Les femmes au milieu des ruines (I).

Enquête sur Solveig Minéo.

Plan. 

  1. Introduction.
  2. Le « féminisme occidentaliste ».
  3. Un féminisme « de droite » ? 
  4. Un féminisme « blanc » ? 
  5. « Féminisme » ou « Minéisme » ? 
  6. Le minéisme : une confusion entre la biologie, la culture et l’idéologie ?   
  7. Les aspects cohérents du minéisme. Idéologie et stratégie sexuelle.
  8. Critique constructive : une vision masculiniste du minéisme. 
  9. Solveig contre les masculinistes : de la stratégie de « l’homme de paille » à la rhétorique de « l’Épouvantail ». 
  10. Conclusion. Le paradoxe Minéo. 
  11. Droit de réponse.

Annexe 1. La querelle catholique. 

Annexe 2. Le communisme sexuel. 


  1. Introduction.

Lorsque j’écris sur Les Trois Étendards, je suis anonyme. Je m’efface devant mon contenu. Je m’intéresse aux idées, aux concepts, aux représentations, aux théories ou aux opinions, mais les personnalités, les individualités, les personnes, m’indiffèrent. Je fais cette distinction, parce que je pense que mes lecteurs s’intéressent eux-aussi aux idées plutôt qu’aux commérages, ces catégories de publications qui traitent de la vie privée. 

J’applique ici ce principe : je ne traiterai pas de Solveig Minéo en tant que personne (vie privée et familiale, vie sociale et professionnelle). Je n’analyserai ici que ses idées, ses concepts, ses représentations, ses théories et opinions. Cet article est ainsi une enquête sur les idées de Solveig Minéo, plutôt qu’une enquête « sur » elle. 

A cette fin, je ne prends en compte que les sources utiles (solveigmineo.combellica.fr, Comptes TwitterYoutube et Facebook), rejetant les sources non-pertinentes (tel que son compte Instagram par exemple, qui n’est qu’un réseau social de partage de photos / vidéos, ce qui n’a aucun intérêt ici). J’ai conscience qu’un même compte peut servir à la fois à Solveig Minéo pour mener sa vie sociale virtuelle et pour présenter des idées. Dans ces cas de figure, je m’efforcerai de distinguer entre ce qui est pertinent et ce qui ne l’est pas. L’exercice est difficile, c’est pourquoi je laisse à l’intéressée un « droit de réponse ».

Une grande partie (≃ 40 %) du contenu disponible sur Les Trois Étendards consiste en traduction d’articles masculinistes. Ces travaux me conduisent souvent à explorer des sujets connexes, notamment féministes. C’est dans ce cadre que je me suis intéressé aux idées de Solveig Minéo. Une blogeuse qui semble disposer d’une audience disproportionnée par rapport à son contenu. Elle dispose de plus de 13 000 abonnés sur twitter et 15 000 sur Facebook, pour seulement quelques articles, et une dizaine de vidéos et de podcasts (« Radio Chaton »). Il m’est donc apparu qu’il y avait là quelque chose d’intéressant

Ce quelque chose, ce je-ne-sais-quoi, c’est le « féminisme de droite », « féminisme occidentaliste » ou « féminisme blanc ». Selon les propres mots de l’intéressée[1] : « Le féminisme blanc ou occidentaliste – ce sont des synonymes – repose sur la reconnaissance du rôle de la civilisation occidentale toute entière dans l’éclosion du féminisme. Le féminisme n’est pas seulement né des luttes féministes, il est né parce que la civilisation occidentale a réuni un certain nombre de conditions d’existence du féminisme. Il n’y a pas de citoyennes libres là où il n’y a pas de citoyens libres. Il n’y a pas de liberté pour les femmes là où l’emprise des religieux est partout. Une femme ne dispose pas pleinement de son corps sans la médecine moderne. Une femme ne peut pas vraiment être indépendante sans la prospérité économique et les commodités apportées par le capitalisme né en Occident. Le féminisme n’existe pas là où il n’y a pas d’eau courante. C’est l’Occident qui a été le plus grand moteur de la démocratie, des libertés individuelles, de la sécularisation, des progrès de la médecine, d’une abondance matérielle et d’un confort de vie inédits dans l’histoire. Bref, c’est l’Occident qui a rendu le féminisme possible. Bien sûr, il y a toujours eu des formes d’entraide féminine voire de proto-féminisme, mais le féminisme, qui en est la version organisée, consciente et rationalisée, est une création de l’Occident capitaliste moderne ». 

