Louis-Ferdinand Céline. L’appel.

30 octobre 1941. 


J’en ai assez de rabâcher sur la question juive.

Trois livres catégoriques suffisent, je pense.

Vieux médecin, je déteste le patakès et les ordonnances vaines. Le babillage. Après tout, je suis le seul à qui on n’ait pas demandé son opinion sur la question.

Je l’ai donnée avec éclat sous Blum, sous Mandel.

Mais les autres ? Tous les autres écrivains ? Il y a des années que je voudrais savoir ce que pensent Duhamel, de Monzie, Bergery, Montherlant, Colette, Mauriac, Chateaubriant, Bordeaux, Guitry, Déat, Luchaire, Drieu, Morand, etc. Laval ? Giraudoux ? Quel silence !

Sont-ils racistes ou merde ? Ces grands rapprochistes. Approuvent-ils ou désapprouvent-ils les lois de Nuremberg ?

Je propose ce fameux lièvre à tous vos confrères depuis un an.

Ce n’est pas moi qu’il faut relancer. J’ai tout dit et les autres continuent à ne rien dire.

Louis-Ferdinand Céline. Écrits de guerre.