Etude de cas : à la recherche d'un nouveau père.

J’adore « Post Secret ». Chaque fois que j’ai des doutes humanistes sur l’hypergamie, ou des pincements au cœur, souhaitant un fémino-centrisme plus doux, plus gentil, tout ce que j’ai à faire, c’est de lire les histoires anonymes de la semaine, et, sans faute, tout doute s’estompe. Ah… Soupir…

Je me suis intéressé au sujet des mères célibataires auparavant, mais à la lumière d’un message privé récent, et de l’article de la semaine dernière sur le mur, j’ai pensé que j’avais besoin de parler de ce commentaire : 

Wow. J’ai lu quelques messages très intéressants. J’ai besoin d’aide et puisque la plupart d’entre vous semblent honnêtes et ne font de mal à personne, voici …

Les faits : 29 ans, femme, mère divorcée de deux tout-petits, travaille à temps plein, travaillant sur le renforcement de l’estime de soi, afin d’être plus heureuse. Ne cherche pas de relation durable, cependant, n’est pas intéressée non plus à faire la salope. 

J’ai rencontré plusieurs hommes qui m’intéressent, et nous parlons et trainons ensembles. Ce qui me fait peur, c’est qu’ils pensent que je fais du « shopping de père ». Je ne veux pas non plus être laissée et couché-là. Je suis prête à être « partenaire », mais je m’attends à une amitié au-delà du sexe. Comment puis-je avoir une discussion avec un homme dans laquelle je lui explique que mon temps est précieux, mais en disant aussi que je souhaite prendre mon temps sans me prendre la tête ? Je suis une femme, et oui, il y a des nuits où il aura besoin de s’engager avec moi dans une séance de sexe intense. Il peut aussi y avoir des jours, après une journée de travail, où j’aurai juste besoin de quelqu’un avec qui boire une bière. Il est difficile, pour une femme qui se respecte, de souffler le chaud et le froid, de sorte que ce n’est pas mon intention. 

J’ai essayé l’approche honnête, mais après ça, je ne revoyais plus l’homme en question. J’ai essayé avec un coup de plus (un autre homme) et le temps nous dira ce qu’il adviendra. Je n’ai jamais été dans ce genre de relation avant. Je me respecte trop pour m’engager dans un coup d’un soir seulement. Des idées ?

D’après ce que j’ai lu ici et là, je suis un peu baisée. Je ne suis pas seule à cause d’un quelconque mouvement féministe et de toutes ces conneries. J’aime qu’un homme me challenge. Je suis une mère célibataire parce que je suis divorcée d’une mauvaise personne (infidèle, abusif). Je ne cherche pas de relation parce que je sais que la majorité des hommes ne veulent pas du « bagage » que représente un enfant. De plus, je ne veux pas risquer de blesser mes enfants. Ils sont ma priorité. Je suis tout ce qu’ils ont, et d’une certaine façon, ils sont tout ce que j’ai. Tout ce que je veux, c’est un adulte. Si cela progresse vers « quelque chose de plus », alors qu’il en soit ainsi. Sinon, c’est cool aussi. Je ne veux pas être considéré comme juste un « morceau », c’est là que l’honnêteté entre en jeu.

Une grande partie de ce qui est dit sur les femmes dans cette position, ce sont généralement les explications habituelles sur les mères célibataires et sur la façon dont les hommes les perçoivent. Les problèmes de relations « bébé-papa », le « père de remplacement », la façon dont les hommes célibataires sont « supposés » réagir à tout cela. Tout cela est valable bien sûr, mais avoir lu la description par cette femme de sa propre situation, je ne suis pas sûr qu’elle soit vraiment au courant (ou vraiment dans le déni) de sa propre condition. 

Cette femme est un exemple classique de ce que j’appelle « l’infidélité proactive ». Selon son autre témoignage, plus long, elle s’est mise en couple avec le « Bad Boy » (abusif, infidèle) qui était un « défi » pour elle, ce qui l’a excitée. Je vais lui faire la faveur de supposer que les deux enfants sont bien de lui, et si l’un d’eux à 4 ans, cela signifie qu’elle avait 24 ans quand elle est tombée enceinte. Maintenant que le Bad Boy s’est avéré peu fiable dans le partage des responsabilités d’investissement parental, le futur partenaire qu’elle va se trouver DOIT nécessairement assumer les responsabilités que le Bad Boy n’a pas assumé. 

Les nouveaux pères et les femmes indépendantes®.