Parce qu’il faut bien commencer notre analyse quelque part, cette (longue) citation, datée d’avril 2019, nous servira de point de départ. Je pense en effet qu’il y là des thèmes qui doivent intéresser les jeunes européens et les jeunes européennes des générations « Y » et « Z »[2] : le féminisme, la civilisation occidentale, la citoyenneté et la liberté, la religion, la science, l’économie, l’histoire et le capitalisme. Je considère que ce sont des sujets très intéressants, qui doivent nous amener à réfléchir sur les relations qui doivent s’établir, dans toute civilisation, entre l’homme et la femme. 

II.        Le « féminisme occidentaliste ». 

Dans la tradition occidentale, le principe surnaturel est « mâle », et le principe de la nature et du devenir est « femelle ». En termes grecs, ce qui est masculin est « Un » (qui est « en soi-même », complet et suffisant) et ce qui est féminin est « Dyade » (qui est « autre que soi », désir et mouvement). L’esprit impassible est masculin, tandis que l’esprit féminin est la matrice active de toute forme conditionnée. Les asiatiques ont des idées équivalentes, puisqu’ils considèrent, dans la dualité du Yang et du Yin, que le Yang est masculin (la « vertu du ciel ») et que le Yin est féminin (la « vertu de la terre »)[3].

De ce point de vue, les deux principes s’opposent en apparence l’un à l’autre. L’humanité se trouve divisée dès la naissance : le fait qu’on s’éveille à soi-même dans ou corps masculin ou dans un corps féminin détermine la totalité de notre expérience d’être vivant. La différence physique n’est que le miroir d’une différence spirituelle. Nous naissons physiquement homme ou femme parce qu’on l’est déjà transcendentalement, l’appartenance à un sexe ou à l’autre n’est pas insignifiant, c’est le signe révélateur d’une voie, d’un « Dharma » distinct. 

Ainsi, la façon d’être de l’homme se caractérise, en Occident, par la voie de l’action et de la contemplation : l’homme est un Guerrier et un Ascète. De même, la façon d’être de la femme se caractérise, en Occident, par la voie de l’action et de la contemplation : la femme est une Amante et une Mère. C’est pour cela que les deux principes masculins et féminins ne s’opposent qu’en apparence seulement. En réalité, ils se complètent : héroïsme actif et héroïsme passif, affirmation absolue et dévouement absolu. En Occident, l’homme et la femme ne peuvent pas s’accomplir de la même manière. L’homme se réalise dans l’action pure (le Guerrier) ou le détachement total (l’Ascète), tandis que la femme se réalise dans le don total à un autre être, soit l’homme aimé (l’Amante, dite « femme aphrodisienne »), soit le fils (la Mère, dite « femme démétrienne »). 

Ces considérations préliminaires permettent de comprendre qu’en Occident, la femme ne peut se réaliser que de manière médiate, à travers la relation avec l’autre, avec l’homme. Dans l’Empire Romain, la femme n’était pas « l’égale » de l’homme, elle était considérée (juridiquement) comme la « fille de son mari » et la « sœur de ses propres fils ». La jeune fille non-mariée était sous la potestas de son père. Cette conception, loin d’être une injustice ou un abus de pouvoir, comme le pensent les féministes, était en réalité une limite qui permettait d’aider les femmes à réaliser la seule voie spirituelle conforme à la vraie nature féminine. On comprend mal, dès lors, et c’est la première erreur idéologique de Solveig Minéo, comment elle a pu inventer ce concept de « féminisme occidentaliste ». 

Reprenons la déclaration de Solveig Minéo : « Le féminisme n’est pas seulement né des luttes féministes, il est né parce que la civilisation occidentale a réuni un certain nombre de conditions d’existence du féminisme » ; « le féminisme (…) est une création de l’Occident capitaliste moderne ».

Dans « Révolte contre le monde moderne », Julius Evola écrit : « Dans une société qui ne connaît plus ni l’Ascète, ni le Guerrier, dans une société où les mains des derniers aristocrates semblent faites davantage pour les raquettes de tennis ou les shakers de cocktails que pour l’épée ou le sceptre, dans une société où le type de l’homme viril, quand il ne s’identifie pas à la larve blafarde de l’« intellectuel » et du « professeur », au fantoche narcissiste de l’ « artiste » ou à la petite machine affairée et malpropre du banquier et du politicien, est représentée par le boxeur ou l’acteur de cinéma – dans une telle société, il était naturel que même la femme se levât et revendiquât pour elle aussi une « personnalité » et une liberté au sens anarchique et individualiste de l’époque actuelle ».

