Robert Brasillach. Gaullistes et maquisards.

Ceci est un extrait du mémorandum écrit par R. Brasillach en prison, dans l’attente de son procès. L’idée, c’est de se préparer aux éventuelles questions. Cette lecture permet de comprendre les motivations de l’auteur durant la période de la collaboration. L’original ayant été perdu, quelques mots peuvent manquer, lesquels sont annotés entre crochets. 


D. : Vous avez traité le général de Gaulle de traître.

R. : Pourquoi me fait-on ce reproche avant d’avoir jugé les généraux qui ont condamné à mort le général de Gaulle ? On ne les a même pas arrêtés. Y aurait-il donc deux justices ?


D. : Vous avez attaqué les maquisards.

R. : J’ai toujours dit que la Résistance comprenait d’honnêtes garçons, animés par le plus vif sentiment patriotique. Je suis moi-même intervenu pour ceux que l’on me signalait. Mais des journaux clandestins eux-mêmes faisaient état de l’existence de bandes terroristes, mais j’apprenais tous les jours des assassinats de paysans, sans aucun motif politique, et parfois de familles entières. Les informations que j’avais ne me permettaient pas de voir autre chose, et je savais que le maquis lui-même, en Savoie par exemple, organisait la répression contre le terrorisme pur.


D. : Il fallait faire la distinction.

R.: Nous étions en guerre civile, la Cour de cassation a récemment reconnu que l’armistice était une suspension d’armes, si elle a cru devoir déclarer que l’ennemi n’en restait pas moins l’ennemi. Même si l’on admet cette dernière affirmation, la reconnaissance de l’armistice suspension d’armes interdit donc l’existence d’une guerre de francs-tireurs. Le gouvernement se dressait contre elle, les tribunaux la condamnaient. J’ai admis tout cela comme légitime. La guerre civile, que je déplore, était un fait. En temps de combat, il faut considérer l’adversaire en adversaire. Mon souhait le plus cher, que j’ai fréquemment exprimé, était que les adversaires fraternels soient un jour réconciliés. Le terme d’adversaire fraternel avaient d’ailleurs été employé par un de ceux qui m’écrivaient, bien que ne pensant pas comme moi.


Robert Brasillach. Les raisons d’un engagement (Mémorandum écrit par Robert Brasillach pour la préparation de son procès).