Les limites du féminisme américain.

Il existe une grande crainte, au sein de la manosphère (américaine), concernant l’éventuelle propagation du « féminisme de style américain » à travers d’autres parties du monde. De nombreuses personnes ont exposés leurs préoccupations, selon lesquelles il n’y aura bientôt « plus d’échappatoire » à cette idéologie, parce qu’elle aura pris racine dans toutes les sociétés de la planète, en « polluant » les autres cultures. 

Je prétends que ce n’est pas un scénario réaliste, et cela se démontre lorsqu’on analyse les raisons de la montée de cette idéologie. 

La condition nécessaire.

Le principal obstacle à l’expansion du féminisme de style américain, au-delà d’un niveau trivial, dans de nombreuses cultures, est que les autres hommes ne sont tout simplement pas prêt à supporter le genre de choses que les hommes américains sont prêts à tolérer. C’est important, parce que les hommes doivent acquiescer à l’impératif féminin, avant que le féminisme ne puisse s’implanter.

Les femmes qui ont été capables de provoquer un changement majeur en faveur de l’impératif féminin aux États-Unis pendant la seconde moitié du 20e siècle, n’ont pas été capables d’une telle « prouesse » grâce à leur force physique ou à leur domination sociale. Ce sont les hommes (qui contrôlaient toutes les grandes structures politiques, économiques et sociales de la société américaine) qui ont permis aux idées féministes d’entrer en vigueur et d’acquérir une légitimité sociale, et ont largement permis que cette légitimité se développe au cours des dernières décennies.

L’impératif féminin a absolument besoin de l’acquiescement masculin pour commencer à faire des progrès. En d’autres termes, les hommes doivent être prêts à écouter les partisans du féminisme et à laisser ensuite cette idéologie se concrétiser.

L’acquiescement du mâle américain.

Aux États-Unis, tout cela est une évidence parce que les hommes américains adorent leurs femmes et se définissent eux-mêmes en fonction de leur capacité à satisfaire l’impératif féminin. Les hommes américains permettent à leurs femmes de les traiter comme des chiens en public sans conséquences, de mal se comporter sans conséquences, et de tromper leurs partenaires sans conséquences.

Les hommes américains s’émasculent eux-mêmes dans les médias et dans leur vie personnelle afin d’amuser leurs femmes. Quand les femmes américaines se comportent / s’habillent / parlent d’une manière plus masculine, les hommes américains acceptent cet état de fait, et l’excusent. Lorsque les femmes américaines s’amusent à humilier les hommes lorsqu’ils se comportent comme des hommes, et qu’elles essayent de les forcer à adhérer à l’impératif féminin (exemple : insulter et se moquer d’un homme qui au milieu de sa trentaine s’il fréquente une femme qui est au début de sa vingtaine), les hommes américains capitulent et acceptent cela, et même parfois, on peut observer des hommes qui se moquent et qui humilient d’autres hommes qui ne se conforment pas à l’impératif féminin. 

Les femmes américaines savent qu’elles peuvent se comporter comme elles veulent, elles trouveront quand même des hommes décents prêt à les accepter, et même des hommes qui feront l’éloge de telles femmes, tandis que le système juridique (qui est toujours géré en grande partie par des hommes, parce que les lois sont appliquées principalement par des hommes) permet aux femmes de se comporter n’importe comment. Mes hommes sont désespérés et prêts à tout pour plaire à une femme, et ils se comporteront comme le plus extrême des chevaliers blancs pour une femme même modérément attrayante. 

Pour autant, certains hommes américains se plaignent des effets du féminisme, mais la réalité est que les femmes ne font que ce qu’elles sont autorisées à faire. Lorsque les femmes américaines sont conscientes que, quelque soient leurs plaintes, celles-ci seront écoutées sérieusement (aussi insignifiantes soit-elles), et que leurs plaintes trouveront même une reconnaissance légale, comment pourraient-elles être incitées à devenir plus raisonnable ? Si vous pouviez demander n’importe quoi et être à peu près certain d’obtenir ce que vous demandez, vous n’auriez pas extrêmement confiance en vous-même ? 

Quand les femmes savent qu’elles disposent d’une armée de chevaliers blancs prêt à exaucer tous leurs souhaits, pourquoi n’auraient-elles pas envie de demander tout ce qui leur passe par la tête ? 

Voilà pourquoi l’anglosphère ne vaut rien lorsqu’il s’agit de parler de dynamique homme-femme et de relation entre les sexes, par rapport à d’autres parties du monde, du moins d’un point de vue masculin. Car c’est dans la sphère anglo-saxonne qu’on encourage le moins les femmes à respecter les hommes, et c’est aussi dans ces sociétés que les hommes sont volontairement candidats pour servir l’impératif féminin. 

Refus.

Le reste du monde n’a tout simplement pas cette tolérance. Plusieurs sociétés slaves sont bien connues pour cela, mais même dans certaines parties de l’Europe occidentale, vous ne trouverez pas l’acceptation volontaire de l’obésité féminine et la guerre à la masculinité que vous pouvez observer aux États-Unis. En Italie, un playboy de haut-niveau, qui a fait très peu d’effort pour cacher ses relations avec des femmes beaucoup plus jeunes, a conservé le siège de premier ministre pendant plus d’une décennie. Pouvez-vous imaginer des Américains en train d’élire un personnage similaire qui fait étalage si ouvertement et sans vergogne de sa masculinité ? Une simple pipe a été suffisante pour que Clinton soit plongé dans de graves ennuis, et JFK (probablement l’homme politique le plus proche d’un Berlusconi américain moderne que nous ayons vu) a dû garder ses affaires secrètes.

Au fond, il n’existe pas de différence de nature entre les femmes américaines et les autres femmes (les femmes qui grandissent ou qui migrent dans l’anglosphère le prouvent généralement bien, en se comportant très rapidement de la même façon que les autochtones), mais les femmes non-américaines, dans leurs propres cultures respectives, ne sont tout simplement pas autorisées à se comporter comme leurs collègues américaines. Pourquoi ? Parce que les hommes ne le supporteront pas. Vous verrez rarement des africains, des hommes des Caraïbes, des asiatiques du sud-ouest, des slaves, des méditerranéens ou des latinos se comporter avec des supplications envers les femmes, comme le font les hommes qui sont issus des nations anglo-saxonnes (en particulier les USA). Les hommes non-américains refusent tout simplement d’être moqués, d’être amoindris, et ne sont pas prêts à devoir constamment s’excuser d’être des hommes. 

Il ne peut exister de féminisme à l’américaine là où les hommes ne sont pas prêts à se conformer à un tel féminisme. 

La meilleure défense contre le genre de féminisme anti-masculin qui domine aux Etats-Unis viendra des hommes qui se mettront debout, qui cesseront de ramper et qui seront prêt à être effectivement des hommes, pas des chiens. Les femmes ne respecteront rien d’autre. Les populations masculines du monde entier qui sont fières d’être des hommes n’ont pas grand-chose à craindre du féminisme américain, tant qu’ils continueront à être des hommes. Les populations masculines qui abandonnent elles-mêmes leur masculinité sont à eux-mêmes leur propre ennemis. 


Source : « THE LIMITS OF AMERICAN FEMINISM » publié par Athlone McGinnis le 29 novembre 2012.

Illustration : Nextvoyage.