Solveig Minéo se réjouit que la civilisation occidentale ait engendré le féminisme, mais c’est là un exemple de raisonnement à l’envers. Le fait que le féminisme ait été engendré par la civilisation occidentale moderne prouve par-là que le féminisme est davantage le produit du Kali-Yuga que le produit de l’Occident[4].  

Le féminisme, tel qu’il est pensé par la civilisation occidentale moderne, est une défaite déguisée en victoire. La femme désire la « liberté », « l’indépendance », mais de quoi s’agit-il exactement ? Qu’est-ce que Solveig Minéo propose aux femmes via le féminisme ? Elle leur propose d’imiter les hommes, elle propose aux femmes d’être impuissantes à être des femmes. Par une sorte de renversement des valeurs, la femme moderne s’imagine qu’elle est traitée en inférieure si elle est traitée comme une femme, elle en va même à s’indigner d’être traitée uniquement en tant que femme. Le féminisme moderne encourage les femmes à se mesurer aux hommes. Le féminisme encourage les femmes à nier leur vocation naturelle et les invite à démontrer qu’elles peuvent posséder les facultés et les talents de l’autre sexe. Pour quel résultat ? Pour créer des femmes moins féminines, des femmes sans féminité. Le « féminisme occidentaliste » a pour effet d’amoindrir les possibilités naturelles des femmes, d’effacer leur intériorité spécifique.

En réalité, l’Europe encourage l’idéal féminin de la pureté de l’offrande, de la fidélité qui donne tout et ne demande rien, de l’amour qui est assez fort pour n’avoir pas besoin d’être exclusif. Encore une fois, la femme se réalise dans le don total à un autre être, à l’homme aimé (l’Amante), ou au fils (la Mère). Or, en encourageant les femmes à devenir féministe, Solveig Minéo les encourage à s’approprier et à appliquer le pire de la nature masculine :  la possession, le droit sur l’autre et l’orgueil du Moi. La femme qui souhaite garder un homme pour elle toute seule, finit par désirer toujours plus d’hommes, de nombreux hommes (hypergamie). Or, l’hypergamie féminine n’est jamais satisfaite (loi de Briffault), l’égocentrisme de la femme augmente, et à terme, ce ne seront plus les hommes qui l’intéresseront, mais seulement ce que les hommes peuvent offrir pour satisfaire son plaisir ou sa vanité. 

C’est ici qu’une femme, qui se conforme au modèle féministe de Solveig Minéo, risque de tomber dans le piège moderne de la déféminisation. Le féminisme engendre des femmes centrées sur elles-mêmes, incapable de tout amour au-delà d’elles-mêmes, et peut-être même incapables d’être sensuelles[5], tant elles sont centrées sur le culte narcissique de leur propre « moi », de leur propre visage, de leur propre corps. Pour preuve, l’utilisation par les femmes des réseaux sociaux pour prendre des centaines de photo de soi-même, et s’exhiber (habillée ou non). Solveig Minéo illustre d’ailleurs elle-même ce phénomène, en ce qu’elle poste des dizaines de photo d’elle-même sur son compte Instagram[6].

Ce phénomène « Instagram » est révélateur de cette « émancipation féministe ». La femme occidentale se donne elle-même, elle ne vit pas pour elle-même, elle veut être toute entière pour un autre être avec simplicité et pureté, et c’est là son héroïsme. Le don total à un autre être est d’ailleurs un héroïsme supérieur à l’héroïsme masculin. 

Il est, selon moi, incorrect d’accoler ensemble les termes « féminisme » et « Occident ». En effet, la tradition occidentale encourage les hommes et les femmes à exprimer chacun leur nature propre. Celui qui naît homme doit se réaliser en tant que tel, celle qui naît femme doit aussi se réaliser en tant que telle. Dans le domaine spirituel, homme et femme doivent avoir, chacun, leur voie propre. En proposant aux femmes d’adopter une modalité d’existence masculine, Solveig Minéo adopte une vision de l’Occident dans lequel la civilisation européenne ne repose plus sur l’intérêt intellectuel ou spirituel, sur l’héroïsme masculin et féminin, ou sur l’expression supérieure de l’affectivité, mais sur l’intérêt infra-personnel déterminé par les stratégies sexuelles, sur fond de luttes sociales et économiques (le thème des inégalités salariales étant, par exemple, un thème récurrent du féminisme). 

