Upanishads mineures : les 14 Upanishads de Vishnu.

Avyakta Upanishad – Upanishad de l’Indifférenciation originelle.

Effleure la création d’entités clairement déterminées à partir d’un noyau originel confus, et comment Prajapati surgit de l’Avayakta (l’indétermination originelle) et se mit à créer l’univers. Donne le mantra du culte de Vishnu.


Dattatreya Upanishad – Upanishad de l’avatar Dattatreya.

En tant que Dattatreya, l’éternel jeune garçon (puer aeternus), le dieu Vishnu livre aux hommes une incarnation de la synthèse des trois cultes principaux : Brahma, Shiva et lui-même, Vishnu. Précocité, vocation exclusive, humanisme et tolérance sont donc incarnés par cet enfant, dont le culte est enseigné dans cette Upanishad.


Garuda Upanishad – Upanishad de l’Oiseau Garuda.

Enseigne la méthode de culte de Garuda, l’oiseau fabuleux qui est le véhicule de Vishnu, qui se résume en une formule magique qui protège des poisons, notamment des morsures de serpents.


Gopala Tapaniya Upanishad – Upanishad de l’ascèse dévotionnelle à Gopala, le Bouvier.

Cette Upanishad tardive (XII-XIIIème siècle) est une illustration parfaite du culte de la dévotion caractéristique du Vishnouisme, et elle allie, comme dans une miniature aux coloris francs et frais, le contexte historico-mythologique de la présence du dieu Krishna parmi les humains, et l’enseignement proprement dit : amour pur et désintéressé de la Divinité, dont la grâce surpasse tous les charmes terrestres, et compréhension de sa nature réelle. Elle est extrêmement réputée dans l’Inde contemporaine, non seulement pour la somme essentielle du Bhakti Yoga qu’elle transmet, mais pour sa richesse mythologique et sa beauté littéraire.

Dans la première partie, des Sages reçoivent l’enseignement du dieu Brahma : caractéristiques du culte, mantras principaux, leur analyse, iconographie divine à reproduire dans la méditation, formules de glorification.

Dans la seconde partie, les Gopis, amantes du dieu Krishna, sur le conseil de celui-ci, traversent le fleuve (métaphore de la voie spirituelle) afin de recevoir l’enseignement du vénérable Durvasa : approfondissement de la connaissance de la Personnalité divine, de ses diverses formes et manifestations, élaboration de son icône intérieure par la méditation, sacrifice de tout ce qui y est étranger, d’où une ascèse dévotionnelle rigoureuse sous ses apparences aimables et fleuries.


Hayagriva Upanishad – Upanishad du dieu-Cheval, qui donne la Connaissance.

Brahma explique à Narada que quiconque médite et voue un culte à Hayagriva (l’un des visages de Vishnu), obtiendra Brahma vidya (la Connaissance absolue). Le mantra pour le culte de Hayagriva est donné.


Kali Santarana Upanishad – Upanishad pour traverser l’Âge de Kali.

Le dieu Brahma enseigne au Sage Narada comment les maux du Kali Yuga peuvent être contrés. Le talisman ? Un mantra de 16 noms, le fameux “Hare Rama Hare Rama Rama Rama, Hare Hare Hare Krishna Hare Krishna, Krishna Krishna Hare Hare”. Le voile de l’âme individuelle est dissous par les seize noms qui dévoilent les seize parties de la Manifestation divine complète ; les autres effets puissants de ce mantra sont énumérés. 


Krishna Upanishad – Upanishad de Krishna.

Des sages, rencontrant Rama, désirent l’embrasser. Il les fait renaître en Gopis (les bergères bien-aimées de Krishna) et prend lui-même l’avatar de Krishna, afin que les embrassades puissent se renouveler. Cette Upanishad livre la clef des renaissances (qui est qui ?) durant la période du Krishna avatara.


Maha Narayana Upanishad – La Grande Upanishad du Seigneur du Non-manifesté.

Dédiée au principe essentiel de Narayana (Vishnu endormi sur les Eaux résiduelles durant le Pralaya cosmique, symbolisant aussi la « Demeure du Savoir »), cette longue Upanishad décrit exhaustivement et de façon fouillée le sacrifice védique de l’Agnihotra, avec tous ses composants symboliques. Présente également le Narayana ashtakshara mantra et ses bienfaits, et de nombreux autres mantras et litanies. Toutes les notions majeures de la Voie sont envisagées tour à tour, avec un accent particulier sur la physiologie occulte du microcosme comme du macrocosme. Les devoirs de l’homme ordinaire et ceux du renonçant sont évalués tour à tour, l’ascétisme étant l’une parmi de nombreuses voies menant à la libération. 

Par ailleurs, cette Upanishad éclaire les mécanismes de transfert des attributs d’un dieu à l’autre, montrant la souplesse conceptuelle du polythéisme, qui est issu d’un monothéisme fondamental, et suit le mouvement de la Création elle-même. La connaissance cosmogonique apparaît ainsi comme une condition fondamentale de la remontée vers l’Unique, vers la Libération absolue.


Nrisimha Tapaniya Upanishads – Upanishad de l’ascèse dévotionnelle à Narasimha, l’Homme-Lion.

