Louis-Ferdinand Céline. « L’appel » (après intervention du petit-fils de Charles Cros).

23 avril 1942


Je m’en tiens aux termes de ma lettre. C’est à Maurice Donnay et au journal Aujourd’hui qu’il faut demander des explications. L’article de L’Appel est équivoque. J’ai reproduit strictement les commentaires de Maurice Donnay sur Charles Cros. Un point, c’est tout. Que nous annonce et que veut nous faire comprendre Maurice Donnay ?

1 ° Que Charles Cros avait du génie.

2° Qu’il était crépu, noiraud, etc., et qu’il se passionnait, dès l’âge de 14 ans, pour l’hébreu. Et alors ? Et la suite ? Conclusions ?

C’est à Aujourd’hui et à Maurice Donnay qu’il appartient de les formuler, de ne plus tortiller, de se prononcer, noir sur blanc. Pas à moi !

Nous sommes devenus, figurez-vous, aussi ficelles que les Juifs (ni Aujourd’hui, ni Maurice Donnay ne sont Juifs, bien entendu). Je voudrais cependant, pendant que nous y sommes, savoir s’ils prennent parti formellement pour les Lois de Nuremberg.

Louis-Ferdinand Céline. Écrits de guerre.