III.      Un féminisme « de droite » ?  

L’expression « féminisme de droite » est toute aussi confuse que l’expression « féminisme occidentaliste ». A ce propos, je retranscris ici entièrement l’argumentation de Mos Majorum : 

« Il existe en ce bas monde bien des curiosités et des paradoxes, l’une de ces curiosités c’est l’auto-proclamé « féminisme de droite ». Précisons : pas le fait que des femmes de droite se disent féministes, ou que des féministes se disent de droite, non, le fait qu’il existerait une mystérieuse idéologie cachée qui serait un féminisme de droite.

La droite, si j’en crois Alain de Benoist, se caractérise en particulier par une approche privilégiant la liberté à l’égalité. D’autres notent également que la droite privilégie le mérite et l’égalité des chances plutôt que l’égalité de résultats. Ce point que je soulève suffit à lui seul à critiquer la notion de féminisme de droite. 

En effet le féminisme, quel que soit sa « vague », part du constat qu’il existe une inégalité et l’interprète comme une injustice. Cette interprétation est de gauche par essence. La droite hausserait les épaules et dirait que les différences sont simplement liées au mérite des individus. La droite (…) considère que chaque individu doit avoir les mêmes droits et les mêmes chances, mais que les plus méritants, les plus talentueux, les plus travailleurs, se distingueront d’eux-mêmes sans le secours de l’État. La droite considère que si vous échouez ou si vous réussissez, c’est de votre faute (…), c’est d’ailleurs pour cette raison que la droite a une approche étatique beaucoup moins interventionniste en général dans l’économie et le social, là où la gauche considère que l’État a une responsabilité dans l’organisation de la justice sociale, la droite considère qu’elle découle des mérites individuels (…). 

Il m’est arrivé d’entendre il n’y a pas si longtemps des féministes légalistes de droite éprises de « minarchisme » (…) s’épanchant largement sur la chose masculine. Commençons par le commencement : j’ai déjà expliqué dans une vidéo la différence entre égalité de droits et de résultats et (j’ai) dit que, depuis 50 ans (…), le féminisme cherchait l’égalité de résultats. L’égalité de droit est atteinte, donc le féminisme légaliste aujourd’hui n’a plus de raison d’être. (…)

Pour ce qui est de l’égalité de résultats, la seule égalité qui intéresse le féminisme contemporain, j’ai déjà largement expliqué pourquoi elle était contradictoire avec la pensée de droite. Si vous attendez que l’État établisse une égalité réelle c’est que vous êtes de gauche, idéologiquement. Ce n’est ni bien, ni mal, moi ça ne me dérange pas que vous soyez de gauche, mais ça contredit un peu le concept de féminisme de droite, vous admettrez. Et c’est la même chose pour le minarchisme, c’est l’exact opposé de ce que le féminisme fait depuis sa création. Pour ceux qui ne sont pas familiers avec le concept de minarchisme c’est une idéologie visant à la réduction du rôle de l’État dans un pays. (…). 

Le féminisme, depuis le départ, a besoin de l’État. (…) Il y a trois entités : les hommes, les femmes et l’État, qui sont dans un cycle, dans un triangle « bourreau-victime-sauveur », si les féministes réduisent le poids de l’État, elles réduisent aussi leur égalité réelle. Sans l’État, les femmes devraient simplement trouver un accord avec les hommes directement, ce qui serait, vous l’admettrez, assez délicat. Interrogez-vous : quelles sont les victoires féministes notables qui n’impliquent pas une contribution de l’État ? La législation, à l’évidence, est liée à l’État, mais même une chose aussi anecdotique que l’écriture inclusive, et qui, vous l’admettrez avec moi, ne sert pas vraiment la cause des femmes, est liée à l’État parce qu’elle traine dans des cartons de ministères depuis des décennies. Tout le combat culturel, dans les médias, le cinéma, l’éducation nationale, est un combat aidé par l’État, en partie via des subventions ou des directives. Tout le combat pour la parité, la discrimination positive, les quotas dans les entreprises, la présence des femmes dans les comités de direction, la représentation des femmes à l’assemblée ou en politique, la formation au sexisme, tout est lié plus ou moins directement à l’État. Le féminisme, depuis 50 ans, s’appuie sur l’État, il n’est pas minarchique, et il n’est pas de droite, point.