Il est essentiel pour les mères célibataires de se convaincre elles-mêmes qu’elles ne sont pas à la recherche d’un « nouveau papa ». Le fémino-centrisme, structure sociale d’aujourd’hui, possède un ensemble de « prêt-à-penser » pour ces situations. C’est une « femme indépendante® » qui gagne elle-même « son propre argent » et qui se conduit « comme une Boss… », etc. La marque « femme indépendante® » est une des conventions sociales les plus polyvalentes car elle couvre beaucoup de situations. Les justifications générales et les phrases habituelles, tel que les épithètes « misogyne ! » ou « homophobe ! » pâlissent en comparaison de l’utilité de la marque « femme indépendante® ».

La « femme indépendante® » est un concept inattaquable, et toute explication contraire ramène automatiquement la conversation vers la célèbre « oppression des hommes », « patriarcat » – le trope préféré du féminisme. Elle « n’a pas besoin d’un homme » … mais elle a quand même besoin d’un homme. La véritable tragédie c’est le désespoir apparent dans la fausse fierté. La vérité est qu’elle a besoin d’un homme, ses enfants ont besoin d’un homme, en dépit du conditionnement féministe qui est implanté en elle. Mais les décisions de vie qu’elle a prises a laissé cette position de « papa » en mode « vacant ». 

La vérité indéniable, c’est que, consciemment ou non, elle estime que son prochain homme doit faire face à la situation de vie qu’elle s’est créée elle-même. Monsieur loyal, le prochain « chanceux », n’a pas d’autre choix que d’assumer une responsabilité de père qui n’a jamais été la sienne. Elle s’est accouplée avec le « Bad Boy » et c’est le « Gentil Gars » qui doit élever les enfants. Toute femme qui peut réussir cela gagne le jackpot bio-évolutionnaire.

La bonne nouvelle pour elle, c’est qu’il existe d’innombrables conventions sociales renforcées et spécifiquement conçues dans le but latent de faire en sorte que ce « gentil gars » (le cocu proactif) pense qu’il est de son DEVOIR de ne pas « regarder le passé » de cette femme et qu’il doit « l’aimer pour ce qu’elle est maintenant ». Soyez rassurés : elle finira par attirer un homme beta qui est conditionné à pardonner ses « indiscrétions passées » en échange d’un accès à une sexualité dont il a été, pendant si longtemps, privé. Le fait d’être accepté dans l’intimité d’une femme ne fera que renforcer ses croyances d’homme beta ; et bien qu’il soit moins excitant que le « Bad boy », le fait qu’il assume le rôle de père le rendra tolérable / utile. 

Maintenant, tout cela peut sembler dur, mais il est important de bien comprendre le chemin difficile que doivent parcourir les mères célibataires. Si on présente les choses en termes réalistes, il faut savoir que la plupart des femmes ne voudront pas volontairement se mettre en couple avec un gros looser d’homme beta, même par commodité, mais elles ne veulent pas non plus être enfermées dans une relation avec un Bad Boy abusif. Alors, que faire ? 

Tout d’abord, elles doivent comprendre comment elles en sont arrivées là où elles en sont et comment elles en sont arrivées à être ce qu’elles sont maintenant. Elles ont atteint le Mur par défaut. 

Assumez vos indiscrétions mesdames, « possédez » vos erreurs. Etre mère célibataire, malgré les conventions sociales féminisées, ne fait pas de vous une héroïne ; cela fait de vous une statistique. Comme je l’ai dit au début, tout homme qui vous accepte intimement DOIT traiter avec vous comme une mère célibataire. Cela signifie qu’il DOIT accepter votre emploi du temps, la présence de vos enfants, la volonté / l’avis de leur père, les impératifs de la famille, et les retombées émotionnelles de tout cela. L’impératif féminin vous a appris à croire, mesdames, que vous êtes en droit de vous attendre à ce qu’il veuille être avec vous (même si c’est juste comme un copain de baise) par préférence à une femme célibataire, sans enfant, généralement plus jeune et plus disponible sexuellement. C’est la compétition. Et malgré tout cela, il est censé être encore l’Homme (avec un grand « H »), en niant ses préférences sexuelles en faveur de votre situation personnelle. 

Pour toute relation future que vous pourriez avoir mesdames les mères célibataires, sachez qu’il est essentiel de montrer votre reconnaissance fondamentale et votre appréciation sincère et constante des sacrifices qu’il fait pour vous en « acceptant votre passé ». Je ne dis pas que vos enfants ne devraient pas être votre priorité – ils sont absolument votre priorité prioritaire – mais il est impératif que vous sachiez montrer de la gratitude envers l’homme qui s’engage avec vous malgré votre situation.

Beaucoup de femmes aiment se lamenter sur la façon dont elles sont devenues « indésirables » après avoir acquis le statut de mère célibataire. En fait, non. Il y a, dans le monde moderne, un nombre incalculable d’effroyables cocus proactifs beta prêt à tout donner pour avoir accès à une chatte qui leur a tant manqué quand ils avaient 20 ans, et qui sont amplement disposé à suivre le script et le scénario féministe selon lequel les mères célibataires sont des « victimes » du « patriarcat » et des « salauds ». 

