Généralisations.

Comme prévu, l’article consacré aux « victimes » a attiré beaucoup de critiques. Lorsque j’ai commencé à écrire cet article, j’ai longtemps hésité à le publier. J’avais gardé cet article de côté pendant un certain temps parce que j’ai discuté sur ce sujet plus d’une fois sur le forum SS dans le passé, avec à peu près les mêmes réponses que celles que j’ai obtenu à la fois publiquement et en privé récemment.

Lorsque vous liez une dynamique sociale à la mort d’une autre personne, vous obtenez des commentaires venant de personnes qui sont des partisans passionnés, et des opposants passionnés, de vos opinions sur cette dynamique sociale. Mon hésitation à poster cet articles (et d’autres) était due à cette attente et sur la façon dont l’article pourrait dévaluer mon message et mon intention. Cette intention était de sensibiliser les hommes (quoique de manière extrême) à l’état d’esprit « Beta », et le cadre social féminino-primaire qui renforce, conditionne et prédispose les hommes à intérioriser cet état d’esprit.

Il est très difficile de ne pas aller dans le « sensationnel » lorsqu’on écrit sur des sujets « de vie ou de mort », comme c’est le cas ici du suicide, parce que les lecteurs qui auront telle ou telle opinion auront tendance à mettre l’accent sur ce qui correspond le plus à leurs croyances personnelles. Certes, j’ai utilisé deux expériences personnelles dans cet essai, mais quand je brise ma règle sur l’utilisation d’anecdotes, comme toujours, c’est pour mieux illustrer la dynamique sociale que j’étudie, pas pour définir une vérité universelle basée sur mes expériences personnelles. Quoi qu’il en soit, le risque inhérent ne se fait pas sans les spéculations de la critique sur mes raisons de le faire.

Comme je m’y attendais, notamment à cause d’autres discussions par le passé, la première chose que les critiques ont fait, c’est de douter de la véracité de mon expérience avec l’histoire de ma belle-sœur. Sois-je mens ou j’embelli cette expérience pour le plaisir, soit je me concentre exclusivement sur sa duplicité en passant parfois par des accusations de malice pure et simple. Les deux présupposés sont basés sur le fait que j’ai un intérêt personnel dans cette histoire, mais ces présupposés binaires ne servent qu’à mettre l’accent sur quelque chose d’accessoire. 

Et aussi comme prévu : la nature solipsiste des femmes ne peut pas se permettre des discussions franches et ouvertes sur un sujet sensible comme celui-ci.

« Quoi ? Alors comme ça, maintenant, les femmes sont des sortes de salopes maléfiques qui provoquent le suicide de leurs maris ou de leurs petit-ami ? TOUTES LES FEMMES NE SONT PAS COMME ÇA ! Pourquoi avez-vous toujours cette tendance à faire passer les femmes pour plus mauvaises qu’elles ne le sont ? ».

Au-delà de la réponse automatique « toutes les femmes ne sont pas comme ça » ®, je peux comprendre cette réponse (venant d’un lecteur que je ne nommerai pas). Un homme ainsi poussé au suicide en raison de son incapacité à se rapporter aux femmes, ou à comprendre la nature des femmes, reflète mal les femmes dans leur ensemble – et en particulier dans une société définie par l’impératif féminin. N’est-il pas ironique que le solipsisme général et la dépendance à l’expérience individualisée et personnelle, qui définissent une méta-dynamique sociale plus large pour les femmes, soient refusés aux hommes, même à des fins illustratives ? Dans le monde des filles, seules les expériences des femmes ont une incidence sur les vérités universelles.

Malgré tous mes efforts pour prendre soin d’éviter les associations d’actions spécifiques des femmes menant au suicide des hommes, la mentalité binaire est inévitable.

Si vous deviez décourager un ami de fumer, en lui montrant des illustrations graphiques de poumons noircis ou des vidéos de personnes à qui l’on enlève la langue pour supprimer des lésions cancéreuses, et si plus tard cela sauve sa vie parce que cela lui évite le cancer du poumon, vous êtes un héros.

Si vous aidez un ami qui est en cure de désintoxication, parce qu’il est accro à l’héroïne et si vous devez le convaincre à l’aide de graphiques, d’illustrations ou de photos qui illustrent les dangers de la dépendance, vous êtes un saint, mais si vous lui déconseillez d’épouser une femme que vous connaissez, parce que cette femme va détruire sa vie à long terme ou le pousser au suicide, vous êtes un salaud misogyne qui se mêle de ce qui ne le regarde pas. « Vous êtes un misogyne qui déteste les femmes et qui fait croire que toutes les femmes sont mauvaises via des généralisations radicales ».

Généralisations.

Généralisation. XVIIIe siècle. Dérivé de généraliser. 1. Le fait de généraliser, de se généraliser, de s’étendre. La généralisation d’une mesure. La généralisation d’une pratique. 2. Opération par laquelle l’esprit généralise, conclut du particulier au général. Cette hypothèse est le résultat de plusieurs généralisations successives. Se défier des généralisations hâtives. Par métonymie. Un ouvrage rempli de généralisations.

Dans la même veine que la réponse automatique « toutes les femmes ne sont pas comme ça » ®, l’une des réponses basiques venant des femmes et des hommes féminisés, c’est d’accuser l’adversaire de commettre une généralisation. Le terme était autrefois utilisé de la façon dont il était prévu qu’on l’utilise – tirer des hypothèses et des conclusions à partir d’un ensemble de comportement observé. Dans ce sens, la généralisation est bien le raisonnement que l’on établit depuis des faits détaillés vers des principes généraux (induction, raisonnement inductif). 

Je suis désolé si ce processus offense les femmes, mais je suis intéressé par la règle générale, et non par les exceptions existantes – car cela aide à mieux prédire un résultat.

Qu’on le veuille ou non, les généralisations sont utiles et nous les utilisons tout le temps pour voir la forêt pour les arbres. Ce ne sont pas des anomalies isolées dans un système que nous utilisons pour décrire les circonstances de ce système, c’est l’ensemble du système. Nous étudions les majorités pour évaluer l’état global, pas les isolements ici ou là. C’est la définition scientifique des généralités, mais quand elles se réfèrent à des choses qui sont proches de nous, nous avons tendance à nous mettre dans la généralisation et faire face à la mentalité qui consiste à dire « pas dans mon cas ». Nous aimerions penser que nos expériences sont uniques et spéciales (et elles le sont, pour nous), mais dans la généralité, nous ne sommes que des statistiques. Ainsi, le mot « généraliser » obtient une connotation négative et la personne qui l’utilise est vilipendée, parce que c’est un affront à nos conditions « spéciales ».

Le concept de généralisation est l’antithèse de la perspective solipsiste et individualiste innée des femmes. Cela ne veut pas dire que les femmes ne peuvent pas être analytiques ou scientifiques dans divers domaines, mais c’est-à-dire, en ce qui concerne les contextes sociaux personnels et plus larges, que la pensée en général n’est pas leur processus cognitif naturel. Ainsi, lorsque les implications sociales d’une dynamique particulière (dans notre cas, le suicide masculin) deviennent amplifiées jusqu’à des questions de vie ou de mort, l’urgence pour l’absolution total d’un des deux genres s’amplifie. Les généralités de cette nature deviennent des affronts personnes associatifs ; à un tel point d’ailleurs que les femmes, qui investissent leurs egos dans le cadre social fémino-primaire, se lient elles-mêmes personnellement à la question du suicide généralisé des hommes. 


Source : « Generalizations » publié par Rollo Tomassi le 25 octobre 2012.  

Illustration : Photo de gdtography.