Les femmes au milieu des ruines (III).

Première partie.

Deuxième partie.


VII. Les aspects cohérents du minéisme. Idéologie et stratégie sexuelle. 

« Le pouvoir est amoral par nature ; pour l’acquérir, il faut évaluer les circonstances pour elles-mêmes et non d’un point de vue éthique. La quête du pouvoir est un jeu – on ne le répètera jamais assez –, et au jeu on ne juge pas l’adversaire à ses intentions mais à la portée de ses actes ».

Robert Greene[1].

En lisant ou en écoutant Solveig Minéo, dans sa défense du « féminisme occidentaliste », vous trouverez les expressions de « citoyennes libres » et de « liberté pour les femmes ». De même, dans les milieux masculinistes, on trouve des expressions telles que « la défense des droits des hommes » ou phrases équivalentes. On reconnaît là une façon de se placer au-dessus de la mêlée en affichant une vertu, des grands mots (« droits à »), un sens profond de la justice. Simple façade. En réalité, nous sommes tous avide de contrôle, de pouvoir. Nous cachons nos ambitions sous les oripeaux d’une prétendue supériorité morale ou d’une argumentation logique. Si vous observez avec attention, si vous lisez entre les lignes, si vous regardez le comportement, au lieu des intentions, vous verrez que ce sont ceux qui proclament les plus grands principes qui sont les plus habiles à la manipulation. Les féministes et les masculinistes ne font pas exception à cette règle. 

Soyons honnêtes : de même que le « masculinisme » est la façade idéologique ayant pour objet la promotion, la défense et la préservation de la stratégie sexuelle des hommes, le féminisme est la façade idéologique de promotion, de défense et de préservation de la stratégie sexuelle des femmes. De ce point de vue, il faut reconnaître que Solveig Minéo est une femme, qui se prétend féministe, et qui est parfaitement consciente de cela. Sa posture est cohérente : elle sait que le féminisme a pour objet et pour effet de créer une augmentation artificielle de la valeur de la femme moyenne et une diminution artificielle de la valeur de l’homme moyen. En tant que femme, il est donc dans son intérêt de promouvoir le féminisme, qui engendre mécaniquement une augmentation de la valeur des femmes. De même, en tant qu’homme, il est dans mon intérêt de défendre le masculinisme. 

Cela nous renvoie au principe machiavélien[2] n°9 : « (…) L’amour, les affaires, la politique, partout où il y a des intérêts concurrents, il y a un champ de bataille, et partout où il y a un champ de bataille, il y a une guerre ». Il faut concéder à Solveig Minéo que dans cette « guerre », elle défend correctement les intérêts féminins. Étudions un exemple :  

Exactement. En termes masculinistes, on dit que les hommes « sont les gardiens du couple » et que les femmes « sont les gardiennes du sexe ». C’est à la femme de décider si elle va coucher ou non avec un homme, mais c’est à l’homme de décider ensuite si une relation suivra. D’où le dilemme féminin : difficile de savoir si un partenaire potentiel est un homme « fiable » et « de valeur », d’autant que les hommes peuvent évidemment mentir : 

C’est une position cohérente : il est dans l’intérêt d’un homme de multiplier les conquêtes, sans se faire « mettre le grappin dessus »… et il est dans l’intérêt d’une femme de ne pas faire d’un tel homme sa priorité, alors que l’homme la considère justement comme secondaire. De mon côté, j’invite bien évidemment les hommes à multiplier les relations non-exclusives avec plusieurs femmes, jusqu’à l’âge de 35 ans environ. Aucune position n’est ici la bonne. La stratégie sexuelle des hommes et des femmes est antagonique[3] : pour qu’un homme puisse réussir sa stratégie sexuelle, une femme doit abandonner la sienne, et inversement[4]. Il est donc cohérent qu’une femme telle que Solveig Minéo défende et conseille les femmes. Nous sommes ici dans un domaine amoral. Il n’y a pas de « bien » ou de « mal », seulement un vainqueur et un vaincu. Solveig Minéo est parfaitement consciente de cela : 

J’apprécie cette logique de Solveig Minéo. Elle défend les intérêts de son sexe, et elle est consciente que les intérêts des femmes diffèrent de ceux des hommes. Je fais de même : c’est « fair play ». 

