Repartir à zéro.

Message provenant d’un membre estimé du forum SS : 

Ce doit être un changement d’attitude ou quelque chose comme ça. Mais chaque fois que je retourne sur le forum SS, mes relations explosent. Je ne remarque pas en moi-même quelque chose de différent, mais si je suis avec une petite amie à ce moment-là, elle doit remarquer un changement en moi et elle commence délibérément à m’énerver. Peut-être que c’est une bonne chose, un réveil, un signal qui m’indique que je ne suis pas avec la bonne fille et que je devrais revenir à autre chose pendant un certain temps. Mon ex se comportait très mal la semaine dernière, et les choses se sont aggravées à partir de là. Je suis quelqu’un de décontracté – mais je commence à m’arc-bouter sur mes positions si quelqu’un se place au-dessus de moi et cherches à me commander. Sa mâchoire est tombée quand je lui ai dit d’emballer ses affaires et de partir. Elle n’a pas vécu avec moi sur une base permanente, mais elle avait réussi à ramener un peu de ses affaires au cours des trois derniers mois. C’était une fille vraiment sympa, très belle, avec de l’argent. Mais elle a commencé à chercher la petite bête avec moi, et je n’ai pas besoin de ça à ce stade de ma vie. Il s’agit de quelque chose, d’un aspect de sa personnalité, qu’elle a réussi à me cacher pendant tout ce temps, ou alors, j’ai fait ressortir cette chose en elle. Quoi qu’il en soit, dès lors qu’un tel comportement est affiché, pour moi, c’est « non ». A ce sujet, suis-je un homme égoïste ? 

Ainsi, peut-être que le fait de fréquenter le forum SS est mauvais pour moi à court terme, mais cela m’est bénéfique à long terme. Ou alors c’est une idée subconsciente qui surgit en moi : « ma relation se termine, donc il est temps de retourner sur le forum SS ». 

Après toutes mes relations, quand je regarde autour de moi, je ne suis pas impressionné par la qualité des femmes autour de moi. 

Je m’inquiète : suis-je en train de commencer à développer une tendance qui consiste à rompre avec les femmes quand je commence à m’ennuyer ou à être irrité. Ma plus longue relation était avec une fille qui, je pense, avait des problèmes psychologiques, alors que ce n’est que plus tard, en lisant le forum, que j’ai appris à identifier les problèmes psychologiques chez les gens. Je me demande si tout cela a eu un effet durable sur moi. 

Il y a toujours un certain nombre d’hommes – des chevaliers blancs pour la plupart, et certains hommes « pilule rouge » aussi – qui penseront que vous jetez le bébé avec l’eau du bain, quand ils liront une histoire comme celle-ci. La « mentalité de rareté » est un processus psychologique dont les hommes ont beaucoup de mal à se défaire lorsqu’ils deviennent conscients du jeu de séduction. La grande majorité des hommes a été conditionnée à croire que les femmes sont un « prix », que leur intimité est un don rare et précieux, et qu’il s’agit d’une « récompense » que seuls les hommes les plus méritants peuvent obtenir. 

C’est un schéma mental difficile à oublier, et même le plus invétéré des séducteurs peut encore hésiter à larguer une fille, s’il voit en elle une partenaire potentielle sérieuse pour une relation à long terme. Il n’est donc pas choquant de constater que certains hommes considèrent que larguer une fille qui se montre ennuyante est une réaction excessive – un peu comme le fait de piétiner une fleur avant qu’elle ne montre toute sa beauté. Les hommes qui sont encore dans le « besoin », ou les hommes qui apprennent à ne plus l’être, adopteront souvent la même mentalité que les femmes dans ce genre de cas : dire que les hommes qui rejettent les femmes au moindre comportement déplaisant sont des hommes insensibles, égoïstes, ou qui n’ont pas réussi à se remettre de relations passées. La raison à cela, c’est que les hommes, comme les femmes, considèrent toujours la monogamie du point de vue de l’impératif féminin. La monogamie est destinée à servir le féminin, de sorte que toute action qui contrevient à la monogamie, aussi justifiée soit elle, est par définition égoïste.

Depuis que je suis membre de la manosphère, j’ai lu plus d’histoire sur la façon dont le jeu de séduction a sauvé une relation, plutôt que l’inverse, mais cela ne veut pas dire qu’il existe des ruptures qui sont le fruit d’une prise de consciente résultant de la pilule rouge. La réflexion que le membre du forum fait sur sa propre histoire n’est pas inattendue. Son histoire n’est pas la première que je découvre dans la catégorie « la pilule rouge a détruit ma relation » – la mentalité de rareté a besoin de bouc émissaire pour justifier son propre comportement, et la pilule rouge est un coupable idéal, surtout pour les hommes qui viennent de débrancher de la matrice, qui ont réalisé a posteriori à quel point ils étaient mal traités par leurs copines, et qui décident de tout envoyer en l’air. Dans tous les cas où un homme récupère ses couilles, et si le résultat est une rupture, l’homme se rend compte que c’est une décision difficile à prendre, mais que c’est finalement une bonne décision, qu’il est effectivement très bon de se débarrasser d’une copine toxique, ou de se débarrasser d’une femme qui n’a pas assez confiance en elle-même et qui cherche à reprendre le pouvoir après l’avoir possédé pendant si longtemps. 

