Qui se cache derrière les trois étendards ?

Chers lecteurs, 

Je pense à vous. 

Je pense à vous quand j’écris. Nul ne peut savoir comment son travail sera reçu. Je ne connais pas votre état d’esprit, ni vos pensées, quand vous me lisez. Il y a un caractère solitaire derrière l’écriture. Et il y a un caractère solitaire derrière la lecture. Et pourtant, même si je suis seul quand j’écris, et que vous êtes seul quand vous lisez ce blog, nous communiquons, vous et moi. Un lien s’établit entre nous. Ce lien, c’est le pouvoir de la littérature. Je respecte religieusement ce pouvoir. Sarasvatî, la déesse de la connaissance, de l’éloquence, de la sagesse et des arts, récompense, je l’espère, ses plus fervents adorateurs.

J’espère que vous aussi, vous ressentez ce lien qui s’établit entre nous, sous les auspices de Sarasvatî. Lorsque j’écris, je pense et je traduis mes pensées en mots. J’ai écrit les mots que vous êtes actuellement en train de lire, c’est-à-dire que vous les prononcez mentalement et que vous les « entendez à l’intérieur de votre tête », je suis donc en ce moment même « derrière » vos yeux, dans votre esprit. Je suis avec vous. De même, lorsque vous m’écrivez un commentaire, le même processus est à l’œuvre, vous écrivez des mots que « j’entends » dans ma tête : vous êtes avec moi. Nous venons de faire connaissance. Sachez que l’honneur est pour moi, et que je suis enchanté que vous me lisiez. Notre « union » souligne l’idée indo-aryenne (et européenne) que la connaissance est la condition de la création

Permettez-moi de vous expliquer ce que vous faites-là, à me lire, que je vous explique ce que je souhaite transmettre, que je vous explique ce que je souhaite recevoir de vous, à travers les trois étendards

Je suis un homme blanc d’une trentaine d’année. Je vis en France. Je ressens depuis plusieurs années un malaise grandissant parmi les hommes blancs et les femmes blanches d’Europe. Je souhaite évoquer ce malaise. 

Nous autres, européens, nous éprouvons une grande lassitude. Nous ne sommes pas passionnés par nos emplois et nous cherchons des distractions. Nous sommes coincés dans une fuite en avant : une nouvelle mode, une nouvelle série, un nouveau livre, une nouvelle rencontre, une nouvelle idée, une nouvelle occupation. Mais tout cela semble bien éphémère et, très vite, nous retombons dans le même ennui. La mélancolie surplombe les jeunes européens et les jeunes européennes. 

Nous autres, européens, nous devenons des hommes et des femmes fragiles. Nous sommes pleins de rêves, mais la réalité ne correspond en rien à ce que nous voulons. Nous n’avons rien accompli de concret, et nous éprouvons du ressentiment envers nos ancêtres, seigneurs, chevaliers, explorateurs, aventuriers, écrivains, artistes, scientifiques, qui ont tant accomplis pour la grandeur de l’Europe. Nos Egos n’ont jamais été aussi grands, et paradoxalement, notre génération a accompli bien peu de choses. Nous pouvons nous mentir à nous-même et nous gonfler d’orgueil, mais au fond de vous, vous savez que derrière vos avis politiques si tranchés, votre supériorité morale et votre assurance sur les réseaux sociaux, nous sommes plus fragiles que nos glorieux ancêtres. 

Nous autres, européens, nous sommes angoissés. Mais il est difficile de trouver une cause unique à cette angoisse, et tout est brouillé autour de nous. Nous n’arrivons pas à mettre des mots sur ce qui nous fait souffrir. Nous sommes contraints de faire des choix difficiles et nous sommes entourés de signaux contradictoires, qui ont précisément pour objet de nous faire perdre le nord. Les générations précédentes (Boomer et génération X) ont sacrifié nos vies pour satisfaire leur propre bien-être matériel. L’immigration massive, sous l’immense étendards de l’Islam, bouleverse notre univers quotidien. Tous les courants politiques, de l’extrême-gauche à l’extrême-droite, ne font que brouiller les pistes, séparant les individus en fonction d’idées changeantes, les regroupant puis les séparant à nouveau, et ainsi de suite, dans une éternelle recomposition d’idées. Comme si nous étions condamnés à danser éternellement les uns autour des autres, avec les autres ou contre les autres, peu importe, l’essentiel étant de nous empêcher de rester immobile, de peur que, ancré de nouveau debout, les deux pieds sur terre, les bras libres et les yeux fixes, nous commencions à penser. Ajoutez à cela le marxisme culturel, accompagné du féminisme, qui éloigne l’homme de la femme, et la femme de l’homme. 

