Cognitivisme contre béhaviorisme.

« Ne croyez jamais ce qu’une femme dit, croyez ce qu’elle fait ».

Cette phrase est presque un proverbe dans la manosphère. J’aimerais pouvoir dire que je l’ai inventé, mais je pense que je me souviens qu’elle a été utilisé dès 2003. À l’époque, j’étudiais la psychologie comportementale et je me souviens qu’elle était une phrase importante à l’époque parce que c’est essentiellement le fondement principal du comportementalisme : le comportement est la seule preuve mesurable et fiable de motivation psychologique. La plupart des gens, en particulier ceux qui ont un état d’esprit plus conservateur, ont tendance à regrouper toute la psychologie dans le stéréotype « psychothérapeute sensible ». Ce qu’ils ne comprennent pas vraiment, c’est qu’il y a beaucoup plus d’écoles de pensée en psychologie que la thérapie cognitive à 75 $ de l’heure avec un thérapeute s’appuyant principalement sur les sentiments déclarés

J’en comprends l’aversion, mais la psychologie comportementale est beaucoup plus axée sur ce qui est empiriquement observable, et sur le fait de tirer des corrélations sur la motivation, à partir du comportement manifesté des animaux et des personnes. Pour le comportementaliste, le Médium est le Message [la façon de communiquer révèle déjà le contenu de ce qui est communiqué]. Les psychologues cognitifs sont mal à l’aise avec les implications d’une perspective purement comportementale, non seulement parce qu’elle menace leurs moyens de subsistance, mais elle offense leur sensibilité humaniste, en plaçant les facteurs de motivation biologiques « câblés neuronalement » au-dessus d’une idéologie de libre volonté. C’est ce penchant comportemental qui donne une mauvaise image de la psychologie évolutive aux tenants du cognitivisme ; parce que les fondements comportementaux de la psychologie évolutive sont trop inconfortablement proches du déterminisme biologique à leurs goûts. 

Dans le domaine des études de personnalité, cette dichotomie n’est nulle part plus apparente, et lorsque vous ajoutez les complexités des différences entre les sexes et de la psychologie sociale, cela devient tout de suite très conflictuel. Que vous le sachiez ou non, tout le monde que vous connaissez souscrit à une combinaison de ces deux camps psychologiques – le comportementalisme rationnel et le cognitivisme humaniste. Quand il s’agit de la complexité de la personnalité et de la psyché sociale, il est un peu trop simpliste de caractériser ces idéologies en termes de « nature ou culture ». Ce n’est que rarement que les deux absolus existent réellement dans les psychologies personnelles des gens, mais en psychologie sociale, la prédominance d’un idéal psychologique créera considérablement un précédent pour la culture dans laquelle il est reconnu.

Cognitivisme humaniste.

Comme on pouvait s’y attendre, les femmes ont tendance à opter pour une perspective psychologique plus cognitive et émotive. Comme c’est le sexe avec une prédilection innée pour la communication (verbale et non verbale), il n’est pas surprenant qu’une psychologie fondée sur l’auto-déclaration et sur le fait d’entrer en contact avec ses émotions soit si attrayant. Une illustration facile de cette psychologie se trouve dans la préférence des femmes pour associer des expériences anecdotiques avec la preuve de fait. Mis à part le solipsisme féminin, le cognitivisme complète le besoin de validation personnelle des femmes.

Le cognitivisme s’inscrit également très bien dans les stratégies sexuelles pluralistes des femmes en ce sens qu’il leur offre des possibilités beaucoup plus larges de sélection sexuelle (c’est-à-dire l’hypergamie). Une société centrée sur les femmes, enracinée dans l’importance des émotions et qui place le choix personnel éphémère comme principal facteur de motivation, constitue un environnement idéal pour pratiquer l’hypergamie. « L’inconnaissance » de la « mystique féminine », la prérogative d’une femme de changer d’avis et le statut par défaut de victime, tous trouvent leurs racines dans la psychologie cognitive à la sauce « c’est comme ça que je ressens les choses ». 

Tout cela ne veut pas dire que les femmes sont incapables de comprendre une perspective rationnelle, c’est juste que ce n’est pas leur perspective d’origine. Lorsqu’elles sont forcées à prendre une décision rationnelle, les femmes peuvent faire des choix sur la base de preuves empiriques, mais elles sont toujours tempérées par les sentiments qui s’associent à la décision à prendre. Il y a une nécessaire répression de cette base émotive pour arriver à un point de rationalité.

Comportementalisme rationnel. 

Inversement, les hommes ont tendance à opter pour une approche plus rationnelle et comportementale de leurs motivations psychologiques. Je ne couvre pas un nouveau terrain à cet égard, mais il est important de noter que ce que les hommes pensent être leur propre prédisposition à la pensée rationnelle est aussi une perspective psychologique.

