Vue d’ensemble sur le concept de Powertalk.

Attention ! Cet article fait partie du projet TRP/SS. Vous consultez la section 3.10.

Permettez-moi de faire une mise en garde : le Powertalk est très mal compris par la plupart des hommes qui ont pris la pilule rouge. L’inventeur original du concept écrivait sur les dynamiques interpersonnelles sur le lieu de travail, et non sur la dynamique entre hommes et femmes. Le Powertalk, selon M. Rao, est une conversation portant sur le transfert de pouvoir. S’il n’y a pas d’enjeux sur la table, il ne peut y avoir de Powertalk.

Dans une certaine mesure, je ne suis pas d’accord.

Ce qui suit est une définition légèrement « tordue » du Powertalk. Il s’agit de mon point de vue sur le sujet, d’où une définition légèrement modifiée pour être applicable aux interactions en dehors du lieu de travail. Si vous voulez savoir ce que pense le créateur du Powertalk, vous devriez aller lire ses articles.

Définition du Powertalk.

Le Powertalk est une conversation délibérément « armée » : utilisation intentionnelle de certains mots, de leur formulation et d’une certaine ambiguïté au profit de l’interlocuteur. Il existe de nombreuses façons d’utiliser le Powertalk :

  • Maintien de l’ambiguïté et de la possibilité du déni plausible.
  • Obtenir des informations de quelqu’un.
  • Dissimulation de vos propres intentions / protection de vos propres informations.
  • Communiquer avec d’autres « powertalkers ».

…et bien d’autres exemples encore. Presque toute utilisation délibérée de la conversation pour obtenir un avantage relève de ma définition du Powertalk.

Qui utilise le Powertalk ?

Dans la conception de l’auteur, le Powertalk est le langage de ce qu’il appelle les « sociopathes ». Puisque la série de l’auteur s’articule autour de « The Office », il définit les sociopathes comme : « Des personnes à l’éthique darwinienne / Protestante tournés vers le pouvoir qui poussent une organisation à fonctionner malgré elle ».

Fondamentalement, les sociopathes (selon sa définition) sont les cadres de niveau C, les personnes qui font réellement fonctionner une entreprise. Les personnes qui contournent les règles et qui prennent les décisions importantes.

Puisque nous ne nous intéressons pas aux machinations professionnelles ici sur The Red Pill, j’ai un autre terme à proposer : les « Informés ».

Ainsi, une personne « informée » est une personne qui comprend qu’un « jeu » (de pouvoir) est en cours, tandis qu’une personne « ignorante » prend les mots au pied de la lettre.

Si vous connaissez la pilule rouge depuis un certain temps, vous êtes probablement quelqu’un qui fait partie de ceux qui sont informés. Comprenez-vous pourquoi nous disons « faites attention à ce que font les filles, pas à ce qu’elles disent » ? Plus important encore, pouvez-vous expliquer pourquoi les femmes ont tendance à atteindre « la vérité par consensus », plutôt que « la vérité par la preuve » ?

La réponse à ces deux questions est que les femmes ont tendance à avoir un sens inné du Powertalk et du « Gametalk », et qu’elles excellent lorsqu’il s’agit de « jouer le jeu ». Les hommes, en revanche, ont tendance à préférer le franc-parler et ont besoin de devenir consciemment informés.

Les deux sexes s’affrontent lorsqu’une femme informée parle avec puissance et qu’un homme ignorant parle avec franchise. La femme informée considérera que l’homme ignorant est complètement perdu et soupirera qu’il « ne comprend pas ». Le mâle ignorant, pour sa part, sera désespérément confus ; en interprétant mal le Powertalk de la femme, il prend ses mots au pied de la lettre et se brûle.

Pour mieux comprendre le fonctionnement du powertalk, voyons comment il est appliqué.

Le Powertalk avec les femmes. 

Il est rare qu’une femme parle intentionnellement de pouvoir. Au contraire, le Powertalk semble être la méthode de communication naturelle de la plupart des femmes. Les femmes s’apprécient mutuellement en fonction de leur statut social, et le Powertalk sert de bouclier contre les répercussions sociales négatives. Vous remarquerez peut-être que les femmes du type « solitaire » ont tendance à utiliser un langage assez direct, alors que les filles populaires prononcent rarement un mot qui n’est pas cadré avec du Powertalk.

Rappelez-vous que le « powertalking » est l’utilisation intentionnelle d’une conversation dans le but de prendre avantage sur la personne à qui l’on parle, ou dans le but d’éviter de subir les attaques de ladite personne. Comme la position sociale est primordiale pour les femmes, elles utilisent généralement le Powertalk de manière défensive pour protéger leur position sociale.

L’utilisation défensive du Powertalk est caractérisée par l’ambiguïté et le déni plausible. Pour utiliser un exemple de /u/joncho :

L’article sur la fille sur OKCupid qui trouve un mec trop gentil.

Le problème n’était pas que le gars était trop gentil, le problème était que le gars est ennuyeux. « Trop gentil », c’est un code pour dire « ennuyeux ».

Alors maintenant la question est : pourquoi ne pas le dire tel quel ? Parce qu’en critiquant directement le gars, elle peut avoir des ennuis s’il le découvre. Au lieu de cela, elle utilise un compliment tout en se blâmant elle-même pour le problème. Il n’y a pas de problème avec le type, il est gentil, C’est elle le problème. En réalité, elle dit qu’il est ennuyeux pour que n’importe qui puisse lire le vrai message, mais sans risque.