Nous autres, européens de la génération Y et de la génération Z, nous sommes divisés. Il n’y a pas d’ennemi extérieur que nous ne puissions vaincre, puisque nous sommes la jeunesse d’Europe. Il n’y a que nous. Il suffit qu’un seul d’entre nous formule une idée, une proposition, un concept, pour que tous les autres, y compris ceux du même camp, commencent à se moquer, à le tourner en dérision, à ironiser, à abandonner d’avance ou à critiquer. L’individualisme extrême qui nous caractérise chacun, moi y compris, est peut-être la cause de notre angoisse : nous savons, au fond de nous, que le problème ne vient ni des vieux, ni des migrants, ni des politiques, ni des puissances d’argents, c’est nous qui sommes un obstacle à nous-même

Nous autres, européens, nous sommes dépressifs. Est-ce que tout cela n’a pas de sens ? Ne sommes-nous pas reliés à quelque chose de plus grand ? De plus vaste ? De plus glorieux ? Je ne sais pas pour vous, mais moi, je veux avoir de l’importance, je veux être, je veux faire, je veux avoir

Si vous êtes un européen ou une européenne de la génération Y ou de la génération Z, vous avez certainement dû ressentir, vous aussi, ce malaise. Nous sommes les témoins d’un changement de civilisation. Nous baignons dans un chaos coutumier, quotidien : les choses sont toujours à ça de basculer, mais ne basculent jamais. A l’image des gilets jaunes : on vous fait croire à une révolution juste assez pour vous maintenir en état d’attente et d’expectative, mais vous savez au fond de vous, que rien ne changera, que tout est sous contrôle. Vous y croyez sans y croire, vous marchez au bord d’un précipice, sur le fil du rasoir, sans jamais tomber. Vous avez l’impression que vous allez tomber dans l’abime, et vous ne tombez jamais. Vous êtes accro au vertige simulé : une excellente forme de contrôle. 

Les anciens systèmes de soutien ont disparu : pas de religion, pas d’idéaux politiques, pas de cohésion nationale. Le monde occidental est vide. Comme je l’ai écrit dans la section « à propos » des trois étendards, je crois « qu’un jeune européen ne doit compter que sur lui-même, et qu’il lui appartient de donner un but, une direction et un sens à sa propre vie ». Je crois « qu’il n’existe plus, en France et en Europe, de structures qui auraient permis à un jeune européen ou une jeune européenne de se réaliser intégralement, d’imprimer un but à sa vie, un sens à son existence, de choisir, d’appliquer et de défendre des valeurs ». 

A travers les trois étendards, je souhaite publier tout ce qui m’a aidé à me créer une verticalité intérieure. Avec, par ordre d’importance : une colonne vertébrale métaphysique, philosophique, politique, familiale, et personnelle. Ma ligne éditoriale, c’est de ne pas en avoir. Tous les sujets peuvent donc être abordés. Nous voyagerons ensemble, partant par des auteurs fondamentaux (Julius Evola, René Guénon), vers des auteurs importants (Baltasar Gracian, Robert Greene), en faisant des pauses, accompagnés par des auteurs abordant des sujets plus futiles, et plus inattendus (Rollo Tomassi, Roosh Valizadeh, et d’autres). Baladez-vous dans les thèmes abordés comme on se balade dans un jardin à la française : le paysage y est ordonné, mais vous pouvez tomber sur une vue imprenable au détour d’un chemin que vous pensiez sans surprises

N’hésitez pas à consulter les archives des années précédentes. Après la (((censure))) de mon précédent blog, je m’emploie désormais à republier d’ancien articles. Voyagez dans le temps et installez-vous en 2019, 2015 ou 2012, pour regarder s’il n’y pas quelques nouveautés dans le passé. Mais chut ! Ne faites pas trop de bruit ! Si les gauchistes vous entendent, ils pourraient me censurer à nouveau. Soyez prudents

Attention, je ne suis pas l’auteur de certains articles, mais seulement le traducteur. Ne me prêtez pas des mots que je n’ai pas eu. Lorsqu’un article est une traduction, les sources figurent systématiquement en bas de page.