VIII. Critique constructive : pour une vision masculiniste du minéisme.

Selon Wikipédia[5], le féminisme « est un ensemble de mouvements et d’idées philosophiques qui partagent un but commun : définir, promouvoir et atteindre l’égalité politique, économique, culturelle, sociale et juridique entre les femmes et les hommes ». Le terme féminisme est donc un terme explétif à l’égalitarisme, qui existe déjà et se définit comme la « doctrine politique ou sociale préconisant l’égalité absolue entre les hommes[6] »[7].

Solveig Minéo et son public, principalement des femmes de la génération Y et Z, sont nées avec le féminisme. Cela fait partie intégrante de leur corpus idéologique, de leur vie quotidienne, de leur réalité personnelle et sociale (…et virtuelle). Le minéisme, en ce qu’il se revendique féministe, est un problème. Ces femmes sont fermement convaincues que les hommes et les femmes sont égaux, qu’ils peuvent accomplir les mêmes tâches et/ou les mêmes fonctions. L’égalité est un mythe, une représentation mentale, une fiction juridique. Si chacun, indépendamment de ce qu’il est, doit être l’égal des autres, alors ceux qui font mieux certaines choses que d’autres seront pénalisés. Traiter tout le monde de manière identique revient à ignorer les différences, à favoriser les moins doués et à accabler les meilleurs. Si les hommes et les femmes sont libres, ils ne sont pas égaux, et s’ils sont égaux, ils ne sont pas libres. En recherchant « l’égalité », Solveig Minéo applique en réalité une stratégie de recherche de pouvoir idéologique : récompenser les gens selon des critères qu’elle a elle-même définis. 

Le féminisme de troisième vague est un conditionnement, en vertu duquel les femmes apprennent ce « mantra » : « Ne jamais rien faire pour le plaisir d’un homme ». Ce conditionnement est fondé sur le féminisme des années 70 et sur le concept de « femme forte et indépendante ». Une femme n’a pas besoin d’un homme. Une femme est indépendante ? Indépendante de quoi ? Elle n’est dépendante d’aucun homme, voilà tout, et tout ce qu’elle pourrait faire pour plaire spécifiquement à un homme est contraire à cette indépendance. Plaire à un homme, c’est participer à sa propre « oppression » par le Patriarcat. Ce message « d’indépendance » est fortement implanté dans le psychisme des femmes des générations Y et Z depuis qu’elles ont 5 ans. Mesdemoiselles, comprenez ceci : 

Comprenez que vous avez été conditionnées à penser que les hommes et que leurs opinions ne doivent pas vous intéresser. Que vous avez été amenées à croire que les hommes doivent exister pour vous servir (car vous êtes intrinsèquement une victime) et qu’ils doivent se montrer reconnaissants si vous leur accorder votre attention. 

Comprenez que le féminisme vous amène à penser que l’expérience féminine est plus légitime que l’expérience masculine. 

Plus important encore, comprenez qu’il est normal est naturel d’avoir envie de faire quelque chose pour le plaisir d’un homme. Il est normal d’apprécier le masculin pour ce qu’il est

Bien sûr, il est normal pour ces femmes d’évaluer les mérites des hommes. Il ne faut pas abandonner l’hypergamie naturelle (substrat biologique), en revanche, il est dans l’intérêt des femmes des générations Y et Z de désapprendre l’orgueil et de voir les réseaux-sociaux pour ce qu’ils sont : un outil d’hyperinflation de l’Ego féminin. Mais surtout, désapprendre la fierté de l’indépendance à l’égard des hommes. 

