La malédiction du potentiel.

L’une des choses les plus frustrantes que j’ai eu à expérimenter dans cette vie, c’est de connaître des hommes avec un potentiel incroyable qui, pour une raison quelconque, ne le réalisent jamais (ou aussi pleinement qu’ils devraient), parce qu’ils se limitent délibérément en raison d’un état d’esprit d’homme Beta. Qu’il s’agisse d’un potentiel de réussite dû à un talent particulier, d’un potentiel lié à leur situation socio-économique et à leur richesse, ou simplement d’un coup de chance qui leur a permis de saisir une occasion unique, leur ignorance ou leur fierté, ou encore leur obligation de respecter les règles fixées par l’impératif féminin qui a engendré leur état d’esprit d’homme Beta, les empêchent d’en profiter réellement.

Il ne faudrait surtout pas que vous ayez à coopérer avec un type comme lui dans une entreprise ou un projet créatif dans lequel votre propre subsistance pourrait dépendre de son incapacité à dépasser son état d’esprit d’homme Beta ou son conditionnement féminin. L’un des avantages de la prise de conscience de la pilule rouge, c’est une sensibilité accrue à la façon dont le monde féminisé dans lequel nous vivons est organisé ; et une partie de cette sensibilité consiste à devenir un meilleur juge du caractère des hommes Beta, et à l’éviter, ou du moins à minimiser les responsabilités d’un autre homme en tant que Beta, par rapport à la façon dont son malaise pourrait vous affecter.

J’ai travaillé avec un homme très riche qui possédait quelques-unes des marques avec lesquelles j’ai été impliqué dans ma carrière. S’il était riche et avait un certain talent pour développer des produits très créatifs et rentables, cet homme était un crétin déplorable en ce qui concernait sa vie personnelle et romantique. Il était un « chevalier blanc » à la limite du martyre, lorsqu’il s’agissait de ses épouses et des « femmes de sa vie », qui n’étaient que trop heureuses de capitaliser sur ce défaut très évident. À un moment donné, il a essayé de lancer un nouveau produit pour lequel il avait besoin d’un soutien financier, mais il n’a pas pu l’obtenir des investisseurs parce qu’ils n’étaient pas convaincus que leur part de l’entreprise ne finirait pas dans le règlement de son prochain divorce, puisqu’il prévoyait son troisième mariage.

Son idéalisme moralisateur de chevalier blanc du type « l’amour vient à bout de tout » s’est heurté à la suggestion selon laquelle il aurait besoin d’un « affidavit » prénuptial pour que quelqu’un puisse être impliqué avec lui professionnellement, mais son état d’esprit d’homme Beta était un obstacle à la réalisation de son plein potentiel. Son histoire est une illustration exceptionnelle de cette dynamique de limitation, mais il existe des exemples bien plus courants avec des hommes de tous les jours que je connais, et vous aussi probablement. Cette limitation n’est peut-être même pas reconnaissable jusqu’au moment où elle devient un obstacle à une opportunité future qui s’ouvre à vous.

Extrait de mon article « Abandonner des amis invisibles » : 

« Je peux à peine commencer à énumérer le nombre d’hommes intelligents et ambitieux que j’ai connus qui ont radicalement changé le cours de leur vie pour suivre leur « âme sœur ». Des hommes qui ont changé leurs spécialités à l’université, ou qui ont choisis de changer d’université, des hommes qui ont postulé pour des emplois dans des régions qu’ils n’auraient jamais envisagées, des hommes qui ont accepté des emplois bien au-dessous de leurs ambitions ou de leurs qualifications, des hommes qui ont renoncés à leur religion, et des hommes qui ont déménagé à travers la planète dans un effort pour se rapprocher de la petite amie idéalisée avec qui ils ont joué les pseudo-petit-ami au cours d’une relation longue distance ; tout ça pour constater qu’elle n’était pas la personne qu’ils pensaient qu’elle était…et en devenant dépressifs, car ils ont réalisés [trop tard !] la gravité de la décision qui a tout joué dans leur vie ». 

