Louis-Ferdinand Céline. Au pilori.

2 octobre 1941


 Mon cher Directeur.

Les Français, fidèles à la tradition, sont demeurés tout au fond, dans l’ensemble, royalistes. Depuis Samuel Bernard, ils sont fidèles à leur roi juif. Celui qui fait en ce moment à Vichy l’intérim des Rothschild se trouve beaucoup plus puissant qu’aucun de ses prédécesseurs. (Louis XIV n’était qu’un petit garçon). Il le confiait lui même tout récemment à l’un de ses médecins. Que peut oser, dans ces conditions, le Commissariat aux Juifs ? Des grimaces. Il serait beau qu’il agisse ? Il ne tiendrait pas vingt-quatre heures !… Toute l’opinion publique française est philosémite, et de plus en plus philosémite ! (On mangeait si bien sous Mandel!) Qui pourrait tenter de remonter un pareil courant ? Personne. L’école communale (si maçonne), a donné, une bonne fois pour toutes, au Français son ennemi héréditaire : l’Allemand. La cause est entendue. Les Français ne changent jamais d’idées. Ils sont immuables, ils disparaîtront tels quels. Ils sont noués. Ils n’ont plus l’âge ni le goût des variations. Ils préfèreront mourir que de réfléchir, ils préfèreront la mort à l’abandon d’un préjugé. Quels sont (pensent-ils…), les ennemis les plus sûrs des Fritz ? Ce sont les Juifs ? Alors, nom de Dieu ! Cinq cent mille fois : « Vivent les Juifs ! »

Propagande ? Explications ? Démonstrations ? Baratin ? Zéro ! Le pli est pris. La pièce est jouée. Argent, temps perdus.

Pour recréer la France, il aurait fallu la reconstruire entièrement sur des bases racistes-communautaires. Nous nous éloignons tous les jours de cet idéal, de ce fantastique dessein. L’alouette est demeurée vaillante et joyeuse, elle pique toujours au ciel, mais les Gaulois ne l’entendent plus…

…Liés, amarrés au cul des Juifs, pétris dans leur fiente jusqu’au cœur, ils s’y trouvent adorablement.

Louis-Ferdinand Céline. Écrits de guerre.