Il faut que les jeunes femmes des générations Y et Z comprennent que la connexion avec les hommes ne peut se faire que si elles apprécient les hommes comme un complément masculin à leur nature féminine. Une femme n’est pas l’égale d’un homme, elle est son complément. Il est vraiment difficile pour les femmes d’abandonner ce fantasme d’indépendance, en particulier quand elles vivent à une époque où les hommes sont dépeints comme viles, stupides, indignes de confiance et « dépendants » de la puissance des femmes pour les sauver d’eux-mêmes, souvenez-vous : « Aider les femmes occidentales à se libérer du joug de la misogynie réactionnaire importée autant que de la misogynie autochtone »…

Pourquoi les femmes résistent-elles au masculinisme ? Parce qu’en cherchant à compléter un homme plutôt qu’en s’en détachant de lui, les femmes doivent s’investir émotionnellement dans un homme qui peut être malhonnête. La peur existentielle d’une femme, c’est de s’investir dans un homme (et sa progéniture) qui a trompé ses filtres hypergames, en lui faisant croire qu’il était un homme Alpha[8] alors qu’il était un homme Beta. En renversant les idées du féminisme, les masculinistes suggèrent aux femmes de laisser tomber les désirs d’indépendance et d’égalité, et de s’aventurer dans le domaine de la complémentarité des sexes, pour une femme, ce discours s’apparente à une invitation à ignorer ses instincts hypergames. Ce n’est pas le cas : la biologie ne peut être modifiée, en revanche, l’idéologie, oui. 

Mais il y a plus grave que cela, les femmes des générations Y et Z peuvent être amenées à croire qu’hommes et femmes peuvent avoir la même sexualité. Et ça, c’est faux.

En effet, la sexualité masculine est hypogame : la stratégie sexuelle d’un homme, c’est un accès illimité à une sexualité illimitée. Avec le plus grand nombre de femmes possibles. C’est d’ailleurs ce qui énerve souvent Solveig Minéo sur Twitter, car elle indique que les hommes sont des xénophiles. Et oui, Solveig, la nature des hommes blancs, c’est de vouloir baiser, y compris des femmes non-blanches. C’est de la biologie, et le féminisme blanc (idéologie) ne peut empêcher cela. Souvenez-vous : la biologie précède la culture, la culture précède l’idéologie, et vous ne pouvez modifier la biologie avec de l’idéologie. 

Il est important pour ces jeunes femmes, de bien comprendre les enjeux de leur sexualité, car justement, les femmes des générations Y et Z sont encore… jeunes… et la jeunesse (principal atout d’une femme envers le sexe opposé) ne dure pas. Le temps presse ! 

Reprenons les bases du concept de « valeur sexuelle » : 

VMS Selon Rollo Tomassi (The Rational Male).

La valeur sexuelle (ou valeur sur le marché sexuel – VMS) correspond au degré de désirabilité que vous représentez pour l’autre sexe, noté de 1 (pas attirant) à 10 (très attirant). La VMS des hommes et des femmes diffère fondamentalement au cours d’une vie. Une femme de 15 ans commence à 5, et atteint rapidement son sommet de désirabilité à 23 ans (10/10) et redescend tout aussi rapidement. Un homme, lui, connaitra une lente montée jusqu’à son sommet, vers 36 ans, avant de connaître lui aussi un inévitable déclin. Ce qu’il est essentiel de retenir ici, c’est que la valeur des femmes et celle des hommes ne coïncident pas. En matière de séduction, les femmes jouent un contre-la-montre, les hommes ont tout leur temps. Une belle jeune femme, courtisée par de nombreux hommes, pense naturellement que cette situation va durer, rien n’est plus faux. 

Les femmes des générations Y et Z, féministes ou non, minéistes ou non, doivent comprendre ces réalités. Pour certaines femmes de la génération Y, il est déjà trop tard. Une femme née en 1985 a connu son sommet de séduction en 2008, et si elle n’a pas su capitaliser sur cela pour attirer un homme, ce n’est plus maintenant, à 35 ans et une valeur de 2,5/10…qu’elle va attirer quelqu’un. Il reste encore une chance pour les femmes nées en fin de génération Y. Ainsi, une femme née en 1995 fête cette année ses 25 ans, un moment idéal pour attirer un partenaire. Contrairement à ce que dit Solveig Minéo, il est temps de « se caser au plus vite ». 

Les femmes de la génération Z ont davantage de temps, elles vivent encore dans la douce illusion que leur temps leur appartient. Non : le temps appartient aux hommes

IX.      Solveig contre les masculinistes : de la stratégie de « l’homme de paille » à la rhétorique de « l’Épouvantail ».

