Robert Brasillach. Les communistes et les otages.

Ceci est un extrait du mémorandum écrit par R. Brasillach en prison, dans l’attente de son procès. L’idée, c’est de se préparer aux éventuelles questions. Cette lecture permet de comprendre les motivations de l’auteur durant la période de la collaboration. L’original ayant été perdu, quelques mots peuvent manquer, lesquels sont annotés entre crochets. 


D. : Vous avez demandé la mort des chefs communistes juste avant que n’aient lieu les exécutions de Châteaubriant.

R.: J’ignorais totalement l’existence des otages de Châteaubriant, et j’ai toujours désapprouvé la politique d’otages, parce que j’ai toujours eu un sentiment très vif de la responsabilité directe. Si j’ai demandé qu’on s’en prenne aux chefs qui avaient pris la responsabilité des attentats contre les Allemands, c’était pour éviter la mort des innocents qui y étaient étrangers et que les Allemands pouvaient prendre comme otages. À plusieurs reprises, le gouvernement nous assura d’ailleurs que les Allemands renonçaient à la politique d’otages pour celle de la responsabilité directe. Si la mort de Français était inévitable, il fallait d’abord sauver ceux qui n’avaient rien fait. La cessation des attentats contre des soldats allemands isolés aurait évité les exécutions d’otages et le cours de la guerre n’en aurait pas été changé.

J’ajoute que la question des otages est une des plus douloureuses qui puissent se poser en pays occupé. Mais, en application de la Convention de Genève, la prise d’otages civils est conforme aux lois de la guerre pour garantir l’observation par les habitants des zones occupées des prescriptions de l’autorité militaire. Ils peuvent être condamnés à mort et exécutés. C’est ce qu’a décidé récemment pour Strasbourg le GQG7 des forces expéditionnaires alliées. Il est d’ailleurs pénible pour un Français de penser que Strasbourg est considérée par les Alliés comme territoire occupé et qu’on y impose des mesures réservées à l’ennemi. Mais cela confirme le caractère juridique quoique regrettable des mesures sur les otages.


D. : Aujourd’hui les Allemands menacent de tuer les déportés français pour prendre la défense de gens comme vous.

R. : Je n’ai pas demandé aux Allemands de prendre ma défense. Si j’avais voulu me mettre sous leur protection, n’oubliez pas que je ne serai pas ici. Et il me paraît mal venu de me parler d’otages à moi quand je me suis constitué prisonnier à la suite de l’arrestation de toute ma famille, effectuée pour me forcer à me rendre.


Robert Brasillach. Les raisons d’un engagement (Mémorandum écrit par Robert Brasillach pour la préparation de son procès).