Le désir d’ambiguïté défensive est la raison pour laquelle une femme s’engage rarement dans une opinion sans savoir ce que ressent son groupe social. Une déclaration ferme élimine toute ambiguïté et la met dans une position exposée – s’il s’avérait que son groupe social a une opinion contraire, cela se répercuterait très négativement sur elle.

En résumé, les femmes utilisent le Powertalk de manière défensive, en maintenant un déni plausible et une ambiguïté afin de protéger leur statut social. Le powertalking en retour est généralement inutile. Utilisez plutôt simplement vos connaissances pour comprendre pourquoi les femmes disent ce qu’elles disent et voir au-delà.

Le Powertalk sur le lieu de travail.

Le Powertalk sur le lieu de travail est beaucoup plus intéressant. C’est là que l’on commence vraiment à voir la « danse » de deux powertalkers qui tentent de manœuvrer pour se positionner.

Il est particulièrement intéressant de noter qu’un membre junior du lieu de travail peut utiliser le Powertalk pour communiquer à un membre senior qu’il mérite une attention particulière. Très peu de personnes ont le savoir-faire nécessaire pour utiliser efficacement le Powertalk, et celles qui le font se trouvent généralement dans les rangs supérieurs de l’encadrement.

Le powertalk sur le lieu de travail est caractérisé par : 

  • Le fait de protéger vos propres informations et tenter d’obtenir des informations d’autres personnes.
  • Le fait de communiquer des informations « codées » à d’autres powertalkers.
  • Le fait de communiquer à d’autres powertalkers que vous savez comment jouer le jeu.

Examinez attentivement l’analyse de M. Rao à partir des articles originaux :

Lors d’une fête initiée par la société Dunder-Mifflin, peu après que Michael et Jan aient révélé leur liaison à David Wallace, selon les exigences des RH, Wallace invite négligemment Jim à quitter la fête pendant un moment et à découvrir le jardin. Une fois dehors, Wallace demande nonchalamment : « Alors, qu’est-ce qui se passe avec Jan et Michael ? » Il est clairement à la pêche aux informations, ayant observé la dynamique bizarre du couple à la fête.

Jim répond : « Je ne saurais pas… (pause)… par où commencer (léger rire) ».

David Wallace rit en retour. C’est aussi éloquent qu’un court fragment de Powertalk puisse l’être. Voici quelques-uns des messages que communiquent les six mots et la pause et le rire significatifs.

  1. Il s’agit d’une situation complexe (au sens propre).
  2. Je comprends que vous pensiez qu’il se passe quelque chose de bizarre. Je confirme vos soupçons. Il s’agit d’une situation bizarre, et vous devriez vous en inquiéter.
  3. C’est la première conversation importante entre nous, et je vous signale que je parle couramment en Powertalk.
  4. Je sais comment communiquer des informations utiles tout en maintenant un déni/démenti plausible.
  5. Je ne suis pas satisfait de ce signe d’attention de votre part au point de dire des choses stupides qui pourraient se retourner contre moi.
  6. Je suis conscient de mon influence sur la situation et du fait que vous avez besoin de moi. Mais pas au point d’abandonner tout cela gratuitement.
  7. Je suis suffisamment non engagé pour que vous puissiez vous retirer ou orienter cette conversation vers des sujets plus sûrs si vous le souhaitez. Je sais comment donner aux autres une marge de manœuvre, des sorties, et surtout des sorties sûres.
  8. Vous devez encore gagner ma confiance. Mais continuons à parler. Qu’avez-vous que je pourrais utiliser ?

Comment utiliser le Powertalk ?

La première clef d’un Powertalk efficace est de comprendre quand l’utiliser. Si vous n’avez pas de raison de faire du Powertalk, vous ne ferez qu’embrouiller les gens. En général, le franc-parler est apprécié chez les hommes, alors évaluez soigneusement si le Powertalk est le bon choix.

Ensuite, choisissez délibérément la tactique à utiliser et le moment, en fonction de vos objectifs et de votre interlocuteur. Quelques considérations :

Powertalk défensif

  • Un déni plausible vous profite-t-il ou vous donnerait-il l’impression que vous avez peur de vous engager ?
  • L’ambiguïté est-elle une bonne idée, ou aurez-vous l’air de ne pas savoir de quoi vous parlez ?

Powertalk offensif

  • Voulez-vous laisser à l’autre personne une certaine marge de manœuvre ou essayez-vous de l’enfermer dans une déclaration ferme ?
  • Avez-vous besoin de révéler certaines de vos propres informations en contrepartie, ou pouvez-vous obtenir les informations que les autres détiennent sans laisser l’autre partie avoir les vôtres ?
  • Essayez-vous de signaler à une autre personne informée que vous savez « jouer », ou essayez-vous de manœuvrer autour d’une personne ignorante ?

Ce que vous ne pourrez pas faire, c’est commencer à nuancer chaque déclaration. Cherchez plutôt à considérer les ramifications de ce que vous dites, et si vous tirez un quelconque avantage des mots qui sortent de votre bouche.


Source : commentaire sur l’article « [Request] I would like more on Power Talk » publié le 13 octobre 2014 par bicepsblastingstud.

Illustration : Magda Ehlers