Assez souvent, une rupture est une solution « pilule rouge ».

Repartir à zéro.

Cependant, je connais (virtuellement) le membre du forum qui est à l’origine de ce message assez bien pour savoir que ce n’est pas son cas. Il a été débranché de la matrice depuis un certain temps maintenant, donc ma conjecture est double :

Premièrement, je pense que la fille qu’il a quittée ne faisait pas qu’être chiante ou ennuyeuse, et il y a quelque chose d’autre que l’auteur ne dit pas. Je pense qu’il essaie d’être plus « psychologue » qu’il ne l’était avant, avec son ex précédente, et qu’il ne lui reproche rien d’autre par bénéfice du doute.

Il avait atteint le stade des trois mois de relation, et c’est généralement à ce moment qu’une femme commence à être suffisamment à l’aise avec son homme pour tenter de reprendre le contrôle du cadre. L’indice évident qui me permet d’affirmer une telle chose, c’est parce que la fille avait commencé à ramener ses « affaires » chez lui alors même qu’ils n’habitaient pas ensemble. Ce n’est pas une bonne idée, mais c’est tout à fait normal venant d’une fille qui ressent de moins en moins la « pression » de l’anxiété de la concurrence. Je ne sais pas avec certitude si c’est bien là l’expérience du membre en question, mais cela suit un modèle très cohérent. Ce qui est certain, c’est que sa copine a atteint un stade de la relation dans lequel elle se sent suffisamment à l’aise avec son homme pour lui demander de changer certains de ses comportements (être chiante, exigeante, se plaindre, etc…). 

A un niveau basique, ce sont là des « tests », mais ce sont des tests qui visent à établir qui domine le cadre de la relation, ce sont des tests différents de ceux employés par les femmes lorsqu’elles sont au stade de la rencontre, et qu’elles doivent établir si l’homme en face d’elles est digne d’être un partenaire potentiel. Par exemple, alors qu’elles sont célibataires, seules les femmes les plus insipides et égocentriques se sentiront à l’aise pour faire des demandes) des hommes inconnus, que la plupart des autres femmes attendent généralement de leur « partenaire ». Lorsque les femmes sont célibataires, leurs tests sont dans la nuance et la subtilité, quand elles sont monogames, les tests sont manifestes et incontestablement directs. 

Deuxièmement, après un certain âge (VMS), et après un certain nombre de relations chaotiques antérieures, il y a un besoin de normalité et de stabilité qui se fait sentir. La plupart des hommes ne sont que trop enclins à faire des petites concessions (qui ont l’ait « petites » à ce moment-là) à leurs copines, en échange de calme et de sexe. Le problème c’est que tout cela devient une sorte de mort à petit feu, une perte de pouvoir en faveur de la femme, en vertu de toutes les petites concessions qui ont été faites. Chez les hommes betas, le pouvoir est cédé aux femmes au moment même du mariage, mais il y a aussi des hommes Alphas qui ont été « fixés » par leurs femmes, et qui sont devenus des hommes betas, petit à petit, en raison de toutes les petites concessions qui ont été faites, régulièrement, compromis après compromis. 

Quitter une femme, c’est la meilleure façon pour démontrer une valeur plus importante. Que cela soit la vérité ou non, cela implique que vous avez de meilleures options, et que vous ne vous sentez pas obligé de rester avec elle. Quitter une femme, c’est l’antithèse de la mentalité de rareté, et cela envoie un message de confiance non seulement à votre (ex)copine, mais aussi à toutes les autres femmes qui se trouvent dans votre cercle social. Quitter votre copine, c’est lui montrer que vous venez de passer du statut d’homme beta confortable à celui d’homme Alpha énergique et indifférent, alors même qu’elle n’avait jamais réalisé que vous pouviez être cet homme Alpha. Je suppose que le membre du forum qui nous a raconté son histoire entendra parler de son ex à nouveau. Au début, elle se montrera désespérée et ne fera que pleurer, puis vous elle retombera dans la nonchalance feinte – ne tombez pas dans ce piège. 

Que notre ami reprenne son ex ou non, devienne un plan-cul ou non, le message sera désormais très clair pour cette femme : c’est lui qui contrôle la relation. Elle entrera dans sa réalité ou ne sera pas présente du tout. La plupart des hommes qui viennent de prendre la pilule rouge ont du mal à effectuer cela (reprendre le contrôle) parce qu’on leur enseigné qu’ils ne méritent pas leurs copines. C’est le conflit que l’auteur du message doit résoudre. 


Source : « Flushing the Nest » publié par Rollo Tomassi le 14 août 2012.