Robert Brasillach. Le fascisme.

Ceci est un extrait du mémorandum écrit par R. Brasillach en prison, dans l’attente de son procès. L’idée, c’est de se préparer aux éventuelles questions. Cette lecture permet de comprendre les motivations de l’auteur durant la période de la collaboration. L’original ayant été perdu, quelques mots peuvent manquer, lesquels sont annotés entre crochets. 


D. : Vous avez voulu que la France se mette à l’école d’une puissance étrangère, en devenant « fasciste ».

R. : J’ai pensé que les idées politiques n’appartenaient pas un pays déterminé. Les républicains prennent les idées libérales à l’Angleterre et aux États-Unis sans vouloir que la France soit anglaise ou américaine, les communistes à la Russie sans vouloir, je suppose, que la France soit russe.


D. : Le fascisme a mené l’Allemagne à sa perte.

R. : On peut répondre que c’est le régime autoritaire qui permet à l’Allemagne de résister comme elle fait en ce moment, seule contre le monde, et penser que si l’Angleterre et les États-Unis avaient été des nations fascistes, il n’aurait peut-être pas fallu tant de temps à cinq cent millions d’hommes pour en vaincre moins de cent millions.


D. : Le fascisme, en tout cas, était l’idéologie d’un pays en guerre avec la France.

R. : J’ai accepté cette guerre une fois qu’elle a été déclarée. Pendant les hostilités effectives envers l’Allemagne, je n’ai rien écrit, quand il m’arrivait d’écrire, qui ait pu encourir les foudres de la censure la plus pointilleuse. J’ai toujours fait une distinction entre ce qu’on appelle d’une manière générale les idées fascistes et les pays où ces idées étaient au pouvoir. Je pouvais demeurer fasciste, souhaiter le fascisme en France, et souhaiter en même temps la défaite des pays fascistes en guerre avec mon pays. Je veux être persuadé que si, par hypothèse, il y avait demain un conflit entre la France et l’URSS, comme il faillit éclater en 1940, les communistes français lutteraient contre l’URSS avec le désir de la victoire.


Robert Brasillach. Les raisons d’un engagement (Mémorandum écrit par Robert Brasillach pour la préparation de son procès).