Composée de deux parties, Purva (exotérique, élémentaire) et Uttara (ésotérique, approfondie), cette longue Upanishad vise essentiellement à établir la nature de la Réalité absolue, abordée par le biais du culte dévotionnel à Narasimha, élu comme Divinité suprême et comme source de la conscience supérieure incarnée en chaque individu. 

La Purva Upanishad est constituée de cinq brèves Upanishads, toutes consacrées à une analyse approfondie du symbolisme du mantra de Narasimha, considéré comme le Roi des Mantras. À noter que l’analyse symbolique est ici bien plus approfondie que dans les autres Upanishads consacrées au culte d’une divinité ; et la progression du culte dévotionnel (Bhakti) à la doctrine moniste des Upanishads (Védanta) est bien plus claire qu’ailleurs, s’appuyant – une fois de plus – sur la syllabe sacrée Om.

L’Uttara Upanishad – que l’on considère comme la finale d’un ensemble de six upanishads – continue à se référer au mantra de Narasimha, mais en s’appuyant sur l’identité entre celui-ci et l’Atman, aboutissant à l’équation Narasimha-Atman-Om-Brahman. Ici, plus qu’en de nombreuses autres Upanishads, le raisonnement philosophique s’approfondit et introduit des arguments originaux, jamais ou rarement rencontrés auparavant. Et, chose appréciable, l’équivalence Brahman-Atman est expliquée avec une logique rigoureuse, déployant dans le neuvième et dernier chapitre une subtilité et une profondeur de vue remarquables. Ici, ce sont les dieux qui bénéficient de l’enseignement de Prajapati, le Seigneur des créatures, et de l’avis-même de Prajapati, ils vont rester timorés et de ce fait impuissants à voir que leur identité réelle est l’Atman, comme elle est celle du Om : «  Nous le voyons, ô vénérable Seigneur, et cependant ne le voyons pas ! » 


Rama Rahasya Upanishad – Upanishad de la Doctrine secrète de Rama.

Cette Upanishad, extraite de l’Atharva Véda, est la source scripturaire qui fait autorité en ce qui concerne le culte de Rama.

Purement technique, elle expose minutieusement les nombreux mantras utilisés dans le culte de Rama, les bienfaits qu’ils engendrent, ainsi que les invocations. Elle décrit aussi la méthode rituelle du Yantra de Rama. C’est donc un cours complet de rituel et, comme tel, ne sera d’intérêt qu’à titre d’exemple de ce ritualisme minutieux et complexe. De très nombreuses épithètes de Rama, de noms mythologiques, de termes souvent vus ou n’apparaissant que dans ce contexte spécifique, se succèdent d’un shloka à l’autre. Par ailleurs, beaucoup d’informations peu claires, voire sans aucun sens pour un occidental qui ne pratique pas ces rites, sont fournies dans cet Upanishad, dont il n’existe aucun commentaire. 

À noter que l’enseignement est donné par le singe Hanuman, grand dévot de Rama parvenu à l’accomplissement ultime, et qu’à la tête de ses auditeurs, se trouve Sanaka, l’un des quatre Kumaras, fils divins de Brahma.


Rama Tapaniya Upanishad – Upanishad de l’ascèse dévotionnelle à Rama.

Composée de deux parties, Purva (exotérique, élémentaire) et Uttara (ésotérique, approfondie), cette longue Upanishad vise essentiellement à établir la nature de la Réalité absolue, abordée par le biais du culte dévotionnel à Krishna-Gopala, élu comme Divinité suprême et comme source de la conscience supérieure incarnée en chaque individu. Une adéquation totale entre Gopala et le but ultime des Védas est affirmée et étayée par l’identité fondamentale entre le Pranava Om et l’essence de la Divinité suprême.

Cette longue Upanishad, qui date probablement du XIIIème ou XIVème siècle, jouit depuis longtemps d’un statut privilégié parmi les adeptes du Vishnouisme et du Bhakti Yoga, à qui elle fournit un modèle-cadre dévotionnel exemplaire.


Tara Sara Upanishad – Upanishad de la Traversée des eaux.

Cette brève Upanishad enseigne la sainteté du Kurukshetra (champ de bataille célèbre de la Bhagavad Gita, métaphore des combats moraux et du dharma des hommes et des dieux), et le transpose dans le ghat sacré de Bénarès, où est délivré au mourant, par le dieu Rudra, le Taraka mantra, dit “de la traversée”. À partir de ce mantra et du pranava Om, l’Upanishad expose la méthode du culte de Narayana, le Seigneur du Non-manifesté.


Tripadvibhuti Mahanarayana Upanishad – Upanishad de la Manifestation divine en trois pas du Seigneur Narayana.

En quatre citations extraites d’Upanishads provenant de chacun des quatre Védas (sans toutefois donner la source précise), cette Upanishad tente une synthèse de tout l’enseignement sur la nature essentielle de l’Être suprême, Narayana (aspect cosmique de Vishnu). Expose la vertu du Pranava Om à résoudre l’écart entre le Seigneur et les créatures, ainsi que le Narayana mantra.


Vasudeva Upanishad – Upanishad de l’Omniprésent.

Explique la signification de l’Urdhva Pundra, l’emblème porté par les Vaishnavites (Vishnouïtes), y ajoutant les règles à suivre pour le porter.


Illustration : Navneet Shanu.