Et encore une fois, un extrait de mon article « Tueuses de rêves » : 

« Cela ne cesse pas de m’étonner, quand je parle avec ces jeunes hommes dans leur adolescence et dans leur vingtaine, quand ils essaient de m’impressionner avec leur indépendance féroce dans tous les autres domaines de la vie, alors que ce sont ces mêmes jeunes hommes qui sont prêts à limiter cette indépendance et leur ambition en échange d’une intimité féminine fiable. Ils désirent beaucoup trop mettre les menottes de la monogamie, plutôt que de se développer en hommes d’ambitions et de passions, avec qui les femmes veulent naturellement s’associer. 

La vérité est cependant toute autre : plus vous restez non-engagé, plus vous aurez d’opportunités. Des hommes plus sages que moi ont déjà déclaré que les femmes étaient des tueuses de rêves – et bien que je sois d’accord avec cela, je dirai que c’est plutôt la faute de l’homme, à cause de sa propre apathie, et non la faute des femmes (ou une quelconque « nature féminine » qui serait en cause) ». 

La féminisation sociale et l’impératif féminin jouent tous deux un rôle actif dans la réduction du potentiel d’un homme, mais le plus souvent, c’est avec un participant masculin volontaire. Il est important que les hommes « pilule rouge » se souviennent que l’impératif féminin se préoccupe davantage de la sécurité à long terme des femmes que de l’actualisation du potentiel des hommes – même si cela signifie que l’homme doit sacrifier ce potentiel pour maintenir la sécurité de la femme, ce qui le rend progressivement (et paradoxalement) moins capable de maintenir une relation.

Les femmes qui lisent mon article sur l’appréciation et qui tentent de comprendre mon affirmation selon laquelle les femmes n’apprécieront jamais les sacrifices que les hommes sont prêts à faire pour garantir une réalité à prédominance féminine, ne tiennent jamais compte de cette équation. Elles pensent que j’attaque la sincérité de leur engagement en soulignant une vérité peu flatteuse – l’hypergamie veut la sécurité de savoir (ou au moins de croire) qu’une femme est en couple avec le meilleur homme que sa VMS lui permet de conquérir, mais le problème fondamental est que son hypergamie à elle entre en conflit avec sa capacité à lui de se développer au mieux de son potentiel.

L’hypergamie « clef en main ».

L’hypergamie veut un homme préfabriqué. Si vous regardez ma désormais tristement célèbre courbe comparative de VMS, vous remarquerez que le pic de VMS est différent pour chaque sexe :

Il faut être beau, professionnellement accompli, socialement sûr de soi-même, savoir séduire, avoir de la confiance, un statut, avoir l’esprit de décision et tout comprendre du premier coup, quand il s’agit des femmes. Regardez les termes communs que vous rencontrez dans les profils de rencontre en ligne des femmes, et vous commencerez à comprendre que l’hypergamie veut de l’optimisation et qu’elle la veut maintenant. Parce que la capacité d’une femme à attirer son idéal hypergame diminue avec chaque année qui passe, l’urgence féminine exige l’immédiateté avec un homme incarnant le plus près possible cet idéal dans le présent.

L’hypergamie prend un grand risque en pariant sur le potentiel futur d’un homme à devenir (ou à s’approcher de son idéal hypergame), donc la préférence penche vers la recherche de l’homme qui est déjà accompli (ou qui est plus accompli qu’un autre).

Le problème avec ce scénario, comme vous pouvez le deviner, est que la VMS des femmes se déprécie à mesure que celle des hommes s’apprécie – ou du moins devrait s’apprécier. Comme je l’ai souligné plus haut, la même hypergamie qui teste et doute constamment de l’aptitude d’un homme limite également potentiel de cet homme à satisfaire une femme de manière constante.

Développer son potentiel.