J’espère que vous éprouvez autant de plaisir à lire certains articles que j’ai eu de plaisir à les écrire ou à les traduire. Je considère ma mission comme réussie si un article change votre vision des choses, vous fasse sourire, vous divertisse où vous donne envie de lire l’un des auteurs dont je parle. Vous pouvez me soutenir financièrement ou moralement, selon votre bon plaisir. 

Les trois étendards n’ont pas pour objet le développement personnel. Vous vous attendiez peut-être à ce que je vous dise que les trois étendards représentent la solution à tous vos problèmes. Que vous ne trouverez rien d’équivalent. Que je détiens la vérité. Que ma vision des choses est la bonne. Ne soyez pas naïfs. Ne soyez pas stupides. Ceux qui promettent de telles choses ne sont que des charlatans ! Et vous êtes encore bien pire qu’eux, si vous pensez que vous trouverez ici des solutions rapides, simples, faciles et immédiates. Il n’y a que les idiots qui croient à la facilité et à la rapidité. Il faut aller au fond des choses si l’on veut progresser, et cela prend du temps, des ressources, de la concentration et de l’énergie. Il n’y a rien d’extérieur à vous qui puisse vous sauver, ou même vous aider. Il faut accepter la dure réalité : se changer soi-même est un processus laborieux et qui s’inscrit dans la durée. Ici, il n’y a que de la lecture, le changement, c’est à vous de l’opérer. 

D’ailleurs, est-ce que vous allez vraiment vous améliorez en parcourant les trois étendards ? Bien sûr que non, décidément, vous êtes tellement naïfs ! Croyez-vous vraiment avoir besoin de « développement personnel » à l’américaine ? Et pour améliorer quoi, au juste ? Pensez-vous que la nature humaine, votre nature humaine, puisse être modifiée ? Non. Je vous avertis même que mon blog peut avoir l’effet inverse : il y a des vérités qui sont difficiles à lire cachées dans certains articles. Je ne vous promets pas d’ajouter quelque chose à ce que vous êtes, mais croyez-moi, nous allons beaucoup, beaucoup retrancher. Ce qui vous donnera envie de poursuivre sur ce site, c’est ceci : si vous êtes encore vous-même après ce que je vous aurai enlevé, alors soyez rassuré : c’est que ce que je vous ai retiré, ce n’était pas vraiment vous.

Je pars plutôt du principe que « votre génétique charge le pistolet, votre style de vie appuie sur la gâchette ». Vous êtes ce que vous êtes, faites au mieux avec ce que vous avez. Faites comme moi, et acceptez-vous dans vos aspects les plus positifs, comme les plus négatifs. Visualisez-vous comme un arbre : celui-ci a certes des branches, qui captent la lumière du soleil et tendent vers le ciel, mais il a aussi des racines…

Il n’y a que les écologistes, les gauchistes et les communistes pour vous faire croire que l’on peut changer la nature humaine. A travers la lecture et l’écriture, je me construis une verticalité intérieure, et je souhaite que vous m’accompagniez dans ce processus de reconquête européenne, qui est d’abord intérieure et ensuite extérieure. Mais je ne cherche pas à changer l’homme blanc que je suis. Je peux être expressif, attaché, nerveux, rigoureux, adaptable, réaliste, mobile d’esprit, résolu, plein d’humour, travailleur, curieux, volontaire, fantasque, obstiné, indépendant, lucide, touche-à-tout, réfléchi, intellectuel, ingénieux, fantaisiste, imaginatif, charmeur, cérébral, sérieux, discipliné, et patient. Telles sont mes qualités propres. Mais je peux aussi être capricieux, sceptique, dispersé, rigide, lunatique, égoïste, superficiel, antipathique, indiscret, mesquin, opportuniste, calculateur, insouciant, et égoïste. Tels sont mes défauts. Je possède des qualités que vous n’avez pas, et réciproquement ; et il en va de même pour les défauts. J’ai choisi d’axer mon « style » sur deux fondements : je considère qu’on se réalise pleinement lorsqu’on cultive la plus belle des qualités, la curiosité, et la plus belle des valeurs : la liberté. Je ne vous invite pas à changer. Je vous invite, comme je le fais moi-même, à vous accepter tel que vous êtes et à utiliser pleinement vos qualités et vos défauts pour chevaucher le tigre, surfer sur le Kali-Yuga, en un mot : je vous invite à vous révolter contre le monde moderne. 

Les trois étendards.