est plus facile de perdre du poids. Ces méthodes sont utilisées par la psychologie et la psychothérapie. Si les instincts interagissent avec un esprit faible, c’est ce qu’on appelle la stupidité. Si les instincts interagissent avec une raison forte – c’est de l’émotion.

L’homme qui est haut placé dans la hiérarchie et qui est très primitif : 

Violent, sûr de lui-même, inculte, ingouvernable, dans un combat constant pour prouver qu’il a raison. 

Dans les temps anciens – le chef. De nos jours, c’est soit un alcoolique, soit un perdant, soit un bandit.

L’homme qui est haut placé dans la hiérarchie et qui est très peu primitif. 

Sûr de lui-même, a confiance en lui, intelligent, et fort. Dans les temps anciens – c’était soit un chaman soit un bon chasseur. 

De nos jours – un homme d’affaires prospère, un patron ou un spécialiste très bien payé.

L’homme qui se trouve en bas de la hiérarchie et qui est très primitif : 

Un perdant, un lâche et une ordure.

Un homme méprisable. En tout temps.

L’homme qui se trouve en bas de la hiérarchie et qui est peu primitif. 

Lâche et mauviette, mais qui est capable d’apprendre.

Dans le monde antique – nourriture pour les tigres. Dans le monde d’aujourd’hui – un petit commis à vie.

Ainsi, la petite tribu ancienne était principalement constituée d’individus hautement primitifs ayant un potentiel relativement élevé et guidés par des programmes comportementaux instinctifs innés, à la fois au niveau du troupeau humain et au niveau de la tribu, avec une paire de structures intérieures. Des « programmes instinctifs » se sont formés dans les conditions de vie d’une petite communauté de personnes entourées d’animaux sauvages, et correspondaient alors correctement aux mêmes conditions de vie des hommes à ce moment-là. Les principales différences entre l’ensemble des instincts humains du niveau de l’ancienne tribu et l’ensemble des instinct d’un troupeau d’animaux sont : l’apparition d’instincts altruistes faibles, d’éléments de moralité innée, de faible niveau de « primitivité », ainsi que des instincts d’interaction du mâle et de la femelle dans une paire stable : le couple. 

Tout ce qui est décrit ici, tous ces éléments se sont formés au cours de centaines de milliers d’années d’évolution de notre espèce et pendant des dizaines de milliers d’années d’évolution de notre espèce particulière d’homme, les éléments de comportement et les fondements des relations nécessaires à la survie humaine ont été génétiquement fixés sous la forme d’instincts innés. Il est peut-être difficile pour certain d’y croire, mais le biologiste énonce une vérité simple. 

Nous n’avons pas changé depuis.

Bien maintenant, les choses ont été un peu éclaircies et on commence à s’y retrouver. Et tout le reste est le même. C’est-à-dire que tout ce que nous venons d’examiner dans notre tribu d’ancêtres avec un tel intérêt, est implémenté dans notre instinct (programmes biologiques innés) à ce jour. Aujourd’hui, toute notre vie civilisée se compose de morceaux de ses programmes (de ces instincts), et le mental, l’intellect, l’esprit, ne servent qu’à corriger légèrement le travail fait par l’évolution. 

Il est important pour nous de comprendre encore une chose très importante :

Notre espèce s’est formée lorsque les gens vivaient dans de petites communautés. Famille, petite tribu. Autrement dit, nos instincts innés sont des programmes comportementaux qui sont censés être utilisés dans un milieu naturel composé d’une famille ou d’un petit groupe d’humains entourés d’animaux sauvages, dans un environnement dangereux, et avec un manque chronique de nourriture. Depuis lors, nous-mêmes et nos instincts n’avons pas changé, seules les conditions d’existence ont changé. Et nos instincts ne correspondent pas à nos conditions d’existence modifiées. En d’autres termes, les désirs et les émotions nous gouvernent comme si nous vivions dans un monde primitif, mais nous vivons actuellement au 21e siècle dans une civilisation développée.


Source : « Ранги мужчин ».

Auteur : Oleg Novoselov (Олег Новосёлов). Il est l’auteur du livre « Женщина. Учебник для мужчин ».