Paternité et stratégie d’évitement. 

Comprenez que les mères célibataires ne sont, au fond, qu’une autre forme de stratégie d’évitement. La logique déductive consiste à établir que ces femmes sont « plus faciles » en raison même de leur condition et du risque plus faible de se prendre un rejet, mais les ramifications potentielles à long terme ne valent jamais l’effort de draguer une maman solo par rapport à l’effort de draguer une jeune femme sans enfants. Le rejet vaut mieux que le regret. 

Le problème avec le fait d’actualiser une rencontre avec une MILF, c’est dans le « M » – « Mère », c’est-à-dire une mère célibataire avec tous les bagages bien réels que cela implique. J’ai exploité ma part de femmes âgées quand j’étais dans ma vingtaine, et je peux vous dire que le sexe n’était ni plus ni moins extraordinaire qu’avec les jeunes femmes (au moins en termes de performance). La seule différence majeure ? Je n’ai jamais eu à m’inquiéter, quand j’étais avec une fille de 22 ans sans enfants, du fait de trouver une baby-sitter pour une nuit, ou de ne pas faire trop de bruit pendant les rapports sexuels pour ne pas réveiller le fils dans la chambre d’à côté. Je ne m’inquiétais pas non plus de la question de savoir si c’était « son tour » de garder les enfants pour le week-end. 

Il est très facile de supposer que les mères célibataires sont des victimes par défaut – certaines sont des victimes, la plupart n’en sont pas. Croyez-moi, une majorité de mères célibataires sont célibataires pour une raison – et ce n’est pas toujours à cause de leurs salauds d’ex. La croyance commune sur les MILF encourage l’idée qu’elles sont davantage disponibles sexuellement ; vous devez vous demander, pourquoi seraient-elles concernées par le fait d’être plus sexuelle maintenant que lorsqu’elles étaient célibataires sans enfants ? Elles deviennent motivées à être sexuelles et à aller la salle de gym lorsqu’elles sont célibataires, mais ne ferait pas le même effort lorsqu’elles sont mariées, pourquoi ? Parce que le gars n’en vaut pas la peine OU parce qu’elle était à l’aise, l’homme a perdu de l’intérêt, il en a eu marre, et ensuite, elle a été incitée à se préoccuper de tout cela afin d’atteindre une sécurité à long terme avec un autre homme.

Ne vous méprenez pas, il y a des femmes attrayantes dans leur trentaine et leur quarantaine, mais ce sont de rares exceptions à la règle. Le renforcement social du fantasme de la « MILF », c’est juste une adaptation moderne de la convention sociale « elle est toujours sexy » ; qui a pour but latent de niveler les règles du jeu pour les mères célibataires de 30 ou 40 ans, afin qu’elles puissent rivaliser sexuellement avec des femmes de 18/28 ans, qui, elles, ont accès à des hommes biens meilleurs en qualité et quantité. La dure vérité est qu’une belle femme célibataire, sexuellement disponible, au milieu de la vingtaine, à un grand avantage pour la sélection sexuelle par rapport à une mère célibataire entrant dans sa trentaine, qui est encombré de toutes les responsabilités parentales. Les stratégies d’accouplement mises à part, même lorsque deux femmes sont tout aussi attrayantes et sexuellement disponibles l’une que l’autre, la femme sans enfant est toujours à l’avantage parce qu’elle arrive dans votre vie avec moins de responsabilités et représente un « nouveau départ » en comparaison de la mère célibataire.

La valeur sexuelle des femmes diminue naturellement à mesure qu’elles vieillissent – cela sert le but d’une femme plus âgée si elle peut redéfinir sa sexualité à mesure que ses conditions de vie changent, et si elle peut se convaincre elle-même (et la société) qu’elle est toujours attirante et sexy. Ashton Kutcher et Demi Moore peuvent incarner ce fantasme, mais en réalité, il y a des milliers de femmes remplissant les gymnases à travers le pays, pour chaque Demi Moore convaincue qu’elles « sont encore dans le coup », alors que chaque année, une nouvelle récolte de belles jeunes femmes de 22-24 ans attire l’attention des mêmes hommes pour qui elles se disputent. Ce n’est que l’extension naturelle du mensonge « Have It All » qui a été vendu aux femmes au cours des 50 dernières années. Les hommes n’achètent d’ailleurs que trop ardemment cette convention sociale aussi bien parce que cela représente une stratégie d’évitement pour eux et parce que cela présente une voie plus facile pour baiser. Par conséquent, il est également dans leur intérêt que le mythe et que la stratégie d’évitement soient renforcés.


Source : « Case Study – Wanted: New Daddy » publié par Rollo Tomassi le 23 juillet 2012.

Illustration : Juan Pablo Serrano Arenas.