Sans influence par les forces sociales, les hommes auront tendance à utiliser un raisonnement déductif dans leur psychologie, mais cela ne veut pas dire que cela n’est pas tempéré par une émotivité sous-jacente. Comme je l’ai dit dans de nombreux articles précédents, ce sont les hommes qui sont les vrais romantiques. Nous voulons croire le fantasme en dépit de nos natures déductives qui nous disent le contraire – et c’est généralement là que le problème commence pour les hommes.

Les mondes entrent en collision.

De la même manière que la société est influencée par des croyances politiques, religieuses et économiques, notre psychologie sociale prédominante colore notre vision du monde. Au cours des 50 dernières années, nous avons connu une poussée constante vers un humanisme cognitif défini par la femme. Si vous avez de la difficulté à croire que les hommes sont le sexe comportemental et rationnel par défaut, c’est parce que cette psychologie entre en conflit avec ce que le cognitivisme féminin a tenté d’inculquer dans la société dans son ensemble sur plus de cinq décennies maintenant ; à savoir qu’une perspective sociale cognitive centrée sur les femmes devrait être la norme pour la société.

L’appel de clairon de la psyché humaniste cognitive a toujours été « d’entrer en contact avec vos sentiments », ce qui par définition est plus facile pour les femmes que pour les hommes. Quand il s’agit d’être « en contact avec ses émotions », c’est quelque chose de normal pour les femmes, mais les hommes ont besoin de se changer eux-mêmes pour y parvenir. L’origine comportementale rationnelle par défaut des hommes les rend imparfaits dès le départ lorsque le cognitivisme devient la psychologie sociale dominante.

Ignorance et bonheur.

L’une des principales raisons pour lesquelles les hommes, et en particulier les hommes nouvellement conscients de la pilule rouge, voient les actions des femmes comme de la duplicité et / ou de façon immorale, c’est parce qu’ils croient que les femmes sont à un certain niveau conscientes de leur propre hypocrisie. Cela frustre la psychologie comportementaliste rationnelle des hommes, en dépit des preuves irréfutables des comportements contraires des femmes, ils vont encore insister sur le fait qu’ils « ne savent tout simplement pas ce qui arrive aux femmes ». C’est une dissonance cognitive féminine unique que les femmes possèdent : elles ont la capacité de séparer leurs comportements instinctifs de leurs motivations latentes. C’est la façon facile de dire que la plupart des femmes sont parfaitement inconscientes de, ou ne reconnaissent pas, la source de leurs comportements.

Par conséquent, un mécanisme d’adaptation psychologique était nécessaire pour résoudre les comportements incongrus des femmes par rapport à leurs motivations… inconfortables. C’est ici qu’entre en scène ce qu’il convient d’appeler le « hamster », c’est-à-dire le moteur à rationalisations des femmes. En raison de la priorité psychologique que le cognitivisme a dans l’esprit des femmes, la rationalisation doit être sur « pilote automatique ». Donc, quand les femmes racontent qu’elles ne savent pas pourquoi elles prêchent une chose, mais font le contraire, je suis enclin à les croire. L’hypergamie est un élément de la psyché féminine brut, animal, contraire à l’éthique, il n’est donc pas surprenant que les psychologies des femmes pousseraient ce malaise dans une sous-routine mentale inconsciente pour elles et chez elles.

« Je ne sais pas pourquoi je me suis senti obligé de baiser ce gars sexy à cette soirée à Cancun, ce n’est tout simplement pas moi ».

« Je suis consternée par le viol et le BDSM, mais je ne peux pas m’empêcher de lire 50 Shades of Grey ».

Les hommes entendent des déclarations comme celles-ci et notre psychologie comportementale rationnelle crie « foutaises ! Tout a une raison, vous jetez un objet dans les airs et la gravité le ramène vers le bas ! ». Cependant, les femmes (pour la plupart) ne savent littéralement pas pourquoi elles ne savent pas que leur instinct en fait des hypocrites. Elles se retirent vers la rationalisation, mais même cela n’est pas suffisant face à certaines réalités très dures. Ainsi, de là vient toute une psychologie sociale, en faveur du cognitivisme humaniste des femmes, qui était nécessaire pour maintenir cette dissonance cognitive. Ainsi, les femmes prises dans l’acte d’infidélité (agir contrairement au comportement professé) sont toujours protégées et à l’abri de leur propre ignorance de la motivation qui les a conduit à agir ainsi.


Source : « Cognitivism vs Behaviorism » publié par Rollo Tomassi le 6 avril 2012.

Illustration : Luis Quintero.