« Just Four Guys » (qui est en train de devenir le blog que je fréquente le plus souvent) a publié un article intéressant sur la quantification de la valeur marchande sexuelle :

Rollo Tomassi, sur le site The Rational Male, propose un graphique différent sur la VMS, basé sur son estimation personnelle. Si son évaluation de la VMS des femmes en fonction de l’âge correspond assez bien à ces deux graphiques, on ne peut pas en dire autant de la VMS des hommes. Cependant, la différence réside dans le fait qu’il mesure le potentiel de VMS, plutôt que la VMS réelle, et il pense que les hommes plus âgés qui maintiennent un style de vie approprié peuvent maximiser leur VMS à des niveaux bien plus élevés que les hommes plus jeunes.

À l’âge de 36 ans, l’homme moyen a atteint son propre sommet de VMS relative. C’est à ce stade que son attrait sexuel / social / professionnel a atteint sa maturité. En supposant qu’il ait maximisé autant que possible son potentiel, c’est à ce stade que les directives hypergames des femmes le trouveront le plus acceptable pour un investissement à long terme. Il est assez jeune pour conserver son physique, mais assez âgé pour avoir atteint une certaine maturité sociale et professionnelle.

Ainsi, ce que nous voyons ici, c’est la VMS qui est actualisée par l’homme moyen, alors que la VMS selon Rollo, c’est ce qu’un homme pourrait théoriquement atteindre avec un bon « game ».

L’une des erreurs d’interprétation que j’ai tenté d’éviter dans l’estimation de la VMS relative des hommes est l’utilisation du sexe (ou de la capacité à attirer des partenaires sexuels potentiels) comme mesure exclusive de l’évaluation de la VMS globale des hommes. Le nombre de femmes avec qui l’on couche n’est pas la référence pour la VMS, c’est plutôt l’actualisation du potentiel réel d’un homme (dont le nombre de femmes avec qui l’on couche est un aspect) qui détermine la VMS de l’homme. L’hypergamie veut que vous réalisiez votre meilleur potentiel (pour mieux vous filtrer), mais une femme ne veut pas assumer le risque d’un investissement personnel prolongé au point ou votre potentiel réalisé finisse par placer votre VMS d’homme trop loin au-dessus de sa VMS à elle, au point que vous la quittiez et qu’elle perde son investissement.

Voilà le conflit entre le potentiel masculin et l’hypergamie féminine. Je l’ai détaillé dans l’article « Apprendre à menacer une femme » :

« Rien n’est simultanément plus menaçant et plus attirant, pour une femme, qu’un homme qui est conscient de sa propre valeur auprès des femmes ».

Sur le forum Reddit de la pilule bleue, j’ai récemment lu une critique de mon graphique, le rejetant en affirmant qu’un homme au début ou au milieu de la trentaine avait beaucoup plus de chances de ressembler à un type moyen, avec un emploi moyen à bas salaire, qu’à un homme mûr, qui a réussi, qui s’est maintenu en forme et qui maintient un certain style de vie à la GQ. Je dois dire que je suis enclin à être d’accord ; la plupart des hommes, les hommes moyens sont des hommes qui n’ont pas réalisé le potentiel qu’ils pourraient avoir. Que ce manque soit dû à la motivation, aux limites d’une socialisation féminine ou à une incapacité à accepter la réalité de leur pilule rouge, ils n’actualisent jamais le potentiel qui ferait d’eux des hommes à la VMS plus élevée. Les redditors pilule bleue ne peuvent pas voir que c’est le potentiel des hommes qui les distingue sur l’échelle de la VMS.

Je terminerai par une citation de « New Yorker » dans le fil de commentaires de la semaine dernière :

Je pense que la principale leçon du Game, c’est qu’il faut avoir une vie et un but qui rendent heureux et déterminé à se lever chaque matin. Une fois qu’un homme prend le contrôle de sa vie, la femme en devient un élément interchangeable comme n’importe quoi d’autre. Le chemin vers cet état ne passe que par une amélioration constante de soi et l’élimination des limitations antérieures. Sinon, le même cycle brutal se répète.


Source : « The Curse of Potential » publié par Rollo Tomassi le 19 septembre 2013.

Illustration : Engin Akyurt.