Intéressons-nous maintenant à l’attitude rhétorique et idéologique de Solveig Minéo en ce qui concerne celles et ceux qui sont en désaccord avec elle. Il est inévitable, pour une féministe qui affiche ses opinions sur internet, de rencontrer d’autres personnes qui sont en désaccord, qu’ils soient masculinistes ou non. 

La stratégie de l’isolement.

La première remarque qu’il est possible de formuler, c’est que la liberté d’expression n’est pas le principe cardinal de Solveig Minéo. En effet, la liberté d’expression implique… la liberté de s’exprimer… L’attitude de Solveig Minéo consiste à « bloquer » tout contradicteur ou sympathisant masculiniste. Stratégie volontaire et assumée. Volonté de ne pas perdre son temps, de ne pas s’énerver, de ne pas se faire insulter, de ne pas chercher à convaincre quelqu’un qui ne sera jamais du même avis, de ne pas être victime de harcèlement, de ne pas passer son temps à répondre à des contradicteurs, ou de ne pas perdre du temps à polémiquer constamment. Toutefois, cette stratégie de l’isolement comporte des dangers. Solveig Minéo se prive d’informations importantes, d’actualités, de nouvelles idées ou de nouveaux concepts : en évitant les multiples interactions avec de nouvelles personnes, contradicteurs ou non, on s’isole. Or, l’isolement est la mort de la création

La stratégie de « l’homme de paille ».

Créer un homme de paille, c’est décrire la position adverse de façon erronée, déformée ou imparfaite, afin de le réfuter plus facilement. Comment Solveig Minéo applique-t-telle cette stratégie ? 

Lorsque vous consultez son compte Twitter, et que vous recherchez les tweets mentionnant les « masculinistes », « Incel » ou « MGTOW » ou « communiste sexuel » (?), vous pouvez observer deux choses : d’une part, ces termes sont utilisés comme synonymes. Or, seuls peuvent être synonymes des termes qui ont un sens identique ou très voisin. D’autre part, et c’est le plus grave, il n’y a JAMAIS aucune désignation. J’ai cherché par mots-clefs, Solveig Minéo n’a jamais mentionné à qui ou à quoi elle faisait référence. Elle n’a jamais cité un seul des trois pères fondateurs du masculinisme, aucun blog, aucun nom, aucun auteur, aucune source, aucun forum, aucun youtubeur de la manosphère. Ainsi, il est impossible de savoir si elle décrit correctement la position adverse, ou si elle l’a inventé elle-même

Quels « gros comptes » exactement ? On ne sait pas. 
Quelle « sphère mascu » exactement ? On ne sait pas. 
Peut-on savoir qui sont les « mascus du net » ? Pas de source. 
Quel « Mascus » a dit cela exactement ? On ne sait pas. 
« Les mascus », qui parlent du privilège féminin, qui sont-ils ? Dans quel article ? Là encore, je ne peux trouver l’information. 

Ces exemples montrent la grande force de Solveig Minéo. En ne citant jamais ses sources, elle peut faire dire ce qu’elle veut à un « Mascu », afin de réfuter la prétendue argumentation. Il est impossible de savoir si elle présente une vision correcte du masculinisme, ou si elle le déforme. 

La rhétorique de « l’Épouvantail ».

Quand Solveig Minéo ne passe pas son temps à créer un « masculiniste de paille », elle fabrique carrément un concept masculiniste ex nihilo : la « White Charia ». C’est l’épouvantail ultime, le golem, le joker.

La « White Charia » n’a jamais été, et n’est pas un concept masculiniste. Cette vidéo ci-après (anglais) résume la véritable position masculiniste sur le sujet : 


Quatrième partie.


Illustration : Michel Caicedo.

[1] Les 48 lois du pouvoir.

[2] Principes machiévéliens.

[3] Sur ce point, consultez « Sperm Wars : les secrets de nos comportements amoureux » de Robin Baker.

[4] Sur cette question, consultez les articles de l’un des trois « pères fondateurs » du masculinisme : Rollo Tomassi. 

[5] Page Wikipédia sur le féminisme.

[6] Le terme « homme » correspond ici à l’être humain en général, et ne renvoie pas spécifiquement à l’Homo Sapiens mâle. 

[7] Dictionnaire de l’académie française.

[8] Sur le concept d’homme Alpha, consultez deux articles du blog impératif, en cliquant ici et ici