Et ce n’est pas non plus, contrairement à ce que j’ai pu entendre, parce que la gauche a envahi le féminisme. Prétendre ceci, ce serait inverser les causes et les conséquences, revenons un peu en arrière, avant l’égalité législative entre hommes et femmes, femmes de droite et femmes de gauche avait un objectif commun : l’égalité de droit. Cette égalité-ci est apolitique, c’est le plus petit dénominateur commun pour des femmes qui veulent défendre la condition de la femme, sauf que quand elle est atteinte, normalement, les chemins se séparent. Les féministes qui se considèrent de droite politiquement, doivent fêter ça et considérer que la mission est accomplie. 

Les féministes qui se considère de gauche continuent seules à demander plus d’égalité de résultats, parce que ça fait cohérence avec la pensée de gauche. Le problème n’est pas que des femmes de gauche ont envahi le féminisme, mais que le féminisme est devenu un combat de gauche, parce que demander l’égalité de résultats c’est une approche de gauche. Se prétendre « féministe de droite » tout en se lamentant que le féminisme est devenu de gauche, c’est non seulement montrer son incompréhension profonde de la chose politique, mais aussi montrer qu’on est intrinsèquement de gauche soi-même et qu’on ne le sait même pas, ce qui est un peu inquiétant.

D’ailleurs, depuis le temps que j’entends parler d’un mystérieux féminisme de droite, j’attends toujours qu’on me propose une vision, des références de pensées sur le sujet, ou même un plan concret et cohérente, pour permettre de donner un cap pour le féminisme de droite. Un féminisme de droite authentique, s’il existait, s’acharnerait probablement à déconstruire le concept d’égalité de résultats pour dire que, puisque hommes et femmes sont égaux en droits, leur seul mérite personnel suffit. 

Un féminisme de droite a tendance minarchique délaisserait aussi toutes les questions qui relèvent des choix personnels, je vais vous prendre un exemple : la contraception. On arrêterait par exemple de rembourser les actes médicaux associés, et on supprimerait toute structure d’État liée à la chose, comme par exemple le planning familial. Or c’est à peu près le contraire de ce que professent celles qui se revendiquent du féminisme de droite, parce que le confort des aides d’État n’est pas si mal quand on en profite. (…).

Le féminisme de droite ne passe pas… ça vous reste en travers de la gorge… on hésite sur ses intentions… est-ce que c’est une astuce pour ramener plus de femmes vers une tendance politique où elles sont peu nombreuses ? Est-ce que c’est l’œuvre de bourgeoise désœuvrées qui n’ont qu’une compréhension superficielle des notions politiques ? Est-ce que c’est une tentative de copies du féminisme standard façon « nous aussi on peut le faire », parce qu’on définitive on ne comprend pas très bien les intentions du féminisme de droite mais il se résume un changement de packaging du féminisme ambiant, avec quelques ajouts de circonstance, on parle un peu plus d’immigration et un peu moins de « LGBT », mais le fond est toujours le même et il est toujours aussi indigeste ». 

« Mos Majorum », le 20 mars 2019.


 Deuxième partie.

Troisième partie.

Quatrième partie.


Illustration : Michel Caicedo.

[1] Solveig Mineo : « Les libertés des femmes occidentales sont menacées par le remplacement ethnique des peuples occidentaux » [Interview].

[2] La génération Y regroupe l’ensemble des personnes nées entre le début des années 80 et la fin des années 90. Le consensus se trouvant sur 1981 comme année de début et 1996 comme année de fin (source). La génération Z regroupe les personnes nées à partir de 1997 (source).

[3] Pour d’autres références métaphysiques et mythiques, consultez « Métaphysique du sexe » de Julius Evola

[4] Il ne faut pas confondre l’Occident, comme pôle métaphysique, civilisationnel et culturel, avec l’Occident moderne, civilisation basée uniquement sur le progrès technique et tourné essentiellement vers le matériel. Consultez « La crise du monde moderne » et « Le règne de la quantité et les signes des temps », de René Guénon

[5] Selon des statistiques faites sur une base médicale (C. FREED et W.S. KROGER), 75% des jeunes filles nord-américaines seraient « sexuellement anesthésiées » et leur « libido » serait axée principalement dans le sens du narcissisme exhibitionniste.

[6] Compte Instagram de Solveig Minéo. Je précise ici qu’il ne m’appartient pas de commenter les photos elles-mêmes, en ce qu’elles relèvent de la vie sociale de Solveig. Je constate seulement qu’elle poste de nombreuses photos d’elle-même.